Accueil Soufisme/Tasawwuf Explications L'Encyclopédie du Soufisme (tassawwuf) - TARIQA
L'Encyclopédie du Soufisme (tassawwuf) - TARIQA
Soufisme/Tasawwuf - Explications
Écrit par Derwish al-Alawi   
Index de l'article
L'Encyclopédie du Soufisme (tassawwuf)
I Introduction
DEFINITION, TERMINILOGIE ET ASPECTS HISTORIQUES.
Le Tassawwouf Parmi Les Salaf.
TARIQA
La Mauvaise Compréhension Des Temps Modernes
La Nécessité Du Développement Des Sciences Islamiques Après Le Temps Du Prophète (saw)
Les Racines Linguistiques Du Mot Tassawwouf 11
Le Prophète (saw) Mentionne La Condition Du Cœur: La Suprématie Du Cœur Sur Tous Les Autres Organes 12
II - «Y-A-T’Il DES PREUVES ET DES EVIDENCES DANS LE CORAN AU SUJET DU TASSAWWOUF? CITEZ-LES DE MANIERES EXPLICITES.». 14
Allah Décrit Tazkiyat Al-Nafs Comme Un Devoir Du Prophète. 14
D’autres Versets Et Commentaires Sur Tazkiyat Al-Nafs. 14
Allah Ordonne Aux Croyants De Chercher Un Moyen De S’approcher DE Lui Et D’Accompagner Les Sadiqin. 15
Allah Décrit Quelqu’un Qui a Directement Appris De Lui: Al-Khidr 16
La Supériorité De L’Amour Dans L’Adoration. 17
Des Versets Au Sujet Du Caractère Parfait, Ihsan. 19
III - QUELLES SONT LES PREUVES SUR LE TASSAWWOUF A PARTIR DES HADITHS? 21
Oumm al-Ahadith, Le Hadith De Jibril 21
La Troisième Composante De La Religion De L’Islam: 22
LE COMMENTAIRE DE L’IMAM NAWAWI SUR LE HADITH DE JIBRIL. 23
L’école D’Ihsan Et De Tazkiya. 26
La Relation Entre Chari`a Et Haqiqa. 26
Le Grand Jihad: Le Jihad Contre L’Ego. 28
Hadiths Sur Le Jihad Contre L’Ego. 28
Jihad et Soufis Moujahiddin. 29
IV - DIRES ET ECRITS DES IMAMS ET SAVANTS AU SUJET DU TASSAWOUF 31
Al-Hassan al-Basri (d. 110) 31
Imam Abou Hanifa (d.150) 32
Soufyan al-Thawri (d.161) 32
Imam Malik (94-179 H/ 716-795) 32
Imam Chafi`i (d.204) 33
Imam Ahmad bin Hanbal (d.241) 33
L’Imam al-Harith al-Mouhassibi (d.243) 33
La Piété De L’Imam Ahmad Devant Al-Mouhassibi 36
Les Maîtres Soufis De Hadiths De Dhahabi 38
Al-Qassim ibn `Outhman al-Joui`i (d.248) 42
L’Imam al-Jounayd al-Baghdadi (d.297) 42
Al-Hakim al-Tirmidhi (d.320) 43
L’Imam Abou Mansour `Abd al-Qahir al-Baghdadi (d.429) 45
L’Imam Abou al-Qasim al-Qouchayri (d.465) 46
Cheikh Abou Ismai`il `Abd Allah al-Harawi al-Ansari (d.481) 48
Imam Ghazali (d.505) 48
Ceux Qui Attaquent L’Imam Ghazali 50
La Validité de Hadiths Faibles. 51
Abou al-Wafa' Ibn `Aqil al-Hanbali (d.513) 53
Cheikh `Abd al-Qadir al-Gilani (d.561) 53
Ibn al-Jawzi (d.597) 55
Imam Fakr al-Din Razi (d.606) 57
Abou al-Hassan al-Chadhili (d.656) 57
Soultan al-`Oulama' al-`Izz ibn `Abd al-Salam al-Soulami (d.660) 57
Al-`Izz sur la Supériorité du Rang des awliya' Sur Celui des `oulama. 58
Imam Nawawi (d.676) 59
Al-`Izz b. `Abd al-Salam b. Ahmad b. `Anim al-Maqdissi (d.678) 60
Ibn Taymiyya (d.728) 60
Ibn Taymiyya au sujet de fana' et chatahat 64
Le Débat Entre Ibn Ata Allah al-Iskandari et Ibn Taymiyya. 66
Ibn `Arabi et Ibn `Abd al-Salam.. 67
Taj al-Din al-Soubki (d.771) 70
Imam Abou Ishaq al-Chatibi al-Maliki (d.790) 70
Ibn Khaldoun (d.808) 70
Imam al-Sakhawi (d.902) 71
Jalalal-Din al-Souyouti (d.911) 72
Zakariyya ibn Mouhammad Ansari (d.926) 72
Ibn hajar al-Haytami (d.974) 72
Abd al-Wahhab al-Cha`rani al-Hanafi (d.973) 75
Moulla `Ali al-Qari (d.1014) 76
Ibn `Abidin al-Hanafi (d.1252) 77
Abou al-`Ala' al-Mawdoudi (d.1399) 77
V Conclusion.. 78
GLOSSAIRE
NOTE :
Toutes les pages

 

TARIQA

Tariqa ou «chemin» est un terme dérivé du verset Coranique suivant: «Et s’ils se maintiennent dans la bonne voie (tariqa), Nous les aurions abreuvés, certes d’une eau limpide (ou abondante)» (72:16 ).

 

Le sens de «voie» mentionné dans le verset ci-dessus est expliqué par le hadith du Prophète relaté par Boukhari et Mouslim, ordonnant aux musulmans de suivre sa Sunna et la Sunna de ses successeurs. Comme le mot tariqa dans le verset ci-haut mentionné, le sens de Sunna dans le hadith est «chemin» et «voie». Ainsi, tariqa devint un terme appliqué aux groupes de gens appartenant à l’école de pensée exercée par un maître ou “cheick”.

 

Quoique ces cheicks appliquèrent différentes méthodes dans l’enseignement à leurs disciples, le noyau de chaque discipline était identique. La situation n’était pas différente de ce que nous avons aujourd’hui dans les facultés de médecine ou de droit. L’approche des différentes facultés peut varier, mais le corps en droit, l’état d’art en médecine, reste essentiellement le même en tout lieu. Les étudiants diplômés de ces facultés portent chacun la marque de leur branche. Néanmoins, aucun n’est considéré inférieur à l’autre parce qu’il est le produit d’une faculté ou d’une autre; l’avocat n’est pas considéré supérieur au docteur ni le docteur à l’avocat.

 

Similairement, le disciple d’un cheick portera le cachet de son enseignement. En conséquence, les noms donnés aux différentes écoles Soufies diffèrent selon le nom et les perspectives de leurs fondateurs. Cette variation se manifeste d’une façon plus concrète dans la méthode de dévotions surérogatoires connue sous l’appellation de awrad, ahzab ou adhkar, utilisée comme la méthodologie pratique de la formation spirituelle. Ces différences cependant n’affectent pas les principes religieux. Dans les principes de base, les écoles Soufies sont essentiellement les mêmes, puisque basées sur l’essence de la religion, qui est uniforme.

 

Le groupe Soufi sous lequel chaque individue entreprit le chemin vers Allah était un itinéraire finement aiguisé qui établit les disciplines du progrès externe et interne dans la foi et la pratique religieuse. Suivant la pratique des Compagnons du Prophète qui fréquentaient régulièrement le groupe nommé Ahl al-Soufa («Les Gens du Banc»), les pratiquants de ce groupe menèrent une vie communautaire . Leurs habitations étaient les mosquées-écoles (zawiya), les forts frontaliers (ribat), et des maison-hôtes (khaniqa) où ils se réunissaient régulièrement lors d’occasions dédiées aux fêtes traditionnelles du calendrier musulman (‘id).

 

Ces structures avaient des institutions éducationnelles ; par exemple les deux forts frontaliers (ribat) fondés par le savant Soufi `Abd Allah Ibn al-Moubarak en Merv, qui fonctionna pendant longtemps, et le Khaniqa baybarsiya du Caire. Cette école Soufie eu le grand savant de hadiths, Ibn Hajar al-Asqalani comme recteur et maître de conférence pendant les quarante dernières années de sa vie. Il assuma en même temps la fonction de juge principal en Syrie et en Égypte.

 

Les Soufis se réunirent également en associations informelles appelées souhba autour du cheich pour acquérir la connaissance, et en assemblée pour invoquer les noms d’Allah et réciter les adhkar (pluriel de dhikr, «le souvenir de Dieu») hérité de la Tradition Prophétique. Encore, une autre raison de leur regroupement était d’écouter les prêches inspirées et les exhortations morales (wi’az). Les cheikhs Soufis enseignèrent à leurs disciples à répondre activement à l’appel d’Allah et de Son Messager, de purifier leur cœur et leur âme de tous bas désirs incités par l’égo, de corriger toutes les croyances erronées et de parfaire leur croyance en l’unicité d’Allah. On enseignait aux disciples à être honnête, loyal, digne de foi, patient dans la crainte d’Allah, à aimer son prochain, à dépendre que d’Allah et de s’en remettre à Lui tout au long de leur vie, et les autres moralités enseignées par l’Islam. Tout ceci fut accompli en s’attachant à la Sunna Prophétique. Les méthodes de souvenir d’Allah qu’ils inculquaient à leurs disciples furent les mêmes méthodes enseignées par le Prophète. De cette manière, ils propagèrent le caractère exemplaire du Prophète (saw) en paroles et en actions, pendant qu’ils encouragèrent les croyants à se consacrer à Allah de tout cœur. Le but de leur effort ne fut rien d’autre que d’obtenir la satisfaction d’Allah et de leur inspirer l’amour pour Son Prophète. En d’autres termes, ce qu’ils visaient était un état où Allah serait content d’eux comme ils l’étaient avec Lui.

 

Ces cheikhs, par conséquent, furent des flambeaux qui dissipèrent les ténèbres de la voie du croyant aussi bien qu’ils illuminèrent les voies sur lesquelles la Oumma pourrait bâtir la fondation d’une société idéale. Cet idéal était l’esprit de sacrifice et de dévouement qui caractérisait tous leurs efforts. Ces valeurs, imprégnaient l’entière fabrique sociale de l’Islam. Les couvents ou maisons-hôte (khaniqa), étaient établis dans le voisinage des pauvres offrant gratuitement de la nourriture et l’hospitalité. Ce fut aussi un lieu et un moyen de communion entre le pauvre et le riche, entre le blanc et le noir, entre l’arabe et non-arabe conformément aux dires du Prophète: “Il n’y a pas de différence entre un arabe et un non-arabe sauf dans les vertus.” Ces couvents furent des lieux de rencontres de toutes les races et de toutes les nationalités et des remèdes pour plusieurs maux sociaux.

 

En conséquence à de tels enseignements et formation, les disciples des cheikhs Soufis, sortis de ces écoles, étaient pleinement capables de supporter les fardeaux et les torts de leurs contemporains dans leur effort à illuminer le chemin de la Vérité. En outre, à travers leur formation et auto-discipline, ils avaient développé le manifeste et la très ferme volonté de faire. Ces véritables et sincères savants et maîtres de tariqa ne laissèrent aucune pierre sans être tournée dans la conduite de leur jihad, un mot qui signifie à la fois la lutte physique contre les non-croyants et la lutte spirituelle contre les attraits invisibles qui piègent l’âme.

 

 

 




 
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