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Ô al-Alawî ! Ton parfum prit de l’ampleur - Cheikh Adda Bentounès
Ce qui a été dit sur le Maître - Articles au sujet du Maître
Écrit par Derwish al-Alawi   
Mardi, 08 Novembre 2016 14:37

Poème du Cheikh Adda Bentounès, probablement fin des années 30, exprimant son deuil du Cheikh al-Alawî, et les épreuves qu'il dut endurer. Qu'Allah ait pitié de son âme. Extrait du Diwân pages de 188 à 191.

 

 

 

 

L’envol de mon suzerain, me désole, désormais en paix,
Lumière des inspirés,
Par son absence, mes yeux désolés, le perdirent de vue,
Ma voix peine-elle à l’interpeller.

L’âme des esprits, désormais parti, me priva de sa vision,
Joie des gaietés,
Remède de mon cœur, l’As aux uniques vertus,
L’illustre des ascètes alternants.

Mon cœur serré… non ! Ce n’est point raillerie !
Je ne fais que pleurer,
Aies de la compassion, suzerain, rends-moi grâce d’une visite,
Observe un peu mon état triste.

Tant de vents forts, troublant l’océan de mon esprit,
Provoquant de violentes vagues déchainées,
Ma barque, ses planches ne sont que débris,
Par la force de mes affres répétées.

Quel malheur que je sois ainsi accablé,
Par la douleur de flèches et de lances aguerries,
Je suis telle une cible criblée,
Par des tirs d’archers !

Ô al-Alawî ! Ton parfum prit de l’ampleur,
Remède des lésions,
Secoure-moi, suzerain, que je retrouve la paix,
Et mes peines ainsi se dissiperaient.



Quel chagrin que m’incombe, ô al-Alawî, seigneur du peuple divin,
Mon cœur lésé, ma guérison n’est guère chose aisée.

Mon corps fébrile, mon esprit ondulé, brisé,
En vain, parmi mes vagues, je ne fais que nager.

Secoure mon être opprimé, mes forces sont épuisés,
Mon âme chagrinée, mon esprit affolé.

Par le Prophète infaillible (§), de grâce, ne me laisse guère accablé,
Mes forces morales abattues, le tissage de ma raison emmêlé.

Dominant, par la grâce de Dieu, ton pouvoir n’est guère ignoré,
Ta lumière accomplie, dissipera mon obscurité.



O thérapeute des âmes, des corps,
O attentif conseiller,
Tu es mon guide, mon passe partout,
Défait, de grâce, mon verrou.

Combien même de visiteurs, aux visages éplorés,
Tout en pleurs, vinrent demander ton renfort,
Et repartirent satisfaits, affranchis de tout tort,
Consolés, soulagés.

Les jardins de leurs cœurs épanouis,
Leurs roses exhalèrent des effluves parfumés,
Leurs fleurs débordantes, enchantées,
D’un zèle extrême, animées.

Tes grâces évidentes sont tel le chandelier,
Par son cierge lumineux,
Que dis-je, tel le soleil éclairant les vallées,
Et les ruines oubliées.

Tes célèbres bienveillances, ne sont nullement cachées,
Aux sains d’esprits,
Sont telle la lune dans sa plénitude,
En lumière manifestée.

Ô al-Alawî ! Ton parfum prit de l’ampleur,
Remède des lésions,
Secoure-moi, suzerain, que je retrouve la paix,
Et mes peines ainsi se dissiperaient.



O lumière de toute obscurité, ton absence secoua mon esprit,
Des torrents de larmes amères, coulèrent de mes yeux désolés.

Je te vois coquet, ô al-Alawî, l’astre des auréolés,
O heureux thérapeute de mon cœur indigent, que j’implore sa guérison.

Tes dons forgent l’ascension, mes semblables en sont imprégnés,
Tu es au ciel pareil à un astre, de lumières, étincelant.

Tissant par ma langue des poèmes, semblables à de belles étoffes de samit,
Les louanges à ton égard, pour mes sens, font matière de thérapie.

Ah si j’observais autant d’émotions, je serai tel le bédégar et le vitriol,
Déferlant en vagues, à ton éloge, les épuiserai.



Ah si je pouvais, ô secours des indulgents,
Lumière du jour,
Te louer par des thèmes et récits,
Par pure obstination.

Celui qui, accaparé par ton amour, se dévoilant,
Devint tel un phare,
Parmi les hommes, à vive voix chantant,
Harmonieusement.

Par ma passion pour toi, je me voue à te louer,
Par des lettres en poésie,
Tel le miel endurant les épreuves,
Quel fructueux désagrément !

Ce labeur que je ne puis supporter,
Une charge lourde à porter,
En cette époque nuisible, corrompue,
Haineuse envers mes ressemblants.

A quand m’accorde-elle une arme,
Désarmant toute âme infâme,
Volant au dessus des cascades,
Déployant mes ailes, tel l'aigle puissant.

Ô al-Alawî ! Ton parfum prit de l’ampleur,
Remède des lésions,
Secoure-moi, suzerain, que je retrouve la paix,
Et mes peines ainsi se dissiperaient.



O secours du Divin, au visage illuminé, que je ne puis oublier,
Que mon cœur réconforté s’en est épris, approprié.

Ce radieux visage, tel le soleil au milieu du ciel, rayonnant,
Quelle glorieuse souveraineté, parmi les hommes, saint sanctifié.

Soutenu par Dieu, il sauva plus d’un de l’orgie,
Des souillures furent libérés, par sa bienveillance les recueillit.

Sa rencontre est pur bonheur, au gout savoureux tel le miel,
Sa thérapie, ses remèdes, basés sur la Vérité spirituelle.

Dieu le gratifia d’un sacre, le suréleva au dessus des êtres,
Par son Amour l’aima, le guida, je n’ai vu pareil maître.



Celui qui te choisit comme appui,
Sans équivoque, il aura tant gagné,
Et le misérable estropié qui nie ta réalité,
Périra en déshérité.

O maitre, tu vécus emplissant les coupes en échanson,
D’un vin spirituel, licite,
Affirmé par le Prophète (§) dans la tradition,
Et attesté par les saints émérites.

Il est le sceau de l’éminence et de la prophétie,
Intercesseur des fautifs repentis,
Qui, souillés par des crimes et péchés,
Et vécurent en débauchés.

Que ma prière soit constante à son profit,
Sans mesure, affermie,
En nombre des pluies,
Dans les sombres nuits.

Ainsi qu’à sa postérité, ses ascètes compagnons,
Trésors du succès,
Ont sacrifié biens et vies,
Sur tous les privilèges dans cette vie.

Ô al-Alawî ! Ton parfum prit de l’ampleur,
Remède des lésions,
Secoure-moi, suzerain, que je retrouve la paix,
Et mes peines ainsi se dissiperaient.

 

 

Traduit de l'Arabe par Derwish al-Alawi
Les Amis du Cheikh Ahmed al-Alawi

Extrait du Diwân pages de 188 à 191.