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Confrèrie Alawiya, quelques notions d'histoire!
Historique de la confrérie - Après le décès du Cheikh al-Alawi
Écrit par La presse algérienne   
Mardi, 08 Novembre 2005 15:04

 

En prenant la relève de cheikh Alaoui, Adda Bentounès créera la première medersa qui plus tard servira de refuge idéal aux nationalistes algériens du PPA. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il ouvrira la première école d’apprentissage au profit de jeunes délinquants et désœuvrés et ce, en y intégrant plusieurs spécialités dont la formation de menuisiers, mécaniciens, imprimeurs et autres boulangers. Son vœu de lancer un journal bilingue musulman sera exaucé avec la création d’ El Morchid et ce, au moment où son sens du pardon, de tolérance et du dialogue entre les cultures et les religions, le poussera à mettre au monde une nouvelle association dénommée Les amis de l’Islam et qui a pendant longtemps regroupé juifs, laïcs, musulmans, chrétiens et boudhistes autour d’un seul idéal, l’amour du prochain.

 

C’est en 1952, un 4 juillet, que cheikh Adda Bentounès décédera à son tour pour céder alors le flambeau de la “mechyakha” à son fils Mehdi qui aussitôt après se révélera comme une relève sûre, tant son dynamisme et son charisme parmi les adeptes de la zaouïa ont tôt fait de canaliser l’attention sur sa personne. Il jouera un rôle on ne peut plus important dans le domaine social au moment où la zaouïa devenait alors une véritable antenne de la Croix- Rouge à l’époque coloniale, cela s’entend. Il s’attellera entre autres à construire des baraquements pour les réfugiés algériens durant la guerre d’Algérie. L’homme de culte ne tardera pas à se révéler comme un authentique militant de la cause algérienne et c’est en compagnie des Belkacem Hamia et Hamida Moulay Chérif qu’il créera en 1956 le tout premier noyau du FLN à Mostaganem avec le premier attentat perpétré dans la localité de Sidi-Ali (ex-Cassaigne).

 

La zaouïa se mettait alors au diapason de la plus efficiente des solidarités aux côtés de frères moudjahidine et fidas. La zaouïa avait en plus pour mission de préparer au quotidien les repas destinés aux prisonniers avec fourniture de vêtements, médicaments et nourriture supplémentaire alors que tout combattant atteint de blessures se faisait soigner au sein même de la zaouïa avant le départ pour beaucoup d’entre eux vers le Maroc. L’auguste lieu de culte ne tardera pas à accrocher l’attention du colonisateur français et fera ainsi l’objet d’opérations de fouilles répétées par l’armée française. Cheïkh El Mehdi, lui, sera mis en résidence surveillée, décision que les Français considéreront comme salutaire. Dès 1962, à l’indépendance du pays, le président Ben Bella décidera de la nationalisation des zaouïas et celle des Alaouiyine n’échappera pas à l’aberrante mesure prise à l’époque par le pouvoir de l’indépendance.

 

Ce n’est qu’à la faveur de l’intervention d’un certain Benalla, proche ami de la zaouïa, que la décision en question sera remise en cause.

 

Toujours est-il qu’une certaine tension commencera à planer sur la zaouïa, sur fond de règlements de compte. Sous le règne de Boumediène, à l’heure des grands moments d’euphorie, gestion socialiste et parti unique obligent, cheïkh Mehdi Bentounès dénoncera ouvertement lors des rencontres publiques et prêches du vendredi la politique d’importation d’idéologies d’ailleurs. L’on ne tardera pas à l’arrêter de façon on ne peut plus arbitraire, et c’est dans la discrétion qu’il sera emprisonné dans la région de Jijel à l’est du pays. On lui reprochera alors d’être à la tête d’une organisation d’espionnage et ce, sur la base de paramètres qui n’aurait jamais tenus debout, à l’exemple des lumières verte et rouge illuminant le haut du minaret de la mosquée de la zaouïa durant notamment la période de Ramadhan. Chaque lumière en fait servait de repère quant au moment de la rupture du jeûne, d’une part, et de celui de l’imsak, d’autre part.

 

Pour le pouvoir boumediéniste, l’interprétation s’avérait tout autre... Ce n’est qu’en 1971 en plein mois de carême, que le cheïkh sera libéré à la suite de fortes pressions exercées par des personnes influentes sur les décideurs concernés. De retour à Mostaganem, sa ville natale, cheïkh El Mehdi sera aussitôt mis en surveillance plusieurs années durant avec tout ce que cela supposait comme harcèlements et pressions sur sa personne et ce, au moment où bon nombre de biens de la zaouïa dont notamment l’imprimerie, seront tout simplement nationalisés. En avril 1975, alors qu’il n’était âgé que de 47 ans, cheïkh El Mehdi Bentounès rendra l’âme à la suite d’une crise cardiaque qui finalement aura eu raison de lui. Ses funérailles seront grandioses autour desquelles se dégagera un sentiment d’émoi et de consternation chez la population mostaganémoise et toute la communauté des Alaouiyine, un peu partout sur la planète.

 

De là, la succession du défunt cheïkh ne semblait pas être chose évidente et il fallait songer à une relève digne de la confrérie alaouiya et de tous ceux qui à une époque où une autre ont dû la diriger et, partant, guider les pas de milliers de ses adeptes. A cette époque-là, son fils Khaled installé en Europe, poursuivait ses études, tout en se lançant dans le commerce du prêt-à-porter. Il rentrera à Mostaganem à l’occasion de l’enterrement de son père, et c’est durant les quelques jours qu’il passera auprès de sa famille, que les sages de la confrérie alaouiya verront en lui le futur successeur alors qu’il n’avait que 24 ans. La lourde tâche lui ayant été assignée consistera alors à continuer à transmettre à la ouma le précieux message du tassaouf tout en scellant le lien spirituel par le soufisme entre l’Orient et l’Occident.


Sid-Ahmed Hadjar

 

 
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