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Cheikh al-Alawî - Les dons sanctifiés - Deuxième introduction
Œuvres écrites du Maître - Livres du Cheikh Ahmed al-Alawî
Écrit par Ahmad al-Alawî   
Mardi, 05 Septembre 1911 12:17
Index de l'article
Cheikh al-Alawî - Les dons sanctifiés
Préambule
Première introduction
Deuxième introduction
A propos de la (salât) de proximité au Prophète (§)
La bonne croyance en la discipline soufie
L’intellect des soufis
Les trois catégories de l’intellect soufi
La connaissance et les pièges à éviter
La dépendance à Dieu
L’Existence de Dieu
Les Attributs de Dieu
Le statut sacré des Prophètes et Messagers
CHAPITRE DE L’ATTESTATION DE FOI (Shahâda)
La Purification (tahâra)
CHAPITRE DE LA PRIÈRE (Salât)
Les seize obligations de a prière
Les quatre conditions de la prière
Les deux aspects négatifs qui évincent le disciple
La formule de sacralisation (takbîr)
La prière de l’aurore (fajr)
La prière de l’après-midi (dhohr)
Le reste des prières prescrites
Ce qui est détestable ou inconvenable d’accomplir pendant la prière
La mort au vu du langage soufi
Les prières surérogatoires (sunan salât)
La négligence au niveau de la prière par inadvertance (sahw)
Les actes altérants qui annulent la validité de la prière (manhiyat)
Toutes les pages

 

Deuxième introduction (Par rapport à l'élite qui en soustrait plusieurs sens et d’un mot de multiples interprétations)

Saches que l'élite soustrait le sens des paroles qui sont prononcées par le genre humain, car (pour elle), Dieu s'adresse à ses Saint-Amis dans le langage des allusions, et cela par rapport à leurs stations requises qui ne les utilisent guère en soi. Alors ne sois pas étonné mon frère de leur compréhension d'un mot par une autre interprétation, car ceci est pour eux une des plus honorables stations et un très haut niveau de posséder la compréhension des paroles qui leurs sont adressées par Dieu à travers le langage des humains.

 

Les gens de Dieu se sont unanimement mis d'accord que les degrés de cette compréhension diffèrent et dépendent de la place qu'occupe l'un d'eux auprès de Dieu, et n'ont pas d'avis divergent que d'un seul mot, qui a une apparence et une signification spécifique, on peut en tirer de multiples et incalculables interprétations.

 

Il se peut qu'un mot signifie une vilaine expression. Le gnostique en tire un bien utile, que ce soit d'une façon claire ou par allusion. Car si les gens de la communauté soufie sont d'accord avec les communs des croyants sur leurs compréhensions de l'apparence d'un mot, ils se distinguent par leur compréhension du sens. comme ils sont d'accord avec eux dans le Contemplé et divergent sur la façon de contempler, aussi sont-ils d'accord sur ce qui est écouté et divergent sur la façon de l'écouter, Dieu dit: " Et sur la terre il y a des parcelles voisines les unes des autres, des jardins [plantés] de vignes, et des céréales et des palmiers, en touffes ou espacés, arrosés de la même eau, cependant Nous rendons supérieurs les uns aux autres quant au goût. Voilà bien là des preuves pour des gens qui raisonnent " (Ayah [04] de la Sourate (Al-Ra'd).

 

Gloire et pureté à Celui qui les a guidé et rapproché a Lui et les a choisi parmi les humains jusqu’à ce qu’ils sont arrivés à prendre leurs sagesses et leurs actions directement de leur Seigneur, ils ont alors entendu ce que n'ont pu entendre les autres, et ont vu ce que les autres n’ont pu voir, leurs corps sont présents parmi nous et leurs esprits entre les mains du Véritable Roi, et comme dit l’un d’eux :

Mon cœur se trouve chez mon Bien-Aimé qui l’implore
Quand à vous, vous avez droit à ma langue


L’imam Al-Gilli a dit dans sa célèbre "Ayniyah" :

Si une feuille d'une branche se berça par mélodie
Et la tourterelle par son instinct lui répondit
Mes oreilles n'auraient seulement entendu
Que la tonalité de la passion qui grandi
Venant de Vous, non pas des oiseaux.


Si ces gens font extraire le sérieux de la plaisanterie, ne sont-ils pas alors capables d’extraire le sérieux de lui-même ? Ils ont cette aptitude, car ils ne s’arrêtent pas devant l’apparence des prononciations, mais voient plutôt les significations qui orientent vers l’objectif, et ne se subjuguent pas pour la mélodie du mot ni à sa grammaire, mais en captent les allusions pendant leurs survols, se détournant de ce que peut prononcer la langue. Tu les verras alors dans un permanent état inchangeable, en présence avec Dieu, alors que : "chaque jour, Il accomplit une œuvre nouvelle" (Ayah [29] de la Sourate (Al-Rahmân). S’Il prend un Saint-Ami ignorant, il lui enseigne, et l’enseignement commence par Lui "la Connaissance de Dieu" suivie de Ses sagesses. Quant aux restes des sciences, elles ne sont pas une condition pour l’authenticité de la sainteté, mais une condition pour la perfection, comme la grammaire l'est pour une langue, et celui qui, la Connaissance du Très Haut ne lui est pas suffisante, il est vraiment le malheureux.

 

Sidi Ahmed Ibn 'Ajiba disait : "réformer son langage sans réformer son cœur est perversité et égarement, et réformer son cœur sans réformer son langage est une perfection incomplète et réformer son cœur et son langage est l'aboutissement de la perfection."

 

Le jurisconsulte "Faqih" Maymun (que Dieu ait pitié de son âme) disait que : " parmi toutes les mauvaises choses ; est que l'homme apprends les sciences par le langage et les enseigne et n'entreprends pas d'apprendre et d'enseigner les sciences du cœur qui, ce dernier, est sujet d'attention et de considération de la part de Dieu. Si en revanche les sciences du langage et du cœur sont communes, leur préposé est en sûreté et ne craint ni perte ni abandon le jour ou il doit se tenir entre les mains du Miséricordieux, car Dieu Tout Puissant ne prime pas les personnes pour leurs paroles mais les prime pour leurs cœurs."

 

Les créatures sont interpellés par l'apparence de la loi divine (Shari'a) alors que les Soufis sont interpellés par l'apparence de la loi divine ainsi que par son sens caché. Le Maître de nos maîtres Moulay al-'Arbi ad-Daqawi disait : "nous n'avons retenu de la conjugaison (i'râb) que la parole de Dieu tout-puissant : "S'ils sont besogneux, Allah les rendra riches par Sa grâce" (Ayah [64] de la Sourate (Al-Nûr). Si, est une condition, les rendra riches est la réponse à la condition, signifiant par là, la grande richesse, ainsi Son discours est dirigé aux personnes qui s'orientent vers le langage des allusions. "

 

Un parmi eux a vu le Prophète (§) dans le rêve et lui dit : "O Messager d'Allah, je suis curieux de cette science, il lui répondit : lis la Parole de sa communauté (les soufis), car le curieux de cette science est un Saint-Ami de Dieu, par ailleurs, celui qui met cette science en pratique, il équivaut à l'étoile inaccessible."

 

En raison de leurs stations élevées et leurs hauts niveaux, et leur compréhension des choses qui n'est pas chose connue au commun, que seulement lorsqu'il se joint à leur assemblée et se pare d'humilité en suivant leurs traces. Je tenais à souligner certaines choses qui les soustraites de la jurisprudence (Sharî'a) et d'autres... par référence aux allusions qui jaillissent à leur convenance en prenant bien évidement le sens apparent et le mettent en pratique et accomplissent la religion avec ses lois. Nous ne devons pas comprendre que leur option pour le sens caché des paroles prend le dessus sur l'apparent, loin de cela, mais ils prennent ce que ne peuvent prendre les autres de ce qui est très difficile à mettre en pratique, et cela est très connu dans leurs célèbres récits, ceci dit, cela ne contredit pas les déclarations de certaines personnes illuminés, les ravis, caractérisés par des états de transes extatiques en raisons de leurs degrés de perfection insuffisants.

 

Quant aux parfaits, ils sont célèbres par leurs affirmations de la non-désintégration de la vérité (Haqîqa) de la Loi divine (Shari'a), ou vice versa. Citons entre autre ce qu'ils ont affirmé :

  1. La Haqîqa est la source, et la Shari'a est son ordre
  2. Celui qui s'est réalisé dans la Haqîqa et n'a pas appliqué la Shari'a est un hérétique, et celui qui a appliqué la Shari'a et ne s'est pas réalisé dans la Haqîqa est un pervers, et celui qui les a rassemblés est le véritable réalisé.
  3. La Haqîqa est contenue dans la Sharî'a, comme le beurre est contenue dans le lait, ainsi en secouant le lait, on obtient du beurre.
  4. La Haqîqa est un arbre et la Sharî'a ses branches.

 

Arrêtons nous devant la parole du prophète, que la prière et la paix lui soient adressées :

  • "La Sharî'a (la loi) est ma parole, la Tarîqa (Voie) mes actions et la Haqîqa (la vérité) est mon état (spirituel)".

 

Si cela est la description du prophète comment pourraient donc s'attarder à rejoindre cette station les personnes de sa communauté (soufie) ? Ils ont combiné en tapissant leur apparence par la Loi (divine) et en ornant leur for-intérieur par la jonction (avec le divin). Ils ont prélevé de la Sharî'a ce qui n'est habituellement pas accessible et jamais entendu parler de lui. Il est ainsi que tout ce qu'ils ont tiré de compréhension de la part de Dieu, dans tous leurs états, est repris dans la Coran et la Sunna.

 

On trouve rarement un mot de leur témoignage sur la Sharî'a ne contenant pas toutes les classes (de la Sharî'a) telles que l'islam, l'Imân (la foi) et l'Ihsân (la perfection), ou si on veut la Sharî'a (la loi), la Tarîqa (la voie) et la Haqîqa (la vérité). Contrairement à leurs adversaires qui toutefois ne pointent leur attention que sur l'apparence de la parole, sans se soucier du sens caché qui contient le caractère sacré des secrets et des significations métaphasiques, et de ce fait, ils devinrent voilés de ce qui était manifeste aux compagnons du Messager d'Allah ,que la prière et la paix lui soient adressées, qui voyaient l'intérieur des choses alors que les autres personnes s'arrêtaient à la forme. Le Messager d'Allah les a salué en disant : "avancez, ceci est Jamadân, les solitaires ont devancé le pas, ils dirent : O messager d'Allah, c'est qui les solitaires ? Il dit : ceux et celles qui mentionnent beaucoup Dieu." Rapporté par l'imam Ahmad dans son Musnad

 

Lorsque le disciple réalise l'anéantissement et la méditation (versée) dans le Nom Singulier "Allah", il sortira par son biais de lui-même, et du circulaire de ses sentiments, et il ne lui reste que le Nom qui se mélange à son sang et à sa chair, ainsi lorsqu'il se lève c'est par le Nom et lorsqu'il parle c'est par le Nom également.

 

Al-Schibli qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : "j'étais en promenade dans le pays et j'ai croisé une esclave, son visage avait le teint jaunâtre et ses vêtements étaient poussiéreux, elle s'est levée et a marché en célérité, je lui ai dit : doucement créature de Dieu, aie de la délicatesse envers toi même. Elle m'a répondu : Lui, Lui. Je lui ai demandé : d’où est ce que tu viens ? Elle m'a répondu : de Lui ! Je lui ai demandé : quel est ton nom ? Elle a dit : Lui. J'ai dis : que veux tu dire par Lui, est-ce Allah ? Lorsqu'elle a entendu le Nom de Dieu, elle poussa un cri et quitta la vie, que la miséricorde de Dieu l'englobe ainsi que celles qui sont de son exemple."

 

Je prie Dieu de nous ranger dans la catégorie de ceux qui mentionnent Son Nom par sa faveur et Sa générosité, Amin.



 
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