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Tariqa Alawiyya Boudilmiyya Habibiyya
Origines/Ramifications - Ramifications
Écrit par Mohamed BENZERGA   

 

La Tariqah Alawiyya Boudilmiyya Habibiyya du cheikh Sidi Ali al-Boudilmi né en 1909 à M’sila et décédé en 1988 à Tlemcen. Il a appris, dès son jeune âge, le Saint Qoran auprès de son père Sidi Abdullah qui fut, lui aussi, une éminente personnalité au sein de la confrérie Rahmaniyya Khalwatiyya. Il s’adonna, ensuite, à diverses sciences religieuses à la faveur d’une formation complète qu’il a reçue dans les disciplines exotériques, comme la théologie dogmatique et la jurisprudence, et ce, au niveau de plusieurs instituts, dont celui de la Qassimiyya de Bousâada, à Constantine, chez Ibn Badis, et à l’université de la mosquée Zaytûna à Tunis.

 

Par ailleurs, et suite à sa grande soif de connaissance et afin d’approfondir davantage son savoir dans le but de pénétrer le monde du soufisme (la mystique musulmane), son père, Sidi Abdullah, lui conseilla d’aller à Mostaganem pour s’initier chez l’un des plus grands maîtres du soufisme de l’époque, Cheikh Abul-Abbas Ahmed Ibn Mustapha al-Alawi et entreprendre la démarche initiatique devant l’amener à la réalisation spirituelle et atteindre les plus hautes âmes de la sainteté.

 

En ce temps-là, il s’est mis au service du cheikh al-Alawi avec une totale abnégation. Il partagea alors sa vie entre l’enseignement, les exercices de piété, la rédaction et la diffusion des oeuvres de son maître jusqu’à ce que ce dernier rendit l’âme, le 11 juillet 1934. C’est à partir de là et au moment où le cheikh al-Boudilmi arrivait à intégrer les dimensions ésotériques et exotériques de l’islam et acquérir l’héritage spiritual-qu’est née la confrérie portant son nom (al-Boudilmiyya). En tenant «le flambeau», il formera des disciples et délivrera le message de cette Tariqah jusqu’à sa mort à Tlemcen où il repose au cimetière de Sidi Snoussi.

 

Du flux de la «Baraka» du cheikh Sidi Ali Boudilmi, émerge alors la personnalité remarquable de Sidi al-Hadj Ahmed Habib. Né le 18 décembre 1940, il demeure l’un de ses meilleurs disciples en s’alimentant de la manière la plus incomparable à toutes les vertus et connaissances de son défunt cheikh.

 

Autodidacte en matière de connaissance des sciences ésotériques, il acquiert toute la lucidité spirituelle, empreinte de gnose et d’amour qui lui confèrent la capacité d’éclairer l’être qui se cherche. Sa destinée, en tant que maître de la voie, s’est profilée à partir de son sens aigu de la pédagogie spirituelle à travers des paroles de sagesse portant sur des considérations métaphysiques à l’issue des séances de «dhikr» et réunion des adeptes ou communément appelés dans le jargon du soufisme «foukara» (ce sont les croyants, pauvres ou riches, qui reconnaissent, en tant qu’êtres humains, leur faiblesse et leur impuissance et que Dieu seul est Le Tout-Puissant). Sidi al-Hadj Ahmed Habib assura, "selon al-Hadj Khalil Khelifa, l’un des mokadam de cette tariqah (représentant du cheikh comme al-Hadj Boualem Bradiya)", un rôle prépondérant dans la remise en ordre des affaires de la Tariqah lors de la relative dispersion des disciples, constatée après la disparition du cheikh Sidi Ali Boudilmi, ce qui témoigne de la grande influence qu’il a sur les disciples de par sa sagesse et son objectivité. II constitue pour eux le guide spirituel et le modèle de droiture et de piété tout en étant vénéré par eux. Notre interlocuteur nous dira que la chaîne initiatique de la Tariqah al-Habibiyya al-Boudilmiyya al-Alawiyya, en référence à son cheikh actuel, Ahmed Habib et à ses prédécesseurs, le cheikh Ali al-Boudilmi et le cheikh al-Alaoui, remonte à plusieurs siècles et à l’un des principaux maîtres soufis du mysticisme, en l’occurrence Abul Hassan Echadli. En passant du plus ancien au plus récent, on retrouve après ce dernier et dans l’ordre chronologique, les maîtres suivants: Abul Abbas al-Mursi, Ahmed Ben Ata Allah al-Iskandari, Dawûd Ben Bakhili, Mohamed Wafa Bahru Safa, Ali Ben Wafa, Yahiya al-Qâdiri, Ahmed al-Hadrami, Ahmed Zarrûq, Ibrahim al-Fahham, Ali as-Sanhaji ad-Dawwâr, Abdul-Rahmane al-Majdûb, Yûsef al-Fâsî, Abdul-Rahmane al-Fâsî, Mohamed Ben Abdullah, Qâssim al-Khassâsi, Ahmed Ben Abdullah, al-Arabi Ben Abdullah, Ali al-Jamal al-Arabi Ben Ahmed ad-Darqawi, Mohamed Ben Abdul-Qâdir Abu Ya'za al-Mahaji, Mohamed Ben Qaddûr al-Wakili, Mohamed Ben Habib al-Buzaydi, Ahmed Ben Mustapha al-Alawi, Ali al-Boudilmi et enfin l’actuel cheikh Ahmed Habib.

 

Les adeptes de la Tariqah Habibiyya al-Boudilmiyya ne cessent d’augmenter de jour en jour, ici, en Algérie et même à l’étranger. Dans ce sens, on apprend que cette confrérie dont les adeptes se réunissent tous les lundis et jeudis après la prière du maghreb (crépuscule) pour des séances de «dhikr» chacun dans sa ville et un vendredi matin sur deux à Alger en présence du Cheikh de la Tariqah et, en plénière, possède plusieurs représentations en Algérie comme celles d’Alger, de Sétif, de Blida, de Touggourt, de Béni Saf, de Tlemcen, de Mostaganem et de Tipaza, et ce, attendant la création d’autres dans les quatre coins du pays.

 

La Tariqah Habibiyya Boudilmiyya possède, également, des représentations dans plusieurs pays à l’instar de la Belgique (Liège), de la France (Valence), des USA, de la Syrie, du Brésil, de la Libye et du Maroc. Dans ce cadre, son premier représentant, le moqaddam al-Hadj Khalil Khelifa nous informa que grâce à ces nombreuses représentations à l’étranger, plusieurs personnes avaient fini par embrasser l’Islam et leur nombre ne d’augmenter de jour en jour. «Il y a quelque temps, un Brésilien musulman et adepte du soufisme, après avoir fait connaissance par le biais de l’Internet de notre cheikh, est venu spécialement de Sao Polo à Alger pour le voir en vue de bénéficier de sa baraka, tout en lui demandant de prier pour lui», rétorquat-il, avant d’ajouter que «nombre de philosophes et de curieux qui avaient passé toute leur vie à la recherche approfondie de la vérité, ont fini par trouver toutes les réponses à leurs questions et interrogations dans notre religion grâce au soufisme».

 

Notons que la tariqua Habibiyya al-Boudilmiyya agréée en association dénommée «Frères soufis» se caractérise, notamment, par la lecture, après chaque prière d’al-fajr (l’aube) et du maghreb (crépuscule) de la sourate al-Wâqi'a (le jour du jugement dernier) puisque cette dernière prémunit son lecteur de la pauvreté. Dans ces deux moments, ils font également des louanges et des prières à l’adresse de notre Prophète (PSSL) dans la mesure où cette dernière est une obligation divine mentionnée explicitement dans le Saint Qoran et qui constitue un moyen d’effacer les pêchés et d’aimer davantage «sidna» Mohammed (PSSL).

 

Les adeptes de cette Tariqah (même cas pour les autres Tariqahs) aspirent aussi à parvenir à la perfection morale et à la purification de l’âme et du coeur à travers des «dhikr» (invocations d’Allah, Le Tout-Puissant et du Prophète (PSSL), et ce, en combattant les pulsions malveillantes présentes en chacun de nous, et ce, en s’approchant davantage de Dieu, Le Tout-Puissant. Toutefois, la Tariqah Habibiyya Bouldilmia et malgré tout le rayonnement qu’elle a, aussi bien sur le plan national qu’international, demeure, à ce jour, sans siège puisque toutes les rencontres et les séances de «dhikr» de ses adeptes se font dans des maisons de particuliers bienfaiteurs.

 

Mohamed BENZERGA