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Le Centenaire de l'Algérie - Les Annales coloniales, 30/07/1929
Œuvres écrites du Maître - Articles du Cheikh al-Alawi dans les journaux
Écrit par Les Annales coloniales   
Mardi, 30 Juillet 1929 08:03

Ce qu'en pense un grand Marabout, le cheikh Ben Alioua, le chef respecté d'une confrérie allaouite nouvelle et solide à Rélizane, qui groupe des milliers d'adeptes au Maroc, en Algérie, en Tunisie et même à Paris, où il a déjà une Zaouïa, un érudit et un « soufi » doublé d'un grand philanthrope, le type représentatif du marabout modeste, bon et charitable, a confié à la Presse son opinion sur le centenaire de l'Algérie française. Il nous a paru intéressant de reproduire en substance cette pensée autorisée.


« La presse est la messagère des peuples, elle est un facteur de premier ordre de civilisation et de progrès, elle permet au riche comme au pauvre de connaître journellement ce qui se passe sur notre planète, enfin elle combat avec courage et ténacité les abus, l'arbitraire et les injustices.


Si, lors de la manifestation de 1930 l'on faisait revivre, soit par le cinéma, soit par le théâtre, soit par des discours, le débarquement des troupes à Sidi-Ferruch, la prise d'Alger et les rudes batailles de l'intérieur, si l'on rappelait aux indigènes toutes les souffrances, tous les massacres et toutes ruines que comporte une guerre, si l'on rappelait enfin aux Musulmans de l'Algérie comment leurs pères ont été mis en déroute et comment on s'est emparé de leurs terres, cela vous en conviendrez avec moi, ne ferait pas plaisir aux indigènes. Le mal serait tellement grand qu'il faudrait peut-être un autre siècle pour le guérir.


Mais si l'on mettait sous les yeux des indigènes la véritable Algérie d'avant la conquête, avec ses terres incultes, ses marécages semant la mort, ses populations décimées par les épidémies, les guerres intestines et le paupérisme sans voies de communication et courbée sous la domination de quelques potentats, et si l'on filmait l'Algérie actuelle avec ses grandes villes, ses chemins de fer, ses routes carrossables, ses grands ports, ses télégraphes, ses autos, ses champs immenses de blé, d'orges et de vignes, ses nombreux jardins verdoyants, ses écoles en nombre considérable, ses nombreux hôpitaux et ses chefs justes et bienveillants, il va de soi que l'indigène ne manquerait pas de faire la comparaison et aimerait davantage la France.


Une idée qui me paraît bonne, c'est de faire ériger, par voie de souscription, s'il le faut, un monument sur la place du Gouvernement à Alger, a ce monument représenterait la France Souriant à un colon et à un fellah se donnant l'accolade et sur les bas-reliefs d'un côté faire revivre par quelques scènes, l'Algérie d'avant la conquête et de l’autre l’Algérie actuelle. C'est le seul moyen, à mon avis, d'effacer le passé qui choque et de démontrer aux Indigènes et aux puissances étrangères que la France est venue en Algérie pour civiliser et non pour spolier les indigènes. ».


Le Centenaire de l'Algérie - Les Annales coloniales, 30/07/1929

 
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