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Les Alaouïas, Notre rive, Revue nord-africaine illustré, 01/1929
Historique de la confrérie - Articles des journaux et magazines de l'époque
Écrit par La presse algérienne   
Mardi, 01 Janvier 1929 16:04

 

Passons à un journal qui se publie à Mostaganem : « El Balaghe El Djazaïri ». Sous le nom du « Balaghe » on lit : Journal scientifique, d'instruction spirituelle et de défense, rédigé par une élite algérienne dont la devise est : Nous sommes Musulmans, avant tout. »

 

Cette publication est l'organe de la jeune confrérie religieuse des Alaouïas. Ne confondons pas avec les célèbres Alaouites comme on le fait. Les Alaouites ou Alides sont les partisans d'Ali, gendre de Muhammad, qui regardent les 12 Alides comme seuls successeurs légitimes du Prophète. Les Alaouïas tirent leur nom du fondateur de la secte : M. Ahmed ben Alioua. Originaire de Mostaganem, et qui est encore en vie. Ce journal a paru à Alger puis à Mostaganem. D'aucuns accusent la secte de rechercher la croyance aveugle en la puissance occulte de M. Ahmed ben Alioua. Nous relevons dans « le Balaghe » des termes qui n'autorisent pas cette accusation : « Ce qui est fait pour Dieu est durable ; ce qui est fait pour tout autre être que Lui a une fin. » « Que notre maître (Ben Alioua) soit fortifié dans le but qu'il poursuit de faire revivre la conduite du prophète grâce à laquelle l'Islam a triomphé et son étendard s'est élevé au-dessus des têtes. », N'oublions pas que chacune de toutes les autres confréries est guidée par les mêmes principes. L'Ermite du Djurdjura pense sans doute que Muhammad n'a voulu qu'une seule confrérie, la sienne, « la Mahométane ». Le peuple est illettré ; il ne sait pas lire ces doctrines des confréries ; il se nourrit de préjugés et au besoin s'encrée.


Dans un article du « Balaghe », intitulé : « Fragment historique », nous remarquons qu'il a existé ou existe un nombre presque astronomique de sectes et de sous-sectes, de divisions et de sous-divisions ; les uns croient en un Dieu-Matière, d'autres en un Etre-Immatériel.


Les seuls Karaïmites se subdivisent en Haïdzamites, Isaakites, Djendites, etc. Citons les Moughaïrites, les Menhalites, les Zerarites, les Younoucites, les Chakites, les Amalites, les Moustatsnites, les Hérésiarques. Faut-il en citer encore et définir chacune de ces mille et une philosophies diverses ? Non, parce qu'en ce moment un grand mouvement agite la conscience musulmane qui ne veut plus avoir qu'une secte, celle de Muhammad.


Abandonnons cependant à notre curiosité la définition de certaines théories : […] Dieu est le créateur de tous nos actes. Il suffit pour être croyant d'avoir la foi ; il n'est pas nécessaire de l'extérioriser. D'autres pensaient tout le contraire de ce qui précède. Pour être croyant, il suffit de dire : Il n'y a de Dieu qu'Allah. Il suffit de le penser, disent d'autres. […]. Dieu est partout ; il n'est absent d'aucun lieu (Les Moughirites, adeptes de Moughira ben Saâd El Adjli).


Tirons le rideau. L'esprit humain aime trop se livrer au jeu des quatre opérations de l'arithmétique.


Abdelkader El-Arabi

 

Notre rive. Revue nord-africaine illustré, 01/1929.

 

 
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