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Cheikh al-Alawî - Les dons sanctifiés - Première introduction
Œuvres écrites du Maître - Livres du Cheikh Ahmed al-Alawî
Écrit par Ahmad al-Alawî   
Mardi, 05 Septembre 1911 12:17
Index de l'article
Cheikh al-Alawî - Les dons sanctifiés
Préambule
Première introduction
Deuxième introduction
A propos de la (salât) de proximité au Prophète (§)
La bonne croyance en la discipline soufie
L’intellect des soufis
Les trois catégories de l’intellect soufi
La connaissance et les pièges à éviter
La dépendance à Dieu
L’Existence de Dieu
Les Attributs de Dieu
Le statut sacré des Prophètes et Messagers
CHAPITRE DE L’ATTESTATION DE FOI (Shahâda)
La Purification (tahâra)
CHAPITRE DE LA PRIÈRE (Salât)
Les seize obligations de a prière
Les quatre conditions de la prière
Les deux aspects négatifs qui évincent le disciple
La formule de sacralisation (takbîr)
La prière de l’aurore (fajr)
La prière de l’après-midi (dhohr)
Le reste des prières prescrites
Ce qui est détestable ou inconvenable d’accomplir pendant la prière
La mort au vu du langage soufi
Les prières surérogatoires (sunan salât)
La négligence au niveau de la prière par inadvertance (sahw)
Les actes altérants qui annulent la validité de la prière (manhiyat)
Toutes les pages

 

Première introduction (Suprématie de la science divine)

Cette science est la meilleure et la plus noble sur toute autre et ceci ne peut être nié que par celui qui en est privé. En effet, il arrive qu’à un certain moment on puisse se passer de toute science à la différence de la science divine qui nous est indispensable à tout instant. Ne peut prétendre s’en passer que l’ignare qui n’a pu goûter à l’Approche. Qui méconnaît la valeur d’une chose, la prends en aversion.

 

Que Dieu bénisse Izzou-Dine Al-Irbili qui dit à ce propos :

" Parfait ta réalité restée imparfaite
Et le corps, laisse-le dans son bas-fond !
Te soucies-tu du périssable en négligeant le durable
Sachant que tu ne peux être entièrement satisfait ?
Le corps est pour la précieuse âme, un instrument
Ce que tu ne peux obtenir avec, tu ne l’auras jamais.
Il périra ; et tu demeureras après lui
Dans un bonheur durable, ou dans une souffrance sans fin.
Tu as fait régner l’esclave en diminuant ta dignité
Sied-il que l’inférieur prenne le supérieur pour esclave ? "


Bien des moments Al-Ghazali récitait les deux vers d’Abil Fath Al-Bisti (que Dieu leur accorde Sa miséricorde) :

" O serviteur de ton corps, toi qui déploies tant d’efforts pour le servir
Et cherche profit là où il y a perte ;
Occupe-toi plutôt de l’âme et parfait son bonheur
Car c’est par l’esprit que tu es homme et point par le corps. "


Ibn Bint Al-Milaq (que Dieu agrée son âme) a dit :

" Qui a goûté à la boisson des élus, l’apprécie
Et qui l’apprécie donne sa vie en échange ".


Nous pouvons donc déduire que celui qui l’a réalisée, la place au-dessus de toute autre. Elle est la meilleure en ce sens qu’elle provient de Dieu et Le concerne directement alors que les autres ne traitent que de Ses lois et de Ses créatures. Par Dieu, cette science est la plus noble et toutes les autres lui sont subordonnées et à Son service.

" O toi, qui déploies tant d’efforts en quête d’une science
Toute science est subordonnée à celle de la théologie (ou la scolastique).
Tu veux l’acquérir afin de vérifier un principe


Tout cela grâce à la science de l’interprétation dont il a été investi et aux subtilités d’expression dont il jouissait dans le domaine de la connaissance ; et il pouvait écrire d’avantage car le microcosme renferme le macrocosme, conformément à la Tradition qui stipule que :

"Tout ce que renferment les Paroles divines révélées est contenu dans les quatre livres". Tout ce qui est dans les quatre livres se trouve dans le Qoran. Tout ce qui est dans le Qoran se trouve dans la Fatiha. Tout ce qui est dans la Fatiha se trouve dans la Bismala. Ce qui est dans la Bismala se trouve dans la lettre (ba) " B en arabe " ; et ce qui est dans la lettre ba elle-même, se trouve dans le point qui est au-dessous d’elle". Il s’ensuit que tous les livres révélés à Ses prophètes, depuis notre père Adam jusqu’à notre seigneur Muhammad (que la prière et la paix soient sur eux), avec leurs termes, leurs sens et leurs prescriptions, se trouvent condensés dans le point de la lettre (ba) malgré sa petitesse.

 

Qui donc peut arriver à dégager ces sens infinis et ces réalités sublimes à partir du point si ce n’est les gnostiques dont la vision interne a été développée et qui ont réalisé le sens de la parole prophétique précitée, par voie de vision et de contemplation. Ils ont reconnu sa véracité sans pour cela se contenter d’y croire seulement.

 

Si tu admets, ô lecteur, que le point de la lettre (ba) englobe toutes les prescriptions et toutes les connaissances, tu l’admets encore plus pour le mot. Reconnais donc aux élus, cette faculté de perception et ne sois nullement étonné de voir, qu’à partir d’une idée, ils comprennent plusieurs sens et d’un mot, de multiples interprétations. Ils ont pouvoir sur toutes choses et par Dieu, si l’un d’eux le voulait, il pourrait à partir du vinaigre, faire du miel : " Du mort, Dieu fait sortir le vivant. Et du vivant, Il fait sortir le mort. " (S 30, V 19). Ceci est la preuve évidente des bienfaits de Dieu à leur égard, en leur dévoilant les secrets et en les comblant de connaissances et de lumières.

 

Ne te laisse pas tromper, mon frère, par les paroles des égarés qui veulent diminuer de la qualité des Saints de Dieu, s’attaquer à leur honneur, prétendant avoir main forte sur eux. Ils sont par rapport aux élus, pareils à des enfants car ils ignorent en réalité à quel océan ils ont puisé et vers quelle direction ils se sont dirigés. Le Cheikh Mohiédine Ibn Arabi  disait :

" Derrière nous, nous avons laissé les immenses océans
Comment les gens sauront-ils où nous nous sommes orientés ?
Et négligent le sens profond de ces principes eux-mêmes. "


La science louable dont il est fait allusion dans ces vers, est sans équivoque subordonnée à celle des élus qui fait l’objet de cet ouvrage. Car cette science divine est le fruit de la vision et de la certitude alors que les autres sont le résultat d’un travail intellectuel basé sur des données et des raisonnements abstraits. Certes, voir n’est pas l’égal de l’ouï-dire.

 

Le sage soufi dit bien :

" Que de malentendus entre les gens de la critique
Alors qu’il n’en est point parmi les esprits de l’Aimé. "


La raison chez ces derniers, est due à l’absence de spéculation intellectuelle puisque leur science découle de l’état de vision et de certitude, contrairement aux sciences discursives qui nécessitent pour leur étude, raisonnement, preuve, et que l’on peut apprendre.

 

De plus, la science divine constitue le secret du Qoran dont la lettre demeure éternellement immuable, et la partie ésotérique encore plus, Dieu a dit : " Nous avons fait descendre le dhikr (Qoran) et Nous avons en sommes les Gardiens. " S 15, V 9. Le secret du Qoran a été confié par le Très-Haut aux gens de la vision tout comme il a été chargé de la loi de le commenter dans sa partie extérieure. De ce fait, les élus de Dieu ont l’avantage d’accéder à l’extérieur et à l’intérieur du Livre et de goûter à divers de ses sens, comme dans un verger où il y a toutes sortes de fruits.

 

L’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), dit à ce sujet : " Le Qoran est le jardin des connaissants. ". Ibn Arabi Al-Hatimi (que son esprit soit sanctifié) avait dit : " Il m’a été fait don des clés du Qoran sublime. ". Il n’est ni le premier, ni le dernier a qui ces clés sont données ; car quiconque reçoit une part de cette connaissance des élus, obtient une part de la compréhension du Qoran, à l’inverse des autres qui ne s’arrêtent qu’à la lettre.

 

On rapporte que l’imam Ali Ibn Abi Talib (que Dieu honore sa face) avait dit une fois : " Si je voulais, je commenterai la Fatiha, de quoi constituer quarante charges. " De part cela, ils sont devenus l’élite de la création entière et sans ambiguïté, leur science demeure, de loin, la plus noble. Redouble d’effort pour la réaliser. Crois en ceux qui la détiennent et d’eux, tu obtiendras la réussite ou tout au moins, la paix. L'Imam Al Ghazali rapporte dans son ouvrage " Al-Ihyaa " (revivification des sciences de la religion) qu’un gnostique avait dit : " Je crains pour celui qui ne possède pas une part de cette connaissance, c’est-à-dire la science de l’intérieur, une fin malheureuse. " Et le peu de cette part, consiste en la croyance en elle et en la soumission à ceux qui en sont doués. Abul Hassan ash-Shadhili a dit : " Celui qui ne s’affermit pas par notre science, mourra persistant dans les grands pêchés sans qu’il s’en doute. Et parmi les grands pêchés chez les élus, le fait de voir en toute chose un autre que Lui. N’échappera à ce sort que celui qui se tient humblement à leur porte, fût-il un pieux étourdit ou un dévot ascète. Comportes-toi humblement avec eux, tu jouiras de leurs affection ou au moins reconnais-leur la science qu’ils détiennent. " Al-Junaïyd (que Dieu l’agrée) dit à ce sujet : " Croire en cette science qu’est la nôtre, est une sainteté. ".

 

Si tu n’as pu jouir de ce don en toi, ne laisse pas échapper la faveur de croire en ceux qui l’ont eue. Le Cheikh Abû Yazid Al-Bistâmi disait : " Si tu rencontres quelqu’un qui a la foi en cette voie, demande-lui de prier Dieu pour toi, car sa prière est toujours exaucée. " As-Saqli, dans son livre (Nûr Al-Qulûb fil‘ilmil mawhûb) " La lumière des cœurs ou science infuse ", écrit : " Celui qui croit en cette science, appartient à l’élite, celui qui est initié à l’élite de l’élite et celui qui la réalise et la professe est comparable à l’astre qu’on ne peut atteindre et l’océan dont on ne peut se passer. "

 

At-Tabib dans son commentaire sur (Al-Kashâf) " celui qui dévoile ", disait : " Il n’est pas digne de tout savant de se contenter de ses connaissances, même s’il devient un éminent érudit de sa génération car son devoir l’appelle à rencontrer les gens de la voie pour le guider sur le chemin droit. Il parviendra à être ainsi parmi ceux à qui, grâce à la pureté de leur for intérieur, Dieu parle dans l’intimité de leur cœur, jusqu’à acquérir les lumières prophétiques. "

 

En effet, comment un savant peut-il être satisfait de sa science alors qu’il est limité dans sa compréhension. On rapporte que l’Imam Al Ghazali après s’être occupé de purifier son intérieur, suivant les enseignements des saints de dieu, déclara : " Nous avons perdu notre vie entière dans les illusions. Quel échec et quelle déception a été mon passé ! " Pourtant, c’est bien grâce à cela que vous êtes parvenu à être " la preuve éminente de l’islam " lui fit-on remarquer. Assez d’impertinence ! répondit-il. Ne vous est-il pas parvenu la parole du prophète (sur lui la prière et la paix), précisant que : " dieu propage Sa religion par le libertin " ?

 

Médite, mon frère, la modestie de ce célèbre savant avouant sa grande erreur avant d’avoir adhéré à la voie des élus. Il ne faut surtout pas croire qu’il fit une telle déclaration par manque de considération pour les enseignements du dogme. Loin de là ! En reconnaissant son erreur, il glorifie cette science dont il ignorait auparavant le sens profond alors qu’il était un éminent érudit. L’essentiel de son savoir se limitait à la connaissance littéraire de textes dans l’ignorance de la véritable science et de son contenu. Mais lorsque Dieu le dirigea dans Sa voie par la rencontre des soufis, sa science se confirmait en lui alors qu’antérieurement, il s’arrêtait aux prescriptions et au sens physique des lois. Azzeddine Ibn Abdassalam (que Dieu lui accorde sa miséricorde), disait : " Les élus, c'est-à-dire les soufis, se sont basés sur les fondements essentiels de la loi divine qui est immuable ici-bas et dans l’au-delà, alors que les autres se sont arrêtés à la lettre. "

 

Ce qui constitue la preuve de leur valeur ce sont les charismes qui se manifestent à travers eux, la guidance qu’ils prodiguent pour les créatures, les sagesses et les conseils qu’ils professent. Celui que le destin met en leur présence, tire de leur compagnie un profit qu’il ne peut trouver ailleurs. An-Nawawi rapporte dans son commentaire sur le livre (Al-Muhaddab) " L’éduqué " que l’imam Ash-Shafi’î (que Dieu les agrée) disait toujours : " J’ai appris lors de mes réunions avec les soufis, deux sentences : la première, - le temps est une épée tranchante, tranche-le avant qu’il ne te tranche - ; la seconde, - occupe ton ego (nafs) à accomplir le bien, sinon il t’occupera à faire l’inverse."

 

Admire, mon frère, la sincérité de cet imminent érudit qui reconnaît aux soufis leur persévérance dans le bien et la continuité de leurs efforts dans la voie de la vertu. Le cheikh Ash-Sha’rânî (que Dieu l’agrée) dit : "Remarque comment l’imam Ash-Shafi’î a retenu l’enseignement des soufis. Ce qui prouve leur suprématie sur les autres maîtres qui lui dispensaient l’enseignement exotérique et dont il ne cite aucune sentence."

 

Enfin l’accord est unanime chez les élus, que cette science est celle des véridiques. Celui qui réalise une part est parmi les rapprochés dont l’état est supérieur à celui des compagnons de la droite (Ashab Al-yamin). Heureux est celui qui en a sa part et malheur à leur adversaire ignorant et fanatique qui les éprouve en ce qu’il sait et les importune en ce qu’il méconnait. Il ne fait preuve d’aucun bon sens en voulant combattre l’invincible. Un sage disait :

"Quiconque essaie de combattre Celui qu’on ne peut vaincre
Ne fait que s’attirer des malheurs."


Pense, mon frère, du bien de Dieu et de Ses saints, en particulier des Maîtres de cette voie, car calomnier leur dignité est un poison mortel, que Dieu nous en préserve ainsi que les musulmans.

 

(du même traducteur inconnu)



 
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