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Cheikh Al 'Alawî : Richesse de la tradition soufie
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Écrit par Daniel, Ahmed A., dit Café [Al Ahdal]   
Mardi, 04 Mars 2014 18:36

La Grande Comore (Ngazidja), Mohéli (Mwali), Mayotte (Maore) et Anjouan (Ndzuwani), sont les îles de l’archipel des Comores qui est situé entre Madagascar et le continent africain, dans le canal de Mozambique. La population est, actuellement, estimée à plus d’un demi million. C’est un creuset où sont venues se mêler des populations d’origines diverses : africaine, asiatique (de l’Arabie et du golfe persique et austronésienne). Les siècles suivants présidèrent à la fusion des différents apports culturels avec pour résultat la civilisation comorienne (Ustaârabu) d’inspiration islamique et d’expression bantoue.

Elle est islamique car l’identité musulmane est inséparable de l’identité comorienne. La dominante culturelle est celle d’un islam sunnite de rite chaféite. Cet islam est aussi marqué par l’adhésion presque générale aux trois confréries principales : Qadiri, Rifaî et Shadhuli.

La culture islamique est acquise à l’école coranique (shiyoni ou bien «le lieu du livre») où la lecture, l’écriture en caractères arabes et les principes fondamentaux du dogme sont enseignés aux enfants. C’est là aussi que se transmet la tradition soufie et la littérature orale et écrite.

Cette culture est, elle-même, d’expression bantoue car la langue comorienne, terme général shikomori ou bien (shimasiwa «la langue des îles»), appartient à la famille des langues bantoues (swahili, lingala, makhua, etc.) et se divise en quatre dialectes : shingazidja (dialecte de la Grande Comore), shimwali (dialecte de Mohéli), shimaore (dialecte de Mayotte) et shindzuwani (dialecte d’Anjouan).

Si la structure de la langue et le vocabulaire de base sont bantous, il n’en reste pas moins qu’une influence arabe importante s’est exercée sur la structure et le vocabulaire, surtout dans certains domaines (lexique de la religion, du pouvoir, du commerce, de l’écriture, de la navigation, de l’astrologie, de la littérature, ...).

Depuis l’accession des Comores à la souveraineté, trois langues sont officielles : l’arabe, le comorien, langue nationale et le français.

Les textes que je présente ici, constituent un échantillon de la littérature comorienne en langue arabe. Ils nous viennent de la branche confrérique Rifaî aux Comores. Cette poésie (shaîri) est récitée et chantée pendant les réunions (dayira) de la confrérie Rifaî, les danses masculines (nkandza, mawlid et mulidi) et féminines (deba). Elle se présente avec des sous-genres : les poèmes (kaswida/makaswida) et les chansons (bayt/'abyati).

Enfin, je vais clore cet article en vous présentant cinq poésies extraites du recueil (diwan) de Saïd Ali Bacar ben Omar de Mutsamudu, île d'Anjouan, Comores :

الكأس الروية في المدائح و القصائد الرفاعية – القاهرة

Ces cinq poésies sont composées en réalité par Cheikh Al 'Alawî.
Si l'on se réfère à la table des matières du recueil (dîwân) du cheikh Al 'Alawî en couverture, on peut successivement les énumérer comme ci-joint :

Table des poèmes


Daniel, Ahmed A. (dit Café) [Al Ahdal], Professeur des écoles, Docteur de l’INALCO, Paris.

2000 La littérature comorienne de l’île d’Anjouan. Essai de classification et de traduction des genres littéraires oraux et écrits. Thèse de Doctorat nouveau régime d’Études Africaines, INALCO, Paris, 4 vol., 743 p.