Accueil Œuvres écrites du Maître Citations du Cheikh al-Alawi Cheikh al-Alawî - Paroles et sagesses
Cheikh al-Alawî - Paroles et sagesses
Œuvres écrites du Maître - Citations du Cheikh al-Alawi
Écrit par Ahmad al-Alawî   
Samedi, 14 Juillet 1934 00:15

Amis, Si vous avez compris la vérité de mon état, la voie est là, devant vous. Suivez mes pas car, par Dieu ce ne sont pas choses douteuses ni vagues produits de l'imagination : je connais d'une connaissance à la fois secrète et manifeste, j'ai bu la coupe de l'amour et j'en ai eu la possession, elle est devenue mon bien pour toujours.

 

  • Par ailleurs, sache que l'habitude s'est établie, parmi les gnostiques, de transmettre leurs connaissances dans le choix des paroles composant leurs "Prières sur le Prophète". Elles aident ainsi l'ascension (mi'raj) de leurs disciples, leur permettant d'atteindre à la connaissance de certains aspects de la fonction divine (ullûhya) et aux réalités profondes de la fonction législatrice (risala).

 

  • La Vérité (Dieu) ne peut-être saisie par la vue, tandis qu'Elle nous perçoit. Et comment pourrions-nous La saisir alors qu'Elle est plus près de nous que nous-mêmes ! Est-il possible à l'œil de voir son œil ?

 

  • T'obliger à considérer tes frères, les soufis, comme des membres de la communauté des vrais croyants dont nous sommes tenus, les uns et les autres, de respecter chaque personne. Le Prophète a dit : "Quiconque prie selon notre prière, utilise notre orientation, et mange de nos aliments sacrifiés est un musulman ; il est sous la protection d'un pacte entre Dieu et Son envoyé. Ne soyez donc pas cause de la violation du pacte de Dieu. " (Hadith - Bukhari).

 

  • Il ne s'agit pas de savoir si vous êtes dans la miséricorde de Dieu , mais plutôt si la miséricorde de Dieu est en vous.

 

  • "Dieu est Celui qui contracte et qui déploie." (Coran 2, 245). Du fait que le gnostique est avec Celui qui contracte et non dans la contraction elle-même, et avec Celui qui déploie et non dans le déploiement lui-même, il est plus actif que passif et c'est comme si rien ne lui était arrivé... Cela même qui pour d'autres serait le feu de l'enfer deviendra pour toi un paradis , puisque la main de miséricorde, de grâce et de sollicitude te berce de-ci, de-là, prenant soin que tu ne connaisses point de souffrance et que tu ne manques de rien.... Sois tourné vers Dieu, accueillant avec satisfaction tout ce qui te vient de Lui. Ne te préoccupe de rien, mais laisse toute chose s'occuper de toi.
  • Pour ta part occupe-toi de proclamer l'infini en disant "Il n'y a pas de Dieu, si ce n'est Dieu", complètement libéré ainsi de toutes choses, jusqu'à ce que tu parviennes à être le même en l'un ou en l'autre état et que tu sois à Safa comme tu es à Marwah , et que la Perfection (kamal) qui est béatitude à la fois dans la majesté et la beauté, soit ton attribut.

 

  • Si vous ne trouvez pas Dieu parmi les humains, vous ne le trouverez nulle part.

 

  • Le souvenir de Dieu est la règle la plus grande de la religion ... La loi ne nous a pas été imposée, ni les rites ordonnés si ce n'est pour affermir le souvenir de Dieu.

 

  • L'extinction (al-fana) est aussi un de tes attributs. Avant de t'anéantir et de disparaître, mon frère, tu es déjà éteint, anéanti et effacé. Tu es illusion dans une illusion, néant dans un néant. Depuis quand donc existes-tu pour pouvoir t'éteindre ? Tu n'es semblable qu'à un "mirage dans une plaine désertique que l'assoiffé prend pour de l'eau, de sorte que lorsqu'il y arrive il n'y trouve rien mais trouve Dieu". Si tu fouillais ton âme, tu n'y trouverais rien si ce n'est Dieu. Autrement dit, au lieu de trouver ton âme, tu Le trouve, Lui. Ainsi il ne reste de toi qu'un nom sans forme, car l'existence appartient à Dieu non à toi.

 

  • Si tu arrives donc à réaliser cela et à reconnaître ce qui est à Dieu, c'est-à-dire à dépouiller ton âme de ce qui n'est pas elle, tu remarqueras qu'elle est semblable à un oignon fait entièrement de pelures. Voulant peler complètement cet oignon, tu commenceras par ôter la première peau puis la seconde puis la troisième et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ne reste rien de cet oignon. Tel est le serviteur par rapport à Dieu.

 

  • La question n'est pas de connaître Dieu lorsque le voile tombe. La question est de connaître Dieu dans le voile même. Il y'a une porte à l'intérieur de laquelle réside la Miséricorde et dont l'extérieur est recouvert de douleur.

 

  • Mieux vaut une prière sans génuflexion qu'une génuflexion sans âme. Le but étant plus loin que le moyen, pleurons sur ceux qui ne s'arrêtent qu'à cette dernière.

 

  • Si l'intellect peut être un moyen pour connaître le monde sensible, il est par contre incapable de connaître sa propre essence, on ne peut s'y baser pour percevoir les réalités de l'au-delà. Cette dernière ne peut être perçue que par la méthode du "dhawq" (connaissance intuitive). si l'intellect a un rôle important à jouer, celui-ci doit être guidé et encadré par la loi religieuse pour éviter toute déviation.

 

  • La connaissance de l'Unicité n'est pas ce que véhiculent les livres ou ce que bavardent les bouches, mais bien les traces que laissent les Amoureux et dont les lumières scintillent dans l'espace.

 

  • Je suis une âme nue et une âme a besoin d'un corps ; elle a besoin d'une langue, d'oreilles, d'yeux, de pieds, de mains. Je cherche un corps.

 

  • Si je trouvais un groupe qui soit mon interprète auprès du monde d'Europe, on serait étonné de voir que rien ne divise l'Occident de l'Islam.

 

  • La connaissance de l'Unité est semblable au feu ; elle enflamme toute chose sur laquelle elle tombe et par là même, la purifie.

 

  • Sois tourné vers Dieu, accueillant avec satisfaction tout ce qui te vient de Lui. Ne te préoccupe de rien, mais laisse toute chose s'occuper de toi ; pour ta part, occupe-toi de proclamer l'infini en disant qu'il n'y a pas de Dieu, si ce n'est Dieu.

 

  • Le chercheur de Vérité Meurt avant sa mort pour vivre en son Seigneur, Puisque après cette mort se fait la migration suprême. A rendre compte il s'appelle lui-même avant d'y être appelé.

 

  • Tu es déjà éteint, mon frère, avant de subir l'extinction, et tu n'es rien avant même d'être annihilé. Tu es une illusion dans une illusion et un néant dans un néant.

 

  • Tu n'auras pas plus besoin de négation que d'affirmation, car Celui dont l'être est nécessaire est déjà affirmé avant que tu l'affirmes, et ce dont l'être est impossible est déjà néant avant que tu ne le nies.

 

  • Les choses se trouvent cachées dans leurs opposés, et, sans l'existence des opposés, Celui qui oppose ne serait pas manifesté.

 

  • Le maître est à l’image d’une bougie allumée qui se consume en illuminant les autres jusqu’à ce qu’une autre bougie vienne le remplacer.

 

  • Comment l'Essence de Dieu serait-elle enfermée sous son voile ? Le seul voile est Sa Lumière.

 

  • L'intensité de la Manifestation divine varie d'une personne à une autre, sans qu'on puisse à cet égard établir aucune règle, ses modes n'étant pas constants... Dieu se révèle à chacun selon sa capacité de recevoir les manifestations de Sa Très Sainte Beauté.

 

  • Tu t'évanouis dès que l'infini apparaît. Parce que " tu " n'as jamais été, car tu es, mais non " toi ", Tu subsistes, mais non comme toi-même. Il n'est puissance que de Dieu.

 

  • Si tu pouvais voir où je suis dans la toute sainte présence, tu me verrais seul, et nul autre. Mais la vérité d’un voile m’a vêtu, et tes regards ne peuvent pas m’atteindre. Tu me vois, sans me voir, d’un regard négligent. Aiguise l’œil de ta foi et regarde par un acte de pure vision. Si ta foi devient certitude, il se peut que tu me découvres.

 

  • Les gnostiques sont rangés selon une hiérarchie ; le connaissant de son seigneur et le connaissant de soi-même ; le connaissant de soi-même est plus puissant dans la gnose que le connaissant de son seigneur.

 

  • Ceux qui sont voilés sont rangés selon une hiérarchie ; celui qui est voilé à l'égard de son seigneur et celui qui est voilé à l'égard de soi-même. Et celui qui est voilé à l'égard de soi-même est voilé avec plus d'opacité que celui qui l'est à l'égard de son seigneur.

 

  • Celui qui cherche Dieu à travers autre chose que soi-même n'atteindra jamais Dieu.

 

  • Le tâ (toi) de la deuxième personne signifie rétribution ; le hâ (lui) de la troisième personne signifie épreuve, le nûn (moi) de la première dualité. La vérité est au -delà.

 

  • Celui qui a réalisé la vérité de l'infinie plénitude (as-Samadaniyyah) ne trouve plus de place pour l'altérité.

 

  • La perfection de la courtoisie exige le maintien du voile.

 

  • Celui qui cèle le secret est voilé de lui et celui qui le divulgue est vaincu.

 

  • Celui dont la station est égale à son état exprime involontairement le secret de Dieu.

 

  • Celui qui met en acte la connaissance avant son temps est dépossédé de cette connaissance. Ne te hâte pas de réciter le Qoran jusqu'à ce que sa révélation soit achevée et dis " Mon Seigneur accrois ma connaissance".

 

  • Demander accroissement manifeste l'ignorance chez un disciple.

 

  • La connaissance qui ne prend appui sur aucun support peut être cause d'une régression.

 

  • Celui qui part à la recherche de Dieu ne l'atteint pas, mais celui qui Le prend pour support n'est pas ignorant de Lui.

 

  • Celui qui cherche Dieu ailleurs qu'en lui-même dirige ses pas hors de son but.

 

  • De tous les hommes, les plus éloignés de leur Seigneur sont ceux qui dépassent la mesure dans leur affirmation de Son incomparabilité. Il ne s'agit pas d'affirmer Son incomparabilité au delà de toute mesure, mais de le connaitre par analogie. Les comparaisons fondées sur la certitude de Son unité valent mieux que les abstractions de celui qui est voilé de son unité.

 

  • Ne te penche pas trop sur la connaissance de la vérité, de peur d'être voilé par elle des secrets de la création.

 

  • N'abandonne pas ton âme et ne t'oppose pas à elle, mais suis-la et fouille-la pour ce qui est en elle.

 

  • Anéanti, ô disciple, ce que tu laisse de ton âme sinon tu seras coupé de ton seigneur.

 

  • Tout ce que contiennent les Livres révélés se trouve concentré dans le Qoran, tout ce que contient le Qoran est concentré dans la Fâtiha (1er verset), ce que comprend la Fâtiha se trouve dans la Basmalah (Au Nom de Dieu Le Clément Le Miséricordieux), ce qui est dans la Basmalah se concentré dans sa première lettre le (Bâ) et ce que comprend le Bâ se trouve dans son point. En vérité, les lettres sont des symboles de l’encre, puisqu’il n’y a pas de lettres en dehors de l’encre même. Leur non-manifestation est dans le mystère de l’encre, ainsi que leur manifestation n’est, qu’en tant qu’elles sont déterminées par l’encre. Elles sont ses déterminations et ses états d’actualité, et il n’y a là rien d’autre que l’encre, -comprends ce symbole ! Et pourtant les lettres sont autres que l’encre, ne dis pas qu’elles sont identiques à l’encre, sous peine d’erreur, ni que l’encre est identique aux lettres, ce qui serait absurde car l’encre était avant que ne fussent les lettres, et elle sera encore quand aucune lettre ne sera plus.Toute lettre est périssante, résorbée dans les déterminations essentielles, sauf le visage de l'encre qui signifie la Quiddité. Les lettres se révèlent donc et sont pourtant cachées, et c'est en cela que consiste la révélation même de l'Encre Sublime. La lettre n'ajoute rien à l'encre et n'en retranche rien, mais elle manifeste l'intégral en mode distinctif. L'encre ne s'altère pas du fait que la lettre existe.Est-ce que les lettres sont indispensables pour que l'encre soit ? Réalise donc qu'il n'y a pas d'existence, en dehors de l'existence de l'encre, pour celui qui connaît. Partout où il y a une lettre, son encre n'en est pas séparée, comprends ces paraboles ! Or, si tu comprends ce que nous t'avons dit de l'extinction de la totalité des lettres dans l'identité du Point, tu comprendras nécessairement ce que nous dirons de l'intégration de la totalité des Livres dans l'identité de la phrase, de l'intégration de la phrase dans l'identité du mot et de l'intégration de celui-ci dans l'identité de la lettre. En ce sens, l'existence du mot est entièrement dépendante de celle de la lettre, celle de la phrase de l'existence du mot et l'existence du livre de celle de la phrase.

 

  • Le monde est un rayonnement infini dont le principe fécondant est Dieu. Au fur et à mesure que cette lumière descend, elle se charge de matière pour devenir la vie elle-même, l'homme, l'animal, la plante, le minéral. Dieu est émanation extérieure et émanation dans la créature. Toutefois, ces émanations s'intériorisent l'une l'autre.

 

  • Si Dieu avait voulu abandonner l'homme à lui-même, Il n'aurait pas révélé à ses nombreux prophètes l'Evangile, le Talmud, la Bible et le Coran. Pour guider l'homme vers le droit chemin, nous ne faisons que rendre toujours vivaces dans l'esprit des hommes les préceptes de Salomon, d'Abraham, de Jésus-Christ et de Mohammed.

 

  • Qui a raison, la fleur imaginant Dieu comme un parfum, ou Aristote concevant Dieu qui se pense éternellement ? Aristote et la fleur font la même démarche : l'un divinise sa pensée, l'autre ses effluves. Tous deux ont raison, car Dieu est Tout, et chaque partie de la création n'ouvre sur Lui qu'un minuscule angle de vue. " Tout ce qui s'est passé depuis la création jusqu'à aujourd'hui n'est en réalité qu'un éclair et nous vivons tous dans cette instantanéité du Divin. Tout ce que nous voyons est éphémère, hormis Sa Face. " Tout ce qui se trouve sur la terre disparaîtra. La Face de ton Seigneur subsiste, pleine de majesté et de munificence " (sourate 55, versets 26-27).

 

  • Lorsque les connaissants ont contemplé le monde de la Pureté, ils n'éprouvent pas le besoin de rejeter l'existence de la contingence, puisque celle-ci est constamment changeante alors que le Principe est pureté dénudé de toute tare.

 

  • Un faqir a demandé une fois au Cheikh al-Alawi, Ya Sidi, pourquoi tu ne te montres pas à tes foqaras ? Le Cheikh al-Alawi lui a répondu : "Moi je me montre a eux toujours, mais est ce qu'ils veulent vraiment me voir ?".

 

  • Pour celui qui est voilé, l’Unité signifie que Dieu est Un, que son essence n’est pas composée ou qu’il n’est pas d’essence comparable à Elle. Il ignore que l’Unité refuse de partager son existence avec la moindre chose.
  • Ne considère pas ce monde comme une chose existante ; mais il n’est rien ; ne crois pas qu’il ait une certaine altérité ou qu’il soit étranger à la Présence Divine ; il est plutôt une de Ses Manifestations.

 

  • Étant la créature malfaisante, l’âme n’est surpassée en mal que par celui qui se soumet à son bon vouloir, on comprend alors qu'elle empêche la vision de la vérité. En revanche, le murid ne devrait en aucune façon, l’abandonner, ni lui déclarer la guerre ; bien au contraire, il est du devoir du disciple de suivre de prés cette âme pernicieuse, accompagne-la et sache de savoir ce qu’elle recèle.
  • Il est aussi utile que nécessaire de sonder le centre de l’âme, d’en évaluer les désirs refoulés ou patents, pour peu que le murid aspire à l’union, c'est-à-dire à la puissance, car à l’âme et aux passions qu’elle recèle est lié à l’avilissement.

 

  • Si tu recherches une puissance illimitée, inextinguible, ne pars pas à la recherche d’une puissance condamnée au néant

 

  • Si, afin de vouloir accéder auprès d’Allah, le disciple devrait se dépouiller de tous ses attributs psychiques, s’il se devrait d’en débarrasser son for interne comme son for externe et ne rien y laisser, qui eût même les dimensions d’un point

 

  • Celui qui ne parvient pas à la station de l’Ihssane, en vérité sa religion est incomplète. L’Ihssane est un substantif du verbe « ahssana » qui signifie rendre meilleur, essayer de gravir les degrés religieux jusqu’à l’aboutissement au degré bellissime ultime. Quiconque parvient à cette station devient responsable de trois charges : Charge pour sa personne physique, pour son esprit, pour son secret ; or à chaque charge correspond un degré de la religion ; l’Islam polit la personne physique ; l’Imane polit l’esprit et l’Ihssane polit le secret

 

  • Si un seul aspect de ce trinôme vient à faiblir chez le murid, sa station sera forcément incomplète.

 

  • Tu n'auras pas plus besoin de négation que d'affirmation, car Celui dont l'etre est nécessaire est déjà affirmé avant que tu l'affirmes, et ce dont l'être est impossible est déjà néant avant que tu ne le nies !

 

  • La conscience humaine est parmi les nombreux voiles.

 

  • Décrivant la signification spirituelle de la prosternation rituelle, le cheikh al ‘Alawi écrit : " Avant sa prosternation, le gnostique (ou le connaissant) se tenait debout dans la position de l’existence, mais après sa prosternation, il est anéanti, disparu, effacé en lui-même et éternel en son Seigneur ". Donnant ensuite l’indication d’un degré encore plus élevé, symbolisé par la deuxième prosternation qui vient, dans la prière rituelle, immédiatement après la première, il ajoute : " Quand l’orant est parvenu au degré de prosternation, anéanti à l’égard de l’existence, il se prosterne une deuxième fois afin d’anéantir son premier anéantissement. Cette prosternation est donc un redressement… "

 

  • Les origines de l'homme sont déterminées par deux niveaux :

les choses supérieures et célestes.
les choses inférieures et terrestres (comprenant les règnes minéral, végétal, et animal).
Considérons ainsi, notre situation existentielle à travers une dialectique basée sous deux aspects précédents; soit quel est notre degré de délivrance vis-à-vis des choses inférieures et quelle est l'intensité de notre rattachement aux choses supérieures. L'action de la pensée définit comme l'usage de toutes les facultés mentales propre à l'être humain, est le premier moyen qui nous pousse à rechercher la cause ou les causes qui positionnent l'homme d'une part entre ces deux origines opposées (célestes et terrestres) et d'autres part sur son identité propre: "Qui suis-je? ".

 

  • La pensée permet donc un constat de départ : "Je suis un individu, un être humain. J'ai des sentiments, des émotions, une sensibilité, notamment envers mon prochain." D'où le dénouement de la responsabilité de sa propre responsabilité vis-à-vis d'autrui.

Cette étape expose la définition de l'homme reconnu par deux aspect:

- L'homme connu est l'homme corporel

- L'homme ignoré est l'essence de l'homme.

En conclusion, par sa pensée, l'homme résonne et fait avancer son intellect de manière à se diriger et se construire, se créer des repères. Ces repères l'identifient progressivement ou non, l'orientent et l'amènent à se découvrir lui-même par sa spiritualité qui se dévoile. Aussi chacun devrait pouvoir utiliser son intelligence afin de comprendre que ce qui fait l'homme, c'est cette Essence Divine ; et en dirigeant nos pas vers Elle, nous nous dirigeons vers nous-mêmes.

 

  • Celui qui veut comprendre le Qoran avec les matériaux "exotériques" c'est comme celui qui veut manger du miel avec une aiguille.

 

  • Commentaire sur la réalité de la Prière sur le Prophète Muhammad (saws) :L'acte divin ou la Manifestation du Divin (tajallî) exprimée par la parole « çalli » (bénis ou adresse Tes prières) est comme l'éclair dans l'instantanéité, et comporte l'extinction, à un degré ou à un autre, du réceptacle humain qui le subit, tandis que l'acte divin ou la Manifestation du Divin exprimée par la parole « sallim » (salue ou adresse lui Tes salutations) répand la présence divine dans les modalités de l'individu même.

 

  • Un jour on a posé une question au cheikh al Alawi en lui disant mais « Dans quel monde voulez vous vivre ?». Il a répondu mais c'est simple « Dans un monde où quand quelqu'un sort le matin avec des provisions et qu'il parte pour faire le tour du monde, il revient sans avoir consommé ses provisions ; c'est à dire qu'il aura été reçu d'ami en ami, de frère en frère.»

 

  • Le cheikh al-Alawi a fait remarquer, que "les hommes les plus retirés de leur Seigneur sont ceux qui ont le plus exagérer Son ("incomparabilité") qui est, Son tanzīh, en raison de laquelle rien n'est comme lui. «Ce qui est important, est de ne pas exagérer l'incomparabilité (tanzīh), mais de connaître Dieu par le biais de « l'analogie » (tashbīh)... la comparaison, avec la certitude de l'unité, est une valeur de plus de l'abstraction, avec le voile de l'unité."

 

  • Pour toi, le maître aplanira le chemin de la Vérité, par lequel tu pourras rechercher la Face de Dieu. Dès la première rencontre, sur-le-champ, il s'emparera de toi et sur le sentier du Seigneur, il placera ton pied. Fixe dans l’œil de ton âme les lettres du nom Divin. Par la grâce du maître sur les horizons, tu verras resplendir des lettres qui ne sont ailleurs que dans ton cœur. Aussi, fais-lui confiance pour t'enlever aux liens qui t'emprisonnent. T’emmenant vers les libertés des libertés, vers le premier, vers celui qui précède tous les commencements, en l'essence duquel, comme rien, tu vois l'univers tout entier, mais que rien dans l'infini du Seigneur.

 

  • Lorsqu'un cœur est rempli de crainte, la vigilance intérieure s'installe en lui. On dit que la crainte (khawf) est la cravache que Dieu utilise avec Ses serviteurs ; c'est pourquoi lorsqu'un cœur est rempli de crainte, la vigilance intérieure s'installe en lui. Cette vigilance est donc occasionnée par la crainte. Un cœur rempli de crainte n'est donc pas loin d'obtenir la vigilance intérieure, qui est le véritable objectif. Plus intense est la crainte du croyant, plus il se rapproche de Dieu. Quant à la crainte révérencielle (hayba) elle ne prend possession du cœur qu'une fois proche de Dieu. Réciproquement, plus le serviteur se rapproche de Dieu, plus sa peur (khashya) s'intensifie, jusqu'au moment où l'immensité divine le fait disparaître.

 

  • Le Cheikh Ahmad al-Alawî a écrit dans son commentaire "al-Murshid al Mu'in", à propos du passage sur la nécessité du Maître: "Ici il [Ibn 'Ashir] dit qu'il est obligatoire pour le Murid d'avoir pour compagnon un Maître. En d'autres termes, c'est une obligation pour arriver jusqu'à Allah" (Chapitre sur le Soufisme). Le Cheikh Ahmad al-Alawî a écrit aussi dans son commentaire de l'Hikam d'Abû Madyan al-Ghawth:"Celui qui n'a pas été éduqué par les Gens éduqués corrompt ceux qui le prennent pour Guide" : "L'auteur indique ici qu'un maître est indispensable à l'aspirant pour suivre la voie (...) Celui qui n'a pas eu de Maître pour le diriger dans la Voie n'est qu'un enfant trouvé. La plupart des gens ont une opinion tellement haute d'eux-mêmes qu'ils ne veulent pas se placer sous la direction d'un maître spirituel. Ils préfèrent penser que leur cas est particulier et fait exception à la règle. Certains (...) pensent que ce sera l'envoyé de Dieu lui-même qui les guidera et les fera progresser dans la voie, ignorant que ce dernier leur a prescrit d'avoir recours à un intermédiaire. C'est la haute opinion qu'ils ont d'eux-mêmes qui les a coupés de Dieu et des gens qui Lui sont rattachés (...) D'où est venue à ce prétentieux l'idée que le Prophète, depuis l'immense degré qui est le sien, doive prendre en charge directement son éducation, alors qu'il sait très bien que Dieu a coutume d'avoir recours aux moyens intermédiaires dans Sa création (...) "Sans le médiateur, ce qui dépend de lui disparaîtrait". (...) Seules leurs prétentions les empêchent d'acquérir l'éducation auprès de ses détenteurs, prétentions qui excluent toute possibilité de repentir ; en effet, on dit que la porte du repentir est toujours ouverte, sauf pour le prétentieux qui la voit se fermer devant ses yeux car il refuse de renoncer à ses prétentions en se confiant à autrui."

 

  • Comment l'Essence de Dieu serait-elle enfermée sous son voile ? Le seul voile est Sa Lumière.

 

  • Citations du Cheikh al-Alawi sur la lumière divine : "Quoi que tu voies, tu vois son Être, Dans l'unification absolue, Serait-elle enfermée sous un voile ? Là, le seul voile est Sa Lumière"

    "En fixant de l'oeil le Nom, tu t'élèveras par Sa Lumière Jusqu'au point où les mondes en néant s'évaporent. Cela à l'ordre du seul cheikh, non au tien toutefois. Il est l'index de Dieu, aussi fais-lui confiance"

    "Combien avez-vous (les aspirants à Allah), pendant le Dhikr, De Lumières qui vous inondent ! Lorsque le mélodieux chante Le Nom de votre Maître"

    "Si ta foi devient certitude Il se peut que tu me découvres. Tu me trouveras revêtu des secrets et des Lumières propres à notre Prophète."

    "La Lumière de Dieu est incomparable. L'incapacité‚ à la décrire est une sagesse. Si j'osais le faire, ce serait prétention."

    "Celui qui appela à la proximité de Dieu a déclaré : En vérité, Je suis avec vous, car, où que vous vous tourniez Brille Ma Lumière, une est Mon Essence, En toutes choses l'on Me voit."

    "Ô Gens! vous êtes les bienvenus, Les élus de votre seigneur, les œuvres de son art, Créés parfaits pour lui, Il vous favorisa en dévoilant pour vous la Lumière de Sa face. Quelle gratitude peu rendre grâce ! De l'infini ? Ayez pourtant toute la gratitude dont vous êtes capable Pour lui qui a daigné accorder ce qui n'a pas de prix."

    "Présence de Sa Splendeur ! Ô souffle léger du soir ! Emporte Avec toi mon salut à Tâha... La Lumière du Bien-Aimé, ô amoureux T'attire en son sein sans recours ! L'homme à l'intelligence fine, La voit-il Qu'il s'en trouve emporté et ravi, Indescriptible merveille !"

    "Ô amoureux ! La Lumière du bien-aimé ravit ! Lorsqu’il la voit, elle peut mettre Un homme subtil hors de lui C’est quelque chose d’extraordinaire Le comprend qui s’approche C’est au moment de la jonction Qu’il verra cette réalité spirituelle"

    "Beauté de l’Essence Muhammad le guide Lumière des attributs Mon trésor et mon soutien"

    "Que Dieu t'accorde la paix, ô Lumière ! Ô Lumière de tous les éclats ! Ô meilleur de ceux qui occupent les états ! Ô envoyé de Dieu, tu es ; Tu es la Lumière irisée en formes ! Lumière sur Lumière, c'est ainsi que tu es venu ! C'est par elle que le Qorân est descendu Niche, Lumière, huile Et clarté : en équilibre parfait tu es venu !

 

  • « Celui qui ne considère que la signification extérieure ou littérale en l’isolant de l’ensemble, est un matérialiste (hashwî), et celui qui ne considère que la signification intérieure en l’isolant de l’ensemble, est un pseudo-mystique (bâtinî), mais celui qui allie les deux significations est parfait. C’est en ce sens que le Prophète a dit : « Le Coran est comme une muraille surmontée d’une tour de guet, il a un extérieur et un intérieur. » Ou peut être est-ce 'Ali qui a dit cette parole car le lignage de celle-ci s’arrête à lui. Ce que je veux montrer, c’est que Moïse avait vu dans l’ordre d’ôter ses deux sandales, un ordre de se dépouiller des deux mondes, aussi obéit-il à ce commandement, extérieurement en retirant ses sandales et, intérieurement en rejetant les mondes. Le véritable rapport est celui-ci : il faut aller et venir, passer de l’un à l’autre, de la formule extérieure au secret intérieur ». (Un saint soufi du XXe siècle de Martin Lings, pp. 200-201).

 

  • « Les Gnostiques ont une mort avant la mort ordinaire. Le Prophète a dit : « Mourez avant que vous mouriez » ; c’est là la véritable mort, car l’autre mort n’est qu’un changement de demeure, Le vrai sens de la mort dans la doctrine des Soufis est l’extinction du serviteur, c’est-à-dire son effacement total, son annihilation. Le Gnostique peut être mort à lui-même et au monde entier et ressuscité en son Seigneur, de sorte que s’il t’arrivait de l’interroger sur son existence, il ne te répondrait pas, parce qu’il a perdu la vision de sa propre individualité. On interrogea Abû Yazîd al-Bistâmî sur lui-même et il répondit : « Abû Yazîd est mort. Dieu veuille ne point lui faire grâce » Voilà la véritable mort ; mais, si au Jour de la Résurrection, tu demandais à quelqu’un, mort seulement de la mort ordinaire : « Qui es-tu ? » il répondrait : « Je suis un tel », car sa vie n’a jamais cessé ; il n’a pas senti le parfum de la mort, mais il a seulement passé d’un monde dans un autre. Et qui n’est pas mort de la mort véritable ne peut en saisir la signification. Ainsi donc, les Soufis ont un règlement de compte avant le Jour du Règlement des Comptes ; comme l’a dit le Prophète : « Appelez-vous, vous-mêmes, à rendre compte avant que vous y soyez appelés. » Ils s’efforcent donc de s’appeler eux-mêmes à ce règlement jusqu’à ce qu’ils soient libres de contempler leur Seigneur ; leur résurrection précède la Résurrection. » (Un saint soufi du XXe siècle de Martin Lings, pp. 181-182)

 

  • Muhammed al-Harrâq (mort en 1845) disciple du Cheikh Ad-Darqâwî disait :
    La somme des recherches est dans Ta Beauté.
    Tout le reste, pour nous, ne vaut pas un regard.
    Et même en regardant, nous ne voyons rien
    A côté de Ton Merveilleux Visage.


    Il [cheikh Ahmed al-Alawî] en fait le commentaire : « Le Gnostique n’a pas atteint la Gnose s’il ne reconnaît Dieu dans toute situation et dans toutes les directions vers lesquelles il se tourne. Le Gnostique ne connaît qu’une seule orientation, c’est la Vérité Elle-même. De quelque côté que vous vous tourniez, là est la Face de Dieu, c’est-à-dire, de quelque côté que vous tourniez vos sens vers les choses sensibles, ou votre intelligence vers les choses intelligibles, ou votre imagination vers des choses imaginables, là est la Face de Dieu. Ainsi, en tout ain (où) il y a 'ain et tout est là ilâha illa’Llâh (il n’y a pas de dieu si ce n’est Dieu). En lâ ilâha illa’Llâh, tout être est compris, c’est-à-dire, l’Être Universel et l’être individuel, ou l’Être et ce qui est métaphysiquement dit existant, ou l’Être de la Vérité et l’être créé. L’être créé se place sous lâ ilâha, ce qui signifie que tout sauf Dieu, est néant (bâtil) c’est-à-dire nié sans la moindre possibilité d’affirmation, et l’Être de la Vérité se place sous illa’Llâh. Ainsi, tout les maux se placent sous la première partie et tout ce qui peut être loué se place sous la deuxième. » (Un saint soufi du XXe siècle de Martin Lings, pp. 162-163)

 

  • L'une des erreurs de « celui qui part à la recherche de Dieu » est de permettre à sa conception de la divine transcendance de ne laisser nulle place à la connaissance de l'immanence divine.

    Le cheikh Ahmed al-Alawî dit à ce sujet :

    De tous les hommes, les plus éloignés de leur Seigneur sont ceux qui dépassent la mesure dans leur affirmation de Son incomparabilité.

    Il dit encore :

    Il ne s'agit pas d'affirmer Son incomparabilité au-delà de toute mesure, mais de Le connaître par analogie.

    Il ne s'agit pas de connaître Dieu en levant le voile, mais de Le connaître dans le voile même.

    Les comparaisons fondées sur la certitude de Son unité valent mieux que les abstractions de celui qui est voilé de Son unité.

    Un jour, dans un site naturel d'une insurpassable grandeur, un disciple du cheikh dit, en montrant de la main les montagnes dressant leurs cimes enneigées au-dessus des versants boisés, le ciel bleu, les nuages blancs et le soleil à demi voilé : « Dieu est comme cela. » Sans doute, pour amener ses disciples à saisir d'une compréhension qui ne fût pas seulement mentale, que, sans Dieu, toutes ces choses offertes à leurs yeux s'évanouiraient en un instant. Le même Maître a dit encore : « Dans la caverne, le Prophète a enseigné à Abû Bakr les mystères du nom divin. Une toile d'araignée empêcha les infidèles d'entrer. Cette toile est la doctrine métaphysique qui sépare le monde profane de la gnose et la gnose du monde profane. La toile d’araignée est l'extériorisation du soi. »

    Il alla jusqu'à expliquer que les cercles concentriques représentent la transcendance, car ils figurent la hiérarchie des mondes l'un au-dessus de l'autre ; l'incomparabilité du soi, son absolue transcendance étant représentées soit par la circonférence la plus extérieure, soit par le centre, selon que l'on considère son aspect de totalité qui embrasse tout, ou son aspect d'intériorité. Les rayons qui relient les différents cercles entre eux représentent l'immanence divine qui nous permet d'établir des comparaisons et de relever des analogies. Chaque point d'intersection du rayon et de la circonférence est un sanctuaire de la Présence divine qui permet d'affirmer « Dieu est comme cela », ou même « C'est Dieu » ; et chaque point, sur chaque circonférence, ayant virtuellement son rayon qui le relie au centre, chaque point peut être le lieu de manifestation d'un secret.

    Mais, ceux qui « affirment au-delà de toute mesure son incomparabilité » sont ceux qui considèrent seulement les cercles ; ils sont, « de tous les hommes, les plus éloignés de leur Seigneur » parce qu'en refusant de considérer les rayons ils se privent de toute relation avec Dieu et ils privent le monde de toute signification symbolique. (Un saint soufi du XXe siècle de Martin Lings, pp. 239-240)

 

 
Copyright © 2017 A.C.A.A - Les Amis du Cheikh Ahmed al-Alawî. Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.