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Désaccord et crise interne de la confrérie Alawiya
Historique de la confrérie - Après le décès du Cheikh al-Alawi
Écrit par Derwish al-Alawi   
Dimanche, 15 Juillet 1934 14:42

1) L’immédiat après Cheikh al-Alawî (Héritage et droit de succession)

Dés le jour même de la mort du Cheikh al-Alawî, un grand marasme a ébranlé la tariqa et un désaccord vit le jour parmi la grande partie de fuqaras devancés par certains maîtres et moqadems en raison du choix du nouveau successeur Cheikh Adda Bentounès, jugé inapte à conduire la destinée de la confrérie.

 

La succession est relativement difficile, d’abord en raison de l’extension qu’a prise la confrérie qui compte alors, aux dires d’un disciple occidental, Probst-Biraben, près de 200,000 disciples ce qui est totalement opposé de ce qui est rapporté par Moulay Sulaiman Ben al-Mahdi : quand j'étais à Mostaganem j'ai entendu l'une des personnes qui ont consacré leur vie à la zaouïa et était un scribe pour le Cheikh (probablement sidi Ali Boudlimi) dire: « Cheikh al-Alawî a écrit à tous ses représentants et disciples à travers le monde et leur a demandé de recueillir les noms de tous ceux qui sont affiliés à l'Ordre Alawî ». Après ils a calculé le nombre qui aurait atteint environ 33 millions de disciples, hommes, femmes, enfants. Il va sans dire que dans ces circonstances les modes d’affiliation sont nécessairement très variables, et c’est d’ailleurs une autre explication possible des schismes survenus juste après sa mort, d’autant qu’il a autorisé plusieurs Moqadem à transmettre sa voie, dont certains sont par ailleurs des savants ou des notables disposant d’une autorité religieuse reconnue.

 

À Mostaganem, le conseil des disciples les plus importants désigne Adda Bentounès comme nouveau maître. Mais sa jeunesse -il n’a alors que 36 ans- représente son principal handicap pour être accepté comme successeur, dans une société traditionnelle où l’ancienneté est souvent considérée comme un gage de réalisation spirituelle. Ce dernier a pourtant été éduqué et pris en charge pratiquement dès le berceau par Ahmad al-Alawî, comme il le dit lui-même dans plusieurs poèmes, jusqu’à devenir rapidement l’homme de confiance du cheikh, qui « l’affectionne tout particulièrement », selon le témoignage précieux du docteur Marcel Carret. Dès sa jeunesse, il en fait son chauffeur, son secrétaire (ce que la correspondance du cheikh montre abondamment) et l’un de ses meilleurs musammi’ (spécialiste du chant spirituel). Puis il le marie à sa nièce (que le cheikh élevait comme sa fille, n’ayant lui-même jamais eu d’enfant) et le nomme peu de temps avant sa mort Moqadem de la zaouïa de Mostaganem en remplacement d’un de ses neveux qui venait de mourir (sidi Muhammad Ben Barnû). Enfin ,il l’institue, comme le dit son testament, « au rang de fils du fondateur » et, ce qui achèvera de braquer les héritiers théoriques du Cheikh, lui confie par testament après sa mort, la gestion de tous les biens fonciers acquis au fil des ans pour le fonctionnement de la zaouïa et des institutions caritatives et éducatives qui lui sont rattachées, biens qui sont transformés en Habous, fondation pieuse.

 

Quarante jours après la mort du Cheikh al-Alawî, sidi Salah Bendimerad a réuni tous les représentants du Cheikh et les a appelé à donner leur pacte d’allégeance à sidi Adda Bentounès. Sidi Ahmad Ben Sadeq al-Hashemi (Moqadam de Mazouna) se leva et s'écria : « Si nous nous engageons et donnons notre pacte d’allégeance à sidi Adda et puis un autre se montre plus méritant pour le rôle que beaucoup de gens pourront y bénéficier, que ferons-nous alors ? Avons-nous à renoncer à notre serment ou devons-nous rester dans l'allégeance à sidi Adda, même s’il n'est pas approprié ? Je suggère que nous restons comme nous l'avons été dans la vie du Cheikh unifiés. Tout le monde reste dans sa zaouïa et nul ne perturbe les autres sans leur autorisation et nous nous devons le respect les uns envers les autres ».

 

Un faqir du nom de Bel-Gharbi était présent lors d’une séance de renouvellement du pacte. Quand on lui demanda d’aller renouveler le sien il s’avança jusqu’au Cheikh Adda et lui tend la main gauche. Cheikh Adda souri et lui dit : "c’est la main droite et non la gauche", il pensait que Bel-Gharbi ne le savait pas mais la station spirituelle de Bel-Gharbi était celle d’un gnostique, Bel-Gharbi lui dit alors: "la main droite, je l’ai déjà donnée à mon Seigneur et il ne me reste que celle-là (la gauche), si tu tiens vraiment à recevoir mon allégeance prend-la!" Lorsque Cheikh Adda entendit ces paroles il s’est mis à pleurer et prononça cette phrase dramatique pour les uns et les autres qui se sont pressés à renouveler leur pactes: " Voilà le vrai faqir! ". Cette sentence de Cheikh Adda en publique ne laissa plus de doute dans le rang des récalcitrants".

 

Les Chefs de l'Ordre se sont réunis (une autre fois) sous la direction de sidi Muhammad al-Madani, qui était le plus grand érudit de l'Ordre, pour discuter de celui qui pourrait prendre les rênes de la direction spirituelle, il leur a dit: « Nous ne pouvons pas nous prononcer sur cette question jusqu'à ce que nous consultons sidi Muhammadi Bel-Hajj ». Quand ils l’ont consulté, il leur a répondu : « Si cela était la position du Cheikh, alors nous devons en rester là ! » La raison pour laquelle sidi Muhammad al-Madani a visé sidi Muhammadi Bel-Hajj est qu’il a entendu le Cheikh al-Alawî faire allusion à sa particulière condition spirituelle (maqâm khâs).

 

C’était en toute évidence au Cheikh Adda que revenait l’héritage des biens que le Cheikh al-Alawî a laissé et certifié dans son testament que c’était à son gendre que revenait la gestion de ces biens aux profits des frères fuqaras Alawis, chose qui était certainement difficile à faire séparer avec la gestion spirituelle ou la succession au niveau spirituel. A ce sujet justement peu avant la mort du Cheikh al-Alawî, en 1934, on lui avait demandé s’il ne jugeait pas opportun de désigner un successeur, mais il fit cette réponse, qui est la même que prononça Cheikh Muhammad Ben al-Habîb al-Bûzîdî, son maître spirituel : « lorsqu’un locataire s’apprête à quitter la demeure où il a vécu, ce n’est pas au prochain locataire qu’il en remet la clé, mais au propriétaire ! »

 

Cheikh al-Alawî a laissé derrière lui plus de 50 mille hommes capables de guider les autres à la connaissance de Dieu Tout-Puissant. Sidi Salah Ben Abdul'Aziz al-Baghdâdi (d'Oran) a déclaré qu'il avait entendu Cheikh al-Alawî dire : « Mon espoir, si Dieu le veut, c'est que je laisse derrière moi plus d'enseignants que sidi Moulay al-'Arabi ad-Darqâwî, que Dieu Soit satisfait de lui, qui a laissé derrière lui 40,000 hommes.» Allah, Gloire à Lui, a exaucé son vœux, tous les hommes qu'il a laissés étaient des gens capables de prendre d'autres à la connaissance de Dieu. Mais malgré cela, Cheikh Adda Bentounès avait donné l’ordre d’évincer tout faqir qui ne lui renouvelle pas le serment d’allégeance, toute personne qui n'a pas rejoint les rangs de sidi Adda a été exclue du cercle de la zaouïa mère. Beaucoup de fuqaras avaient refusé cet état de fait et un grand désaccord s'imposa dans les rangs de la confrérie.

 

C'est à partir de ce moment là que la division a commencé, Cheikh Adda a déposé plainte au niveau du tribunal français de Mostaganem qui lui a donné raison. Les grands maîtres et moqadems de la tarîqa ont étaient écartés par décision du tribunal. Tous les moqadems et maîtres de la tarîqa Alawiya ont refusé cette décision. La majorité des moqadem ont decidé de rompre avec Cheikh Adda. Certains grands moqadem de l'Oranais se rangèrent autour du Cheikh Adda, mais ce choix ne fut approuvé ni par la majorité des Constantinois (l'est de l'Algérie), ni par les rifains (les habitants du Riff au Maroc), ni par les Algérois.

 

Lakhdar Amarouche avec d'autres fuqaras ont mis à leurs compte l'imprimerie qui, à Alger, éditait "al-Balagh al-Jazairi", ils possédaient des actes établissant leurs droits... Plus tard Muhammad Sharif Ouqqari le successeur du Cheih al-Abbas al-Jazaïri, le moqaddam du Cheikh al-Alawî de la zawiya d'Alger, devint le redacteur en chef d'al-Balagh al-Jazairi. Lorsqu'il succéda à la tête de la zawiya d'Alger, il decida de rompre avec tous ceux qui ont renouvelé le pacte d’allégeance avec Cheikh Adda, il leur disaient: "vous avez pris le pacte avec le maître du temps-présent et vous avez vu le miracle de vos propres yeux et maintenant vous donnez votre dos a tout celà ?"

 

2) Badr Al Haj Qouider

Le moqaddam de Relizane fût partie des contestataires (de l'ouest de l'Algérie). Al-Hajj Qouider Badr était Moqaddam à Relizane, il était d’une très grande spiritualité et parmi les proches du Cheikh al-Alawi qui lui aurait sans aucun doute transmis la succession spirituelle s'il devait le faire (d'après Cheikh Mohammed as-Sayah, qu'Allah lui fasse miséricorde et lui accorde ses bienfaits et ses faveurs). [lire une anecdote à son sujet]. Mais l'adversaire le plus irréductible des "Addistes", fut incontestablement; Cheikh Hassan Ben Mohammed at-Tarabûlsi..

 

3) Cheikh Hassan Ben Mohammed at-Tarabûlsi

[lire sa biographie].

 

4) Les contestataires et la 2ème Guerre

 

A la veille de la 2e Guerre, le Alawisme de l'Est se condensait en petite zawiyas autonomes, Alger et bien des zawiyas de l'Algérie s'érigèrent en zawiyas indépendantes, les fûqaras du Riff rentrèrent sous l'obédience héréditaire de leurs moqadem.

 

Quand le Cheikh Adda décida en 1939 de renouveler l'investiture de tous les moqadems, le journal al-Balagh essaya de provoquer en novembre 1940 une Assemblée générale des membres de la confrérie pour arbitrer le différent entre les "Addistes" groupés autour du Cheikh Adda et les contestataires fidèles à Cheikh Hassan at-Tarabûlsi. Cet appel ayant avorté, en raison du durcissement du grand moqadem de Annaba, al-Balagh, aussi paradoxal que cela pût paraître, ouvrit une violente compagne contre le Cheikh Adda, l'accusant d'avoir désorganisé et ruiné l'ouvre du Cheikh Ben Aliwa et d'avoir géré malhonnêtement les biens de la confrérie.

 

L'antagonisme entre "Addistes" et contestataires ne cesse de se creuser d'avantage depuis 1940, aucun terrain d'entente n'ayant été trouvé par suite du respect observé par le Cheikh Adda à l'égard des dispositions testamentaires du Cheikh al-Alawî et de l'intransigeance de Cheikh Hassan at-Tarabûlsi briguant le titre de chef des Alawis.

 

La situation, au sein de la confrérie Alawi, s'améliora légèrement au profit des "Addistes", avant que l'Algérie connût à son tour les aléas de la 2e Guerre mondiale. L'exemple de Cheikh Hassan at-Tarabûlsi ne tarde pas à stimuler les tendances séparatistes qui somnolaient chez certains moqadem auréolés du titre prestigieux du " Mûtawwi' " titulaire du tatwi'.

 

L'état de guerre ayant paralysé toute activité fût-elle spirituelle, allait permettre à d'autres moqadem de zawiyas de cultiver leur autonomie, encouragés en cela par l'absence totale de siyâha (tournées spirituelles) que le Cheikh Adda se devait d'entreprendre.

 

Salah Abdul'aziz al-Baghdâdi, né le 26 mai 1895 à Tlemcen et demeurant à Oran, tour à tour, moqadem de la confrérie Alawiya à la zawiya de Mostaganem, à Trézel et enfin à Oran, finit par se proclamer indépendant des "Addistes" et s'érigea lui aussi, comme chef autonome de la zawiya d'Oran.

 

A 'Ainzorem, dans le Riff, le moqadem de la zawiya Alawiya fut évincé et remplacé par un certain Mohand Dawûra, la confrérie Alawie de la ville se scinda ainsi en deux branches, celle des 'Abdawas et celle des "Addistes".

 

A Tétouan, la confrérie Alawiya connut également le même sort, si la zawiya, sise rue de la Z. Qadiriya était encore dirigée par l'Algérien al-Qûwwas et était d'obédience "Addiste", en revanche, la zawiya sise au quartier Malaga était géré par le moqadem Mûkhtâr al-Gûmri qui relevait du Cheikh de la confrérie du Riff Oriental, Mûlay Slimân Belmahdi.

 

5) L'hégémonie du Cheikh Abdullah Ali al-Hakimi  au sein des contestataires

[lire sa biographie]

 

6) Cheikh Ali al-Boudlimi

[lire sa biographie]

 

7) Les Chefs contestataires au début des années 50

Badr Qouider, chef opposant de Relizane, jusque-là effacé, organisa un petit rassemblement (ihtifal) à Relizane du 11 au 13 août 1951, quelques 400 à 500 adeptes des fractions contestataires étaient présents, ce fut Cheikh Ali al-Boudlimi qui présidait cette réunion. Diverses questions étaient abordées, la légitimité de la succession, la reconstitution convenable de l'Association de prédication et d'éducation spirituelle, la cohésion entre les diverses zawiyas "contestatrices", la nécessité de serrer les rangs face au rival commun, etc...Auparavant, une wa'da (réunion provoquée à la suite d'un vœu et se traduisant toujours par un repas) fut organisée par Badr Qouider les 12, 13, 14 août 1950 à Relizane, les fûqaras vinrent de Tlemcen, de Relizane, des Bibans, etc...

 

Cheikh Ali al-Boudlimi pensait à l'extension de sa confrérie "al-ikhwan as-Sûfiya al-Boudlimiya" et, en octobre 1952, fit construire à Oran, au faubourg V. Hugo, une nouvelle zawiya, annexe de la zawiya mère de Tlemcen, ce qui ne l'empêcha nullement d'effectuer un voyage au Maroc, le même mois, et à Tanger à l'occasion du mawsim (assemblée annuelle de la confrérie Kattâniya).

 

Quand la nouvelle de décès du Cheikh Adda fût diffusée, Cheikh Hassan at-Tarabûlsi et Cheikh Ali al-Boudlimi se déplacèrent à Mostaganem, pour présenter leurs condoléances aux fils du défunt. Cheikh Hassan at-Tarabûlsi a rendu hommage à la valeur du Cheikh Adda et à son oeuvre et regretté la querelle qui l'avait brouillé avec lui. Par contre la commémoration du quarantième jour du décès du Cheikh Adda du 8 au 10 octobre 1952, ni Cheikh Hassan at-Tarabûlsi, ni Cheikh Ali al-boudlimi n'étaient présents, ils se refusaient donc à reconnaître le nouveau chef de la confrérie Alawie, Cheikh Mohammed al-Mahdi Bentounès.

 

Badr Qouider avait rassemblé à la même date les fûqaras de son obédience, quelques 180 adeptes des régions de Mascara, de Bel-Abbés, de Tlemcen, d'Oran, de Maghniyya et de Tiaret (ce rassemblement aurait pu être une cérémonie spirituelle au profit de l'âme du Cheikh Adda qui rassemblerait ceux qui n'ont pu se déplacer à Mostaganem.)

 

8) Les rapports entre les contestataires

Quoique venu tard, Cheikh Abdullah Ali al-Hakimi, prit vite la tête des clans en désaccord avec les Addistes, et si les contestataires du Riff espagnol échappaient à son emprise morale, en revanche la quasi totalité des chefs "schismatiques" étaient proches de lui.

 

Cheikh Ali al-Boudlimi, qui prit l'initiative au sein des contestataires, de fonder sa confrérie, fit montrer au Cheikh Abdullah Ali al-Hakimi d'une amitié inaltérable, "jamais, cher ami, je n'oublierai ces moments agréables que nous avons passée ensemble auprès de notre vénéré Cheikh Ahmed Ben Aliwa...Je viens, cher ami, de parcourir l'article dans le journal "al-Salam" et mon attention a été particulièrement attiré sur l'invitation cordiale que vous avez bien voulu me faire de me rendre en Angleterre auprès de vous et ce pour répandre et professer les sciences islamiques dans la zawiya que vous avez fondé à Cardiff...je vous remercie infiniment...il m'est impossible de me déplacer..." disait dans un article publié dans "al-Salam" le 1er juillet 1949.

 

Pourtant, malgré sa famille nombreuse, ses charges d'imam, ses fonctions de professeur, de membre de la cultuelle musulmane, de l'Association des chefs de zawiyas d'A.N et enfin de guide spirituelle, Cheikh Ali al-Boudlimi partait en novembre 1952 pour Tétouan et Tanger dans l'intention de faire du prosélytisme en faveur du Cheikh Abdullah Ali al-Hakimi qui tenait encore à unir tous les contestataires contre les "Addistes" représentés en la personne du Cheikh Mohammed al-Mahdi Bentounès, qui suite au décès de son père, les grands moqadem "Addistes" lui prêtèrent serment d'allégeance le 5 juillet 1952.

 

En réalité, l'harmonie et encore moins la confiance étaient loin de régner dans les rangs des contestataires, tant s'en fallait. Ceux-ci songeaient à avoir un journal à eux, qui fut leur porte-parole, il fallait donc avoir une imprimerie, ils projetèrent naturellement de récupérer celle que détenait Lakhdar Amarouche, l'un des plus dynamiques des contestataires, mais on se méfiait de lui, car il passait, d'après, eux pour un informateur du Gouvernement Général. Il voulait conserver l'imprimerie, mais il n'est nullement le seul propriétaire, d'autres contestataires possédaient des actes établissant leurs droits.

 

Par ailleurs, Cheikh Hassan at-Tarabûlsi, et beaucoup de ses adeptes du Constantinois n'étaient pas en parfait accord avec Cheikh Ali al-Boudlimi. Ils lui reprochaient notamment d'être trop ambitieux et d'avoir organisé une nouvelle confrérie sous son obédience. Bref, un rapport de source des liaisons N.A datant du 10 mai 1952, nous décrivent "les principaux dirigeants (contestataires) comme très ambitieux (.......) il y a lieu de surveiller leur activité de prés."

 

Ce vaste mouvement de contestation faillit sérieusement emporter à la dérive tout l'édifice spirituel que le Cheikh Ahmed al-Alawî s'employa à consolider, mais l'intégrité spirituelle, la droiture morale du Cheikh Adda d'une part, la disharmonie, la suspicion, la méfiance, la recherche d'intérêts séculiers qui animaient les contestataires d'autre part, jouèrent incontestablement dans le maintien et la pérennité de l'œuvre du grand Cheikh. Peu à peu, avec beaucoup de peine, d'endurance, de persévérance, de foi, le Cheikh Adda réussit à préserver la confrérie de la désintégration.

 

Certes, l'élan créateur que le Cheikh al-Alawî donna à sa confrérie paraissait près d'être épuisé, mais, contrairement à ce que soutenait A. Berque, le grand Cheikh ne représentait pas, après sa mort, la déception d'un grand rêve. De ses enseignements, il ne restait pas que de pauvres bribes de rituel, sa doctrine n'était pas qu'une scolastique froide, inerte, décharnée. Les enseignements du Cheikh al-Alawî étaient négligés assurément par certains anciens grands moqadem contestataires, par contre, chez les "Addistes", cette doctrine était loin d'être privée du fluide brûlant dont l'anima le Maître, comme aimait soutenir A. Berque : "Cependant la volonté du Cheikh Ahmed al-Alawî de ne désigner aucun successeur sprituel n’a pas paru évidente à chacun et la succession du cheikh a suscité problèmes et contestations que certains estiment toujours non résolus. Il n’empêche que la tarîqa (…) continue d’exister et poursuit une certaine activité, mais sans rien qui puisse se mesurer avec le temps, dont se souviennent quelques vieux disciples, où, malgré sa frêle apparence, presque immatérielle, la présence du maître faisait sentir à chacun de ses visiteurs celle de l’esprit."

 

Note de l'administration du site :

Soucieux de savoir et de rapporter des vérités historiques à nos chers lecteurs et vu la complexité du sujet et le manque de renseignements complémentaires qui pourraient nous permettre d'équilibrer les faits sans porter atteinte à qui que ce soit, nous porterons des modifications incessantes à cette page, je vous invite à la consulter souvent. Un chapitre de la thèse de Salah Khelifa, que je dois dire, est ma principale source pour ne pas dire l'unique, d'autres sources s'ajoutent au fur et à mesure de mes recherches.

 

Bibliographie :

  • Salah Khelifa, Alawisme et Madanisme, des origines immédiates aux années 50.
  • Ahmad al-Alawi - Wikipédia.
  • Témoignage de sidi Muhammad Sayah (Algérie).
  • Témoignage de sidi Muhammadi Bel-Hajj (Maroc).
  • Divers témoignages de Foqaras...

 

 
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