Cheikh al-Alawî - le Pôle
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Écrit par Les Amis de l'Islam   
Mercredi, 25 Novembre 1987 14:34

Le Cheikh Al Alawi (1869-1934), dont l'œuvre monumentale commence à peine a être connue en occident, a été et demeure ce qu'on peut appeler, selon la terminologie adéquate, le "pôle" (qutb) des esprits de ce temps. Son rôle essentiel tient dans la revivification de cet Islam universel pour lequel il n'a cesse de faire entendre sa voix de sagesse au dessus de toutes les clameurs et de toutes les confusions; il tient aussi dans le lien profond, divin et visible qui relie tous les hommes et qu'il a su élever jusqu'à la conscience de tous ceux qui l'approchèrent et de tous ceux qui aujourd'hui rencontrent son oeuvre irremplaçable et son influence spirituelle toujours vivante dans des hommes qui se dirigent selon cette Lumière éternelle, dont les Prophètes sont la source présente parmi nous et en nous.

 

La richesse de sa poésie, il a écrit plus de trois mille vers, peut le faire figurer parmi les joyaux classiques de la grande tradition poétique du Soufisme. Mais il faut le préciser, à côté de ces envolées sublimes dans le domaine de la connaissance la plus inaccessible, et qui est la marque des élus, il n'était pas non plus éloigné de son temps. Il ne faut pas oublier le rôle essentiel qu'il a joué, dans son pays même : l'Algérie, pour relever la dignité de son peuple et renouveler l'authentique tradition de l'islam, engoncé dans les coutumes et déformé par les interprétations limitatrices. Ce qui ne l'empêcha pas d'ouvrir un dialogue d'une ampleur philosophique et d'une tolérance rare avec la civilisation occidentale, dont il savait juger les mérites comme les méfaits.

 

C'est dans cette optique extrêmement large, mais fondée sur des principes de pensée extrêmement rigoureux, que toute son oeuvre s'est construite, souvent appelée par les circonstances.

 

C'est ainsi qu'il fonda et dirigea deux revues: "Lisan ad-din" (le langage de la tradition) et " Al Balagh al-Jazairi" (le Message Algérien) dans lesquelles la vision d'un Soufi se porte sur des problèmes qui sont plus que jamais les nôtres, mais les solutions qu'il préconisait, avec quelle prescience, attendent toujours d'être appliquées sur l'échelle qui leur convient.

 

On doit également au Cheikh Al Alawi, également, de nombreux ouvrages traitant du Taçawwuf ( Soufisme), qui n'est pas forcément celui dont on parle en occident aujourd'hui, de théologie, de philosophie traditionnelle et de commentaires coraniques. Quand on connaît le rôle essentiel que jouent les discrètes mais actives confréries soufies dans un monde musulman déboussolé, on peut comprendre mieux l'action du Cheikh Al Alawi, qui fonda la Confrérie qui porte son nom, et dont le renom fut rapidement prestigieux dans les milieux qui pouvaient le comprendre par nature, mais aussi au-delà même de ce contexte.

 

On peut affirmer qu'il fut sans doute possible, l'un de ces hommes universels qui à chaque époque témoignent avec clarté et avec force, et dans la paix, par leur sagesse et leur enseignement, par leur exemple surtout, de ce "Tawhid" (unicité), de ce principe transcendant et immanent à la fois qui est la trame sous-jacente et réelle de toutes les traditions révélées.

 

Les éditions "Les Amis de l'Islam" organe d'une association créée en 1948 par le successeur du Cheikh Al Alawi, le Cheikh Adda BENTOUNES, traduit dans le but de faire connaître à tous cet héritage prestigieux de la grande tradition soufie maghrébine.

 

Puisse l'élite comme le commun en tirer profit, Amine.

 

In: Catalogue de la Bibliothèque Religieuse de la Confrérie Soufie Alawya- Imprimerie Alawya Mostaganem- 1987.





 
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