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Cheikh al-Alawî - Les dons sanctifiés - Le statut sacré des Prophètes et Messagers
Œuvres écrites du Maître - Livres du Cheikh Ahmed al-Alawî
Écrit par Ahmad al-Alawî   
Mardi, 05 Septembre 1911 12:17
Index de l'article
Cheikh al-Alawî - Les dons sanctifiés
Préambule
Première introduction
Deuxième introduction
A propos de la (salât) de proximité au Prophète (§)
La bonne croyance en la discipline soufie
L’intellect des soufis
Les trois catégories de l’intellect soufi
La connaissance et les pièges à éviter
La dépendance à Dieu
L’Existence de Dieu
Les Attributs de Dieu
Le statut sacré des Prophètes et Messagers
CHAPITRE DE L’ATTESTATION DE FOI (Shahâda)
La Purification (tahâra)
CHAPITRE DE LA PRIÈRE (Salât)
Les seize obligations de a prière
Les quatre conditions de la prière
Les deux aspects négatifs qui évincent le disciple
La formule de sacralisation (takbîr)
La prière de l’aurore (fajr)
La prière de l’après-midi (dhohr)
Le reste des prières prescrites
Ce qui est détestable ou inconvenable d’accomplir pendant la prière
La mort au vu du langage soufi
Les prières surérogatoires (sunan salât)
La négligence au niveau de la prière par inadvertance (sahw)
Les actes altérants qui annulent la validité de la prière (manhiyat)
Toutes les pages

 

Le statut sacré des Prophètes et Messagers

Il convient au [soufi] responsable, conscient de ses actes, de savoir [le statut spirituel] des Messagers de Dieu, et maintenir une courtoisie inhérente avec eux, même s’il est baigné dans la vision contemplative et versé dans la gnose. Il ne doit pas dépasser ses limites ou prétend ce qui n’est pas envisageable pour lui, comme par exemple affirmer qu’il a obtenu ce qui est octroyé aux Prophètes, etc., bien que la Présence divine reste sa fin et la manifestation divine son désir. La manifestation divine n’est pas identique pour tous, car elle n’est soumise à aucune règle décidée ni à aucune façon régulière, c’est plutôt les visions des hommes qui se surpassent en degrés, et leur secret diverge du plus proche au plus éloigné. Dieu se manifeste à chaque individu selon l'énergie de celui-ci, et selon sa capacité de réception à la manifestation de la Sainte Beauté qui est une fin absolue et sans aucune autre rivalité.

 

Si tu as reconnu cela, saches que le statut du Prophète portant sur les manifestations des Attributs et des Réalités, ne peut être rattrapé par les grands Prophètes déterminés, et celui qui aborde le rang des Prophètes déterminés ne peut être rattrapé par les véridiques. Si tel est le cas, et que tu as encore reconnu ces préférences, saches alors que les propos « inappropriés » dites par les grands gnostiques, qui reflètent une quelconque primauté par rapport au rang des Prophètes et Messagers, comme disait Abû Yazîd al-Bustâmî : « nous nous sommes engagés dans un océan duquel les Prophètes se sont arrêtés à son bord », et comme disait aussi dans ce sens le Cheikh Abdul-Qâdir al-Jilânî : « ô Prophètes, vous avez obtenu le titre (de Prophètes) quant à nous, nous avons obtenus ce que vous n’avez pas eu », et selon cette parole de certain des gnostiques : « A la fin des traces des Prophètes, c’est là que commencent les traces des saints ». La réponse à ces propos « inappropriés », est que le connaissant dispose d’un temps, comme a disait le Prophète (§) : « je dispose d’un temps que Seul mon Seigneur peut contenir ».

 

Ainsi l’état de l’anéantissement conditionne le gnostique, autant que l’immersion et l’amortissement de soi, jusqu'à ce qu'il se libère de ses sens et de son propre être, de telle manière qu’il se dégage de toutes ses perceptions et son existence, jusqu’à ce qu’il soit, parfois englouti par l’Essence divine qui se manifeste en lui par une sainte effusion qui exige de lui, de Lui porter témoignage tout en étant dans la source même de Son Essence Tout-Puissant Soit-Il, car il est effacé et absorbé par Elle et il en sort de ses paroles : « Gloire à Moi, il n'y a de divinité que moi seul », ou : « Majestueuse qu'est Mon Incommensurabilité et sanctifiée qu'est ma Fierté », et il est forcément excusé parce que son intellect qui distingue la contemplation du Divin et les éléments décernés (de l’existence), et qui lui permet de faire la différence des dispositions en donnant à chaque élément ce que lui revient de droit des Attributs, lui fait défaut, car il est effacé, volatilisé et dissipé. Comme l’intellect étant absent et le flux Divin étant omniprésent, il a par ce flux prononcé ces paroles, car Dieu a parlé en son nom, par conséquent il a parlé par la voix de Dieu non par sa propre voix, et exprimait l’Essence divine non son propre être, et c’est dans ce sens qu’Abû Yazîd al-Bustâmî avait prononcé ces mots : « Gloire à Moi, Ma Grandeur est incommensurable ! », aussi la parole d'al-Halâj qui va dans ce sens : « Je suis le Vrai, lequel Son Entité ne peut Être affecté par le temps, et il n'y a dans cette soutane que la divinité ! », ainsi que ce propos dit par certain d'entre eux : « la terre est ma terre et le ciel est mon ciel », enfin ce vers d'al-Shushturî :

Je suis une chose merveilleuse pour ceux qui me m’apercevront
Je suis l'Aimé comme je suis l'amoureux, il n'y a pas de second


Omar ibn al-Fârîdh, avait également des propos de ce genre, et cela est conforme à leur anéantissement et immersion dans l’Essence divine, et ne pensons pas qu’ils ont un rang plus élevé que les Prophètes et les Messagers. Les paroles prononcées par les Maitres sont le fruit de leur anéantissement et immersion dans l’Essence divine. Ne soyez pas abusés par leurs propos puisque vous êtes sous l’influence de la raison, et même si vous avez obtenu l’ensemble du savoir gnostique vous ne devriez pas vous comparez à un Prophète parmi d’autres, car vous êtes sensé et conscient de cela.

 

La « raison » est une condition parmi d’autres pour déterminer le responsable, le conscient de ses actes. Le responsable, (on parle ici du soufi) est puni en cas où il manque de politesse, sauf s’il était dans un état d’inconscience et proférait des propos comme ceux cités ci-dessus. Dans cette condition, il ne lui sera fait aucun reproche. En revanche, s’il était conscient, il ne saurait en aucun cas prononcer de tels propos, parce que tout gnostique sait en lui-même qu’il est très loin du rang de la prophétie, il se voit défaillant dans tous les domaines, contrairement aux Prophètes en qui l’obéissance est chose naturelle chez eux, et l'infaillibilité [que Dieu leur a octroyée] les renforce davantage. Les (Saints) Amis de Dieu sont préservés, et la préservation peut s’attarder et peut arriver en même temps que l’état de sainteté, non pas avant elle, contrairement à l'infaillibilité [des Prophètes] qui est présente avant la prophétie et pendant, et c’est la raison pour laquelle que les Prophètes sont, par rapport aux autres, caractérisés par ces qualités qui vont suivre...

 

La première qualité est l’honnêteté, la deuxième garder soigneusement le dépôt que Dieu leur a soumit, c’est un devoir pour tous les Prophètes et l’élite parmi les Saints de préserver ce [précieux] dépôt, bien que rares sont ceux qui supportent son poids et préservent ses secrets à l'exception de ces hommes mentionnés, Dieu dit : « Nous avons proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes la responsabilité (de porter le dépôt). Ils ont refusé de la porter et en ont eu peur, alors que l'homme s'en est chargé; car il est très injuste [envers lui-même] et très ignorant. », (al-Ahzâb, 72). Le sens du dépôt est les secrets de la divinité. La troisième qualité est de prêcher la parole de Dieu et transmettre son message sans dissimuler quoi que ce soit. Le Prophète ou Messager ne doit pas craindre les répréhensions qu’on pourrait lui faire, il doit être ferme même s’il se voit menacé et son message rejeté, il ne doit guère se soucier et persévère à transmettre le message de son Seigneur. C’est tout le contraire du Saint, il peut arriver que celui-ci ne réagisse pas face à un fait répréhensible par la Loi (divine), en considération de la destinée, ou par manque de détermination, car il est négligeant par rapport aux Prophètes, paix soit sur eux.

 

Le miracle atteste de la sincérité des Prophètes dans leurs paroles, leurs actes et leurs conduites, il est une preuve imposante de la véracité des prophètes. Le miracle est une condition pour la prophétie, contrairement au prodige (ou grâce miraculeuse) pour la sainteté, il n’est donc pas indispensable pour prouver la véracité de la sainteté. Les gnostiques, sont ancrés dans la vision contemplative de la divinité, ils n'ont pas besoin de prodiges, sachant leurs propres conditions spirituelles et leur absence méditative à contempler la divinité, et c’est dans cette visée qu’Ibn ‘Ata Allah a dit dans ses aphorismes : « peut-être qu’il (le prodige) fut présent au début (de la sainteté), et absent à la fin (de la sainteté) ».

 

Les Prophètes sont des humains, ils subissent les mêmes besoins que le reste de l’humanité, et cela est apparent aux yeux des hommes de leur temps, comme manger, boire, supporter la faim, subir la brutalité des hommes et goûter à la mort, mais tout cela est seulement dans l’apparence, et la sagesse de cela est que leur statut d’élite doit être dissimulé. Un sage soufi a dit : « Éloge à Celui qui a dissimulé le secret de l’élite par les caractères humains ».



 
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