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Cheikh al-Alawî - Dîwân (recueil de poèmes)
Œuvres écrites du Maître - Livres du Cheikh Ahmed al-Alawî
Écrit par Ahmad al-Alawî   
Vendredi, 13 Juillet 1934 06:19
Index de l'article
Cheikh al-Alawî - Dîwân (recueil de poèmes)
À Dieu se plaint ma tristesse, (Lillah ashkû huznî)
A nul autre qu'Allah n'accorde ton Amour, (Falâ tardhâ bi-ghayri-Llahi hibban)
Approche, toi l’affligé, (Aqdim ya mu'anâ )
Aspirant à la jonction, (ya mouridal wissal)
Aspirant au secret, abandonne-toi, (Ayâ murîda-s-siri sallim)
Celui qui ne s'est pas anéanti en ses frères, (Man la fna fi khwanou)
Ces hommes qui ont disparus dans la Présence Divine, (ya rijâlan ghâbou fî hadrati-Llah, version 1)
Ces Hommes qui se sont éclipssés dans la présence de Dieu, (ya rijâlan ghâbou fî hadrati-Llah, version 2)
Disciple ! a toi la victoire, (Ya muridan fuzta bihi)
Disciple, puisse ton cœur être présent, (Mouridan bâdir biqalbin hâdir)
Invoque le Nom de Dieu mon compagnon, (Udkur Allah ya rafîqî)
Je suis éperdu par Ton Essence et suis absorbé en Toi, ô Allah !, (tayahathnî dâtek wa ghibtoufîk yâ Allah)
La Coupe, (1ère qasida page 12, fama ahla sharbul qawmi nukhbir bita'mihi)
La vision a plus de clairvoyance, (Safati nadra)
La vision s'est purifiée, (Safati nadra, version 2)
La Voie, (1ère qasida page 10, ahal talibou al Illahi yarda bi bu'dihi)
Laila, (La Présence Divine), (Danawtu min hayy Layla)
L'Amour m'a rendu esclave, (Araqani al-Gharam min husni Layla)
Le chant de l'illumination, (faqad zalati al-hujub)
Le Dhikr est cause de tout bien, (A-Dhikr sbâb kul khîr version 1)
Le (Dikhr) ressouvenir de Dieu, (A-Dhikr sbâb kul khîr version 2)
Le Maître, (1ère qasida page 11, fa in sadafta ada'iyya muhiqan fi za'mihi)
Les bien-aimés ont tout emballé, (Alwaw, Alwaw)
Les coupes de l'amour font le tour, (Darat ku-ûs al-gharâm)
Les gens du désir, les connaissants par Dieu, (Ahl l-Hawa al-'Arifina bil-Llah)
Mes regards furent accablés, ('Anati-l-absâr, version 1)
Mon regard s'est brouillé, ('Anati-l-absâr, version 2)
L'imposteur, (1ère qasida page 8, fahal laka ya hada nasibun min zawqihim)
L'intellect, (1ère qasida page 7, waqad bada nurul shamsi fi qamari duja)
L'omniprésente Réalité, (1ère qasida page 14, nadahum da'iyul qurbi inni ma'akum)
Meneur des Gens par Allah, (Hâdiya-l-qawmi biLlah ya hâdi)
Mes amis, réjouissez-vous, (Bouchrakum khilâni, version 1)
Mes frères, oyez la bonne nouvelle, (Bouchrakum khilâni, version 2)
Mes amis, si vous attestez de l'authenticité de mon état, (Ahibatî inn kuntum 'alâ sidqinn min amri, version 1)
Mes amis, si vous êtes sincères, (Ahibatî inn kuntu m'alâ sidqinn min amri, version 2)
Mes bien-aimés, votre agrément me suffit, (Yâ ahla ahla widî hasbî ridhakum)
Mes larmes coulent en abondance, (Dam'î mihtâl min 'ayni madhahâ, version 1)
Mes larmes s’écoulent de mon œil, (Dam'î mihtâl min 'ayni madhahâ, version 2)
Miséricorde et bienfait en compagnie des amis, (Rawhun wa rayhân ma baynal khilân)
Mon ami, pratique mystiquement la danse, (Ya khilli fashtah)
Mon bien-Aimé m'a fait connaitre, ('Arafni mahboubi malâ nadrî)
Mohammed, le Créateur t'a élu, (Mohammed stafâk al-Bârî)
Mon Seigneur Ahmad ô Muhammad,(Yâ Sidî Ahmad yâ Muhammad)
Que Dieu t'accorde la bénédiction, ô lumière,(Çall-Allah 'alayk ya nûr, version 1)
Que Dieu t'accorde la paix, ô lumière,(Çall-Allah 'alayk ya nûr, version 2)
Toi ô échanson du vin spirituel, (yâ sâqiya-l-khamra)
Toi qui m'interroges, tu seras responsable, (Ayuha as-sâ-il anta-l-kafilu)
Toi qui ne comprends pas mes paroles, (Yâ man lam tafham maqâli)
Toi qui veux connaître ma sagesse, (Yâ man tûrid tadrî fanî, version 1)
Toi qui désires savoir mon art, (Yâ man tûrid tadrî fanî, version 2)
Toi qui veux connaitre mon art, (Yâ man tûrid tadrî fanî, version 3)
Toi, notre espoir ! Par Ta bienveillance [Al-Lotfiyya],(Aya Rabbi bi lotfika ya Mortajâ)
Vous qui désaltérez les esprits, (Yâ souqât-arrâhî qoumou)
Vous qui hantez mes entrailles, (Ya sakina-l-hacha, version 1)
Vous qui résidez en moi, (Ya sakina-l-hacha, version 2)
Toutes les pages

Le Dîwân (recueil de poèmes) du Cheikh Ahmed al-Alawî est un ensemble de poésies spirituelles auquel les disciples ont recours pour les séances de samâ’, représente, avec ses Munâjât ("apartés") et ses aphorismes ("Sa Sagesse"), l’aspect le plus intime de sa production littéraire. Dans ce Diwân le Cheikh célèbre la Présence prophétique et l’ivresse de l'Amour divin dans un style poétique flamboyant. Il est à noter que l’une des pièces maitresses de ce recueil est son long poème dit « allamiya » (dont la rime se termine par un L) et qui constitue tout un programme pour le disciple qui entreprend le voyage dans la voie de Dieu. Inspiré de l'émanation de la Présence de l'Unité, ce poème ainsi que d'autres sont un chef-d'œuvre de spiritualité et d'art poétique.

Poèmes (reclassés) par ordre alphabétique. Quelques titres (seulement) ont été adaptés pour s'accorder avec les différentes versions de traduction.


 

À Dieu se plaint ma tristesse
(Lillah ashkû huznî)
Traduit par Derwish al-Alawi

***

À Dieu se plaint ma tristesse
De la mort du Roi,
Une vraie perte
Pour ces temps et toute l'humanité

***

Un disparu qui fut proche
Englouti sous terre,
Alors qu'il englobait le tout,
Et le tout était lui

***

Un disparu qui fut
Au dessus de Tout,
Est ce possible
Qu'il soit entouré d'une tombe ?

***

Non !
Le tombeau ne l'a pas entouré,
Mais reçu par faveur
L'honneur en le humant

***

Que les yeux coulent de sang
Regrettant sa perte,
Sans qu'on dise
Qu'ils ont commis de pêché

***

Car le pêché serait
Que l'œil soit asséché
Des larmes qui sont
Si généreusement rétribuées

***

Et qu'il le pleure
Le trône de Dieu et le ciel,
Et que la terre, devenu son atout,
Puisse-elle survivre

***

Oh Ciel quel regret !
Ton altitude ne t'a nullement profité,
La fierté t'aurais sied
Si terre tu étais

***

Il n'est point surprenant
Qu'il n'y ait de semblables,
Nul ne peut supporter
Ses éthiques illustres

***

Tolérant, généreux,
Indulgent, ascète, souriant,
La jovialité sur son visage
Est un aspect permanent

***

Pardonne aux détracteurs,
Même après sa mort
Nul ne le diffama
Ou l'accusa d'arrogance

***

Veillait sur l'humanité,
Son don abondait en secrets,
Ne demandait pas de gloire
Ne demandait point de rétribution

***

Jamais en colère,
Le mécontentement ne connaissait pas,
Avait toujours d'excuses
Pour ses intimes amis

***

Nul ne peut prétendre vu
Ou aperçu de semblable,
Par Dieu,
Il est l'unique réceptacle du Secret

***

Il est mon désir, mon souhait,
Mon soutien puis mon but,
Sa protection me suffit
Dans les difficultés

***

Muhammad al-Bûzîdî
Reçu de Muhammad,
Ce que le fils hérite du père,
Et nous eûmes une part d'héritage

***

Que la miséricorde de Dieu
Soit sur vous
La douloureuse séparation règne
Après notre heureuse réunion

***

Une paix exhalée de parfum,
D'aromate et d'ambres,
Vous est adressée
De tous mes viscères,

***

Je vous ai appelé car,
Mon cœur est éprouvé par l'éloignement,
Et mes larmes sont ;
L'encre de ces lignes

***

J'ai écris avec mes larmes
Mélangées de tristesse,
Je manque de patience
Je n'ai pu ressaisir mon courage

***

Je ne pleure pas
En raison de la séparation,
Mais votre image
À mon œil, a de l'estime

***

Que Dieu du trône vous récompense
Par la proximité et l'agrément,
Et que la vénération vous entoure,
La bénédiction et la félicité

***

Pour préserver la Voie,
Vous avez laissez des hommes tels des fleurs
Alors que vous,
Étiez la pleine lune

***

Mon ami,
Ne pense pas que la mort a emporté son secret,
Mais elle lui a préparé
Le terrain du déploiement

***

Nous a fait hériter des sciences
Car nous en sommes dignes de les préserver,
Et lorsque le temps nous affectionnera,
Il nous est tenu de les manifester

***

O vous, Ses biens aimés,
Vous avez gagné Sa proximité,
Vous êtes les rois
Des blancs et des rouges sur terre

***

O Seigneur, Dieu de toute l'humanité,
Toi, en qui j'ai confiance,
Couvre sa tombe
Par des voiles de Ton pardon

***

Et alloue d'avantage de Ta proximité
A la principale source, notre refuge,
Mon soutien et protecteur
Au jour du jugement.

 


 

A nul autre qu'Allah n'accorde ton Amour
(Falâ tardhâ bi-ghayri-Llahi hibban)
Traduit par Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

***

A nul autre qu'Allah, n'accorde ton Amour,
Hors de Lui, toutes choses ne sont que pur mirage.
Si tu peux recevoir quelque conseil, voici le nôtre.
Toujours en leur Bien-Aimé sont absorbés les Gens du Souvenir,

***

Car nul n'a la vie hormis ceux qui sont proches de lui.
De la vérité, aucun voile ne les sépare.
Que sont alors pour eux les grâces du paradis?
La passion a fait fondre les serviteurs de Dieu ; il ont bu,

***

Et boivent encore, son vin dans l'éternité conservé,
Breuvage qui les a ravis à eux-mêmes.
Puisses-tu seulement prendre à leur coupe une gorgée!
Ce serait un moyen de t'approcher de nous.

***

Le bon serviteur est celui qui répond : " je suis à Ton service ",
A cet appel de Dieu que nous lui adressons.
Toi, si tu cherches Dieu que nous lui adressons
Toi, si tu cherches Dieu, sois notre compagnon :
Tu peux être certain qu'il n'est pas d'autre voie.

 


 

Approche, toi l’affligé
('Aqdim ya mu'anâ )
Traduit par M. Chabry

***

Approche, toi l’affligé
Si tu veux guérir !
Exprime ton vœu et demande-nous
L’objet de ta passion

***

Car ce que tu vois de moi
Est réalité et altérité à la fois
Notre signifié est une réalité spirituelle
Qui embrasse toute chose

***

Nous avons mené le combat spirituel
Et avons ainsi dépassé le Trône
C’est par la reconnaissance de notre impuissance
Que nous avons obtenu tous les pouvoirs

***

Nous avons perdu la trace de l’existence
Et de tout ce qui est autre que Dieu
Et ce ne sont pas de vaines prétentions
A Dieu ne plaise !

***

Prends de nous la réalité
Et abandonne tes passions !
Sois comme nous l’avons été
Meurs et replie-toi !

***

Disparais par nous à notre vue
Dans la vallée de "Towâ"
Notre tronc est bien ancré
Et notre ramure bien équilibrée

***

Ainsi notre état d’union est un jardin
Qui se prête bien à l’aparté
Destine-toi au meilleur
Bois pour étancher ta soif

***

Mais sinon laisse-nous
Et tiens-toi loin de nous
Si tu ne m’as pas pris comme guérisseur
De ta maladie d’amour

***

Sache que chacun d’entre nous
N’atteint que ce qu’il se propose d’atteindre !

 


 

Aspirant à la jonction
(Ya mûrid al-wissal)
Traduit par Derwish al-Alawi

***

Aspirant à la jonction
Soumet-toi à mon état (spirituel)
Ceci est la station de la perfection
En elle, je suis enraciné

***

toi qui désire ce qu'on a désiré
Ôte les sandales de l'altérité
Dans le saint des saints "Towa"
Comme moi je l'ai fait

***

J'ai donc ôté les sandales
Ainsi que les deux univers
Pour qu'il n'y reste rien de moi
Ensuite, je fus appelé

***

Il dit : ô toi qui nous a désiré
Approche, tu nous verras
Anéanti-toi à l'altérité
Voilà ce qui m'a été ordonné

***

J'ai dit mon but dans mon parcours
Est en Toi, mon Seigneur
Tu es mon Extrême Amour
Toi Seul me suffit

***

Celui que j'aime s'est manifesté
Et son agrément m'est apparut
De l'altérité je me suis absenté
Par lui je suis resté

***

Mon Bien-Aimé m'a fait approcher
Et m'a relevé mes voiles
Ensuite mon abreuvage s'est purifié
Par lui, j'ai réalisé la jonction éternelle

***

Dans ma jonction éternisée
Je me suis absenté de mon état (conscient)
Dans l'apparition du Majestueux
J'étais totalement effacé

***

Mon nom et mon image ainsi effacés
Aussi mon corps et mon esprit
De mon savoir m'a fait absenté
Lorsque j'ai contemplé

***

Lorsque mon désir s'est réalisé
Mon existence a ainsi disparu
Dans la présence de la contemplation
Ensuite j'ai répondu.

 


 

Aspirant au secret, abandonne-toi
(Ayâ murîda-s-siri sallim)
Traduit par Abdul-Jamil (Johan Cartigny)

***

Aspirant au secret, abandonne-toi
Ne nous désapprouve pas.
Ne te fie pas trop a ta compréhension de moi
Et avance-toi pour prendre de nous.

***

Si avant de me rencontrer, tu avais su
Tu n'aurais pas eu besoin de nous.
Par Dieu! notre science est inestimable
Elle est loin d'être pour nous sans valeur.

***

Si tu prétends être un aspirant résolu
Ce que tu cherches est bien en nous.
Si tu vois chez d'autres que moi ce pouvoir
Adresse-toi à eux cela nous allégera !

***

Mais par Dieu! Qui a goûte‚ ce secret ?
Prononcera la sentence en notre faveur.
Que certes en cela j'ai primauté‚ sur tous ?
Que la sur éminence est notre !

***

Je ne divulgue rien et n'ai rien caché‚
C'est ainsi entre eux et moi.
Nous accordons la sagesse et nous ne privons pas
Celui qui a une part en nous.

***

Nous espérons par ce cheminement trouver le salut
Et Dieu nous suffit.
Contre le mal de la nafs comme Il le sait
Afin qu’elle n'ait sur nous nulle emprise !

***

Que Ta grâce " Seigneur et Ta paix Soient
Sur l'Esprit de notre prophète !
Et sur tout homme vénérable
D' entre les gens de Médine.

 

 


 

Celui qui ne s'est pas anéanti en ses frères
(Man la fna fi khwanou)
Traduit par Derwish al-Alawi

***

Celui qui ne s'est pas anéanti en ses frères
Sa foi est vide, sûrement
Il a perdu son temps, quel malheur
Ô ! mon père

***

Sa seule part d'action et de repère
Se limite à sa langue
A échoué dans ses semailles et son cœur
Ô ! mon père

***

Son temps et sa vie perdus, il est clair
Ses os sont donc morts
N'a nullement donné vie à ses prières
Ô ! mon père

***

Celui qui ne s'assied pas avec un connaissant
Ayant un cœur soumis
N'obtiendra jamais de fruits hors pairs
Ô ! mon père

***

Celui qui ne s'assied pas avec un remémorant
Ayant un cœur présent
Toujours sa foi restera mineure
Ô ! mon père

***

Celui qui n'a pas remémoré, n'est pas prêcheur
Ne trouvera jamais la vérité
Ne participe donc pas à son malheur
Ô ! mon père

***

Celui qui n'est pas anéanti, ne l'est guère
N'a connu aucun sens
Quelle est sa part dans la sunna si chère
Ô ! mon père

***

Cette voie est généreuse par son caractère
Elle est d'une grande emprise
Elle est venu pour les amis en butin
Ô ! mon père

***

Celui qui ne l'emprunte pas, le regret lui sera amère
S'est privé de tous les biens
Je n'ai jamais vu d’errant ne savant quoi faire
Ô ! mon père

***

Celui qui nous a suivi et venu vers notre demeure
De tous les biens, il se rapprochera
Son palais est au paradis sans erreur
Ô ! mon père

***

Celui qui nous a cité parmi ses frères
Ne sera jamais dépourvu
Est en intimité en notre compagnie
Ô ! mon père

***

Celui qui, pour mes paroles, est contradicteur
Le pauvre est vide de tout sens
Que connait-il de mes états d'ailleurs
Ô ! mon père

***

Je n'ai nullement besoin d'eux ni de leur affaire
Dieu m'a suffisamment donné
Je n'ai jamais demandé à un anéanti sur terre
Ô ! mon père

***

Mon seule et unique but est Dieu le Créateur
Mon aide et mon soutient
Et mon remède est l’intercesseur
Ô ! mon père

***

Que Dieu lui adresse ses prières
Ainsi que le salut psalmodié
Et sur ses compagnons et sa descendance toute entière
Ô ! mon père.

 


 

Ces hommes qui ont disparus dans la Présence Divine
(Ya rijâlan ghâbou fî hadrati-Llah, version 1)
Traducteur inconnu

***

Ces hommes qui ont disparus dans la Présence Divine !
Certes, ils ont fondus comme la neige
Tu les vois stupéfaits dans leur contemplation de Dieu
Nul doute, qu'ils sont dans l'ivresse plongés

***

Tu les vois s'enivrer à la mention d'Allah
Sur eux la Présence Divine rayonne
Si poussé par la beauté de Dieu, le chanteur se prend aux chansons
Aussitôt ils se lèvent pleins d'un élan pour Dieu

***

Leur respiration est un souffle de la Présence Divine
Leur vie subsiste avec la vie même de Dieu
Cœurs tournoyant vers la miséricorde de Dieu
Vraiment des secrets qui de toute part débordent

***

Intelligences saisies par la domination Divine
Âmes qui s'humilient dans la quête de Dieu
Ce sont eux les fortunés en ce qu'ils appartiennent à Dieu
Ceux qui le craignent en plus, en vérité, ce sont eux

***

Qui les voit, a vu ceux qui n'agissent jamais que par Lui
Ils sont parmi les hommes des sources Divines
Sur eux la miséricorde et la satisfaction de Dieu
Sur eux un effluve de Sa Présence.

 


 

Ces Hommes qui se sont éclipsés dans la présence de Dieu
(Ya rijâlan ghâbou fî hadrati-Llah, version 2)
Traduit par Derwish al-Alawi

***

Ces Hommes, qui se sont éclipsés dans la présence de Dieu
Comme la neige ont fondu, je le jure par Dieu
Tu les verras perplexes dans la contemplation de Dieu
Tu les verras ivres, je le jure par Dieu

***

Tu les verras étourdis lorsqu'ils invoquent le Nom de Dieu
Sur eux la beauté et la grâce de la présence de Dieu
Quand le chanteur évoque la beauté de Dieu
Ils se lèvent excités émus par Dieu

***

Leurs respiration est soufflée de la présence de Dieu
Leurs vies éternisées par la vie de Dieu
Leurs cœurs mêlés dans la miséricorde de Dieu
Leurs secrets débordés, je le jure par Dieu

***

Leurs raisons stupéfaites de l'emprise de Dieu
Leurs âmes dociles dans l'aspiration de Dieu
Ce sont eux les aisés par leurs appartenance à Dieu
Ce sont eux les craintifs, je le jure par Dieu

***

Celui qui les a vu, a vu celui qui s'est levé par Dieu
Ils sont parmi les humains les yeux de Dieu
Sur eux la miséricorde et l’agrément de Dieu
Sur eux le souffle de la présence de Dieu.

 


 

Disciple ! A toi la victoire
(Ya muridan fuzta bihi)
Traducteur inconnu

***

Disciple ! a toi la victoire
Hâte-toi ! et va vers Celui que tu aime
Si tu désire t'anéantir vers Lui
N'écoute pas autre que Lui

***

Rends présent ton cœur dans Son Nom
Visualise-Le et comprends Son Secret
N'oriente ton visage que vers le Sien
Puis que pour Lui tu frémisses du plus ardent désir

***

Auprès de Lui baisse les yeux
En toi-même regarde et la tu Le verras
Ou en étais tu toi de Sa beauté
Alors que tu n'es pas autre que Lui

***

Si on te demande : a qui fais tu donc allusion ?
Déclare-le ouvertement : a Lui, Allah !
Je suis anéanti en Lui et par Lui
Il me voit tout comme je Le vois

***

Nous ne saurions souffrir aucun substitut
Les gens de l'amour sont éperdus en Lui
Ivres stupéfaits en Lui
Ils le révèlent et parlent de Lui

***

Je ne tends que vers Lui et n'en fais pas mystère
Jamais mon cœur ne L'oublie
Tantôt Il m'éteint en Lui
Et à travers moi, Il se manifeste avec toute Sa splendeur

***

Tantôt Il me fait perdurer par Lui, je m'écris alors
Moi ! Et non plus Lui
Lui ! Lui ! Mon désir est en Lui
Toute ma parole c'est Sa splendeur

***

Mon Aimé ! Mon Aimé ! Je Le dissimule
Car je crains lorsque je Le rencontre…
Il Est mon secret, je ne Le divulgue pas
Sauf à celui qui connaît ce qu'Il Est

***

Lui vers qui Seul, je tends en qui je me passe de tout
Qui m'a rendu absent à tout ce qui n'est pas Lui
C'est sur Son ordre que je parle
Quand je parle, c'est par Lui et pour Lui

***

J'adresse une prière qu'Il agrée
Pour celui qu'Il a privilégié et élu
Sur sa famille et les gens de son héritage
Sur ceux qui cherchent son refuge

***

Al-Alawî est anéanti en Lui
Il n'espère rien d'autre que Son agrément
Muhammad, je sais ce qu'il y a en lui
Il contient toute beauté

***

Ô Seigneur ! bénie le
D'une bénédiction digne de son essence.

 


 

Disciple, puisse ton cœur être présent,
(Mouridan bâdir biqalbin hâdir)
Traduction initiale par Salah Khelifa, revue, corrigée et complétée par Derwish al-Alawî.

***

Disciple, puisse ton cœur être présent,
Et ta langue invoquer le Nom d’Allah.

***

Lutte et tu saisiras tous les avantages,
Du secret des glorieux élus, en évoquant Allah.

***

L’amour des seigneurs élus m’a troublé,
Ces êtres parfaits, m’ont mené à la connaissance d’Allah.

***

O Ténor ! Loue-nous leurs mérites,
Car ils ont ravi mon cœur à la Présence d’Allah.

***

Me voici, enfin, témoin de Son unicité,
Je me suis prosterné à la Présence d’Allah.

***

À la fois, prosterné et debout, suis éperdu !
O toi qui me blâme, tu ne peux connaitre Allah.

***

Si tu désires la connaissance, l’ascension et le cheminement
Adhère à mon secret, par lequel tu contempleras Allah.

***

De ces subtils secrets, je suis expert
Approche-toi apeuré, et tu finiras par contempler Allah.

***

Je suis unique dans l’Art de la contemplation,
Je ne suis point ingrat envers l’aspirant à Allah.

***

Celui qui nous rejette, se voit privé de notre amour,
Il ne verra qu’accablement jusqu’à son retour vers Allah.

***

Avec excellence, mes bien-aimés ont réalisé l’unicité,
Nous avons tous obtenu la proximité d’Allah.

***

O ! Narrateur, parles en, en nom d’al-Alâwî,
Qui est le successeur (du siècle) après al-Darqâwî.

***

O mon cœur, j’ai satisfais mon désir,
Annonce avec force tes louanges à Allah.

***

O mon cœur ! Sois réceptif aux signes divins,
Préserve mon amour pour Lui, pour Allah !

***

O mon cœur ! Ne sois point négligent, exalte Sa grandeur,
Ne te précipite point à divulguer le secret d’Allah.

***

Car les vérités, il faut les tenir en secret, les préserver,
Ainsi s’éternisera ton lien avec Allah.

***

Formule sans limite la prière de proximité,
Au profit du (Prophète) glorifié, fils d’Abd-Allah.

***

Ainsi que la paix et bénédiction, au nom de tous les disciples,
Et au nom du béni auprès de la Présence d’Allah.

 


 

Invoque le Nom de Dieu mon compagnon
(Udkur Allah ya rafîqî)
Traduit par Derwish al-Alawi

***

Invoque le Nom de Dieu mon compagnon
Et oriente-toi vers le sujet de ton désir
Dirige-toi vers le Vrai et Réel
Les créatures sont en réalité néant

***

Il n'y a certainement pas d'autre hormis Lui
Sa majesté s'est illustrée dans les temps antiques
S'est manifesté par la séparation
Hélas les humains restent insouciants

***

Ne dévie jamais de la voie
Fais preuve de sérieux pour la suprême station
Et reste fidèle au solide pacte
On t'abreuvera de la coupe du vin

***

Notre boisson est antique
Existait même avant Adam
Mon ami, nous étions déjà ivres
Depuis les premiers temps

***

Nous avons été projeté d'en haut
De l'existence au néant
Puis nous sommes revenus vers Le Compagnon
Au dessus du trône et la plume

***

Nous nous sommes redressés en altitude
Nous nous sommes vêtus de la robe des mondes
Nous nous sommes cachés par l'apparence de la création
Afin que les humains ne nous voient pas

***

J'observe mon désir ardent pour les lueurs
Pour les pluies lumineuses, j'en suis nostalgique
Mon rameau clame le bien être de son origine
Les fleurs exhalent leur parfum dans les collines

***

Il est venu le temps pour le levant
La pleine lune est désormais complète
Ma voie, par rapport à ses semblables
Est tel le soleil au dessus du monde

***

Combien avons nous gagné d'êtres épris
Combien avons nous facilité (la voie) aux vaillants
Combien avons nous élevé des esclaves
Au rang honorable des contemplateurs

***

Combien avons nous pressé de vin pur
Combien avons nous abreuvé de maîtres (spirituels)
Combien avons nous guidé de groupes
À la Sainte Présence du Salut

***

Notre océan est si profond
Le nageur ne peut s'en mesurer
Ne t'oppose pas avec volubilité
Ne conteste pas par des conjectures

***

Nous sommes venus avec un savoir subtil
Qui dépasse les paroles, insaisissable
Sauf pour les gens qui y croient
Et leur eut été révélé par inspiration

***

Après la prière crépusculaire (sur le prophète)
En nombre du flux débordant de générosité
Qui l'englobe dans sa noble tombe
Et sur ceux de la station (Maqâm Ibrâhîm)
Et sur ceux de la grande Mosquée (Haram, Ka'ba)

***

Que Dieu ait pitié du détenteur de l'alliance
Qui s'est réfugié auprès de Sa faveur
Al-Alawî, que Dieu lui garanti la réussite
Il obtint la faveur et la générosité.

 


 

Je suis éperdu par Ton Essence et suis absorbé en Toi, ô Allah !
(tayahathnî dâtek wa ghibtoufîk yâ Allah)
Traduit par Derwish al-Alawi

***

Je suis éperdu par Ton Essence et suis absorbé en Toi, ô Allah !
Tes Attributs sont apparents de Toi et en Toi, ô Allah !
A qui révéler mon secret, à qui te dévoiler, ô Allah !
Je suis dans mon état d’ivresse, et je suis toujours perplexe à Ton sujet, ô Allah !

***

Je suis entré dans le monde des allusions afin de Te voir, ô Allah !
Je fus, par faveur, convié, je ne suis rien, à part Toi, ô Allah !
Je suis retourné dans le monde des sensations, afin de te découvrir, ô Allah !
J’ai commencé par moi-même, et là, je T’ai trouvé, ô Allah !

***

Tu es Manifeste en toute chose, comment Te cacher, ô Allah !
Mais les êtres tels que moi, savent te dissimuler, ô Allah !
Tu es l’Apparent en tout être, ô Allah !
Tu es l’Occulte tel Ton désir, ô Allah !

***

À mes débuts, je fus, à Ton sujet, victime d’illusions, ô Allah !
Je Te croyais autre que moi, j’avais dépassé mes limites, ô Allah !
Jusqu’à ce que mon soleil brilla et m’orienta vers Toi, ô Allah !
De mon intime secret je fus appelé, et je dis : me voici, ô Allah !

***

Je suis sorti vers les hommes, parlant de Toi, ô Allah !
Je suis épris par Toi à chaque souffle de moi, ô Allah !
Je crains que mon cœur ne soit négligeant, ô Allah !
Alors que Tu es mon contigu. Accomplis en moi Ta notion, ô Allah !

***

Occupe mes pensées par Ton sujet, ainsi le reste s’anéantira à mes yeux, ô Allah !
Et que mon existence s’éternise par Toi, tel est ma richesse, afin de Te saisir, ô Allah !

 


 

La Coupe
(1ère qasida page 12, fama ahla sharbul qawmi nukhbir bita'mihi)
Traduit par Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

***

Douceur de la boisson des Gens ! La saveur dont je parle
Ne saurait désigner ni le vin ni le miel,
Mais un breuvage antique surpassant tout ce que j'en puis dire,
Car toujours les mots manquent à celui qui décrit la beauté.

***

La coupe est comme le nectar, elle peut aussi être bue ;
Qu'elle soit elle-même suffisante, je l'affirme.
Coupe merveilleuse, par elle seule étanchant toute soif,
Et faisant d'elle-même, à la ronde, le tour des amoureux,

***

Parmi ses qualités, se trouve sur son bord une inscription magique:
Qui regarde ce sceau, toute force le quitte.
merveille, je n'ai point divulgué son secret !
Un autre que moi, l'ayant bue, n'eût plus ni jeûné ni prié.

***

L'imam apercevant l'éclat de sa beauté
Et le Nom devenu tien, toute distraction s'évanouira .
S'inclinerait vers elle plutôt que vers La Mecque.
Venant, en leur leçon, à sentir son parfum

***

Les docteurs, sur le champs, cesseraient d'enseigner.
Le pèlerin courant de Safâ et Marwah.
S'arrêterait s'il voyait sa splendeur et ne reviendrait pas
Faire le tour de l'antique demeure ni baser la pierre noire.

***

Bien plus, le bord de cette coupe ordonne à chacun qu'il la baise
Là où il voit, en son propre reflet,
Le but de sa recherche. Comment donc se contiendrait-il
Celui qui s'était cru vil et d'honneur se trouve comblé ?

***

Du triomphe et de l'allégresse il faut briser les limites.
Ce vin très vieux, le plus rare qui soit,
N'incite pas au mal et tu n'as pas à craindre d'être troublé par lui.
En lui chaleur, ni froid,

***

Il ne fait point faillir les esprits par ses brumes.
Ce vin subtil, insaisissable, échappe à ce que j'en puis dire,
A l'éternité de l'éternité.,
Car toujours les mots manquent à celui qui décrit la beauté.

 


 

La vision a plus de clairvoyance
(Safati Nadra)
Traduit par Derwish al-Alawi

***

La vision a plus de clairvoyance,
Et la volupté se confirma en Sa Présence,
Puis vint l'agréable annonce
A la communauté de Dieu

***

Ils se dressèrent par intempérance,
Pour cette sublime annonce,
Puis célébrèrent une danse[1]
Pour le souvenir de Dieu

***

Toi, présent parmi l’assistance,
Mentionne Dieu à outrance
Ne te nourris pas d’intolérance
Face à l'état spirituel des Hommes de Dieu

***

Il est naturel qu'ils entrent en transe,
Quand surgit l'appel de la Sainte-Séance
Qui arrive en instance
Lors de l'invocation de Dieu

***

Celui qui peine et renonce[2],
Qu’il l’a suscite en souvenance,
Il s'exposera de toute évidence
À la faveur de Dieu

***

Ainsi est-elle leur sentence,
Et ainsi est-elle leur tendance,
Par leur acharnement intense
À invoquer Dieu

***

Celui qui est étranger à notre mouvance,
Pensait par son ignorance
Que nous sommes dans l'extravagance
Par le souvenir de Dieu

***

Eh bien ! À nous l'encens,
Et quelle bonne annonce
Si nous avons la chance
D'avoir une passion pour Dieu.

 

[1] Imara.
[2] A entrer en transe.

 


 

La vision s'est purifiée
(Safati Nadra, version 2)
Traduit par Salah Khelifa (traduction incomplète)

***

Le regard s'est purifié
La Hadra est au point
Et la bonne nouvelle
Va être bientôt annoncée
Aux Gens d'Allah.

***

Ils se sont levés, ivres
Pour accueillir l'Un,
l'Unique A qui tout revient
Qu'Il soit loué !

***

Toi, Qui es présent parmi nous
Ressouviens-toi de Dieu,
Et ne dénigre pas
Les Gens d'Allah.

***

Ne reproche pas Aux gens d'Allah
De s'être absentés en Lui
Et de s'être éteints.

.....
.....

 

 


 

La Voie
(1ère qasida page 10 (ahal talibou al Illahi yarda bi bu'dihi)
Traduit par Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

 

***

L'homme en quête de Dieu
Sera-t-il satisfait d'une station lointaine?
Le vrai chercheur sur son visage porte un signe,
Sur son front, luit une rayonnante lumière

***

Il es toujours proche, courtois, respectueux,
Résolu, envers les censeurs indulgents
Honorant, l'ami véritable

***

Son but transcende tous les buts :
Rien qui puisse lui faire obstacle,
L'abrupt est pour lui comme plat.
Il n'a d'autre visée à côté de sa cible.
L'attachement à la famille ne l'en détourne ni le blâme.

***

Belle est la description qui, par elle-même,
Suffit à le définir : le chercheur de la vérité.
Tel es celui qui la recherche, il fait de sa quête
L'unique objet de ses regards. puis, dépouillant son âme

***

Des défauts qu'il y trouve, lorsqu'elle est nue
De leur opposés la revêt
Serviteur de Dieu en tous temps et tous lieux
A ses obligations rituelles légales.
De son propre gré, il en ajoute d'autres

***

Jusqu'à ce que la vérité soit son ouïe, sa vie,
Sa langue et sa parole, et ses mains et ses pieds.
Il meurt avant sa mort
se fait la migration suprême.

***

A rendre compte, il s'appelle lui-même avant d'y être appelé.
Étant en cela le meilleur suppléant de la vérité.
Avant son être propre, de la vérité il voit l’Être,
Il Le voit après lui et de quelque côté qu'il se tourne.

***

Dieu seul était et rien d'autre avec Lui
Il est maintenant comme il était, dernier comme premier
Essentiellement un , il n'est rien hormis lui,
L'intérieur, l'extérieur,
Sans commencement et sans fin.

***

Quoi que tu voie, tu vois son Être,
Dans l'unification absolue,
Serait-elle enfermée sous un voile ?
Là, le seul voile est Sa lumière

 


 

Laila, (La Présence Divine)
(Danawtu min hayy Layla)
Traduit par Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

***

Entendant son appel, je me suis approché
De la demeure de Laïla.
puisse cette voix si douce ne se taire jamais !
Elle m'accorda sa faveur et m'attirant vers elle,

***

M'introduit en son domaine,
Avec des paroles pleines d'intimité.
Elle me fit asseoir près d'elle, plus près encore s'approcha
Et retira le vêtement qui la voilait à mes regards,

***

Me plongeant dans l'éblouissement,
M'émerveillant par sa beauté.
Je fus ravi, ébloui,
Au plus secret d'elle-même, abîmé,

***

Jusqu'à penser qu'elle était moi ;
Pour rançon, elle prit ma vie.
Elle me changea, me transfigura,
De son propre sceau me marqua

***

Me pressa contre elle, m'accorda un privilège unique,
Me nomma de son nom.
M'ayant tué et réduit en lambeaux,
Elle trempa ces restes dans son sang.

***

Puis, me ressuscita : mon astre en son firmament brille.
Où est ma vie, où est mon corps,
Où la volonté de mon âme ?
Leur vérité pour moi rayonne,

***

Secrets qui jusqu'alors m'avaient été cachés.
Mes yeux n'ont jamais vu qu'elle :
Ils ne peuvent que d'elle témoigner.
En elle son comprises toutes les allusions.

***

Gloire à Celui qui l'a créée !
Pour toi qui aimerais décrire la beauté,
De son éclat voilà quelque reflet.
Reçois-le de ma science. Ne le tiens.

 


 

L'Amour m'a rendu esclave
(Araqani al-Gharam min husni Layla)
Traduit par Abdul-Jamil (Johan Cartigny)

***

L'Amour m'a rendu esclave de la beauté de Layla :
Et le cœur dans la folie d'amour avec la belle.
Et mes larmes qui sans cesse répandues ont ravivé mon visage.
Ces traits qui, d'elle m'ont blesse et m'ont rendu malade.

***

Aucun but auquel tendre ! Mais quant a moi je n'incline à nul autre.
Et dans le monde elle n'a nul qui me ressemble.
Elle m'a dit: " jeune homme Doucement! Viens...
Approche de moi avec respect et guéris-toi de ton ardente soif

***

Ces propos ont augmentés ma confusion.
Et n’eut été le verre de vin qui permit la jonction...
Et j'ai compris ses paroles j'en ai eu l'intelligence.
Par une allusion par un sourire sans avoir besoin d'une preuve.

***

Nous fîmes en plein profit et nous sommes restés tous deux
Entre la lucidité et l'ivresse pendant un long moment
J'ai maintenu le voile qui cachait mon intime
De crainte que l'indigne ne s'approche avec son fiel

***

J'ai dit : Sur Toi la Paix et sur l'assemble de ces nobles
Qui m'ont permis ce lien béni !
Toi qui es la paix d'une bénédiction de beauté,
Celui qui est un flambeau dans les ténèbres :
Tâha, notre garant.

 


 

Le chant de l'illumination
(faqad zalati al-hujub)
Traduit par Abdul-Jamil (Johan Cartigny)

***

Les voiles tombèrent
Lorsque mon Bien-Aimé‚ apparut.
vous qui En êtes les amoureux,
Ce moment-ci, c'est celui de la Vision
C'est celui de l’Éveil !

***

Quiconque désire prendre part
A notre secret cache
Qu'il s'approche et qu'il apprenne ?
Des sciences lui apparaîtront,

***

Quel excellent breuvage !
La chanson y appelle :
vous qui En êtes les amoureux,
Ce moment-ci, c'est celui de la Vision
C'est celui de l’Éveil !

***

C'est par ce vin subtil que ceux
Doués de discernement prirent conscience,
Cette boisson … laquelle ils ont goûte !
Qui la détient en a rempli les coupes,

***

De cette boisson antique et savoureuse
Qui plonge l'amoureux dans le ravissement ?
vous qui En êtes les amoureux,
Ce moment-ci, c'est celui de la Vision,
C'est celui de l’Éveil !

***

Le Maître de ce Vin a verse à la ronde
Parmi le Peuple de l'ivresse ;
Et les voiles s'en sont trouves déchires.
Mais celui qui est voile " que pourrait-il en comprendre?

***

Le malheureux, que de peines il m'a données
Ce qu'il en est, il ne sait pas !
vous qui En êtes les amoureux,
Ce moment-ci, c'est celui de la Vision
C'est celui de l’Éveil.

 


 

Le Dhikr est cause de tout bien
(A-Dhikr sbâb kul khîr version 1)
Traduit par Abdul-Jamil (Johan Cartigny)

***

Ah ! Combien ai-je été négligent et perdu de temps !
Et ces jours sont à jamais perdus et que faire maintenant ?
Des aujourd'hui, je dois mettre mon temps à profit
Et mentionner Dieu sincèrement
Et par mon cœur et par ma conscience être présent.

***

Le Dhikr est mieux que la vente et l'achat.
Ah ! Si je vous disais ce qu'il vaut.
Il vaut mieux que la royauté‚ et le vizirat ;
Mais les gens (dans l'ignorance) le négligent.
Ce monde-ci tout entier est perte
N'a envahi (ensemble) et le juste et l'injuste.
Que Dieu nous préserve de son feu !

***

Je crains que mon Âme ne devienne pour ce (monde) monture,
Et qu'entre ses mains je ne reste captif:
Aprèsl'Assistance divine et les bonnes vertus
Le Dhikr est cause de tout bien!

***

Mon Dieu! partout les maux se sont répandus
Et le Dhikr est devenu si lourd pour les langues.
Les gens se sont donnes à d'étranges conduites,
Aussi, leurs états sont multiples et divers.
La Recherche est immergée dans les recherches,
Car la sincérité‚ est si rare.
Les gens ont le cœur dur.

***

Les bons conseils sont vains pour les maîtres du pêché
Et moi je suis las d'avertir.
Que valent mes paroles comparées a celles des prophètes ?
Le Dhikr est cause de tout bien.

***

Celui qui dort peut être réveillé
Mais celui qui est mort est insensible ;
A son propos, le discours n'a aucun sens ;
Je suis en train de bâtir sur du sable.
Le comportement des gens peut rendre insensé
Ils courent à la colère de Dieu ; ils courent à leur faillite.
Aussi leur jour sera-t-il un grand jour.

***

Le jour du jugement dernier, quelle tragédie !
Ah ! Si tu savais ce qui se passera.
Si je te le disais, tu fuirais le péché :
Le Dhikr est cause de tout bien!

***

Repentons-nous, mes frères !
Et ensemble, mentionnons Dieu !
Dans l'autre monde, c'est tout ce que nous trouverons,
Et le temps est si cher ; ne le gaspillons pas !
Le damne aura Dieu pour juge.
Refusant tout conseil, il ne veut obéir.
Il désobéira son Seigneur en commettant de grands péchés.

***

Le rappel est utile et bénéfique pour le croyant.
Il fortifie son cœur et sa conscience,
Ainsi il connaîtra l'honneur après avoir connu le péché humiliant.
Le Dhikr est cause de tout bien!

***

Mon Dieu! Assiste notre communauté
Et aides-la à pratiquer le bien et la vertu !
Abroge les mauvais actes par les bons !
Dispense à Tes serviteurs Ton pardon !
Pour nous et les créatures, Ton pardon Est nécessaire,
Car nous sommes tous méchants.
Je voudrais me repentir, Tout-Puissant !

***

Combien de mauvaises actions ai-je commises en public et en secret !
Et les gens croient que je vais bien!
Si Ta grâce ne m'avait envahi et ne s'était manifestée en moi...
Le Dhikr est cause de tout bien.
Tu as rendu mes paroles vérités ;

***

Et elles sont transcrites dans des livres.
Elles se manifestent aux gens comme un zéphyr ;
Elles subjuguent les Âmes et les cœurs.
L'homme sincère les désire ;
Oh! Mon Dieu, cache nos défauts.
Al-Alawî a de l'espoir.

***

Mon Dieu! Viens à notre secours au moment de la mort,
Par le véridique Annonciateur de la bonne nouvelle ;
Aux miens, a celui des gens présents et de tous les gens bien intentionnés.
Le Dhikr est cause de tout bien !

 


 

Le (Dikhr) ressouvenir de Dieu
(A-Dhikr sbâb kul khîr version 2)
Traduit par Salah Khelifa

***

Les nuits se perdent et se perdent les jours
Et les hommes ne se ressouviennent pas de Dieu ;
Mais pour moi, il est constamment présent
Dans mon cœur, dans mon esprit,

***

Car je sais que Son ressouvenir
Rapporte mieux que le commerce le plus florissant
Que celui qui s'y adonne est plus noble que le plus noble des rois
Et plus élevé que le plus grand des vizirs
Mais les gens ne le savent pas

***

Savent-ils que leur vie d'ici-bas ne vaut rien
Si elle n'est pas valorisée par la remémoration d'Allah ?
O Dieu! Protège-moi des injustes
Comme j'ai peur de leur ressembler

***

Comme j'ai peur d'être esclave de ce monde,
Moi qui crois bénéficier déjà de Ta clémence
En raison de mon respect pour Tes lois

***

Dieu ! Les calamités s'abattent sur le monde
Comme dés nuages de sauterelles
Et Ton Nom est devenu lourd sur leurs langues.
Les gens pataugent dans les péchés
Et la sincérité n'est plus
Car les cœurs des hommes ont durci
Comme des pierres

***

Allah ! Je me suis fatigué
A force de semer Tes enseignements parmi les gens ;
Mais Tes enseignements, auront-ils
Des échos chez les maîtres du péché ?

***

Les dormeurs bientôt se ressaisiront,
Mais les morts, pourrai-je les ramener vers Toi ?
O ! Allah ! La maison que j'édifie est bien Sans fondations

***

Venez frères, repentez-vous
Ressouvenons-nous ensemble de Dieu, le Miséricordieux
Ne perdez plus vos heures, car précieuses sont les heures
Et la vie l'est plus encore

***

Mais Que puis-je faire pour les sourds
Qui ne m'écoutent, ni ne m'entendent?
Que puis-je faire pour ceux qui se plaisent à déplaire à Dieu ?

***

Le ressouvenir d'Allah
Est utile aussi aux croyants, et salutaire
Il régénère leur cœur et les lave et les purifie

***

Dieu ! Guide les gens vers le Bien
Vers la Vertu ; efface leurs péchés par l'obéissance,
Sois clément envers Tes esclaves et aussi envers nous
Car nous sommes tous pécheurs

***

O ! Combien de fois je T'ai déplu,
Sans que mes frères le sachent
Et ils me comptent pourtant parmi les vertueux
Mais que Ta clémence m'inonde, Dieu des mondes

***

O ! Clément ! Secours-moi quand je viendrai à rendre l’âme,
Par Ton Prophète authentique porteur de vérité,
Secours aussi mes frères présents à ce cercle
Et tous ceux qui croient en Toi

 


 

Le Maître
(1ère qasida page 11, fa in sadafta ada'iyya muhiqan fi za'mihi)
Traduit par Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

***

Si celui qui appelle vient à offrir son aide, en faisant allusion
A la vérité qu'il a réalisée, à la station suprême,
Garde-toi d'insouciance et considère avec soin ses paroles.
Interroge-le sur l'union et vois s'il la reflète.

***

S'il dit qu'elle est lointaine, il en est lui-même éloigné,
Mais s'il l'affirme proche, tiens-le pour le plus digne d'être suivis :
Pour toi, il aplanira le chemin vers la vérité
Par lequel tu pourras rechercher la face de Dieu.

***

Dès la première rencontre, sur le champs , il s'emparera de toi
Et sur le sentier du seigneur, il placera ton pied.
Fixe dans l'œil de ton âme les lettres du Nom,
Par la grâce du Maître, sur les Horizons du verras resplendir

***

Ces Lettres qui ne sont ailleurs que dans ton cœur,
Et le Nom devenu tien, toute distraction s'évanouira .
Alors, agrandis ces lettres autant que tu le pourras,
Sur toutes choses grandes ou humbles, trace-les.

***

En fixant de œil le Nom, tu t'élèveras par Sa Lumière
Jusqu'au point où les mondes en néant s'évaporent.
Cela à l'ordre du seul cheikh, non au tien toutefois.
Il est l'index de Dieu, aussi fais-lui confiance

***

Pour t'enlever aux liens qui t'emprisonnent.
T'emmenant vers la liberté des libertés, vers le premier
vers Celui qui précède tous les commencements
Dieu seul était et rien d'autre avec Lui
En l'Essence duquel, comme rien, tu vois l'univers tout entier
Moins que rien dans l'infinité du Seigneur

***

Tu t'évanouis dès que l'infini apparaît,
Parce que " tu " n'as jamais été, pas même un seul instant.
Tu subsistes, mais non comme toi-même
il n'est puissance que de Dieu.

***

Après ton extinction, à l'éternité tu dois naître,
A l'éternité de l'éternité.,
Au sommet de toute attitude ; et voici que nos cavaliers s'arrêtent
Face à face avec la vérité.

 


 

Les bien-aimés ont tout emballé
(Alwaw, Alwaw)
Traduit par Derwish al-Alawi

***

Ils ont tout emballé
Les bien-aimés, en voyage sont partis
Ont décampé et sont montés
Vers le support des allusions

***

Ils ont tout plié
Ces voiles visibles
Dans l'ascension, ils se sont élevés
Guidé par un (être) céleste

***

Ils ont tout oublié
Leurs proches et leurs biens
Rien ne les satisfait
Des délices de ce bas-monde

***

Ils ont rayonné
Comme les étoiles une fois élevés
Se sont absentés et éclipsés
Emballés par les étourdissements

***

Ils se sont anéantis
Je suis perplexe quant à leur subsistance
Abasourdis, ont battu leurs ailes
Dans le bien être du Très-Puissant

***

Ils sont devenus inestimables
Leur valeur équivaut à l'Or
Lorsqu'ils sont revenus
Vers la création

***

Ils ont tant soigné
Avec des sciences de grande valeur
Leur don est abondant
Aux amis qui les sollicitent

***

Ils ont tant purifié
Des cœurs rouillés
Ils ont tant guidé
Des perplexes face à la matière

***

Ils ont tant abreuvé
Tous, se sont enivrés puis éveillés
Ont bu et abreuvé
Du nectar prophétique

***

Ils ont éliminé
Tout obstacle sur leur chemin
Après effort, ont obtenu satisfaction
J'étais parmi eux un Derqâwî

***

Ils m'ont laissé
Abreuvant avec une de leur coupe
Après qu'ils aient poursuivi leur pas
Dans le séjour de l'au-delà

***

Nous nous efforçons
D'agir juste selon notre conception
Pourvu qu'ils soient satisfaits
Du faible al-Alawî

***

Des Hommes sont passés
Ils sont notre honneur, toujours présents
Et nous-mêmes espérons
Notre jour et ce qu'il renferme.

 


 

Les coupes de l'amour font le tour
(Darat ku-ûs al-gharâm)
Traducteur inconnu
***

Les coupes de l'amour font le tour des seigneurs
Elles les annihilent état après état
Je leur ai dis : ô vous les nobles, suis-je agrée ?
Ils m'ont répondu : ô jeune homme, la condition c'est d'être vide !

***

Je vous entends bien, ai-je ajouté
Mais de mon état, prenez pitié
En vérité, que de douleur en moi
Et de si peu de poids mes œuvres

***

Devant vous je ne suis rien
Mais c'est sur vous, que mon espoir se fonde
Et mentionner vos noms
Ce m'est du vin

***

J'ai pour vous une passion ardente
Puisse-t-elle durer
Ô jours perdus
dans de vains propos…

***

Si j'avais été de ceux, qui n'ont que cette cible
Certes, j'eusse délaissé toute autre occupation
J'eusse erré en proie à ma folie
Accueillie par le Vrai

***

En notre amour, il n'est de blâme
Et du reste, tout blâme m'est douceur
Si je possède auprès de vous
Cette station sublime.

 


 

Les gens du désir, les connaissants par Dieu
(Ahl al-Hawa al-'Arifina bil-Llah)
Traduit par Derwish al-Alawi

***

Les gens du désir, les connaissants par Dieu
Ont un étourdissement lors de la remémoration de Dieu
Se sont anéantis à l'altérité et se sont absentés en Dieu
Qui peut résister dans l'approche de Dieu?

***

Mon ami, remémore et anéanti-toi en Dieu
Ne fait pas attention à autre sinon qu'à Dieu
Écoute donc mes paroles pour que tu reste par Dieu
Et regarde mon état, tu connaîtras Dieu

***

Fais présence de ton cœur et absente-toi de toi en Dieu
Et baisse tes yeux pour que tu vois Dieu
Ton abreuvage est de toi, connais ton âme par Dieu
Il est ton œil, il n'est rien d'autre sinon que Dieu.

 


 

Mes regards furent accablés
('Anati-l-absâr, version 1)
Traducteur inconnu

***

Mes regards furent accablés,
Le jour où Il apparut parfaitement manifeste
L'irrésistible violence du Bien Aimé,
Me suffit comme excuse
Chose troublante,
Qui éblouit les intelligences
Je L'ai connu,
Lorsqu'en moi Il apparut

***

Louange à Allah pour ce qu'a vu mon œil

***

C'est un Secret caché,
Qui a rendu impuissant
Tout autre que moi
Si nombreux Ses aspects !
Qui donc sait
Que certes, Il peut se révéler
Comme l'ardeur de la braise
Gloire à Allah ! De moi désormais
Il ne se cache plus

***

Louange à Allah pour ce qu'a vu mon œil

***

Les esprits évoluent
Dans la Présence Très Sainte
Si tu voyais ô compagnon,
Ce qui est derrière le vêtement
C'est comme un flambeau
Dans la niche du monde sensible
Son sens intime,
S'exprime dans toutes les formes

***

Louange à Allah pour ce qu'a vu mon œil

***

J'ai crié haut l'Amour,
Je L'ai divulgué parmi les êtres
J'ai dis : ô vous les nobles biens aimés,
Je L'ai trouvé !
Et les hommes cependant,
Tous plongés dans le sommeil
En est-il un seul,
Pour dire qu'il L'ait vu ?
Par dieu je le jure,
Jamais de moi Il n'est caché

***

Louange à Allah pour ce qu'a vu mon œil

***

Tout ce qui peut se dire,
En dehors du Bien Aimé est vanité
Une impossibilité
De toute existence dénuée
Tout est illusion,
Que la réalisation annihile
Excepté le visage d'Allah,
Qui suffit au voyant

***

Louange à Allah pour ce qu'a vu mon œil

***

Ô voyant !
Si tu n'es pas trop ébloui, médite,
Qui donc Se manifeste par la création ?
Si tu réponds :
C'est Allah le Bien Informé,
Nous te dirons voile ce secret
Et ce que tu entends venant de moi,
Comme que c'est Allah Lui-même

***

Louange à Allah pour ce qu'a vu mon œil

***

En vérité je suis un sage,
En ces sciences j'excelle
De toute éternité
Je suis sans égal parmi les êtres
Peu importe le détracteur
Incapable de rien saisir
Insouciant d'Allah,
Il ignore mon art

***

Louange à Allah pour ce qu'a vu mon œil

***

S'il pouvait se réveiller
De la torpeur du monde sensible
Et jusqu'à la Présence Très Sainte,
Prendre un compagnon
Tel que moi digne de confiance
En cette station de l'intimité
Et que sincère en Allah
Il saisie ce que je laisse entendre

***

Louange à Allah pour ce qu'a vu mon œil

***

Certainement parmi les sciences,
Il en est qui témoignent
Que je suis unique
En cette station sublime
Saches mon aspirant mon nom
Et parle et guide
Benalioua a sur toi ascendant

***

Louange à Allah pour ce qu'a vu mon œil.

 


 

Mon regard s'est brouillé
('Anati-l-absâr, version 2)
Traduit par Salah Khelifa

***

Mon regard s'est brouillé
Pourtant, le jour est éclatant,
O ! Allah ! Je demande Ton pardon
Pour avoir parlé de fatigue

***

Mon regard s'est brouillé ;
Mais mon esprit s’est illuminé
Quand quelque chose d'éblouissant
S’est fait jour dans ma conscience

***

Louange à Allah pour ce que mes yeux ont vu,
Louange à Allah pour ce que mes yeux ont vu

***

C’est un mystère qui m'a ébloui
C'est un mystère
Qui a ébloui aussi mes frères
Qu'il est doux, ce mystère

***

Qui pourra en parler, hormis mes frères ?
Il n’ait des flammes de l'ivresse.
Allah ! Sois glorifié
Pour m’avoir permis d'y goûter

***

Louange à Allah pour ce que mes yeux ont vu,
Louange à Allah pour ce que mes yeux ont vu

***

Nos esprits se sont promenés
En présence du Tout-Puissant

***

Si tu voyais, frère
Ce que cachaient mes habits,
Tu dirais une chandelle
Dans la lampe des sens

***

Si tu voyais, frère,
Toutes les couleurs
Qui vernissaient
La lampe des sens

***

Louange à Allah pour ce que mes yeux ont vu,
Louange à Allah pour ce que mes yeux ont vu

***

J'ai crié d'amour
Parmi les gens
Et je leur ai dit
Pourquoi J'ai crié

***

Je leur ai dit :
« O nobles gens, j'ai connu le Bien-Aimé ! »
Mais les gens dormaient
D’un sommeil lourd

***

Nul ne pouvait dire
Qu'on l'avait vu comme moi
Je prends Allah à témoin :
Parmi ces gens, personne ne l'avait vu

***

Louange à Allah pour ce que mes yeux ont vu,
Louange à Allah pour ce que mes yeux ont vu

***

Toutes les paroles sont insignifiantes et vaines
A l'exception de celles qui véhiculent le Nom,
Seules, celles-ci contiennent la Vérité.
Véhiculent-elles la Vérité,

***

Lee paroles qui ne portent pas Sur le Bien-Aimé ?
Tout ce que l'on dit est inutile
Si ce que l'on dit n'est pas
Le ressouvenir de Dieu.

***

Les paroles véridiques sont celles
Qui ont Dieu pour objet
Seule existe Sa face,
Pour qui n'est pas atteint de cécité.

***

Louange à Allah pour ce que mes yeux ont vu,
Louange à Allah pour ce que mes yeux ont vu.

 


 

L'imposteur
(1ère qasida page 8, fahal laka ya hada nasibun min zawqihim)
Traduit par Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

***

Mais toi, as-tu senti quelque chose de ce qu'ils perçoivent?
Si tu leur es semblable, tu as autorité.
Mais si tu ne trouves en toi-même rien de ce qui est leur,
Exige de ton âme un équitable jugement ; écoute cette description :

***

D'un seul regard as-tu réduit le monde à disparaître,
As-tu, en Sa manifestation, reconnu le Tout-Miséricordieux?
D'un seul coup d'œil as-tu effacé l'humain de ta vue,
T'éloignant de toute limite, par-delà les hauteurs

***

Des cieux et profondeurs de la Terre?
L'univers, l'as-tu, en pèlerin, parcouru tout entier,
De ce même univers t'es-tu fait sanctuaire,
Axe sacré de son révérenciel orbite?

***

As-tu vu les écrans, pour toi s'évanouir?
A-t-on quitté le vêtement et écarté le voile?
Et, t'a-t-il été dit : " Approche-toi :
Comme tienne, à ton intime convenance"?

***

As-tu perçu l'appel de Celui qui appelle, à son ordre.
T'es-tu levé? As-tu perçu?
As-tu retiré tes sandales, comme ceux qui sont imprégnés
Autour de toi de toutes parts? Et venu l'instant

***

De l'union, d'un seul élan t'es-tu précipité?
De Dieu as-tu fidèlement gardé le secret
Après Sa révélation en Ses qualités te dérobant toi-même?
De ta proximité tout cela serait preuve.

***

A défaut, il est des secrets qu'on ne livre pas au grand nombre
Si tu réponds à cette description, honneur à toi!
Sinon, tu es alors éloigné de la présence du Seigneur
Reste à l'écart de la science des Gens : car tu n'es pas de leurs ;

***

A l'héritage de l'orphelin, garde-toi de toucher,
L'offense est des plus graves. Dieu hait que l'on étale
De vaines promesses en guise de réalités.
A quoi sert une langue diserte en euphémismes?

***

Qu'importe à un malade ce qui n'est pas sa guérison?
L'exilé se plaît-il parmi les étrangers?
Revois bien ton discours ; tu peux parler comme eux,
Mais c'est cire de guêpe et non point miel d'abeille.

 


 

L'intellect
(1ère qasida page 7, waqad bada nurul shamsi fi qamari duja)
Traduit Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

***

Dans la lune de l'obscurité brille la lumière du soleil.
Je suis de ses branches et il est ma racine.
Nos intelligences, de l'amour enivré,
Nous feraient croire fous, pourtant fous nous ne sommes.

***

Tu nous vois parmi les hommes
mais nous ne sommes pas ce que tu vois,
Car, par-delà les cimes les plus hautes, resplendisse nos esprit.
Une intelligence nous est propre, joyau sans défaut

***

D'une beauté incomparable, qui ne perçoit que Dieu.
Ne serait-ce qu'une lueur, c'est le lien qui relie.
! Gens, vous êtes les bienvenues
les élus de votre seigneur, les œuvres de son art,

***

Créés parfaits pour lui, Il vous favorisa en dévoilant pour vous
La lumière de Sa face. Quelle gratitude peu rendre grâce !
De l'infini? Ayez pourtant toute la gratitude dont vous êtes capable
Pour lui qui a daigné accorder ce qui n'a pas de prix.

***

Exultez alors sur le Trône et sur la Terre
Car vous êtes de Dieu les serviteurs, les seuls.
Les corps de poussière en vous sont vivifiés
Car vous êtes l'Esprit de Dieu qui pénétra Adam,

***

Le souffle de Gabriel sur Marie
Dansez donc dans l'extase, la fierté et la joie
En laissant s'étaler en traîne derrière vous
la robe de gloire qui est votre partage.

 


 

L'omniprésente Réalité
(1ère qasida page 14, nadahum da'iyul qurbi inni ma'akum)
Traduit par Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

***

Celui qui appela à la proximité de Dieu a déclaré :
En vérité, Je suis avec vous, car, où que vous vous tourniez
Brille Ma lumière, une est Mon Essence,
En toutes choses l'on Me voit. Et qui fut jamais vu

***

Si ce n'est Moi ? Le voile de la création, j'en ai fait
Un écran pour la vérité, et dans la création résident
Des secrets qui soudain jaillissent comme des sources.
Celui qui sous Mon voile ignore Mon Essence,

***

Demande où Je suis. En vérité, " Je suis " sans " où ",
Car en mon être nul hiatus ainsi que d'un " où ", à un autre.
Pose seulement sur le ghaïn le point du zaïn
Et regarde : la tâche est ornement et, grâce au point,

***

Le ghaïn devient parfait. Alors, viens à l'union,
A l'union avec l’Éternel.
Auprès de lui est il aucune chose qui Lui soit opposable ?
Non certes, il était seul, Il l'est et le sera.

***

Je suis donc, absolu en essence, infini,
Mon seul " où " est " en moi-même je suis "
Ignorance que de me connaître " ici " ou " là ".
Nulle cime ne limite l'Au-dessus de tout au-dessus.

***

Il n'est de plus profond abîme que le Dessous de tout au-dessous.
Je suis le secret de l'essence, l'inscrutable trésor.
Ma largeur est sans fin et sans fin ma longueur.
Je fus évident au sein de l'intérieur

***

Avant qu'il ne se fût extérieurement manifesté. Je m'interrogeai
Sur moi-même et la réponse fut affirmation pure,
Car, dans la vérité de Dieu, autre que Dieu pourrait-il apparaître ?
Ayant terrifié il se pencha, ayant submergé il parla

***

Je suis essentiellement un et solitaire et sur moi ne peut empiéter
Le moindre objet. Laissé-je quelque faille,
Quelque espace vacant où puisse un autre se loger ?
Car je suis l'intérieur de l'Essence elle-même,

***

L'extérieur de la qualité, concentration diffuse.
Il n'est de " là " vers lequel je ne sois tourné.
Existe-t-il autre que Moi, vide de Mon attribut ?
Mon essence est l'Essence de l’Être, maintenant

***

Et Toujours. Mon infinité n'est pas limitée par le moindre
Grain de moutarde. La création
Trouverait-elle où s'introduire dans l'infini de la vérité ?
Quand tout est plein, où serait autre qu'elle ?

***

Union et séparation sont dans le principe même chose,
Et la création est la vérité même
Pour qui l'interprète comme vraiment elle est
Alors, interprète tout à la lumière de il est le proche,

***

Pour participer toi-même à cette proximité.
Mais ne prends pas cela pour localisation. Ce serait impossible
Car en aucune place il ne vient résider.
Exalte l'Essence de Dieu, autre qu'elle

***

Ne peut l'atteindre. Rien ne saurait la porter
Elle ne porte aucune chose ; en Sa manifestation, cachée,
Elle apparaît comme voile sur voile.
Pour recouvrir Sa propre gloire.

 


 

Meneur des Gens par Allah
(Hâdiya-l-qawmi biLlah ya hâdi)
Traduit par Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

***

Toi, meneur des Gens,
Ramène-nous en chantant au bercail
Et daigne, au nom de Dieu,
Laisser tomber sur moi Ton regard ;

***

Si de Ta voix
Tu lances un trait :
Il frappera de vigilantes oreilles
Et percera mon cœur.

***

Ceux qui m'entourent
Ne savent pas ce qu'est l'Amour.
M'en voyant atteint,
Ils s'écrieraient : " ces malheureux sont fous. "

***

Si c'est folie d'aimer
Celui pour qui je brûle,
De cette dévorante maladie
Dieu veuille ne point me guérir.

***

Si le négateur prêtait
L'oreille à mes paroles,
Loin de détourner de mon enseignement,
Il voudrait devenir mon disciple.

***

Demande-leur,
Le jour où les visages s'humilient
Devant le Vivant éternel,
S'il étaient avec moi.

***

C'est un jour pareil à celui de
"Ne suis-je pas votre Seigneur ?"
Alors j'ai répondu oui
Et je n'ai cessé de dire :
" Seigneur, je suis à Ton service. "

***

J'ai répondu à l'appel
De l'appelant de Dieu.
A cet appelant
Ne répondrez-vous pas, ô mes amis ?

***

Sur moi la faveur accordée,
Détournez-vous
De ceux qui en médisent.

***

A qui veut connaître
Le rang de ceux qui aiment,
Voici ma réponse,
Elle guérira touts les doutes :

***

De ceux qui à Badr combattirent jadis
Nous sommes les égaux :
Ce qui est nôtre est leur,
Ce qui est leur est nôtre.

 


 

Mes amis, réjouissez-vous
(Buchrakum khilâni, version 1)
Traduit par Derwish al-Alawi

***

Mes amis, réjouissez-vous
De la proximité et de l'approche
Vos assemblées, puissent-elles être en paix
Tant que vous êtes dans le parti du Seigneur

***

Réjouissez-vous mes seigneurs
Réjouissez-vous mes bien-aimés
Je vous annonce ce qui suit
Vous êtes dans la miséricorde du Seigneur

***

Vos assemblées sont la source même de la miséricorde
Elles relèvent de la pure sagesse
Celui qui vous affectionne s'élèvera en dignité
Vous avez la pleine satisfaction du Seigneur

***

La pleine satisfaction et le total agrément
La miséricorde ainsi que le pardon
Vous êtes le parti du Miséricordieux
Vous êtes les alliés du Seigneur

***

Votre voie jamais ne disparaitra
Celui qui vous affectionne, point ne périra
Par Dieu, je vous le dit, vous avez le dessus
Sur toutes les créatures du Seigneur

***

Vous vous êtes tenus résolument debout devant Sa porte
Vous vous êtes anéantis en sa remémoration
Réjouissez-vous de Sa proximité
Vous êtes dans la présence du Seigneur

***

Il y a parmi vous, le cheminant et le ravi
Il y a aussi l'aimant ainsi que l'aimé
Pour vous les voiles se sont dissipées
S'en trouve en vous, celui qui a réalisé l'Unicité du Seigneur

***

S'en trouve aussi les soleils de la voie
S'en trouve également les Hommes de la réalisation
Il y a parmi vous l'anéanti ainsi que l'épris
S'en trouve aussi le connaissant du Seigneur

***

S'en trouve les Hommes des cœurs
S'en trouve les maitres de la Présence.
Pour celui que les voiles se sont dissipées
Ne verra autre hormis le Seigneur

***

Qu'il se réjouisse d'avoir obtenu ses désirs
Qu'il se réjouisse d'avoir l'art des allusions
Par Dieu, je l'affirme, il était déjà approuvé
Dans l’éternel savoir du Seigneur

***

La meilleure des pleines lunes m'annonça dans la joie
La victoire, le dessus et la renommée
Celui qui nous affectionne heureux soit-il
Est entouré par la délicate douceur du Seigneur

***

Par Dieu, il m'a dit des mots
D'une parfaite et imminente clarté
Sur tous, Nous t'avons fait victorieux
Tu es sous la protection du Seigneur

***

Ainsi me l'a dit l'esprit de mon maitre
Al-Bûzîdî , la source du soutien
Puis m'a annoncé avec force
Après avoir fait sermon par le Nom du Seigneur

***

Celui qui vous affectionne en paix soit-il
Nous somme garants de vos disciples
Vous êtes les yeux du Miséricordieux
Vous possédez le secret du Seigneur

***

Vous possédez le déploiement et l'étalement
Pour vous, les voiles se dissiperont
Vous êtes les maitres de la Présence
Vous êtes les alliés du Seigneur.

***

Ensuite, nous a autorisé la gestion
Du délicat et doux secret
Loué soit-il pour ce qu'il nous a chargé
Avec son agrément, qu'il soit récompensé par le Seigneur

***

Son secret se trouve en nos assemblées
Son vin dans nos coupes
Son savoir se manifeste dans notre langage
Par Dieu, nous ne sommes autre que Lui

***

Notre flux débordant émane du Sien
Notre secret l'est également
Aussi le rameau retrouve son origine
Ô toi qui n'a pas compris Son véritable sens

***

En secret puis en public
J'ai parlé à la communauté de la voie
Celui qui vit dans mon époque
Qu'il vienne à Nous, il trouvera son désir

***

J'ai porté conseil à tous les humains
En particulier, les gens du pays
Celui qui fait usage de l'effort spirituel
Aspirant ainsi au Seigneur

***

Qu'il vienne, même si ce n'est par essai
Il aura assurément de nous une part
Certes, ceci est un parcours raccourci
Il nous est parvenu par la faveur du Seigneur

***

Donc, je lui porte conseil dans la voie
Il me considère en elle comme compagnon
Je lui démontre le vrai sens de la réalisation
Avec pure sincérité pour la face du Seigneur

***

Qu'il m'accorde seulement quelques jours
Je n'exige pas des années
S'il voit avoir obtenu l'objet de son désir
Il sera alors un serviteur du Seigneur

***

Je possède pour les humains le remède
J'ai le moyen de faire disparaitre l'altérité
Je ne désire assurément pas d'autorité
Je suis aisé par la faveur du Seigneur

***

Je suis aisé par Celui qui Est notre but
Je n'ai rien à faire de l'apostat
On ne voit dans tout l'univers
Se manifester seulement le Seigneur

***

Tantôt, je m’anéantis en Lui
Et par cette allusion nous y étions
Tantôt, je m'en passe par Lui
De toutes les créatures du Seigneur

***

Tantôt, Il se manifeste de moi
Et me fait absenter de mon univers
Et je me dis : qui suis je et d’où je viens ?
Dans la manifestation théophanique de l'Essence du Seigneur

***

Si ce n'est le prophète approuvé par les témoignages
Si ce n'est le bien-aimé de l'Adoré
Nous aurions été loin des limites, égarés
Et divulguons ainsi le secret du Seigneur

***

Que Dieu lui adresse Ses prières
Et par Sa satisfaction Se manifeste en théophanies
Et sur les compagnons en intégralité
Ainsi sa descendance et celui qui Lui est allié.

 


 

Mes (amis) frères, oyez la bonne nouvelle
(Buchrakum khilâni, version 2)
Traduit par Salah Khelifa (Traduction libre et incomplète)

***

Ceux qui s'endettent envers Allah,
Ceux qui s'approchent de Lui
Ne craignent rien aussi longtemps
Qu'ils restent dans le Parti d'Allah

***

O ! Mes frères ;
Que j'aime de tout mon cœur,
Sur vos cercles plane la clémence d'Allah
Sur vos cercles de sagesse et d'amour

***

Que Dieu soit satisfait de vous
Qu’Il daigne vous pardonner.
Ne formez-vous pas le Parti du Clément ?
N'êtes-vous pas Ses représentants ?

***

Votre Tarîqa ne peut dévier,
Ni vos amis,
Car vous voyez la manifestation de Dieu
Dans toutes ses créatures,

***

Car vous vous acheminez vers votre extinction en Lui,
Grâceà Son ressouvenir
Car vous vous êtes déjà arrêtés
Sur le seuil de la porte qui ouvre sur Lui

***

Oyez la bonne nouvelle :
Vous êtes maintenant
Proches de Lui,
Vous êtes dans Sa Présence

***

N'y a-t-il pas parmi vous
Des Mourides en extase ?
Des Mourides aimés ?
Des Mourides amoureux ?

***

Oyez la bonne nouvelle
Le voile s’est levé,
Qui vous cachait Allah

.....
.....

 


 

Mes amis, si vous attestez de l'authenticité de mon état
(Ahibatî inn kuntum 'alâ sidqinn min amri, version 1)
Traduit par M. Chabry

***

Mes amis, si vous attestez
De l'authenticité de mon état
C'est cela la voie même
Cheminez selon mon cheminement

***

Ce qui m'anime n'a rien de douteux
Et je ne suis pas victime de mon imagination
C'est bien moi le connaissant par Dieu
Réalité à la fois secrète et publique

***

On m'a donné à boire de la coupe de l'amour
Puis je l'ai possédée
Elle est devenue ma propriété
À tout jamais

***

Que Dieu récompense celui
Qui nous a donné généreusement son secret
La largesse, cette largesse
Est celle de qui donne en secret

***

Nous avons soigneusement occulté
Et préservé l réalité spirituelle
Et Dieu est reconnaissant
Envers celui qui préserve Son secret

***

Et lorsque le Pourvoyeur, dans Sa générosité
M'autorisa à la diffuser
Il me rendit digne d'assumer cette fonction
En m'en remettant totalement à Lui

***

Puis Il m'a fait ceindre l'épée de la résolution
De la sincérité et de la crainte pieuse
Et m'a fait cadeau d'un vin
Et quel vin !

***

Un vin que tous sans exception
Ont besoin de boire
Comme l'ivrogne a besoin
D'une ivresse toujours plus grande

***

J'en suis devenu l'échanson
Et c'est moi qui foule le raison
Y a-t-il un autre échanson
Que moi à notre époque ?

***

Est-il étonnant que je dise
Ce qu'a déjà dit notre Seigneur
A savoir qu'Il accorde en particulier
Sa grâce à qui Il veut, et sans limite

***

C'est la grâce de Dieu
Qu'Il donne à qui Il veut !
Que Lui reviennent toujours plus de louanges
D'actions de grâces et de remerciements

***

O Seigneur ! Par l'esprit du bien-aimé
Et par Ton Esprit
Aide-moi par l'Esprit saint
Et facilite ma tâche !

***

O Seigneur dénoue mon nœud
Et donne-moi un assistant
Parmi tes auxiliaires
Et ne me couvre pas de honte au jour du Rassemblement !

***

Accorde Ta grâce
Ta paix et Tes bénédictions, puis magnifie
Et glorifie l'esprit du bien-aimé
Dans le siège du secret.

 


 

Mes amis, si vous êtes sincères
(Ahibatî inn kuntum 'alâ sidqinn min amri, version 2)
Traduit par Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

***

Amis, si vous avez compris la vérité de mon état,
La voie est là devant vous ; suivez mes pas.
Car, par Dieu, ce ne sont pas choses douteuses
ni vagues produits de l'imagination :

***

Je connais Dieu d'une connaissance à la fois secrète et manifeste.
J'ai bu la coup de l'Amour e t j'en ai eu la possession,
Elle est devenue mon bien pour toujours.
Dieu veuille rétribuer celui qui me prodigua Son secret,

***

Car le don généreux, le vrai, est le conférer le secret.
Un temps j'ai celé la vérité et l'ai soigneusement voilée,
Or qui garde le secret de Dieu aura sa récompense.
Lorsque le Donateur me permit de la proclamer,

***

Il me rendit capable - et comment, je ne sais - de purifier les âmes,
Il me fit ceindre l'épée de constance,
De vérité et de piété et me donna un vin :
Quiconque en boit, ne peut plus se passer d'en boire,

***

Tout comme un homme ivre cherche à s'enivrer davantage.
J'en suis devenu l'échanson, bien plus, c'est moi qui l'ai pressé.
Est-il pour le verser quelques autre, en ce temps ?
Si je pale ainsi, n'en sois pas étonné, car notre seigneur

***

Lui-même a dit qu'il choisit pour objet de Sa faveur
Celui qu'il veut et donne sans compter.
C'est la faveur de Dieu ; Il la donne à celui qu'Il veut.
A Lui, toute louange, gloire et action de grâce !

 


 

Mes bien-aimés, votre agrément me suffit
(Yâ ahla ahli waddî hasbî ridhakum)
Traduit par Abdul-Jamil (Johan Cartigny)

***

Mes bien-aimés,
votre agrément me suffit.
Mon amour pour vous
s'accroît sans cesse et m'a possédé.

***

Vous êtes mes biens-aimés ;
votre esprit m'a enivré
Et mon cœur refuse
d'oublier votre rencontre.

***

Vous l'avez pris, mon cœur
Et c'est la mon offrande.
L'insomnie que vous m'avez laissée
Témoigne de mon amour.

***

Vous êtes mon idéal, mon désir,
Mon élixir, mon enivrant ;
Vous qui possédez mon amour,
Qui pourrais-je avoir d'autres que vous ?

***

Vous qui êtes mon soutien,
Mon refuge, mon but et mon appui
Vous, qui êtes digne d'attachement,
Soyez heureux ! Soyez heureux

***

Combien avez-vous, pendant le Dhikr,
De lumières qui vous inondent !
Lorsque le mélodieux chante
Le Nom de votre Maître

***

Répondez à ce Dhikr !
Que je vous voie enivrés et plongés.
Celui qui appelle
Vous appelle.

***

Vous aspirez tendrement à la Vérité
D'un élan qui vous sied
Vous avez délaissé
Ce qui périt et tout abandonne.

***

Alors que vous étiez dans le tumulte de la vie,
Le seigneur vous à préservés.
Dans la Présence sublime
Vous avez déployé votre étendard

***

Rendez grâce sans cesse
Et que Dieu vous protège
Vous qui détenez le Secret
Mon cœur vous aime !

***

Durant tout mon cheminement,
Je n'ai passionnément d'autres que vous
N'attendant pendant toute mon existence
Que spécialement votre agrément.

 

 


 

Mes larmes coulent en abondance
(Dam'i mihtâl min 'ayni madhahâ, version 1)
Traducteur inconnu

***

Mes larmes coulent en abondance,
Elles épuisent mes yeux.
souffle léger du soir ! emporte
Avec toi mon salut à Tâha*

***

Transmets-lui mon salut, ô brise de l'approche !
Parle-lui du trouble éperdu qu'a causé son amour...
De lui tant épris ! Ce n'est pas en mon pouvoir
D'endurer l'impossible séparation...

***

Présence de Sa Splendeur !
souffle léger du soir ! emporte
Avec toi mon salut à Tâha...
La lumière du Bien-Aimé, ô amoureux

***

T'attire en son sein sans recours !
L'homme à l'intelligence fine, La voit-il
Qu'il s'en trouve emporté et ravi,
Indescriptible merveille !

***

Qui s'en approche La connaîtra,
Qui parvient à cette union
En saisira le sens !
Ô souffle léger du soir ! emporte

***

Avec toi mon salut à Tâha...
Suis donc cette Voie, ô toi
Qui désires t'en rapprocher !
Suis le Guide qui te fera parvenir

***

A la Présence du prophète.
Prends garde à ne pas dévier
Du chemin de l'Amour.
Tu goûteras un breuvage suave,

***

Ce vin qui te sera servi !
Ô souffle léger du soir ! emporte
Avec toi mon salut à Tâha...
Celui qui sert le vin dans la Sainte Présence

***

Et n'est autre que Tâha, l'Imam,
Te fera oublier jusqu'au vin qu'il te verse !
Ne me blâmez point si je dis
Qu'il est la Coupe elle-même !

***

Lumière de la Beauté recouvrant toutes choses...
Ô souffle léger du soir ! emporte
Avec toi mon salut à Tâha...
Beauté de l’Être, Muhammad al-Hadi,

***

Lumière des Attributs Divin,
Mon Trésor, mon appui,
Mon viatique à l'heure de la mort
Au jour où l'on rendra les comptes,

***

Lui seul l'intercesseur !
Ô souffle léger du soir ! emporte
Avec toi mon salut à Tâha...
Nul doute qu'il intercède

***

En faveur de quiconque est à moi sur la Voie !
C'est là ma conviction.
Entière ma confiance
En l’Être, qui est ma forteresse

***

En cette fin ultime,
J'espère en la Miséricorde.
Ô souffle léger du soir ! emporte
Avec toi mon salut à Tâha...

***

Je n'ai que Lui ! Au moment de l'épreuve
En Lui seul mon espoir...
Quelle position glorieuse que la Sienne !
Mohammed est toute ma richesse préservée !

***

Mon cœur est amoureux de lui
Position de toute une vie !
Sa grâce ne cesse
De couvrir tous les hommes.

***

Ô souffle léger du soir ! emporte
Avec toi mon salut à Tâha...

* Tâha est l'un des surnoms du Prophète Mohammed (PPSL).

 


 

Mes larmes s’écoulent de mon œil
(Dam'î mihtâl min 'ayni madhahâ, version 2)
Traduit par M. Chabry

***

Un torrent de larmes
S’écoule de mon œil
Ô fraicheur du crépuscule
Accorde ta paix à Tâha

***

Accorde-lui ta paix
Ô brise de la proximité
Et parle-lui de mon émotion
Et de mon amour

***

Passionné que je suis
Il m’est impossible
D’endurer l’éloignement
De cette magnifique Présence

***

Ô fraicheur du crépuscule
Accorde ta paix à Tâha

***

Ô amoureux !
La lumière du bien-aimé ravit !
Lorsqu’il la voit, elle peut mettre
Un homme subtil hors de lui

***

C’est quelque chose d’extraordinaire
Le comprend qui s’approche
C’est au moment de la jonction
Qu’il verra cette réalité spirituelle

***

Ô fraicheur du crépuscule
Accorde ta paix à Tâha

***

Prends la route
Toi qui aspires à la proximité
Et suis le guide qui te mènera
À la présence du Prophète

***

Mais attention à ne pas dévier
De la voie de l’amour
Ce vin qu’on te servira
Aura le plus suave des goûts

***

Ô fraicheur du crépuscule
Accorde ta paix à Tâha

***

L’échanson de ce vin éternel
Se trouve dans la Présence sanctissime
C’est Tâha l’imam, qui fait oublier
Jusqu’à ce vin lui-même

***

Ainsi, nul ne peut me blâmer
Si je dis que ma coupe puise en lui
La lumière de la beauté
Éclipse les choses

***

Ô fraicheur du crépuscule
Accorde ta paix à Tâha

***

Beauté de l’Essence
Muhammad le guide
Lumière des attributs
Mon trésor et mon soutien

***

En prévention de la mort
J'ai fait de lui mon viatique
Questionné, il répond
Je suis à elle !

***

Ô fraicheur du crépuscule
Accorde ta paix à Tâha

***

C'est lui qui intercédera certainement
Pour ceux qui se rattachent à moi
Et suivent la voie
Voilà ce que je crois

***

Je suis quelqu'un de sûr
Car c'est en la Miséricorde que nous espérons
Muhammad est mon trésor
Lui dont la gloire est immense !

***

Toute ma vie
Mon cœur s'est passionné pour lui
Sa grâce continue
De recouvrir l'ensemble de la communauté

***

Ô fraicheur du crépuscule
Accorde ta paix à Tâha.

 

 


 

Miséricorde et bienfait en compagnie des amis
(Rawhun wa rayhân ma baynal khilân)
Traduit par M. Chabry

***

Miséricorde et bienfait
En compagnie des amis
Le jardin de l’agrément divin
C’est notre assemblée

***

La Présence sanctissime
C’est ce qui donne vie aux âmes
Le jardin du paradis
A besoin de nous

***

Du vin de la connaissance
Nous avons bu un plein cruchon
Versé par les mains
D’éphèbes immortels

***

Les hommes des réalités
Spirituelles se trouvent
Dans des jardins
Appuyés sur des coussins

***

Les connaissants
Se font face à face
Allongés sur des lits de repos
Ils se réjouissent

***

Les fils de la Présence
Reçoivent la bonne nouvelle
Avant de recevoir
L’autre, (sont) fortifiés

***

Tout le monde
Ici bas les honore
De même que
Les nobles scribes

***

Les serviteurs du Miséricordieux
A toute époque
Vivent en sécurité
Et en paix

***

Ils sont dignes d’éloge
Parmi toute l’humanité
Et sont les véritables savants
Héritiers des prophètes

***

Ils sont les substituts
Les favorisés
Les représentants des envoyés
Dans le monde

***

Ils sont dignes
Et l’éclat de la voie brille sur eux
Les signes de la proximité
Sont visibles sur nous

***

Nul n’est plus autorisé que nous
Qui disposons de preuves
Notre compagnie apporte
Toutes sortes de bienfaits.

 


 

Mon ami, pratique mystiquement la danse
(Ya khilli fashtah)
Traduit par Derwish al-Alawi

***

Mon ami, pratique mystiquement la danse
Puis chante en réjouissance
Il pourrait qu'on te gratifie d'une licence
Des visions (contemplatives) de ce sage-guérisseur

***

Il est l'océan des chemins de l'abreuvage
La voie aux multiples avantages
Le soleil de tous les éclairages
Qui ne s'absente jamais des univers

***

Il est le trésor des vérités
La grotte aux alliances sacrées
L'éclat des éclairs parfaits
Qui fissure l'affligé par sa lumière

***

Mon ami abandonne et renonce
Prosterne-toi et prie en permanence
Puis écoute mes paroles avec tous tes sens
Peut être obtiendras tu une part entière

***

Soulève tout en te levant
Monte ensuite et redescends
Sur la forme, fais usage de réflexion
Te jaillira un goût à l'agréable douceur

***

Ceci est un vin antique
Une allusion à la subtilité magnifique
La vérité même, l'authentique
Te paraitra de ton cœur

***

Ton secret à de l'éclat et scintille
Ta vérité rayonne et brille
L'abreuvage t'est donc utile
Il est à ta proximité, tu en es propriétaire

***

L'approche, saches-le est en toi
L'aboutissement sera finalement vers toi
Que dois-je te montrer afin que tu voies
Regarde en toi, tu en es possesseur

***

En toi qu'est ce qui se cache ?
Un secret qui te contient, cherche
Comprend donc ton sens afin que tu saches
De toi à toi, point de rideaux séparateurs

***

Cherche en ta propre essence
Et comprends tes attributs d'instance
Ton esprit t'appelle en permanence
Un étonnant secret t'est offert

***

De toi, tu es ainsi
Lorsque tu accède à ton œil assombri
Sans aucun doute ni démenti
Qu'il est bien ton œil intérieur.

 


 

Mon bien-Aimé m'a fait connaitre
('Arafni mahboubi malâ nadrî)
Traduit par M. Chabry

***

Mon bien-Aimé m'a fait connaitre
Ce dont je ne savais rien en peu de temps
Si un amoureux considère qu'il existe quelque chose
En dehors de moi, c'est qu'il n'a aucune part !

***

En toute situation, je bois
D'un vin éternel
Et mon ami nous émeut
Par son chant et sa voix raffinée

***

Ses mélodies et ses paroles mystérieuses
Ravissent entièrement l'amoureux
Quant à moi, ce discours je le saisis
Et le comprends de façon pénétrante

***

Si un amoureux considère qu'il existe quelque chose
En dehors de moi, c'est qu'il n'a aucune part !

***

C'est de l'intérieur même de mon désir que m'a appelé
D'une voix silencieuse l'échanson du vin
Une fois proche de lui, il a soulevé le voile
Et s'est manifesté en moi

***

"Où sont donc le chant et la mélodie ?"
M'écriai-je, lorsqu'il se montra à moi
" Gare à toi ! Ne divulgue pas mon secret,
Avec moi, point de guetteur " me dit-il

***

Si un amoureux considère qu'il existe quelque chose
En dehors de moi, c'est qu'il n'a aucune part !

***

"Qui donc m'entrainait par sa voix
M'émouvant par son chant ?" M'écriai-je
J'entendais des voix délicates
Au-delà de toute beauté

***

"En vérité, je suis seul !" Me répondait-il
Et je compris ce qu'il voulait dire
Par Dieu, mon affaire m'a laissée stupéfait
Voilà bien quelque chose d'extraordinaire !

***

Si un amoureux considère qu'il existe quelque chose
En dehors de moi, c'est qu'il n'a aucune part !

***

Par Dieu, tu m'as laissé pantois dans la proximité
Une fois la parole comprise
Je ne savais pas d'où provenait ce que je buvais
La passion m'a rendu fou

***

C'est de l'intérieur de mon propre cœur que je buvais
Je suis moi-même le vin éternel
J'ai obtenu la lucidité après l'ivresse
Et c'est le médecin qui m'a guéri

***

Si un amoureux considère qu'il existe quelque chose
En dehors de moi, c'est qu'il n'a aucune part !

***

O conducteur du peuple vers Dieu
Communique le surnom de l'amoureux !
Mentionne son nom et ses paroles mystérieuses
Ainsi que ses compositions subtiles

***

Al-Alawî espère de Dieu qu'il le protège
De la défaillance de la séparation
Mais comment pourrait-Il me séparer de Lui
Celui qui est mon secret, mon esprit et mon cœur

***

Si un amoureux considère qu'il existe quelque chose
En dehors de moi, c'est qu'il n'a aucune part !

 


 

Mohammed, le Créateur t'a élu
(Mohammed stafâk al-Bârî)
Traduit par Abdul-Jamil (Johan Cartigny)

***

Mohammed, le Créateur t'a élu.
Par le cœur, je te loue
La langue ne pouvant le faire
Décrire le Bien-Aimé‚ est au-dessus de mes moyens.

***

J'aimerais te glorifier, "Tâha"
Mais les mots ne peuvent te décrire.
Certaines louanges n'atteignent en rien ta juste Valeur,
Toute comparaison étant vaine par rapport à ce que tu es.

***

Tel des étoiles dans leur cid,
Ma vue faible ne peut t'atteindre.
Et de loin, tu apparais à mes yeux.
Élevé comme les Pléiades, tu es un astre scintillant.

***

Mohammed, le Créateur t'a élu.
Par le cœur, je te loue
La langue ne pouvant le faire
Décrire le Bien-Aimé‚ est au-dessus de mes moyens.

***

Si cette communauté‚ te connaissait,
Elle consacrerait sa vie à te mentionner
En toi est la richesse sans peine.
Égaré, celui qui préfère autre chose a toi.

***

La terre entière et le Ciel
Le Trône et le Calame sont issus de ta lumière.
La, ma raison est impuissante.
Que puis-je dire de celui qui accomplit l'ascension ?

***

Mohammed, le Créateur t'a élu.
Par le cœur, je te loue
La langue ne pouvant le faire
Décrire le Bien-Aimé‚ est au-dessus de mes moyens.

***

La lumière de Dieu est incomparable.
L'incapacité‚ à la décrire est une sagesse.
Si j'osais le faire, ce serait prétention.
Cependant, je peux dire un mot :

***

N'a surpassé‚ le tout: source et ramifications.
Envoyé‚ aux créatures comme Miséricorde, Je me confie à lui
"Et Dieu m'en est témoin",
Humble, soumis et nécessiteux.

***

Mohammed, le Créateur t'a élu.
Par le cœur, je te loue
La langue ne pouvant le faire
Décrire le Bien-Aimé‚ est au-dessus de mes moyens.

***

Le mensonge n'accroît pas le courage.
Sans toi, je n'aurais jamais connu le Tout-Puissant,
Ni religion, ni prière, ni direction.
Ta grâce nous a manifestement submergés.

***

Par elle, j'ai acquis puissance et renommée.
Sur terre, comme au ciel je m' enorgueillis.
Epris de toi toute la vie,
Mon cœur palpite, mes larmes abondent.

***

Mohammed, le Créateur t'a élu.
Par le cœur, je te loue
La langue ne pouvant le faire
Décrire le Bien-Aimé‚ est au-dessus de mes moyens.

***

Le Seigneur de la Création t'a béni,
O Maître de tous les maîtres, je te désire avec ferveur.
Cet éloge est ma supplication.
J'espère l'heureuse issue au jour de ma mort

***

Et lors de la résurrection ;
Ainsi qu'a ma famille entier et les pauvres en Dieu.
Les croyants espérant aussi en ta grâce.
Mon cœur est si faible et craint la tourmente.

***

Mohammed, le Créateur t'a élu.
Par le cœur. je te loue
La langue ne pouvant le faire
Décrire le Bien-Aimé‚ est au-dessus de mes moyens.

***

Ou sera la demeure ? Comment serai-je reçu?
Après la séparation. Dieu le sait.
Je crains qu'au Jour Terrible.
La confusion me gagne " Abel-Qasim "

***

Pardon, " Imam des Envoyés !
Ne plaise a Dieu. Tu ne peux abandonner le faible.
Je suis convaincu que tu comprendras mes excuses.
La vieillesse m' a touché‚ et l'époque est amère.

***

Mohammed, le Créateur t'a élu.
Par le cœur, je te loue
La langue ne pouvant le faire
Décrire le Bien-aimé‚ est au-dessus de mes moyens.

***

J'ai tellement confiance en toi ;
Impossible que tu m'abandonnes !
Cependant le fardeau de mes péchés m' effraye.
Oh! combien j'ai désobéi !

***

O Dieu ! Pour Benalioua prends pitié
Délivré-le des chagrins de ce monde
A chaque instant,

***

Mohammed, le Créateur t'a élu.
Par le cœur, je te loue
La langue ne pouvant le faire
Décrire le Bien Aimé est au-dessus de mes moyens.

 


 

Mon Seigneur Ahmad ô Muhammad
(Yâ Sidî Ahmad yâ Muhammad)
Traduit par Derwish al-Alawî

***

Mon Seigneur Ahmad ô Muhammad
La proximité divine t’est allouée davantage
Tu es le soutien confirmé de mon cœur
Qui s’est cultivé de ton modèle

***

Ne me prive point, ô Muhammad
De contempler ton radieux visage
Vois-tu mes yeux...
Désolés par marque d'affection ?

***

Le lieu est toujours préparé
Espérant ton avènement
Je pensais que tu allais venir encore et encore
Hélas ce n’est point le cas

***

Tu t’es détourné de moi, ô toi le glorieux ?
Que Dieu t’accorde la satisfaction
J’énumère les jours qui se succèdent
Si je pouvais je t’appellerai par tous les caractères sacrés

***

Mais le terme est souvent épuisé
Et tu reste mon seul garant
Tu me connais, studieux de nature
Il m’est impossible de te négliger

***

Par Dieu, je suis toujours écho
Dans la prière de proximité en ta faveur
Par espoir de contempler
Ton visage radieux

***

A Dieu ne plaise qu’Al-‘Alawî
revient sur son désir pour toi
Ceci est mon état, ô Muhammad
Quant à la perfection, tu en es le Maître

***

Après mes louanges à ton sujet
Je guettais ta noble vision, et pendant le sommeil
Jusqu'à ce que je t’aie vu
Seigneur Ahmad, que Dieu te récompense

***

Mais tu reste évasif
De peur que je sois nocif ?
Je sais que mes actes sont corrompus
Cela n’est guère un mystère pour toi

***

Mais le thérapeute endure
Comme il est dans ton savoir
Et par ma passion irrépressible pour toi
Je garde espoir d’être gratifié

***

j’examine avec soin pendant le jour
Dans l’espoir de savourer ton intimité
Avant ce jour, j’ai plus qu’enduré
Cela devrait cesser

***

Parmi tes qualités, tu es bienveillant envers l’infidèle
Par espoir qu’il croit en toi
Je te suis soumis, j’atteste par ton nom
Je n’ai point de doute

***

Sans nul doute que je suis un unitaire
Et mon apparentage devrait néanmoins te suffire
Je te plairai Soufi et unitaire
Ne suis-je pas un pur produit de tes mains ?

***

Teste-moi en m’accompagnant
Tu trouveras mon âme prête en sacrifice
Je t’installerai dans un logis indépendant
Où il n'y a lieu de partenaire

***

Dans un haut lieu incontournable
Par celle-ci et celle-là
Je t’apporterai un matelas
Touffu et confortable

***

Et des tapis étalés d’un vif éclat
Et te protégerai des regards par des rideaux
J’allumerai de l’encens
Qui répandra sur toi son parfum délicat

***

Tu seras ainsi apprêté, rafraichi, soutenu par des dispositions bienveillantes
Tandis que l'échanson te sert à boire
Un sirop sucré, aromatisé
Je pense qu’il t’apportera satisfaction

***

Tout ce que tu demanderas
Tu le trouveras prédisposé entre tes mains
Je te plairai, certes
Je serai un serviteur-né dans la résidence du Roi

***

Je serai habile, engagé, disposé
Fidèle dans mon dévouement
Je sais que tu aimes accomplir des actes d’adoration
Dans celle-ci et celle-là

***

Je te laisserai seul prier dans ta retraite
Je me mettrai à ta disposition le matin
Je t’apporterai un magnifique pichet
Rempli d’eau pure pour tes ablutions

***

Je t’accompagnerai à la porte de la mosquée
Main dans la main
Je te protégerai des inspirations subites impures
Par mon âme je te barderai

***

Comme tu es si prestigieux ô âme du corps
Et le prestige te va si bien
Si tu étais bébé
Je te poserai dans mon œil et te couvrirai par ma paupière

***

Ceci est le courant de mon état
Et le Seigneur m’Est témoin que je dis vrai
Ô source de toute miséricorde Muhammad
La proximité divine t’est davantage allouée.

 

 


 

Que Dieu t'accorde la bénédiction, ô lumière
(Çall-Allah 'alayk ya nûr, version 1)
Traduit par Idris de Vos

***

Bénie sois-tu noble lumière,
Toi qui infus en tout foyer
De ta présence aimée éclaire ;

***

Tu es, ô divin envoyé,
Une lumière cristallisée
Tu vins, lumière sur lumière,
Le saint Coran nous révéler.

***

L’huile tu es, le feu, le verre :
Une lumière équilibrée.
Rien n’existait, ni cieux ni terre,
Puis l’univers manifesté
Parut, orné de ta beauté.

***

Il nous est de toi rapporté
Que l’existence tout entière
De ton éclat fut façonnée.

***

Tu vins vers nous depuis l’éther :
De la présence sanctifiée,
Où tu ne cesses de loger.

***

Tu étais avant l’univers :
Lorsque la pré-éternité
Était comme l’éternité ;
Tu étais inconditionné,
Puis l’accidentel univers
A manifesté ta beauté.

***

En l’existence entière il n’est
Rien, non rien, hormis ta lumière.
Depuis le plus haut empyrée,
Tu vins le néant éclairer.

***

Élu, le monde te révère,
A toi sont les grâces plénières !

 


 

Que Dieu t'accorde la paix, ô lumière
(Çall-Allah 'alayk ya nûr, version 2)
Traduit par M. Chabry

***

Que Dieu t'accorde la paix, ô lumière !
Ô lumière de tous les éclats !
Ô meilleur de ceux qui occupent les états !

***

Ô envoyé de Dieu, tu es ;
Tu es la lumière irisée en formes !
Lumière sur lumière, c'est ainsi que tu es venu !

***

C'est par elle que le Qorân est descendu
Niche, lumière, huile
Et clarté : en équilibre parfait tu es venu !

***

L'univers n'existait pas
Jusqu'au moment où il apparut embelli par toi
Dans la tradition, tu l'as toi-même dit

***

Cet univers prend sa forme de toi
De la Sainte Présence tu proviens
Et chez elle, tu n'as jamais cessé d'être

***

Tu es antérieur à l'univers et tu étais déjà
Quand l'éternité et la pré-éternité ne faisaient qu'un
Ton être n'était alors pas conditionné

***

Puis tu t'es embelli grâce à ta forme manifesté
Il n'y a dans l'être absolument rien d'autre
Que la lumière, certes je le dis

***

Elle a soudain surgi de mon manifesté
Du point le plus élevé
Elle est descendue

***

Ô envoyé de Dieu, tu as atteint
La suprématie des suprématies
Et des belles qualités !

***

Ô envoyé de Dieu, tu demeures
Et moi-même je continue
À prendre modèle sur toi

***

C'est ainsi qu'al-Alawî garde l'espoir
Que tu sois satisfait de lui
Et qu'il réalise ainsi son but !

 


 

Toi ô échanson du vin spirituel
(yâ sâqiya-l-khamra)
Traduit par Derwish al-Alawî

***

Ô échanson du vin spirituel, mon âme t’est vouée !
J’ai tant envie de te voir,
Ô celui qui œuvre bénévolement.

***

Je suis disposé à tes ordres, ô bien-aimé.
Ma main dans ta main, tu es le Censeur !
J’ai parlé par ta voix, des choses de l’invisible.
Et si je dis ouvertement que je te vois…
Certes, et sans équivoque, j’ai obtenu ta satisfaction !

***

Ô mon cœur ne néglige jamais l’amour du Bien-Aimé,
Car il est ton secret, sois donc conscient.
S’il se manifeste de toi, alors exprime ta joie
Parle-en à celui qui est clairvoyant, il comprendra ton allusion.
Finalement, ton désir a pénétré le secret.

***

Ô toi, qui désire abandonner l’amour de la Croix
Oriente toi vers nous, et défait le voile du Bien-Aimé
Se manifestera de toi un étonnant secret
Qui éclipsera à tes yeux toute la création…
Quel agréable vin qui comporte ton éveil !

***

Si tu crois que c’est chose impossible
Alors soigne ton opinion à notre égard et tu t’apercevras que c’est possible.
Car ce secret est toi-même, comment serait-il invisible ?
Quel ironie de méconnaitre ta propre allusion.
Alors que tu es seul dans la Présence divine, et nul autre que toi.

***

La vérité n’est nullement cachée au cœur repenti
Et l’œil ne peut voir clairement une chose trop proche à lui.
Jusqu’à ce que le voile du cœur se déchire
Et la signification de la multitude aura alors un autre sens.
Et le Vrai ne peut être vu que dans le dévoilement.

***

Pivote ton œil vers toi et examine un peu
Quitte ton trône, monte davantage et disparais.
Médite sur ton aspect, c’est là qu’est l’issue.
Ta guidance se conçoit du fruit de ta méditation…
Ainsi ton miroir sera poli et tu verras ton (vrai) visage.

***

Tu parais exemplaire envers toi-même
Mais au fond de toi, tu es confronté à des doutes et incertitudes.
Un thérapeute est donc indispensable à tes maux
Si tu t’adresses à lui, tu éviteras la perdition.
Je te vois découragé, quel rusé peux-tu être !

***

Ô toi le souffrant, je suis le praticien de tes maux
J’ai plein de compassion pour toi, Dieu m’est témoin.
Tu es, malgré tes faiblesses, injuste envers moi.
Je te vois perplexe, te guider n’est pas chose facile…
Tant que tu es dans l’indifférence, soumis à tes passions.

***

Je n’ai cessé de te porter conseil, ô malheureux !
Que Dieu te vient en aide, que ma prière soit exhaussée.
Qu’Il te délivre de tes liens, même si c’est chose laborieuse.
Mais quel tristesse de méconnaitre ton Seigneur.
Alors que l’œil ne voit (en vérité) que Lui.

***

J’étais comme toi, je me prétendais sensé
Et l’ignorance s’imposait en abondance à moi…
Jusqu’à ce que je découvris en toi une image reflétant l’altérité.
Tu ne peux être un (bon) exemple pour celui qui te voit.

***

Si tu te prétends amoureux
Et que le Vrai, selon toi, Est plus proche de toi…
Alors ton ignorance a atteint ses extrêmes.
Car tu vois par ton œil humain, c’est de la dualité…
Et le dualisme est incompatible à ton Seigneur.

***

Je te suis de bon conseil, mes paroles sont solennelles.
Si tu veux être sauvé de ces flammes…
Suis-moi et adopte ma voie qui est courte, très courte.
Ah si seulement…
Tu ne parcours qu’une distance d’un pouce, tu auras obtenu ton désir.

***

Ô Seigneur, Ahmed le repenti est devant Ta porte.
Al-Alawî ton serviteur, ne saurait être déçu.
J’ai entendu, par ta voix, que Tu exhausse les prières.
Je suis contraint, exhausse donc ma prière.
Par le plus beau des humains, je demande Ta satisfaction.

***

Je suis au service de ta Loi, ô bien-aimé (le prophète).
Pour Ta cause, je me suis redressé contre les prétendus juges…
Sois mon garant contre leurs intimidations.
Ô toi, chef des dix compagnons, je n’ai personne, à part toi, sur qui m’appuyer.
Ô l’enchanteur de la Présence divine, mon cœur te désire tant.

 


 

Toi qui m'interroges, tu seras responsable
(Ayuha as-sâ-il anta-l-kafilu)
Traduit par Abdul-Jamil (Johan Cartigny)

***

Toi qui m'interroges, tu seras responsable
De tout dommage que notre réponse peu entrainer!
Voici une parole claire qui t'explique en détail
Ce que recouvrent les formules des enivrés.

***

Pour toute chose, un accès un moyen.
Pour toute essence, un signe, une marque.
Toute vérité, appelle une preuve
Toute sincérité, contient une ferme constance.

***

Pour tout amant, son intime.
Pour tous servile ; des maîtres.
Quand à ma condition, elle n'a point de semblable
Je constate qu'elle te donne le vertige.

***

Ce que tu vois de nous, c'est pure illusion
Car tu ne sais pas mon essence, tu en es bien éloigné.
Pour autant que tu ne fais que me voir parler
De l'un ou l'autre des attributs d'Allah.

***

Toute exaltation de nous reste faible
Et nous égaler à d'autres c'est nous avilir.
Toute ta science à notre sujet, c'est que je suis beau
Alors que d'al-Alawî, l'essence à pris l'empreinte.

***

Entre nous, énorme est la distance
Comme d'entre le vivant et les morts.
Ma condition pour toi, c'est un mystère encore inaccessible
Mais en penser du bien contient ton salut.

***

Toute compréhension de nous reste insuffisante
Que d'embuches pour l'intelligence.

 


 

Toi qui ne comprends pas mes paroles
(Yâ man lam tafham maqâli)
Traduit par Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

***

Toi qui ne comprends pas mes paroles,
Pourquoi parles-tu contre moi?
De l'esprit tu es dépourvu, Ignorant de la Divinité.
Si tu connaissais mon état tu confesserai mon excellence,

***

Et me verrais parmi les hommes tel un soleil illuminant la création.
Mon Seigneur a exaucé ma prière et comblé mes besoins,
Guide et donateur à la fois.
Après m'avoir conduit, il m'a donné une robe de Sa béatitude

***

Et apaisé ma soif à une coupe rare dont l'abreuvage
est plus précieux qu'un élixir ;
Il m'a exalté dans l'éminence d'un état plus élevé que les pléiades.
Si tu me cherches, Saint, c'est la seigneurie qu'il faut interroger,

***

En portant ta quête au-delà de toutes les cimes
il se peu que tu me découvres.
Élevés, rares, secrets et inconnus sont mes pareils,
Car j'ai retrouvé le trésor enseveli qui fut mien :

***

En moi demeurent cachées toutes choses.
Mais que peux-tu savoir de mes états
toi qui n'as pas la connaissance des élus?
Tu crois qu'en moi, il n'est que vide.

***

Crois à ta guise : puisque le Bien-Aimé est mien
je ne m'occupe plus du monde.
Quelque jugement que mes détracteurs viennent à porter contre moi,
Mon cœur est mien, il reste mien, mes sens, je les leur donne.

***

Dans mes jours maintenant sereins
je ne m'afflige plus des malheurs comme font les autres.
Eût-il perdu le monde, celui qui connaît Dieu
Par la même, déjà, serait consolé.

***

Celui dont l'âme est vide et opaque le cœur
n'a d'yeux que pour cette vie éphémère.
Aveuglément, dans l'erreur il se jette
Pour amasser quelques biens en ce monde,
Il ne regarde pas la fin inéluctable

***

De toutes choses ni la mort qui approche
il ne fréquente point d'homme parfait,
Mais, dans sa transgression sans issue enfermé,
Enraciné dans sa discorde, contre Dieu il lutte à jamais.

***

Que mon seigneur exauce ma prière,
Pour qu'à jamais tourné vers Lui, je sois accueilli à jamais :
Protège-moi toujours et protège Tout le peuple de Mohammed ;
Qu'en béatitude s'épanche Ta beauté
Aussi longtemps que des adorateurs L'invoqueront

***

Et que l'invoqueront des saints, sur le plus noble des prophètes,
Sur tous ses compagnons, sur toute sa maison, sur leurs héritiers qui dirigent,
Sur ceux qui cherchent et sur tout homme pieux et saint
Dans la lumière de mes vœux tous soient enveloppés !

 


 

Toi qui veux connaître ma sagesse
(Yâ man tûrid tadrî fanî, version 1)
Traduit par Abu Bakr Sirajuddin (Martin Lings)

***

Toi qui veux connaître ma sagesse,
A dieu adresse tes questions ;
Les hommes ne me connaissent point,
Celés leur sont mes états.

***

Cherche-moi en t'approchant de lui,
Par-delà l'état de serviteur,
Car, dans l'univers créé,
De moi nul reste ne demeure.

***

Je suis une manifestation de la présence suprême du seigneur,
Ainsi que mon état clairement en témoignage.
Je suis, visible aux yeux des hommes,
La rivière débordante du Tout-Miséricordieux,

***

Je fus esprit avant ma servitude,
Et maintenant au foyer revenu,
de nouveau je suis libre.

***

Ne prends pas pour moi ce que tu vois ici
Revêtu de qualités humains,
Car c'est au-delà que sont les archétypes (allusions),
Éternelle parure de l'Esprit.

***

Si tu pouvais voir où je suis
Dans la toute sainte Présence,
tu me verrais seul
Et nul autre.

***

Mais la vérité, d'un voile m'a vêtu,
Et tes regards ne peuvent pas m'atteindre.
Tu me vois, sans me voir,
D'un regard négligent.

***

Aiguise l'œil de ta foi
Et regarde par acte de pure vision.
Si ta foi devient certitude
Il se peut que tu me découvres.

***

Tu me trouveras revêtu des secrets et des lumières
Propres à notre Prophète.
Tu verras des anges célestes,
Yeux vigilants à mon service tu découvriras

***

Que j'ai été élu par mon Seigneur.
De moi il rayonne, car il est en moi ;
Lorsque tu me vois, tu Le vois,
Mais cette vérité, tu ne la saisis pas.

***

Mon Seigneur m'a guidé,
Il m'a accordé une vision très pure.
Il m'a fait connaître moi-même,
Il m'a fait connaître la vérité de l'Esprit.

***

Si donc tu veux atteindre ma sagesse
Demeure auprès de moi et sois bien attentif,
M'écoutant, répétant mes paroles,
Sans élever la voix au-dessus de la mienne.

***

Tu ne vois que moi dans le monde.
Au-delà de moi, ne cherche pas à regarder
Et ne crois pas ,de moi, être à l'abri :
Ton état ne m'est point caché.

***

Si donc tu es mien en toute vérité,
De Ton Seigneur, sincère serviteur,
Prouve-le et non avec ta langue seule,
Car la langue est étonnamment fausse.

***

Tends ton âme vers la pointe de la lance
et, d'une mort définitive, meurs.
Occupe-toi de moi, non de toi,
Ou sinon, prends congé et pars.

***

Je te transmet ce que mon Maître
Al-Bûzîdî, déjà mort à la création,
Me transmit avant sa fin corporelle.

***

Abandonne ici tout ce qui est tien
Élève-toi vers Dieu,
Dépouille-toi des mondes
Et d'eux ne laisse sur toi nulle trace.

***

Semblables sont ce monde et l'autre,
En une vision mûrie, regarde -les :
Le monde créateur et les mondes créés
Manifestent également Son Unité,

***

Regarde vraiment face à face,
Tu ne trouveras rien qui puisse t'effrayer,
Car tout est éteint désormais
Sauf de la Seigneurie, la Face.

***

Ayant acquis mon expérience
Si tu le veux, alors, de moi tu pourras te passer,
Mais, par Dieu, tu ne le voudras
car il faudrait être sans âme pour pouvoir jamais m'oublier.

***

Dieu connaît mon état,
Qu'il veuille me protéger
pour tout le reste de ma vie
et préserver mes frères des épreuves du cœur,

***

Qu'Il protège celui qui entre en ma maison,
Celui qui, à nos assemblées, prend part
Celui qui voit l'un de ceux qui m'ont vu
Et qui eût désiré me voir.

***

De tes bénédictions sur le Prophète, Seigneur
Fais de ma langue l'instrument.
Conduis-moi dans toutes ses voies.
Si je t'obéis, il fera mon éloge,
Si je viens à faillir, pour moi il intercédera.

***

A la demande de mes frères,
j'ai mis ma signature
A la fin de ces vers.

***

A la tribu d'al-Alawi,
J'appartiens par mon sang.
Par la présence d'al-Bûzîdî
Se fait ma filiation spirituelle.

***

Que sur ces deux lignées,
Seigneur, Soit Ta Miséricorde,
Et qu'elle soit aussi sur ma postérité
En l'une et l'autre, jusqu'à la fin du monde.

 


 

Toi, qui désires savoir mon art
(Yâ man tûrid tadrî fanî, version 2)
Traduit par Salah Khelifa (traduction incomplète et peu fidèle)

***

Toi, qui désires savoir mon art, interroge donc Dieu
Ne le demande pas aux hommes ordinaires ;
Car ils ne le connaissent pas ;
Mes états leur seront à jamais inconnus
Aussi longtemps qu'ils refuseront de venir à moi

***

Toi, qui veux t'approcher de moi,
Emprunte d'abord la voie que j'ai suivie.
Toi qui veux venir vers moi
Passe d'abord par le sentier de Dieu
Et ce sentier, je l'ai emprunté bien avant toi ;
Tu me trouveras là où il n'y a ni bassesses, ni vilenies

***

Toi, qui cherches à me connaître,
Sache que je suis la manifestation de Dieu ;
Mon état ne le prouve-t-il pas assez ?
Je suis un réceptacle d'amour pour Dieu
Envers qui je me suis attaché indéfectiblement

***

En vérité, c'est un pacte que j'ai signé avec le sang de mon cœur
Avec mon Créateur, car Dieu a voulu qu'il en fût ainsi
Bien avant la création du monde

***

En vérité, j'ai toujours été attiré par cette voie
Je suis le verre que le Vrai a fait déborder d'amour
Toi, qui cherches à connaître Dieu, cherche d'abord à L'aimer.

***

Toi, qui veux affiner ton gout, le rendre sain et l'ennoblir,
Suis ma voie, la voie de Dieu qui te mènera vers Lui
Tu pourras alors Lui parler comme moi je lui parle
Tu pourras donc, t'adresser à Lui, directement à Lui

***

En vérité, rien ne s'oppose à ce que tu parviennes
A ce stade suprême de la connaissance ;
N'es-tu pas modelé par Dieu Lui-même ?
D'où sortent donc tes racines ?

***

Je sais que ma voie est droite
Et qu'elle mène vers la Vérité Réelle.

***

Seul un homme décidé, cuirassé par sa foi,
Peut la suivre jusqu'au bout,
Car ma voie est longue et parait semée d'obstacles

***

Qui suit ma voie, deviendra aérien
Et se dépouillera des scories de son corps
Pour revêtir les charmes de l'esprit.

 


 

Toi qui veux connaitre mon art
(Yâ man tûrid tadrî fanî, version 3)
Traduit par M. Chabry.

***

Toi qui veux connaitre mon art
Questionne à mon sujet la divinité
Car les humains ne me connaissent pas
Et mes états leur sont voilés

***

Recherche-moi au moment du rapprochement
Au-delà de la servitude ;
Quant aux conditions et aux êtres existenciés
Je leur suis alors complètement étranger

***

Je suis un lieu de manifestation seigneurial
Et mon état en témoigne
Je suis le débord du Miséricordieux
Qui se manifeste parmi les humains

***

Mais mon principe est pur esprit
Et j'existais avant la servitude
Puis je revins dans ma patrie
Libre comme je l'étais alors

***

Ne crois pas que tu me voies
Ce ne sont que mes traits humains
Derrière il y a des réalités subtiles
Des impératifs spirituels

***

Si tu voyais où je me trouve
Dans la présence sanctissime
Tu me verrais là tu me verrais
Seul en l'absence de toute altérité

***

Mais la vérité m'a drapé
Et ton regard n'arrive pas jusqu'à moi
Tu me vois mais tu ne me vois pas
Car tu ne fais pas attention à moi

***

Rend plus perçant en toi le regard de la foi
Et regarde d'une façon pure
Et s'il y a en toi de la certitude
Il se peut que tu tombe sur moi

***

Tu trouveras les secrets qui me recouvrent
Et des lumières prophétiques
Tu verras des yeux qui prennent soin de moi
Et des anges célestes

***

Tu verras que le Vrai m'a favorisé : Il se manifeste
A partir de moi au moyen de ce qu'il y a en moi
Tu Le verras lorsque tu me verras
Sans comprendre de quoi il s'agit

***

Mon Seigneur m'a fait un don : Il m'a guidé
Il m'a donné un regard pur
Il m'a fait connaitre mon âme de l'intérieur de moi-même
Et ce qu'est le domaine de l'Esprit

***

Alors si tu cherche à connaitre mon art
Fréquente-moi et incline vers moi
Ecoute et rapporte ce que je dis
Et ne t'élève pas au dessus de moi

***

Ne vois rien d'autre que moi dans l'existence
Et ne lève pas le regard au dessus de moi
Ne te cois pas à l'abri à mon regard
Ton cas n'a rien de secret pour moi

***

Il en est ainsi si tu te rattaches à moi
Et fais preuve de sincérité en tant que serviteur
Et ne crois pas que les beaux discours suffisent
Ce genre d'attitude extérieur est détestable

***

Prend donc ton âme au crochet
Et meurs d'une mort intégrale
Occupe-toi de mon affaire plutôt que des tiennes
Ou alors passe ton chemin

***

Je ne fais que te recommander ce qui me l'a été
Par mon maitre avant de mourir
Al-Bûzîdî, lui dont la richesse spirituelle
Surpassait celle de toutes les créatures

***

Laisse tout ce que tu es auprès de moi
Et élève-toi vers la Divinité
Dépouille-toi des êtres existenciés
Et n'en garde pas un iota

***

Les choses sont toute équivalentes
Alors mets-les toutes sur un même plan
Le principe existenciateur et les êtres existenciés
Sont les lieux théophaniques de l'Unicité

***

Si tu réalise cela de visu
Tu verras qu'il n'y a là rien d'étrange
Il est dans la nature de toute chose de disparaitre
Sauf ce qui constitue en elle la face de la Seigneurie

***

Une fois que tu auras acquis mon expérience
Tu pourras si tu veux te dispenser de nous
Mais non ! Seul peut m'oublier
Celui qui est en réalité vide de toute spiritualité

***

Car Dieu connait mon état
Qu'Il me protège jusqu'à la mort !
Qu'Il préserve tous mes frères
Des épreuves du cœur

***

Qu'Il garde également ceux qui intègrent mon Diwân
[Et] ceux qui assistent à mes assemblées
[Et] celui qui verra qui m'a vu
A condition qu'il me cherche vraiment

***

O Seigneur, prie par ma voix
Sur ton prophète et consacre moi à lui !
Si je T'obéis, il sera satisfait de moi
Et sinon, il intercédera pour moi

***

Je mets ici ma signature
Au terme de ce poème
En réponse à une demande
De mes frères

***

S'agissant de ma généalogie de sang
J'appartiens à la tribu des Alawîs
Quant à ma filiation spirituelle
Elle procède de la présence d'al-Bûzîdî

***

O Seigneur, accorde ta miséricorde à ces deux familles
Ainsi qu'à ma postérité, à mes descendants
Dans ces deux lignages
Et ce, jusqu'à la fin des temps.

 


 

Toi, notre espoir ! Par Ta bienveillance [Al-Lotfiyya]
(Aya Rabbi bi lotfika ya Mortajâ)
Traducteur inconnu

***

Toi, notre espoir ! Par Ta bienveillance
Protège-nous, accorde-nous délivrance
Nous T'implorons, Seigneur, par le Saint Coran
Et tout ce qu'il contient, par les sept versets,

***

Par celui* qui l'a reçu et transmis.
Qui honora ses versets et l'aima.
Nous recommandant l'amour du Coran
Il nous fut alors plus doux que tout

***

Tu l'as révélé et ordonné sa compilation
Préserve-le, Seigneur, comme Tu l'as annoncé
Certains ont tramé pour sa disparition
Le permettras-Tu, Seigneur

***

Nous n'accepterons jamais de renoncer au Coran
Il est la Religion et la Foi
Sa valeur, pour nous rien, ne l'égal
Ni l'univers, ni ce qu'il contient

***

Le Coran est l'essence de la Réalité
Il est la Loi, le lien sûr.
Toi, Tu connais notre amour pour le Coran
Et Tu vois comment il habite notre cœur et notre langue.

***

Il est mêlé à notre sang, à notre chair,
A nos veines, nos os et tout ce qui est en nous.
Seigneur ! Par le Saint Coran, ne nous afflige pas
Ne nous éprouve pas dans notre religion.

***

Seigneur ! Accorde à Ta religion secours.
Elle se tient à Ta porte, pleine d'espoir.
Seigneur ! Unis aux siens celui qui en est séparé.
La séparation accable de souffrance ses amis.

***

Sauve-le, Seigneur, avant qu'il ne disparaisse
Prolonge sa vie pour nous.
Fais de nos demeures des lieux de paix
Garde-nous de tout malheur, de toute épreuve.

***

Assiste-nous Seigneur, par Ton esprit
Aide-nous à observer Ton commandement.
Fais miséricorde, aux anciens d'entre-nous comme aux jeunes
Rassure-les, Toi, qui les vois inquiets.

***

Améliore notre vie matérielle et spirituelle.
Dissipe la peine de l'affligé et du pauvre.
Pardonne, Seigneur, à celui qui T'implore par notre prière
Et sois pour nous et tous nos intimes.

***

Élève-nous à la contemplation de la Beauté
Et aux secrets de sa perfection.
Prie, Seigneur, sur l’Élu* d'une prière digne de lui
Et étends-là à sa famille (spirituelle).

***

A ses compagnons, ses auxiliaires et ceux qui le suivent.
Louange à Dieu, Seigneur des mondes

 


 

Vous qui désaltérez les esprits
(Yâ souqât-arrâhî qoumou)
Traduit par Salah Khelifa (traduction innachevée)

***

Vous qui désaltérez les esprits
Apprêtez-vous à nous montrer
La beauté Suprême
Dans la Présence d'Allah
Voguez, et quittez les mondes

***
....
....

 


 

Vous qui hantez mes entrailles
(Ya sakina-l-hacha, version 1)
Traducteur anonyme

***

Vous qui hantez mes entrailles, par dieu doucement
Ménagez oncques votre gite, ô nobles pairs
Bienvenue vous, aisance ayez parmi nos gens
D'ardeur épris mon cœur, mon esprit errent
Puisse l'amour ne me laisser d'expédient
Que je n'y vois sinon que vous en l'univers
Outre vous voir, n'est ce déjà le châtiment

***

Notre lot certes n'est que nous soit échu l'enfer
Notre lot est l'adieu, au tout, absolument
Et n'entrevoir sinon pour vous moindre repaire
Voici donc sobre ami ceux du rassemblement
Où qu'ils s'égarent, ils ont détruit eux l'univers
Laissant arrière âmes et intimes entièrement
Contemplant lors le sens de tout sur toute la terre

***

L'émané même que l'origine, initialement
La vague a disparue là où s'étend la mer
Le soleil luit quand les étoiles sont au couchant
Les lunes sont invisibles par temps trop clairs
De même où Laila parut, au connaissant
Rien ne demeure en les deux mondes d'imaginaire
Sa parousie les accule à l'esseulement

***

Arrachés à l'élite, tout comme au vulgaire
Leur repère propre est protégé du tout-venant
Et leur état se passe de tout commentaire
En leur prière c'est le tout, même qu'ils vont ciblant
Où qu'ils se tournent, se parachèvent leur fin dernière
En leur contemplation, le vrai se fait patent
Et leur proximité demeure, sans fin derrière

***

En ce qu'ils boivent l'amer encore est succulent
Leur parole est de miel, accomplie tout entière
De leur puissance, le tout se fait l'exécutant
En leur présence, le vrai lui même se régénère
Heureux soient ils eux qui conquirent l'agrément
Eux qui vécurent en l'allégresse, eux les prospères
Où que requis par qui n'à point moindre semblant.

 


 

Vous qui résidez en moi
(Ya sakina-l-hacha, version 2)
Traduit par Abdul-Jamil (Johan Cartigny)

***

Vous qui résidez en moi, de grâce point trop de hâte
Ô Généreux, traitez donc votre demeure avec douceur.
Bienvenue, bienvenue, O vous en qui s'élancent
Mon cœur et mon intelligence saisis par l'amour.

***

Puisse-t-il l'amour ne m'avoir laissé‚ aucune issue
Afin de ne plus voir autre que vous dans le monde
Car n'est-il pas en faute celui qui voit autre que vous !
Et certes faire le péché‚ la n'est pas notre affaire

***

Mais ne l'évite en fait que celui qui délaisse le tout
Et qui ne voit pour autre que vous nulle place.
Cela compagnon, c'est pour les gens de l'Union
Parce qu'ils sont les exultant et qu'ils ont détruit le monde.

***

Ils ont tout abandonné‚ de leur famille et de leurs amis
Des qu'ils ont pris conscience de ce que cache l'intime des créatures.
La réalisation leur a fait trouver que toute manifestation
est identique a son origine.

***

La vague n'est plus aperçue quand la mer s'étend de toutes parts.
Quand le soleil se lève toute étoile s'efface !
La lune ne se voit que dans l'obscurité.
Tels sont les connaissant lorsque Layla parait

***

Il ne reste pour eux dans les deux mondes aucune illusion.
Son apparition les oblige à s'isoler et de l'élite et du commun.
Leur station est au-delà de l'atteinte d'une souillure
Et leur ‚état dispense de tout commentaire.

***

Lorsqu'ils prient, le Tout est leur Qibla
Ou qu'ils aillent, leur désir s'accomplit.
C'est en toute clarté‚ qu'ils contemplent le Vrai
Leur Proximité‚ se maintient sans la moindre Césure.

***

Dans leur breuvage, amertume devient douceur
Leur langage contient une ambroisie et un achèvement parfait.
Leur puissance fuit se plier le Tout
Dans leur présence le Vrai se perpétue.

***

Qu'ils se réjouissent, ils ont obtenu la faveur surabondante
Ils vivent dans la joie tirant profit .
Puisque les a appelés Celui qui n'a pas de semblable.
Et qu'ils ont répondu à son appel comme il se doit.