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Cheikh al-Alawî - L’ascension et l'aboutissement
Œuvres écrites du Maître - Livres du Cheikh Ahmed al-Alawî
Écrit par Ahmad al-Alawî   
Lundi, 23 Juin 1902 23:00

Cet opuscule ne comporte pas à l'origine de titre, il en a fallut un qui fut ajouté après le décès du maître afin de l'imprimer.(L’ascension des cheminants et l'aboutissement des parvenus (mi'râj as-sâlikîn wa nihâyat al-wâssilîn). C’est le commentaire entrepris par le Cheikh al-Alawî d’un poème de son Maître spirituel Sidi Muhammad Al Bûzîdî. C’est l’une des premières Ouvres du Cheikh, achevée le 23 Juin 1901, dans laquelle il entreprend un commentaire spirituel selon la méthode dite « du goût » (Dhawq). Il serait peut-être utile de rappeler qu’à travers la lecture de ce commentaire, nous pouvons percevoir en partie, le degré de réalisation auquel le Cheikh al-Alawî était parvenu et cela, dès le vivant de son Maître. (Revu et corrigé le 12/07/2013)

Au Nom de Dieu le Clément le Miséricordieux

Puisse Allah allouer davantage Sa proximité à notre Prophète Muhammad, à sa famille, ses compagnons, et leur accorde la paix.

Louange à Celui qui préféra l’œil intérieur des connaissants, et les établit sur les traces des Prophètes et des Messagers, et parmi ces avérés ; Il mit en face de chaque Saint un ennemi parmi les injustes comme Il le fit pour les Prophètes. Il les préféra, et aima ceux qui leur témoignent de l’amour et les défendit face à ceux qui leur témoignent de l’animosité, Il dit à ce propos, par jalousie pour Ses gens de proximité favorisés par Ses soins : « Quiconque porte de l'animosité à l'égard de l'un de mes saints-amis, je m'admets alors à lui déclarer la guerre ».

Que la proximité et la paix de Dieu soient davantage allouées à l’Elu, le seigneur des mondes et le guide des fronts resplendissants, qui dit : « je suis le seigneur des enfants d'Adam sans que je ne m’en tiens à la fierté ! », qui transmit la souveraineté à sa descendance couronnée par la pureté comme il fut rapporté dans le Qorân, et comme il a été rapporté dans le noble Hadith : « diffamer ma descendance est une mécréance », (que la proximité et la paix de Dieu soient davantage allouées) à sa noble descendance en dépit de celui qui est loin de l'équité, embourbé dans les objets inanimés de l’égarement et de l’éloignement, une prière de proximité et de paix qui nous soit un rempart face à la mauvaise croyance.

Le serviteur de Dieu, en qui il est soumis et demande Son assistance, Ahmed Ben Mustapha Ben Alîwa, que Dieu lui assure le succès et l’introduit dans l’heureuse communauté dans les deux demeures, dit ce qui suit :

Lorsque j’ai exploré le poème attribué au Maître, le guide accompli, le connaissant bien éclairé, le saint-ami de Dieu et le pôle sujet de l’Eternel, notre Maître et notre issue vers le Seigneur, Sidi Muhammad Ben Moulay Sidi al-Habîb al-Bûzîdî, petit-fils de sidi Bûzîd, natif de la ville de Mostaganem, issu de la noble descendance du Prophète, qu’Allah soit satisfait de lui et de nous par son biais, qu’Il nous fait profiter de sa compagnie et de ses bénédictions et qu’Il déborde sur nous son amitié et son affection…, et lorsque j'ai vu par la suite les gens à l’infime orientation et aux esprits perdants qui parlent (de ce poème) avec dénégation sans se donner la peine d'explorer ses allusions ni chercher ses expressions dans les sources (Qorân et Hadiths), en raison de leur ignorance des stations spirituelles des seigneurs justes ; alors la jalousie divine m’agita afin de lui donner un commentaire explicite en développant ses objectifs, bien que je ne me vois pas digne pour cette mission, et après avoir reçu l'autorisation du Maître, que je ne peux violer ses commandements, parce qu'il est celui qui vise à mes intérêts auprès de Dieu, et aussi parce que le soutien de Dieu aide à surmonter les obstacles, et il n’y a de force ni de puissance sauf par Dieu le Tout-Puissant.

Le Maître, qu’Allah soit satisfait de lui, dit :

Lorsque j’ai réalisé l’extinction
Il n’y avait que moi qui n’en restais
Dans le monde sensible et en allusion
Je suis le quêteur, comme je suis le Quêté


Le commentaire :

•    Lorsque j’ai réalisé l’extinction.

Ceci est un terme conventionnel bien connu chez les Maîtres soufis, il signifie l’apparition de la Grandeur et la Majesté, et ils le désignent par l’effacement, et ici, les langues se lassent par leur impuissance de s’exprimer, les allusions s’égarent et les voix se soumettent « Nul ne saura parler, sauf celui à qui le Tout Miséricordieux aura accordé la permission, et qui dira la vérité » Al-Nabaë 38, parce que si le serviteur s'anéantit de la création, de sa passion et ses désirs, de sa propre volonté et de ses aspirations, de cette demeure et de l’au-delà, il ne reste seulement que Dieu Tout-Puissant, Il Est tel qu’Il Était. Le Prophète, que la proximité et la paix de Dieu lui soient davantage allouées, a dit : « Dieu Était, et rien n’était avec Lui », et le grand connaissant a dit : « et Il Est Tel qu’Il a toujours Été ».

•    Il n’y avait que moi qui n’en restais.


Parce que sa parole n'est désormais que par Dieu, car le serviteur est anéantit et ne reste que le Seigneur. Si ce serviteur reste dans cet état, il n’a plus cependant d’existence face à son Seigneur, et ainsi toutes ses actions et ses paroles reviennent à Dieu, c'est-à-dire qu’elles n’émanent que de Lui, qu’il s’agisse d'un devoir (qui doit être accompli) ou d’autre chose.

Le Prophète, que la proximité et la paix de Dieu lui soient davantage allouées, a dit par la voix de son Seigneur : « Lorsque Mon serviteur s'approche de Moi avec n'importe quel moyen, cela M'est plus aimable de ce que J'ai décrété d'obligatoire pour lui. Et il continue de s'approcher de Moi par des œuvres surérogatoires jusqu'à ce que Je l'aime, et si Je l'aime, Je serai alors son ouïe par lequel il entend, sa vue par laquelle il voit, sa main avec laquelle il frappe et son pied avec lequel il marche. Et s'il M'adresse une requête, Je réponds positivement, et s'il demande Ma protection, Je la lui accorde ! », Il a ajouté dans une autre narration : « et je Serai lui ». Si Lui devient lui, où est donc la place du serviteur ? En résumé, il n'est pas d’existence avec Dieu, ni d'ailleurs une prononciation qui n’émane d’autre que Lui « C'est Allah qui est le seul Maître et c'est Lui qui redonne la vie aux morts » al-Shûrâ, 9.

•    Dans le monde sensible et en allusion


C’est parce que dans le monde sensible il perçoit par ses yeux, et en allusion par l’œil de son cœur, ou si tu veux, il est dans le monde sensible par son corps et en allusion par son esprit, ou encore il est dans le monde sensible par son rameau et en allusion par son origine, et l'expression n’a pas de fin…

•    Je suis le quêteur, comme je suis le Quêté

C’est qu’il sollicite l’aboutissement à la Liberté (absolue) et contempler ainsi ses lumières sacrées, comme il est tenu de se fixer à (la station de) la servitude et accomplir les devoirs de la Divinité comme le signale le verset suivant : « Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre se rendront auprès du Tout Miséricordieux, [sans exception], en serviteurs. » Maryam, 93, et dans ce passage se trouve des allusions si délicates qu’elles ne peuvent être comprises que par les gens au goût élevé et à la connaissance divine.

Puis il poursuit, qu’Allah soit satisfait de lui :

Je suis la source du nectar qui m’est dédié
Mon secret se trouve dans les contenants
Il est très loin qu’il y est un « second »
Je suis l'absorbeur, comme  je suis l’absorbé


Le commentaire :

•    Je suis la source du nectar qui m’est dédié

En joignant le nectar à lui-même, qu’Allah soit satisfait de lui, il nous dévoile son aboutissement et son rang élevé auprès de Dieu, comme disait certain d'entre eux :

Le nectar découle de mon réceptacle
Depuis que je savoure les roses


Parce que Dieu s’Est manifesté à son cœur comme il est rapporté dans le Hadith : « Dieu dit : ni cieux, ni terre(s) ne peuvent me contenir comme me contient le cœur de mon serviteur croyant ». Si le cœur devient la demeure de l’Éternel, comment pourrait-il avoir besoin de boire (ce nectar) ? Puisque le nectar est de lui-même à lui-même, et toutes choses sont issues de lui.

•    Mon secret se trouve dans les contenants

La signification des contenants est toutes les existences, car le soutien du Saint circule dans les univers comme l'eau qui circule dans les branches de l'arbre, et cette station est désignée par « la station du secours ».

•    Il est très loin qu’il y est un « second »

C’est à dire dans le cœur, comme nous l'avons mentionné, et la signification du « second » ou la vision dualiste du monde, est le partenaire qui ne (devrait) pas séjourner dans le cœur, parce qu'il est la demeure du Seigneur, et le Tout-Puissant a droit d'Être jaloux si d'autres se trouvent avec Lui dans le cœur.

•    Je suis l'absorbeur, comme  je suis l’absorbé

C’est qu’au début il absorbait, et à la fin il est le nectar absorbé, ou si tu veux il était désireux à ses débuts et désiré à la fin. Le désiré et le nectar ont la même signification, seul les mots sont différents. Ainsi chaque Maître qui appelle à Dieu est désigné par ses disciples par le nectar car ils ont absorbé son amour dans leurs cœurs, et Dieu Sait mieux.

Puis il dit, qu’Allah soit satisfait de lui :

Je suis la coupe, comme je suis le vin
Je suis la porte, comme je suis la Sainte Présence
Je suis la masse, comme je suis la multitude
Je suis l'amoureux, comme je  suis l’Aimé


Le commentaire :

•    Je suis la coupe, comme je suis le vin

Il entend par la coupe, l’humanité qui renferme le mystère de la Divinité, quant au vin, il signifie l’univers de l’Esprit, et c’est dans ce sens que le Sultan des amants, le Maître Omar ibn al-Fârîdh, qu’Allah soit satisfait de lui a dit : « Nos esprits sont des vins et nos corps leurs vignes ».

•    Je suis la porte, comme je suis la Sainte Présence

Il ne fait aucun doute que les saints, les amis de Dieu sont des portes de la Sa Présence, car il n'y a pas d'accès à Dieu sans être accompagné par Ses amis, parce que se sont des gens que leur hôte n’éprouve aucun malheur. En résumé, ils sont les portes de Dieu, comme dit le Tout-Puissant : « Entrez donc dans les demeures par leurs portes » al-Baqara, 189. Et si nous avons acquis la certitude que le saint est la porte de la Présence, alors il est de son droit de dire : « je suis la Sainte Présence », parce que la porte de la Présence n’est rien d’autre que la Présence même, et Dieu Sait mieux.

•    Je suis la masse, comme je suis la multitude

Il visait, qu’Allah soit satisfait de lui, l’âme originelle qui abonde en multitude (tout en restant) dans son unité et exaltée dans sa joie, et pour cela que le Très Haut dit : « Celui qui vous a créés d'une seule âme » al-Â’râf, 189, et chaque âme est un rameau de l’âme originelle, il est donc légitime pour le rameau de dire : « Je suis l’origine », ainsi que l’origine de dire : « Je suis le rameau », car leur vérité est unique et Dieu sait mieux.

•    Je suis l'amoureux, comme je  suis l’Aimé


Il fait allusion, qu’Allah soit satisfait de lui, au verset suivant : « Allah va faire venir un peuple qu'Il aime et qui L'aime » al-Mâïda, 54, et ces gens que Dieu a aimé dans l'éternité et l’ont aimé à jamais, deviennent à la fois amoureux et aimés, et nous reproduisons une fraction de l'amour quand Il dit : « Vous n'atteindrez la (vraie) piété, que si vous faites largesses de ce que vous aimez » Âl-Imrân, 92. Un des connaissant aurait déclaré : « Dieu dit : vous n’atteindrez pas Mon amour tant qu’il y a dans vos cœurs  l’amour d’autrui ». Ainsi l’amour ne peut résider que dans un cœur vivant, et la vie de ce cœur dépend de la mort de l’âme (Ego). Si une question vient à se poser de savoir comment se fait-il que Dieu a privilégié Son amour (pour eux) par rapport à leur amour (pour Lui), alors qu’Il a privilégié leur mentionnent de Dieu par rapport à Son mentionnent d’eux, comme il est cité dans ce verset : « mentionnez-Moi Je vous mentionnerai » al-Baqara. La réponse est celle qu’a donnée Cheikh Abdul-Qâdir al-Kilânî, qu'Allah Tout-Puissant Soit satisfait de lui : « mentionner Dieu a été privilégié parce qu’Il l’a sollicitée, comme s’Il avait ordonné de Le solliciter, ainsi Il a préféré privilégier leur mention de Son Nom à celle de Sa mention d’eux ». Quant à l’amour, il reste un prodige Divin que le serviteur n’a pas de droit dessus, car son existence ne peut être effective que s’il émerge de l’invisible par la volonté divine, d'où la raison de privilégier Son amour pour nous par rapport à notre amour pour Lui, car Il Est Toute bienveillance et bonté, et le sens de Son amour pour nous est de nous épauler dans nos actes d'adoration et de dévotion, et Dieu sait mieux.

Puis il poursuit, qu’Allah soit satisfait de lui :

Combien même d'êtres singuliers j’ai abreuvés
De leurs liens j’ai libérés
De l’insouciance à la vigilance j’ai éveillés
Et les ai ornés de parure éthérée


Le commentaire :

•    Combien même d'êtres singuliers j’ai abreuvés

Ceci est une façon parmi d’autres de parler des bénédictions de Dieu, non pas par fierté et vanité, le Très Haut dit : « parle de la grâce de ton Seigneur » al-Duhâ, et le Prophète a dit : « lorsque Dieu accorde une grâce à Son serviteur, Il aime bien qu’elle se voit sur lui », et la Singularité « Fardâniyya » qu’il a mentionnée est l'une des plus nobles stations, et elle a été instamment recommandée par l’Élu qui a ordonné à ses compagnons de s’appliquer fortement à sa quête, lorsqu’il dit : « cheminez, vous ont devancé les singuliers, ils ont dit : qui sont les singuliers ô Messager de dieu ? Il a répondu : se sont des personnes qui se sont tournés vers le secret du monde pendant que les autres se sont limités à son apparence ».

•    De leurs liens j’ai libérés

Pour les gens de la connaissance et l'art de ce savoir, il n’y a pas plus grand lien que le voile, bien que les liens sont différents, ils restent toutefois retranchés et annexés au voile, comme disent certains d'entre eux : « la cause de la souffrance est l’existence du voile et le bonheur complet est de contempler la généreuse Face de Dieu ».

•    De l’insouciance à la vigilance j’ai éveillés

L'insouciance ou l’inattention est l'un des plus grands malheurs pour l’aspirant, car elle brouille le cœur à la contemplation des secrets du Seigneur, et son contraire est de toute évidence l’éveil qui reste l’une des excellentes aspirations, et que l’on exprime par « la sensation lors du retrait des rideaux».

•    Et les ai ornés de parure éthérée

Il s'agit de la parure des secrets, des allusions et des subtilités que l’aspirant détient après s’être débarrassé de la limitation et de la restriction.

Puis il poursuit, qu’Allah soit satisfait de lui :

Je suis celui de qui le vin s’est manifesté
Et de nous-mêmes a débordé
Et les existences par nous-mêmes se sont révélées
Je suis celui qui retire les voiles


Le commentaire :

•    Je suis celui de qui le vin s’est manifesté
•    Et de nous-mêmes a débordé
•    Et les existences par nous-mêmes se sont révélées


Tout ceci a été exprimé par la voix de la présence Muhammadienne, de qui les existences se sont manifestées, comme certains d'entre eux parlent par la voix Divine tel notre Maître Abdul-Qadîr al-Kilânî, qu'Allah Le Très Haut Soit satisfait de lui, lorsqu’il dit : « Je suis l’Un, l’Unique, Le Grand en soi », sans que ses paroles nécessitent une quelconque dénégation, même si il aurait dit plus que cela, car il ne peut être blâmé, comme le dit si bien Sidi Abû-Madiyan al-Ghawth, qu’Allah soit satisfait de lui : « ne blâme pas l’enivré pendant l’état de son ivresse »

•    Je suis celui qui retire les voiles

Le voile est connu dans le langage commun par le rideau (qui fait obstruction aux regards), quant aux Maîtres des cœurs, ils l’emploient pour exprimer l’illusion qui n'a pas de réelle existence, et celui qui croit à l’existence du voile entre lui et Dieu, le considérant ainsi comme une obstruction entre les deux, il s’est largement égaré. Gloire à Dieu Tout-Puissant que de lui apprêter une quelconque limitation ou restriction, par Dieu, Il n’Est que Lui, et nul ne Lui attribua de voile, car si ce fut le cas,  Il l’aurait subjugué, et comment alors qu’« Il Est le Tout-Puissant sur ses serviteurs », al-An’âm.

En résumé, les propos exprimés par notre Maître, qu’Allah soit satisfait de lui, se sont manifestées pendant son état d’extinction et d’anéantissement, et on consulta à ce propos un certain connaissant sur ces paroles émises par notre Maître, et il répondit par une réponse convaincante et équitable, dont la voici :

« Saches que l’origine élémentaire qui ne peut être écartée, que chaque croyant doit croire, et la délaisser mène au-dehors des fondements de la foi, est que le Tout-Puissant s’est manifesté par Sa Grande Fierté, Son Incommensurabilité et Sa Majesté, par Ses Éminents Attributs générales et Ses Noms Illustres, et que cette manifestation n'est pas pareil pour tous, elle n’est jamais soumise à une seule loi et n’est pas basée sur une manière fixe, mais les cœurs la perçoivent selon leurs capacité et perception, car les secrets de la création varient selon le peu et la multitude. Certes, Dieu Se manifeste aux humains selon les capacités de chacun de nous, et selon l’évidence de chaque personne sur sa disposition estimée pour percevoir les manifestations de la « Sainte Beauté » que les aspirations ne peuvent contenir en raison de son océan indéfini qui ne connaît pas de fin.

Si tu as reconnu cela, saches que celui qui aborde le rang du Prophète, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa  paix, portant sur les manifestations des Attributs, des Noms et des réalités, ne peut être rattrapé par les grands Prophètes déterminés sans compter le reste des Prophètes et Messagers, et celui qui aborde le rang des Prophètes déterminés ne peut être rattrapé par les véridiques. Si tel est le cas, et que tu as encore reconnu ces préférences, saches alors que les propos « inappropriés » dites par les grands connaissants, qui reflètent une transparence (de l’esprit) et une primauté par rapport au rang des Prophètes et Messagers, comme disait Abû Yazîd al-Bustâmî, qu’Allah soit satisfait de lui : « nous nous sommes engagés dans un océan duquel les Prophètes se sont arrêtés à son bord », et comme disait aussi dans ce sens le Cheikh Abdul-Qâdir al-Kilânî : « ô Prophètes, vous avez obtenu le titre (de Prophètes) quant à nous, nous avons obtenus ce que vous n’avez pas eu », et comme disant également Omar ibn al-Fârîdh, qu’Allah soit satisfait de lui :

Sans équivoque, je me suis engagé dans un océan, duquel
Se sont arrêtées à son bord, par respect à ma personne, les premières générations


Jusqu’à ce qu’il dit :

Viens donc rassembler ce qui est antique, par lequel
J’ai trouvé les âgés du voisinage encore enfants


Et comme il s’exprimait aussi dans sa « Kâfiyya » :

Tous ceux qui sont sous Ta protection Te désirent
Mais moi, je suis seul à la fois sous Ta protection


Et selon cette parole de certain des connaissants (et qui semble plus claire) : « A la fin des traces des Prophètes, c’est là que commencent les traces des saints ».

La réponse à ces propos « inappropriés », est que le connaissant dispose d’un temps, comme a dit le Prophète, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix, : « je dispose d’un temps que Seul mon Seigneur peut contenir », ainsi l’état de l’anéantissement conditionne le connaissant, autant que l’immersion et l’amortissement de soi, jusqu'à ce qu'il se libère de ses sens et de son propre être, de telle manière qu’il se dégage de toutes ses perceptions et son existence, jusqu’à ce qu’il soit, parfois englouti par l’Entité Divine qui se manifeste en lui par une sainte effusion qui exige de lui, de Lui porter témoignage tout en étant dans la source même de Son Entité Tout-Puissant Soit-Il, car il est effacé et absorbé par Elle (l’Entité du Dieu), et il en sort de ses paroles : « Gloire à Moi, il n'y a de Divinité que moi seul », ou : « Majestueuse qu'est Mon Incommensurabilité et sanctifiée qu'est ma Fierté », et il est forcément excusé parce que son intellect qui distingue la contemplation du Divin et les éléments décernés (de l’existence), et qui lui permet de faire la différence des dispositions en donnant à chaque élément ce que lui revient de droit des Attributs, lui fait défaut, car il est effacé, volatilisé et dissipé. Comme l’intellect étant absent et le flux Divin étant omniprésent, il a par ce flux prononcé ces paroles, car Dieu a parlé en son nom, par conséquent il a parlé par la voix de Dieu non par sa propre voix, et exprimait l’Entité Divine non son propre être, et c’est dans ce sens qu’Abû Yazîd al-Bustâmî avait prononcé ces mots : « Gloire à Moi, Ma Grandeur est incommensurable ! », aussi la parole d'al-Halâj qui va dans ce sens : « Je suis le Vrai, lequel Son Entité ne peut Etre affecté par le temps, et il n'y a dans cette soutane que la Divinité ! », ainsi que ce propos dit par certain d'entre eux : « la terre est ma terre et le ciel est mon ciel », enfin ce vers d'al-Shushturî :

Je suis une chose merveilleuse pour ceux qui me voient
Je suis l'Aimé comme je suis l'amoureux, il n'y a pas de second


Les paroles prononcées par Ibn al-Fâridh dans ce sens sont innombrables, et cela est dû à l’anéantissement et l’immersion dans l’Entité Divine, et cet état de fait est en dehors du cercle de la raison, et n’est abouti que par le « goût » ou la perception exclusivement spirituelle ainsi que par la pureté des états, et ne peut connaître son secret que celui qui en a vraiment goûté.

Parfois l’immersion et l’anéantissement du connaissant sont conditionnés dans l’entité du Prophète, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix, ainsi il disparaît de lui-même et s’engloutit dans l’entité du Prophète qui se manifeste en lui, et lui dévoile quelques-uns de ses secrets. Au moment où il aura acquis cet honneur, il ne reconnaît de lui-même que l’être du Prophète, et c'est cela le vrai sens et la réelle réunion avec l’Elu, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix, et à part ceci aux yeux des connaissants, le reste n’est que songes (sans une réelle réunion). Arrivé à ce stade, Dieu lui porte connaissance de certains savoirs réservés exclusivement au Prophète, ainsi il parle par la voix du Prophète et en son nom dans certaines disciplines distinguées que seul le Prophète a connaissance en raison de son statut de supériorité et d’honneur par rapport à tous les Prophètes et Messagers. Ainsi il révèle ce que Dieu a donné à Son Prophète en s'exprimant par lui, et celui qui l’écoute pense par erreur qu’il attribue ce qu’il dit à lui-même, sans savoir qu’il parle par la voix du Prophète dû à son engloutissement en son être. Lorsqu’il se sépare de ces états d'anéantissement et d’immersion, et retrouve ses sens, il désapprouve ce qu’il a dû formuler par conscience de son propre statut et dit : « je suis un pauvre esclave (je n'ai pas de nuire ou profiter moi-même, mais ce que Dieu veut » al-Â’râf, 188

Ainsi mon frère rappelle toi de ce que tu viens de lire afin que tu puisse distinguer les paroles des Maîtres, qui exigent d’eux à leur tour de se distinguer par une subtilité transparente des autres rangs des Prophètes et des Messagers, comme disait al-Dusûqî : « je suis celui qui était avec Noé, et je suis celui qui était avec Jésus », et ainsi de suite, et les paroles dans ce sens sont innombrables, et tout ceci est en raison de son extinction dans l'entité du Prophète.

 

Fait attention mon frère de dénier les saints-amis de Dieu Tout-Puissant Soit-Il, car ils connaissent mieux que toi la vérité de Dieu et de ses Prophètes, et je cherche refuge auprès de Dieu contre la mauvaise opinion en Dieu et en Ses serviteurs vertueux, et cet avertissement synthétise notre réponse, et au-delà se trouve ce que l’intellect ne puisse imaginer, et qu’aucun écrit ne saurait être tracé, et ne doit nullement être mentionné en raison de sa subtilité que les entendements ne peuvent concevoir.

Ce que nous venons de mentionner au sujet de l’anéantissement du connaissant dans l’Entité de Dieu et dans l’entité du Prophète, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix, n'est pas donné à  tous les saints, et non plus en tout temps, mais réservé seulement à certains saints qui ont un pied ferme dans le connaissance. En résumé, ce qui a été formulé par le Cheikh (al-Bûzîdî), qu’Allah soit satisfait de lui, pendant l’état de son anéantissement dans l’Entité de Dieu est étroitement lié à la Divinité, et dans l’entité du Prophète est étroitement lié au Prophète, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix. » (Fin de citation).

Puis il poursuit, qu’Allah soit satisfait de lui :

M'a appelé urbi et orbi
Apporte la bonne nouvelle à tes frères en déclarant
Qu’ils ont acquis Ma proximité et Ma sérénité
Celui qui te suit M’est aimé


Le commentaire :

•    M'a appelé urbi et orbi

Il voulait parler des six cotés, le haut, le bas, le devant, le derrière, la droite et la gauche, car la voix de Dieu n’est pas limitée contrairement aux autres, mais c’est une voix absolue qui n’est pas restreinte à un endroit, aussi lorsque celui qui entends Sa voix, il l’entends avec tous ses sens, comme disait l’un d’eux :

 

Tout en toi est ouïe, lorsque le Bien-Aimé t’appelle

Il Se manifeste avec toute Sa clarté.

•    Apporte la bonne nouvelle à tes frères en déclarant

Ceci est une autorisation de Dieu et une bonne nouvelle pour le Maître, afin que tous ses disciples soient rassurés, et cette appel vient de ce verset : « Leur Seigneur leur annonce de Sa part, miséricorde et agrément, et des Jardins où il y aura pour eux un délice permanent », al-Tawbah, 21.

•    Qu’ils ont acquis Ma proximité et Ma sérénité
•    Celui qui te suit M’est aimé


Il voulait dire : Apporte la bonne nouvelle à celui qui te suit tout en étant fidèle à son pacte et que sa bonne relation avec toi est sans reproche, qu’il a obtenu Ma contiguïté et Ma paix. Et tout ceci est un agrément de la part du Miséricordieux et Dieu merci que les hommes de foi existent toujours.

Puis il poursuit, qu’Allah soit satisfait de lui :

M’a appelé et a dit : ô Bûzîdî
Apporte la bonne nouvelle à Mes serviteurs en déclarant
Qu’ils ont acquis Ma proximité et bien d’autres dons
N’en plaise que ton disciple soit voilé


Le commentaire :

Ceci est une confirmation de ce qui a précédé concernant l'appel de Dieu, pour qu’il s'enclenche dans l'esprit de l'auditeur, et il est à noter qu’il contient deux prérogatives ;

1.    Première prérogative :

L’inexistence du voile pour ceux qui le suivent, en disant :

•    N’en plaise que ton disciple soit voilé

Il faut comprendre cependant le sens du « disciple » par l’aspirant sincère irradié par les lumières de la réalisation spirituelle.

Il a été dit que le disciple est celui qui n’a pas de volonté propre face à son Maître, et il l’est a fortiori autant avec son Seigneur, car si ce disciple abandonne sa propre volonté, il verra les grâces du Seigneur s’amplifier, et se verra disposé par le plus admirable acte de dévotion, qui est suivre le Maître dans ses paroles et ses actes, parce que le suivre est en réalité suivre le Prophète, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix. Allah Tout Puissant a dit : « Dis : Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera » Âl-‘Imrân, 31. En revanche, celui qui néglige de suivre son Maître, celui-là n’en tirera aucun avantage.

Le compositeur du poème connu par al-Râiyya a dit :

Si ton âme est en proie à l’éminence,
Alors rejette ses désirs et évite qu’elle côtoie le mal


Le commentateur du poème a dit :

« Autrement dit, si tu veux que ton aspiration soit en butte vers la voie des soufis, alors rejette les désirs de ton âme qu’elle a choisit pour elle-même, comme les différents types d'actes d’adoration et de dévotion sans que le Maître ne te l’est ordonné de faire, et éloigne-là de ces mêmes désirs comme si tu l’éloigne du mal en particulier. Il veut dire par là que la réussite de l’aspirant est dans ce que choisit pour lui son Maître non ce qu’il choisit pour lui-même, car s'il choisit pour lui-même, il succombera à l’échec et à la perte.

Je dis à ce propos : combien même de disciples qui furent déchus à cause de cela, parce qu’avant que l'aspirant n’observe le grand dévoilement, et si son âme lui choisit de multiplier les différents types d'actes d’adoration et de dévotion comme les prières surérogatoires, le jeûne et la prière au milieu de la nuit, dans le but de satisfaire son désir, acquérir la bonne réputation et agir ainsi en hypocrite, alors ses actes ne seront plus destinés exclusivement à Dieu, et Dieu n'aime pas que le but des actions soit associé. Si la miséricorde de Dieu l’atteint par un Maître éducateur à qui il s’attache, alors le Maître verra que ses désirs sont un mauvais penchant, et il voudra les éloigner de lui. Si l'aspirant se laisse faire et si le soin du Dieu Tout-Puissant l’assiste, le Maître lui indique ce qui est mieux pour lui, et ainsi il se retrouvera dans une condition qui satisfait à Dieu. En revanche, si l’aspirant ne se laisse pas faire et se dit qu’il a prit un Maître pour renforcer sa dévotion non pour l’affaiblir, et faiblira de ce fait son intention vis-à-vis du Maître éducateur, alors celui-là, il est possédé par le diable et canalisé par l’hypocrisie et la perte, nous demandons à Dieu de nous en préserver par Sa grâce et Sa générosité. » (Fin de citation).

2)    La seconde prérogative :

Est que le Maître (al-Bûzîdî) se fait connaître qu’il est Muhammad fils de Habîb descendant d’al-Buzîdî, originaire de Mostaganem, le noble chérifien Hassanien, car il est l’un descendants de Fatima fille du Prophète, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix, et appartenir à la lignée du Prophète est l’un des échelons les plus élevés, parce que sa descendance est préférable aux autres, comme a dit Abû Bakr, qu’Allah soit satisfait de lui, : « les proches du Messager de Dieu, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix, me sont préférables que les miens », et quel meilleur citation d’un poème que le grand Maître a cité dans ses « Conquêtes Mecquoises » :

Ne te détourne pas, par obligeance, de la lignée du Prophète
Car les gens de sa lignée sont les souverains
Les mépriser, pour l’homme est une vraie perte
Et les aimer est en vérité une dévotion


Dans le livre d’al-Sha’râni, qu’Allah soit satisfait de lui, intitulé « al-Minnan », il a dit :

« Parmi les grâces de Dieu en ma faveur, l'amour des nobles chérifiens et les gens de la lignée du Prophète, même par la mère seule, et même s’ils n’étaient pas tout à fait intègres, car c’est avec certitude qu’ils portent en eux l'amour de Dieu le Tout-Puissant, et celui qui aime Dieu et Son Messager ne doit pas être maudit ni méprisé, comme il a été rapporté dans un hadith que le Prophète, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix, sanctionnait Na’îm à chaque fois que celui-ci buvait de l'alcool, et un jour on l’amena devant lui et il fut sanctionné, alors certaines personnes commençaient à le maudire, et le Messager de Dieu, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix, leur dit : « Ne maudissez pas Na’îm, car il aime Dieu et Son Messager ». Sachez que lorsqu’une sanction est créditée aux nobles personnes de la lignée du Prophète, cela ne veut pas nécessairement dire que nous les méprisons, mais les sanctionner est un acte d’amour pour eux et une façon de les purifier. »

Muhyiddin Ibn ‘Arabî, qu'Allah Tout-Puissant Soit satisfait de lui, a dit :

« Ce que je dis est que  les péchés des gens de la lignée du Prophète, sont des péchés dans l'image seulement, pas en réalité, parce que Dieu leur a pardonné antérieurement leurs péchés par Ses soins », Il dit à ce propos : « Allah ne veut que vous débarrasser de toute souillure, ô gens de la maison [du prophète], et veut vous purifier pleinement » al-Ahzâb, 33, et il n’y a pas plus abominable souillure que les péchés.

Tous ce qui peut nous arriver de mal de leur part, ne devrait pas nous empêcher de leur témoigner de la considération, et voir leur mal similaire aux épreuves divines comme les maladies et autres, il faut du consentement et de la patience, même s’ils nous ont pris notre argent sans nous le rendre, et nous ne devrions pas emprisonner l'un d'eux ou le soumettre au gouverneur parce qu’il est une partie du Messager de Dieu, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix.

L'Imâm Abû-Bakr, qu’Allah soit satisfait de lui, a dit : « soyez bienveillants envers Muhammad à travers sa famille ».

L’Imâm al-Sha’rânî, qu’Allah soit satisfait de lui, a dit : « j’ai entendu Sidi al-Khawwâs dire : le droit du noble chérifien est que nous devons nous sacrifier pour lui par nos vies parce que les nobles chair et sang du Messager de Dieu, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix, circulent en lui. »

Certain savant a dit : « Parmi les droits des nobles chérifiens, même s’ils sont éloignés dans l’arbre généalogique, est que nous devons les privilégier sur nous-mêmes, à nos désirs, nous devons les voir avec grande considération et respect et nous ne devons pas nous asseoir sur leur banquette pendant qu’ils s’assoient sur le sol ».

Quant à Sidi Ibrâhîm al-Matbûlî, qu’Allah soit satisfait de lui, lorsqu’un noble chérifien s’asseyait devant lui, Ibrâhîm manifestait le grand respect et l'humilité en sa présence, et disait : « il est l’une des semences du Messager de Dieu, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix ». C’est là que se termine ce que nous avons cité de « Noor al-Absâr ».

Parler de leur mérite est un assez long sujet, mais je me suis arrêté à ces courts extraits afin de démontrer à ceux qui ont un coeur voilé et qui ne connaissent pas leur valeur, qu’ils méprisent l’Élu, le Messager de Dieu,  qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix, car mépriser ses descendants c’est le mépriser.

Parce qu’aussi Dieu Tout-Puissant a recommandé de les vénérer et les respecter, lorsqu’Il dit : « Dis : Je ne vous en demande aucun salaire si ce n'est l'affection envers les proches », al-Shûrâ, 23. Ô Allah accorde-nous l'amour et la courtoisie envers eux.

Puis il poursuit, qu’Allah soit satisfait de lui :

Louange à Dieu
De m’avoir renforcé dans mon assistance
J’abreuve celui qui vient à moi
D’un nectar qu’il ingérera pleinement

Le commentaire :

Il a tenu à faire des louanges à Dieu en suivant l’exemple du Livre Saint (Qorân) et conformément à la parole du Prophète, qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix : « Dieu Tout-Puissant aime qu’on Lui fasse des louanges ». Al-Daylamî a rapporté un Hadith (élevé, dont la chaîne de transmission remonte jusqu'au Prophète Muhammad) : « Dieu aime qu’on Lui fasse des louanges pour qu’Il récompense celui qui en fait, et Il a compté les louanges parmi les formules du Dhikr, et pour celui qui en fait une épargne qui lui portera fortune »

Dans l’ouvrage intitulé « al-Badr al-Munîr » il a été rapporté que le Prophète a dit : « Faire des louanges à Dieu est une assurance pour que Ses grâces ne puissent disparaître », et c’est pour cela que le Maître, qu’Allah soit satisfait de lui, a louangé ici Dieu pour ce qu'Il lui a accordé de Ses bénédictions et parmi elles, la plus noble de toutes qui est la connaissance de Dieu Tout-Puissant. Le Messager de Dieu a dit : « la connaissance de Dieu est le capital de toutes les richesses ». Ainsi le Maître a fait des louanges à Dieu en le remerciant conformément à la parole du Tout-Puissant : « Si vous êtes reconnaissants, très certainement J'augmenterai [Mes bienfaits] pour vous », Ibrâhîm, 7, et conformément à la parole du Prophète : « conservez les grâces de Dieu en Le remerciant ».

Un des connaissants a dit :

« Celui qui ne remercie pas les grâces de Dieu, risque de les voir disparaître »

Puis il poursuit, qu’Allah soit satisfait de lui :

Il ingurgitera de la coupe des allusions
Par laquelle il s’éteindra de tout néant
Il disparaîtra dans l’Entité du Prospère
Il contemplera le Connaisseur de l’invisible


Le commentaire :

•    Il ingurgitera de la coupe des allusions

Il fait allusion à la coupe de la réalisation (spirituelle) par laquelle l’aspirant se débarrassera de (l’idée de) la séparation.

•    Par laquelle il s’éteindra de tout néant

Il s’éteindra de toutes les existences en contemplant l’Entité (Divine) qui rassemble tous les Noms et les Attributs.

•    Il disparaîtra dans l’Entité du Prospère

Il disparaîtra de ses sensations et de sa propre vision de lui-même par la contemplation du Seigneur comme il dit, qu’Allah soit satisfait de lui :

•    Il contemplera le Connaisseur de l’invisible

Et ce dernier couplet ne nécessite pas de commentaire, parce qu’il est lié à celui qui l’a précédé au sujet de la réelle signification de l’extinction.

Puis il poursuit, qu’Allah soit satisfait de lui :

Allouez, ô Seigneur, davantage de proximité
Ô Celui qui a la Générosité et la Majesté
A la lumière réfléchie épiphanique
Ô Celui qui soulage des afflictions


Le commentaire :

•    Allouez, ô Seigneur, davantage de proximité
•    Ô Celui qui a la Générosité et la Majesté
•    A la lumière réfléchie épiphanique


Il a clôturé ce poème par la prière de proximité au Messager de Dieu, conformément à l'ordre de Dieu Tout-Puissant quand il dit : « Ô vous qui croyez sollicitez-lui davantage de proximité et réclamez-lui la paix en lot », al-Ahzâb, 56.

Et conformément à la parole du Prophète : « Celui qui fait une prière de proximité à mon égard dans un livre, les anges prient pour lui pour qu’il soit tout pardonné aussi longtemps que mon nom est mentionné dans ce livre ».

Et aussi conformément à sa parole : « Multipliez la prière de proximité à mon égard, car celui qui en multiplie durant sa vie, Dieu ordonne à toutes Ses créatures de prier pour lui pour qu’il soit tout pardonné après sa mort ».

Il a aussi dit : « Multipliez la prière de proximité à mon égard, car elle est une lumière dans la tombe et une lumière sur le Viaduc (Cirât) et une lumière dans le Paradis ».

•    Ô Celui qui soulage des afflictions

Il ne fait aucun doute que celui qui Le supplie par Son Prophète, Dieu le soulage de ses afflictions, parce qu'il (le Prophète) est la plus grande porte de Dieu, et par son biais que les requêtes sont satisfaites. (Fin du commentaire).

C'est ce que Dieu a permis de recueillir de commentaires au sujet de ce poème bien béni, et fut achevé à la veille du dimanche du mois de la naissance du Prophète 6 de Rabî’ 1er 1319 de l’année de la migration (l’Hégire) de celui qui fut créé de la meilleure façon qu’elle soit (23 juin 1901),  qu’Allah lui alloue davantage de Sa proximité et Sa paix.

Ô Seigneur, je vous demande de se repentir pleinement, et le pardon complet, et l’Amour universel, et l’Amitié éthérée, et la large miséricorde, et les lumières étincelantes, et l'intercession, et l'Amour aboutissant, et les hauts degrés et la délivrance du péché. Submergez-nous de la mer de Votre générosité et de Votre pardon jusqu'à ce que nous sortons de ce monde épargnés de ses infections, et permettez-nous au moment de la mort de prononcer le témoignage de foi sachant sa réelle signification, et Soyez envers nous Tendre surtout lorsque les malheurs font leurs apparitions, une tendresse de l’Aimé envers son amoureux, et accordez-nous un répit des soucis de ce monde par l'Esprit et toute chose aromatique au paradis et à son bonheur.

Que Dieu alloue davantage de sa proximité au sceau de la prophétie et du message, à sa descendance et ses compagnons les plus touchés par les soins divins et qu’Il leur accorde la paix en lot.

Louange à dieu avant tout, louange à dieu après tout, louange à dieu d'une louange qui soit absorbée dans l'ensemble des louanges, il n'y a pas de force ni de pouvoir que par Dieu Tout-Puissant. Dieu Seul me suffit, il Est le Meilleur Allié sur qui on s’appuie.

Seigneur, allouez davantage de proximité à Muhammad, le mystère de l'humanité et la lumière de l’Omnipotence et le Messager de Celui qui ne meurt jamais, ainsi qu’à sa descendance et ses compagnons à qui la précédence fut confirmée.

Gloire au Seigneur, le Seigneur de la Gloire de ce qu'ils décrivent et paix aux Messagers et louange à Dieu, Seigneur des Mondes.







Traduit de l'Arabe par Derwish al-Alawî
Les Amis du Cheikh Ahmed al-Alawî