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Cheikh al-Alawî - Régénérateur mystique du XXe siècle
Ce qui a été dit sur le Maître - Articles au sujet du Maître
Écrit par La presse algérienne   
Jeudi, 23 Juillet 2009 12:00

Cheikh Al-Alawi, le fondateur de la confrérie soufie El Alawiya, représente «le régénérateur mystique du XXe siècle» qui aura «fortement» marqué les esprits de son temps, souligne un spécialiste algérien dans ce domaine, à la veille de la célébration du centenaire de la Tariqa alawiya, prévue du 24 au 31 juillet à Mostaganem. Le célèbre soufi Cheikh Ahmed ben Mostefa Al-Alaoui (1869-1934) a fortement marqué les esprits de son temps. En portant un regard critique sur la civilisation moderne, il fut le régénérateur mystique du XXe siècle», a dit le Dr Khenchelaoui, directeur de recherche en anthropologie des religions et spécialiste du soufisme.

 

Affirmant que les Européens lui doivent l’introduction du soufisme en Occident, pour la première fois dans l’histoire, l’orateur a fait savoir que cheikh Al-Alawi «est notamment l’un des inspirateurs du projet de la Mosquée de Paris, qu’il inaugurera d’ailleurs lui-même en 1926».

 

Il a indiqué que le cheikh «a écrit de nombreux ouvrages traitant aussi bien de soufisme que de droit musulman, de poésie, de philosophie, de sciences et d’astronomie», ajoutant qu’outre son action caritative et sociale, «il défendit avec honneur et loyauté les intérêts de l’Islam et des musulmans».

 

Pendant l’époque coloniale, une époque marquée par un contexte répressif et peu enclin au dialogue et à la tolérance, El Alawiya, a-t-il expliqué, «s’est chargée de la délicate mission de sauvegarder le message intacte de l’Islam et assurer par là, l’équilibre entre sa double expression exotérique et ésotérique de façon à protéger l’identité spirituelle de la nation algérienne des dangers d’un processus génocidaire qui menaçait la sève de notre identité culturelle et spirituelle».

 

«Partout où l’on construisait des églises il ouvrait des zaouïas, signe d’un sens aigu de la responsabilité qu’il pouvait avoir envers sa nation et sa patrie jadis colonisée et menacée par une acculturation doublée d’une campagne anti-maraboutique qui pouvait donner le coup de grâce à notre identité nationale», a relevé le Dr Khenchelaoui.

 

Il a tenu à préciser que cheikh Al-Alawi mena une lutte implacable pour préserver l’Islam, ses préceptes et ses valeurs face au colonialisme et face au modernisme prôné par les tenants du projet assimilationniste et ce, par le biais de deux organes dont il était le fondateur, l’inspirateur et l’un des rédacteurs: El Balagh al-jazaïri et Lissan eddine, distribués en Algérie et dans plusieurs autres pays.

 

Interrogé sur les origines et la descendance de la voie alaouite, qui vit le jour en 1909, le Dr Khenchelaoui a fait savoir que cette date marquait l’accession de cheikh Al-Alawi au trône de la souveraineté gnostique au lendemain de la mort de son maître sidi Mohamed Ibn al-Habib al-Bûzîdî.

 

Cet ordre contemplatif est issu de la sous-branche al-Bûzîdîyya-darqâwiyya, elle-même fruit de la branche-mère Châdhiliyya, ordre mystique fondé au VIIe siècle de l’hégire par sidi Abou el-Hassan Chadhili, arrière-disciple de Sidi Boumediene de Tlemcen, maître-initiateur d’Ibn Arabî et de sidi Abdesselem Benmechiche, lequel fut le maître direct d’Abou al-Hassan Chadhili, a-t-il précisé.

 

Il a fait savoir que la alawiya «clôture le rosaire confrérique et forme le dernier maillon dans la chaîne initiatique chadhilite à laquelle remontent la plupart des voies se réclamant du soufisme maghrébin, une chaîne (silsila) qui relie de façon ininterrompue cheikh al-Alawi au Prophète Mohamed (Qsssl) par l’intermédiaire d’une quarantaine de awliyâ Allah dont le premier fut l’imam Ali et le dernier sidi Mohamed Ibn al-Habîb al-Bûzîdî, le maître direct de cheikh Al-Alawi».

 

Précisant que la voie alaouiyya prit naissance et grandit à Mostaganem, le Dr Khenchelaoui a affirmé que cette voie, qui est «algérienne de naissance et islamique de quintessence» est aujourd’hui présente dans les quatre coins du monde.

 

A propos de l’apport de cette confrérie à l’humanité sur les plans spirituel et social, ce spécialiste en soufisme a indiqué qu’«elle a profondément régénéré le paysage spirituel de l’Islam algérien, maghrébin et moyen-oriental». Il a ajouté que cette voie avait aussi «influé sur le devenir de la mystique européenne et nord-américaine de façon générale notamment par le biais des cercles guénoniens fondés par le théosophe et visionnaire islamisé René Guenon (1886-1951) - Abdelwahid Yahia - qui entretint une correspondance régulière avec cheikh Al-Alawi».

 

René Guenon eut une «influence marquante» à travers cheikh Al-Alawi sur des auteurs aussi divers que Mircea Eliade, Raymond Queneau ou encore André Breton, a-t-il relevé, indiquant que d’autres noms illustres furent des disciples dévoués à la voie alaouite tel que le diplomate roumain Michel Vâlsan (1907-1974), l’universitaire anglais Martin Lings (1909-2005), l’artiste alsacien Frithjof Shuon (1907-1998) et le leader du nationalisme marocain Abdelkrim Al-Khattabi (1882-1963).

 

En résumé, l’alawisme, selon ce spécialiste, est «un ordre authentiquement initiatique et véritablement détenteur de salut et de baraka, et son message appelle à l’éveil de l’homme moderne de son sommeil existentiel et de son idolâtrie envers la matière, en l’exhortant à remémorer Dieu par l’invocation radicale et systématique de Son Nom "singulier" dans une solitude totale par la fixation et la visualisation optique du Nom de la majesté divine».

 

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