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Cheikh al-Alawî - Déclaration sans ambiguïté et explication fiable
Œuvres écrites du Maître - Articles du Cheikh al-Alawi dans les journaux
Écrit par Ahmad al-Alawî   
Vendredi, 15 Décembre 2017 12:10

On dit souvent que le « communiqué algérien » (al-Balâgh Al-Jazaïrî) et quoi qu’on puisse dire sur lui, n'a été établi que pour défendre les gens de la Voie (les soufis), qu’ils soient scrupuleux dans la Voie (soufie) ou déviés de la Religion (islamique). Voici donc ce qui se dit et ce qu’en pensent certains. Quant à nous, par Dieu, nous réfutons ces accusations, et nous demandons refuge auprès du Tout-Puissant d’une telle ignominie, et nous déclarons en toute honnêteté que le « communiqué algérien » n'a pas été et ne sera jamais l’avocat de celui qui ne protège pas la Loi de Dieu, ni de soutenir celui que Dieu a rabaissé.

Les soufis, comme tous les autres membres de la Nation (islamique), ne sont pas dénués de vertus, en revanche il n’est pas improbable qu’il y ait parmi eux des corrompus. Seulement il faut savoir que le vice de quelques uns ne doit pas être imputé à toute une communauté, et cette dernière ne peut être réprimandée pour la faute de l'un de ses membres. Ainsi donc qu’est la règle de l’évaluation ; de ne jamais juger le genre en vertu du type, et sans cette règle, on risquerait d’imputer des vices de forme à la doctrine soufie à cause d’une minorité et la diffamation touchera l’ensemble de la communauté, les connus d’entre eux en même temps que ceux qui sont inconnus sans faire aucune distinction. Ceci est une chose inacceptable pour le croyant, surtout pour celui qui connait la valeur de la doctrine soufie par rapport à la Religion, et croit particulièrement que cette communauté est l’élite de la Nation (islamique) et le phare de la Religion, que la terre ne sera jamais inoccupée de gens de vertu jusqu'au Jour du Jugement. C’est eux les principaux auteurs à promouvoir le bien et prévenir du mal, qui se conforment à la Loi de Dieu.

Il est de mise que le croyant se charge de défendre leur honneur afin de plaire à Dieu, sans qu’il ne soit perturbé par les nuisances de celui qui est dominé par la malveillance et encerclé par les péchés, qui s’est écarté du droit chemin préférant celui des infidèles. Car le croyant voit en lui et en ses manœuvres perfides une affaire purement personnelle qui ne peut être un argument d’imputer les distingués des communs qui sont tout aussi innocents de ses calomnies, et même s’ils ont un lien de sang avec lui, ce lien n’est plus considéré puisque le lien spirituel n’est plus : « Et Noé invoqua son Seigneur et dit : O mon Seigneur, certes mon fils est de ma famille et Ta promesse est vérité. Tu es le plus juste des juges. Il dit : O Noé, il n'est pas de ta famille car il a commis un acte infâme ! », (Houd, V45, 46). Ainsi qu’est la Loi divine, une norme souveraine, personne n'est réprimandé pour le crime d’un autre « Personne ne portera le fardeau (responsabilité) d'autrui », (Anâam, V164), « Cependant, la manœuvre perfide n'enveloppe que ses propres auteurs », (Fâtir, V43).

Quant au fait de généraliser le jugement conjointement sur ceux qui sont connus et ceux qui sont inconnus, sur nos contemporains et sur ceux qui n’ont pas vécu dans notre époque (qu’ils soient du passé ou du futur), est quelque chose qui ne peut être acceptée par la Religion ni même par la raison. Si ce verdict concernait les fidèles en général, notre réaction serait la même, mais la chose est encore plus grave qu’il s’agisse de l’élite en général et de ses membres les plus distingués qui nous ont précédés dans la foi et qu’on nous ordonne de leur témoigner de la plus grande vénération et le total respect, même si ce n’est que par une prière. « Et il appartient à ceux qui sont venus après eux en disant : Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu'à nos frères qui nous ont précédés dans la foi », (Hashr, V10).

Parce que la foi ne nous permet pas de porter atteinte à tout croyant quoi qu’il ait fait qui lui soit contraire, mais nous le confions à Dieu qui se chargera de lui. Le commandeur des croyants Omar ibn al-Khattab ® a dit : « Celui qui nous a montré tant de bien, nous avons bonne opinion de lui et nous l’aimons pour ça, et celui qui nous a montré tant de mal, nous avons mauvaise opinion de lui et nous le détestons pour ça ! ». Ceci est un niveau culminant de la conscience qui permet à l’homme d’y arriver et une priorité préférentielle qu'il est utile d'adopter, parce que nous n'avons pas encore atteint la connaissance qui nous permet de savoir ce que renferme la conscience d'un être envers le Divin, et nous, de notre coté, nous ne sommes pas sollicités à le savoir comme en témoigne ce Hadith du Prophète (§) qui dit : « Je fus ordonné de juger les faits et Dieu juge les consciences ». Donc, le musulman pour nous est celui qui manifeste sa pratique de la prière, de l’aumône légale et des autres obligations des cinq piliers, puis nous le confions à Dieu qui connaît ses vraies intentions car Dieu ne nous autorise pas à lui contester la foi aussi longtemps que les paroles du Coran affirment : « Et ne dites pas à quiconque qui vous adresse le salut (Salam) : Tu n'es pas un croyant », (Nissâ, V94) et bien d’autres versets dans ce sens...

Dans un Hadith du Prophète (§) qui dit : « je fus ordonné de combattre les hommes jusqu'à ce qu'ils disent -qu'il n'y a pas d'autres divinités hormis Allah-, s'ils le disent, leurs vies et de leurs biens deviennent invulnérables, sauf ce qui revient de droit à Dieu (l’aumône légale), et qui les jugera (selon leur sincérité) ». Comment alors considérons-nous les personnes qui consacrent leur vie à mentionner l’unicité de Dieu, cette formule qui protège la vie et les biens de celui qui la prononce même si ce n’est qu’une seule fois dans la vie sans qu’on puisse porter un jugement à cela. Le Prophète (§) avait dit à un de ses soldats qui avait tué un infidèle qui venait de prononcer cette formule, pensant qu'il l’avait prononcé sans sincérité mais juste pour préserver sa vie : « as-tu ouvert son cœur (pour savoir s’il était sincère ou pas) ? », mais sa suspicion n'était pas suffisante pour justifier son acte auprès du Prophète (§).

Quant à nous, de notre coté voyons-nous aujourd'hui certains de nos frères musulmans la prononcer juste pour préserver leur vie pour qu’on puisse se permettre de porter atteinte à leur honneur ? Jamais ! Que Dieu nous en préserve. Le musulman ne prononce la formule de la foi qu’en étant profondément sincère car il n’y a aucun autre motif contraignant qui le motive à la prononcer si ce n’est sa foi profonde. Quant aux autres qui la prononcent à foison au point qu’elle s’est mêlée à leur chair et leur sang, leur invulnérabilité est au-delà de celle des communs. Il a été rapporté que le Prophète (§) : « il a trouvé un petit groupe de ses compagnons qui prononçaient les formules glorifiant Dieu (tahlîl et takbîr), il leur dit aussitôt : c’est bien ça, c’est bien ça ! Ils lui demandèrent : qu'est-ce donc ô Messager d'Allah, il leur répondit : la formule de la piété ! ». Ainsi ils étaient les plus valus à la prononcer, dignes d’être choisis.

Que Dieu nous compte et l’ensemble des croyants parmi ceux qui le mentionnent, qui les a choisis à satisfaire leur devoir (en mentionnant l’unicité de Dieu).

 

 

Source : Déclaration sans ambiguïté et explication fiable. Journal Al-Balagh al-Jazairi, n° 39 du 07-10-1927
Pour lire le texte en arabe, cliquez sur ce lien.
Traduit de l'Arabe par Derwish al-Alawi, Les Amis du Cheikh Ahmed al-Alawi.

 
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