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Cheikh al-Alawî - Les dons sanctifiés - La mort au vu du langage soufi
Œuvres écrites du Maître - Livres du Cheikh Ahmed al-Alawî
Écrit par Ahmad al-Alawî   
Mardi, 05 Septembre 1911 12:17
Index de l'article
Cheikh al-Alawî - Les dons sanctifiés
Préambule
Première introduction
Deuxième introduction
A propos de la (salât) de proximité au Prophète (§)
La bonne croyance en la discipline soufie
L’intellect des soufis
Les trois catégories de l’intellect soufi
La connaissance et les pièges à éviter
La dépendance à Dieu
L’Existence de Dieu
Les Attributs de Dieu
Le statut sacré des Prophètes et Messagers
CHAPITRE DE L’ATTESTATION DE FOI (Shahâda)
La Purification (tahâra)
CHAPITRE DE LA PRIÈRE (Salât)
Les seize obligations de a prière
Les quatre conditions de la prière
Les deux aspects négatifs qui évincent le disciple
La formule de sacralisation (takbîr)
La prière de l’aurore (fajr)
La prière de l’après-midi (dhohr)
Le reste des prières prescrites
Ce qui est détestable ou inconvenable d’accomplir pendant la prière
La mort au vu du langage soufi
Les prières surérogatoires (sunan salât)
La négligence au niveau de la prière par inadvertance (sahw)
Les actes altérants qui annulent la validité de la prière (manhiyat)
Toutes les pages

 

La mort au vu du langage soufi

 

Nous savons désormais que la prière est un moyen de liaison avec le Divin, et par son entremise, la contemplation reste un espoir. Mais la contemplation du Divin nécessite la mort totale, c’est-à-dire la dissipation complète de l’individu et son absolu anéantissement. Ceci est le sens de la mort dans le langage soufi. Celui qui n’aurait pas réussi à se mourir, la vision de la divinité reste chose irréalisable.


La mort admet deux entendements : la mort des communs et la mort de l’élite, dont chacune conçoit une vision de Dieu avec foi. La mort des communs comprend une vision restrictive et spatiotemporelle, car l’effet n’est fixé qu’au paradis. La mort de l’élite est une vision absolue et variante qui n’est soumise à aucune loi spatiotemporelle, et l’effet est immédiat, la vision de la divinité est possible dans le monde avant l’au-delà.


Celui qui désire accéder à cette vision immédiate qu’il se hâte à se mourir avant qu’il ne meurt physiquement comme il a été rapporté dans ce Hadith du Prophète (§) : « mourez avant de mourir ». Celui qui a réalisé en lui-même cette mort, qu’il se rassure d’être parmi les dominants. On a questionné Abû Yazîd al-Bastamî à propos de lui-même, il a répondu : « Abû Yazîd est parti avec les partants, la mort l’a emporté, puisse Dieu qu’il ne revient jamais ! » Ces gens là sont des Rois dissimulés à l’allure de serviteurs.


Alors saches que si la mort sensoriel ne survienne que par le Souverain de la mort, aussi la mort métaphorique ne survienne que par un Maître gnostique qui saisit les esprits des disciples. Aussi si toutes les races de tout l’univers, des cieux et des terres se joignent à lui et lui a demandent la connaissance de Dieu, il saisisse leurs esprits et les unit à la divinité pendant ce temps là seulement. Mais la mort métaphorique, contrairement à la mort physique, nécessite aussi le consentement du disciple, c’est-à-dire qu’il doit approuver l'anéantissement et la disparition, s’il ne l’approuve pas, la tâche serait impossible pour le Maître, car le disciple n’est pas disposé pour l’union à la divinité. Comment l’homme accepterait-il de mourir alors que la mort est le plus grand des malheurs ? Le Prophète (§) a dit : « celui qui désire la rencontre de Dieu, Dieu désire sa rencontre », ainsi n’est volontaire que celui qui est convaincu du résultat et rien de mauvais ne saurait arriver depuis, comme cité dans un Hadîth du Prophète (§) : « aucun malheur ne saurait arriver après la mort ». La référence à cette mort est du point de vue métaphorique, et la vie est synonyme de malheur, et après la mort s’ensuit la contemplation. Cette mort est une miséricorde divine, quant à la mort physique, c’est une souffrance.

 

Une fois que l’aspirant ait prit la décision de soumettre son âme à son Maître dans le but de l’unir au Divin, alors le Maître doit se limiter à quatre obligations par lesquelles la mort de l'aspirant devient possible et son univers se blottit.


La première obligation est d’émettre quatre fois la formule de sacralisation (takbîr). La signification est que le Maître doit lui démontrer en une seule fois les quartes figures de l’existence qui sont : la primarité (awaliyya), l’ultimité (âkhiriyya), l’extrinsèquité (dhohûr) [ou l’apparence discernée] et l’intrinsèquité (bothûn) [ou le sens caché des secrets], et clôt devant lui tout exutoire qui débouche vers les argumentations, ainsi il concevra le sens de ce verset : « C'est Lui le Premier et le Dernier, l'Apparent et le Caché » (al-Hadîd, 3). Une fois ces quartes figures apposées, l’aspirant ne trouvera aucun espace devant lui en termes de non-vacuité, à ce moment-là, son esprit s’évanouisse et son corps se désintègre, car la dominance des quartes figures ne lui permet guère de trouver une issue, infime soit-elle, nulle part où il se tourne, même s’il pivote vers lui-même il trouvera un de ces cas de figures comme démontré dans ce verset : « Où que vous vous tourniez, la Face de Dieu est donc là », (al-Baqarah, 115).


Il convient également au Maître de faire aimer son disciple au Tout-Puissant, de prier pour lui car l’invocation rentre dans les décrets divins, qu'il insiste dans ses invocations avec une docilité totale à Dieu en disant : « Seigneur, s’il est vertueux, accroisses lui ses vertus, et s’il est corrompu, pardonne-lui ses péchés ». En tout cas, il doit le faire aimer par n’importe quelle modalité jusqu'à ce que le Tout-Puissant l’accepte et l’introduit dans Son agrément.


Le Tout-Puissant n’accepte le disciple que seulement si l'intention du Maître était affirmée, puisque elle fait partie des obligations de son statut, c’est-à-dire qu’il doit par son cœur être résolument certain et pense fortement que Dieu l’acceptera suivant un Hadîth du Prophète (§) par la voix de son Seigneur : « Je Suis tel et selon l’opinion qu’a Mon serviteur sur Moi », mais s’il a le moindre doute, le disciple ne sera point accepté. Lorsqu’il s’assure que le disciple-mort est uni au Divin et qu’il extirpe son Maître de parler de la grandeur de Dieu, à ce moment-là, il lui demande de sortir de cette station à une autre qui est la combinaison entre les deux stations dénommée « la Paix », c’est-à-dire lui demander de se hâter à prendre en compte l’Extrinsèque (Dhâhir) [ou l’apparence discernée] comme il fut absorbé par l’Intrinsèque (Bâtin) [ou le sens caché des secrets].



 
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