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La Zaouia de Mostaganem. L'Afrique du Nord illustrée du 05.07.1924
Historique de la confrérie - Articles des journaux et magazines de l'époque
Écrit par L'Afrique du Nord illustrée   
Samedi, 05 Juillet 1924 13:14

 

Pour avoir si souvent entendu parler de Sid Ahmed Ben Alioua, le désir nous été venu de visiter sa zaouïa. Ainsi qu'on le sait peut être déjà, ce personnage religieux est le chef de la confrérie El Allaouia, confrérie fort ancienne, que la succession suivie de ses chefs rattache au Calife Ali. Un beau jour donc, nous mettons notre projet à exécution, et par une magnifique route bordée d'eucalyptus, arrivons devant la zaouïa de Mostaganem, laquelle est située à une extrémité de Tigditt, au delà de la place du Moksar et vers la mer.

 

Nous sommes reçu par un des fidèles, qui nous apprends que le Cheikh est fatigué, et se met à notre disposition pour visiter les bâtiments qui sont importants. Ils comprennent de nombreuses chambres pour l'habitation ou l'enseignement, une mosquée, un bain maure, un petit jardin et toutes les servitudes habituelles dans les maisons musulmanes. Nous admirons, en particulier dans la demeure personnelle du Cheikh, la cour moresque à colonnes où il aime se recueillir et se délasser.

 

Tout y est de proportions modestes, mais arrangé avec un goût sobre et de très grande simplicité. La construction qui a été assez longue à édifier, est l'œuvre de Kabyles volontaires qui, adeptes de la confrérie, ont apporté leur main-d'œuvre pieuse et [bénévole]. La zaouïa est éclairée à l'électricité et son exemple a amené un certain nombre d'abonnés à notre société locale parmi les voisins de la société sacrée. Le Cheikh qui a deux concession d'eau, a obtenu du Gouvernement général une subvention de 17.000 Francs pour le captage de l'eau du canal, la commune a fourni les tuyaux en fonte et l'aménagement a été fait par la main d'œuvre [bénévole] de Kabyles volontaires nourris et vêtus par les soins de la zaouïa. Le Cheikh sans élever précisément une plainte, regrette que ses voisins, adeptes ou non, soient privés d'eau et subissent le voisinage d'égouts empestés qui circulent à l'air libre et à ciel ouvert dans les ruelles qui entourent son immeuble. Il espère que l'autorité française, voudra bien sans retard mettre fin à une situation aussi regrettable et préserver ainsi ses coreligionnaires des maladies qui les menacent.

 

Cette zaouïa est la maison mère de la confrérie, mais ses zaouïas suffragantes sont nombreuses et très répondues. Il s'en trouve presque dans toutes les villes d'Algérie, au Maroc (Riff), dans l'Yémen, à Damas, au Caire et même à Paris au n° 26 du Boulevard Saint Germain. La confrérie qui s'attache surtout à l'éducation morale et religieuse de ses adeptes, à une tendance de chercher des prosélytes, surtout dans la classe ouvrière.

 

A paris où, depuis la guerre, vivent de très nombreux Kabyles travaillant dans les usines de la périphérie, l'effort de prédication des adeptes tends à arracher ces ouvriers aux dangers de l'alcoolisme et du relâchement des mœurs. Pendant l'hiver, la zaouïa de Mostaganem est fréquentée par une soixantaine d'élèves étrangers qui viennent y recevoir les enseignements du Cheikh; en outre, des petits garçons orphelins y sont instruits, nourris, logés et vêtus.


Jean Girod

La Zaouïa de Mostaganem. L'Afrique du Nord illustrée, journal hebdomadaire du 05.07.1924

 
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