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Cheikh al-Alawî - Les dons sanctifiés - CHAPITRE DE L’ATTESTATION DE FOI (Shahâda)
Œuvres écrites du Maître - Livres du Cheikh Ahmed al-Alawî
Écrit par Ahmad al-Alawî   
Mardi, 05 Septembre 1911 12:17
Index de l'article
Cheikh al-Alawî - Les dons sanctifiés
Préambule
Première introduction
Deuxième introduction
A propos de la (salât) de proximité au Prophète (§)
La bonne croyance en la discipline soufie
L’intellect des soufis
Les trois catégories de l’intellect soufi
La connaissance et les pièges à éviter
La dépendance à Dieu
L’Existence de Dieu
Les Attributs de Dieu
Le statut sacré des Prophètes et Messagers
CHAPITRE DE L’ATTESTATION DE FOI (Shahâda)
La Purification (tahâra)
CHAPITRE DE LA PRIÈRE (Salât)
Les seize obligations de a prière
Les quatre conditions de la prière
Les deux aspects négatifs qui évincent le disciple
La formule de sacralisation (takbîr)
La prière de l’aurore (fajr)
La prière de l’après-midi (dhohr)
Le reste des prières prescrites
Ce qui est détestable ou inconvenable d’accomplir pendant la prière
La mort au vu du langage soufi
Les prières surérogatoires (sunan salât)
La négligence au niveau de la prière par inadvertance (sahw)
Les actes altérants qui annulent la validité de la prière (manhiyat)
Toutes les pages

 

CHAPITRE DE L’ATTESTATION DE FOI (Shahâda)

L’enseignement de « nulle divinité si ce n'est Dieu et Mohammed est le Messager de Dieu », rassemble toutes sortes d’allusions, et le sens de ces allusions est toute chose apparente et cachée, tout absent et présent, toute tangibilité et illusion, tout inconnu et connu, ou encore tout inexistant et existant. Finalement, « nulle divinité si ce n'est Dieu » a contenu toute chose et « Dieu embrasse toute chose (de Sa science et de Sa puissance) », (al-Nisâe, 126), infiniment. « Dis : Si la mer était une encre [pour écrire] les paroles de mon Seigneur, certes la mer s'épuiserait avant que ne soient épuisées les paroles de mon Seigneur, quand même Nous lui apporterions son équivalent comme renfort. », (al-Kahf, 109).


Si tu as réalisé que « nulle divinité si ce n'est Dieu » a contenu toutes sortes d‘allusions et que toute chose est renfermée et inclue dans sa quintessence, alors il ne te conviendra que de dire : certes, la réalité de toute chose est « nulle divinité si ce n'est Dieu ». le gnostique ne l’est vraiment que s’il est éclairé au sujet de la divinité dans tous ses aspects « Où que vous vous tourniez, la Face de Dieu est donc là », (al-Baqarah, 115).


L’existence toute entière et l’existence partielle, ou dis-je la présence du Créateur et de la création sont inclus dans la prononciation « nulle divinité si ce n'est Dieu ». Ainsi « nulle divinité » indique l'existence de la création, ce qui signifie que tout ce qui en dehors de Dieu est faux, c’est-à-dire néant sans preuve de véritable existence. L’existence de Dieu est affirmée par notre prononciation « si ce n'est Dieu ». Toutes les anomalies sont concernées par le premier volet comme toutes les perfections (louables) sont concernées par le deuxième volet, « C’est Lui le Premier et le Dernier », (al-Hadîd, 3).


Si tu as saisi, tu comprendras le sens de « la Beauté (Jamâl) et la Majesté (Jalâl) » qui sont assemblées par « la Perfection (Kamâl) » qui n’est autre que l’Essence divine. Ceci est le sens du renfermement de toute l’existence dans la formule de l’Unicité qui inclue à son tour la désignation du plus honorable des créatures lorsque nous disons « Mohammed est le Messager de Dieu ». Trois mots sont réunis dans cette honorable prononciation : l’aspect Mohammedien, le Message et la divinité. Nous réalisons alors que la formule « Mohammed est le Messager de Dieu » comporte trois mondes : le monde physique (Mulk), le monde des anges et des esprits (Malakût) et la monde de l’Omnipotence (Jabarût). Le mot « Mohammed » est la métaphore du monde physique. Le mot « Messager » est la métaphore du monde du mystère qui est l’intermédiaire entre l’avant et l’après création et désigné par l'Esprit Saint (Rûh al-Amîn). Le mot « Dieu » est la métaphore du monde de l’Omnipotence et de Majesté, c’est une mer qui en découlent les perceptions et les allusions, et tout ce qui fait partie des sensations et des allusions est « une chose », et Dieu, rien ne Lui ressemble, aucune chose, Il Est Présent en toute chose.


Nous avons dit que le mot « Messager » est l’intermédiaire entre l’avant et l’après création, car sans sa présence, l’existence n’aurait pas de raison d’être. Lorsque le naissant croise l’éternité (l’ancien), le naissant disparait et l’éternité continue d’exister. Étant donné que le « Messager » soit bien adapté aux deux parties que le monde fut bien ordonné. Le Prophète Mohammed (§), du point de vue physique, est le point d'argile, et du point de vue mystique est le lieutenant du Seigneur des Mondes.


Saches alors que le « Messager » exprimé ici, est « l’Isthme » (Barzakh) mentionné dans le verset suivant : « Il a donné libre cours aux deux mers pour se rencontrer ; il y a entre elles une barrière (Isthme) qu’elles ne dépassent pas », (al-Rahmân, 19,20). Sans « l’Isthme » qui est l’intermédiaire qui représente le message, l’existence aurait observé un désordre et la créature se mêlerait au Créateur, parce que si on ôte le mot « Messager » de la formule « Muhammad est le Messager de Dieu », le sens ne sera plus le même, il aurait cette figure : « Mohammed Dieu » ce qui n’est point raisonnable. Ôter « l'Isthme » est aussi un déséquilibre, et la raison de la perdition des chrétiens est d‘avoir ôté l’intermédiaire qui est « l'Esprit » lorsque nous disons que « Jésus (‘Issa) est l’Esprit de Dieu » alors qu’ils prononcent « Jésus est Dieu » et la divinité leur a répondu : « Ont blasphémé ceux qui disent Dieu est le Messie, le fils de Marie », (al-Mâïda, 17).


Finalement le sens n’est valable et l’utilité n’est propice que par la l’assiduité de l’Essence divine, de ses Attributs et de ses Actes, qui sont symbolisés dans la formule « Mohammed est le Messager de Dieu », et ceci est un aperçu des significations de l’Attestation de foi.


Quant au rapport de la formule de l’unification (tawhîd) avec la grammaire (arabe) lorsque nous disons « nulle divinité » ; « nulle » est négatrice de toutes espèces, elle élève (tansab) le pronom sur l’exigence de l’assujettissement ('ouboudiyya) appropriée à Dieu et édifie son prédicat dans le monde de la liberté. Le sens est : « Absolument nulle existence, si ce n’est Dieu ». Lorsque nous disons que « nulle » soit négatrice de toutes espèces, nous voulons dire : tout autre que Lui ou l’altérité en général, parce que les gnostiques lorsqu’ils disent « nulle divinité si ce n’est Dieu » ils ne trouvent cependant que Dieu, réellement pas allégoriquement.

 

Les soufis (réalisés) ont exclu l'existence de l’altérité et sont soulagés, ils sont rentrés dans le Fort de Dieu sans jamais en ressortir. Quant à toi, tu continue à nier (nulle divinité) et cela dure depuis ta naissance et ça continuera jusqu’à ta mort. Certes, l’individu meurt dans l’état de ce qu'il a vécu. Si ta réfutation était valide, tu aurais validé l’affirmation ! Celui qui a rayonné à ses débuts, sa fin sera rayonnante. Ne devrais-tu pas accompagner un Maitre (éducateur) qui t’apprendra comment effacer définitivement tout autre que Dieu ? Puis il t’assistera jusqu’à ton Éveil, et là tu ne trouveras que Dieu ! Ainsi tu vivras en Dieu et tu mourras en Dieu et tu seras réuni avec les bien-aimés de Dieu, ensuite tu occuperas le siège de la sincérité auprès du Roi Tout Puissant, et tout cela grâce à ta prononciation et à ta connaissance du vrai sens de « nulle divinité si ce n'est Dieu ». Si seulement tu avais la connaissance de l’élite avant ta situation actuelle. Pourquoi ne pas effacer le tout par l’assistance d’un Maitre versé dans la connaissance, jusqu’à ce qu’il ne reste à tes yeux rien d’autre que Dieu par le biais de la vision contemplative et directe [via ton œil intérieur], non à travers les outils de la foi et la certitude ? Rien n’est plus certain que ce que tes propres yeux ont vu.  Les gnostique ont pris connaissance du sens de « nulle divinité si ce n'est Dieu », ainsi ils ont validé leur relation avec Dieu et qui est confirmée extérieurement et intérieurement. Leurs occupations étaient concentrées sur deux axes : évoquer Dieu (Dhikr) et la pensée méditative (fikr), et ont trouvé que « nulle divinité si ce n'est Dieu » contenait chaque mystère et rassemblait toute chose positive.


Il est parmi les évocations (Dhikr) ce qui est inconnu et ce qui est connu. Le (Dhikr) inconnu est produit par des groupes égarés, et le connu est produit par les unitaires (muwahidûn), bien que les deux groupes prononcent la même formule de l’unicité, mais la différence est que le premier groupe prônait la réfutation sans valider l’affirmation, et cela ne peut être considéré comme (Dhikr) s’il n’a pas été associé pas le deuxième volet qui est l’affirmation. Nous pouvons en tirer ici une leçon qui porte en elle des allusions si subtiles que les créatures ne peuvent capter selon ce verset : « Mais vous ne comprenez pas leur façon de Le glorifier », (al-Isrâe, 44).


Ici l’auteur (Ibn ‘Âchir) nous informe que nul (soufi) n’atteindra le summum de cette connaissance sans qu’il ne s’appuie sur cinq piliers que je vais mentionner dont l’attestation de foi en fait partie. En revanche, s’il néglige un seul pilier, son système sera déséquilibré et approchera de la désintégration et de l’évanouissement. L’attestation de foi est au premier plan puisqu’elle est une condition (sine qua non). Le sens caché de l’attestation de foi est la vision contemplative de la divinité par le biais de la vision clairvoyante [ouverture de l'œil intérieur], puis arrive après elle une deuxième vision de la présence Mohammedienne jusqu’à ce que maitrise s’en suit. À ce moment-là, le contemplateur sera disposé à s’imprégner des vertus Mohammediennes en apparence et en sens caché. En apparence est de préserver les intérêts de l'humanité « Et Nous ne t'avons envoyé qu'en miséricorde pour les Mondes », (al-Anbiyâ, 107), et en sens caché contempler la divinité. Celui qui s’est immergé dans ces deux stations a mérité le degré le plus illustre, parce qu'il est fort et ferme des deux côtés. Ainsi il en sort que ces deux stations sont les conditions pour le reste des piliers. Si le gnostique n’est pas encore arrivé à ouvrir son œil intérieur et se voit privé de la vision contemplative, il ne peut aller au-delà.



 
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