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Origine, situations socioprofessionnelles et évolution numérique des disciples Alawîs
Historique de la confrérie - Au vivant du Cheikh al-Alawi
Écrit par Salah Khelifa   
Dimanche, 07 Janvier 1934 15:09

Au soir de la vie du Cheikh al-Alawî, la confrérie était en voie de devenir réellement cosmopolite; elle acceptait pratiquement tout le monde en son sein; elle était loin de ce qu'on appelait une confrérie sélective; ses adeptes, en tout cas, n'étaient pas triés sur le volet. Des pauvres, des riches, des ignorants, des instruits, formant un seul groupe, dans une seule enceinte pour une seule idée. Il est certain que les adeptes d'origine musulmane, ou plutôt musulmans de naissance formaient l'essentiel de la communauté Alawie. Mis à part la majorité qui était d'origine algérienne, les autres venaient du Maroc, de Tunisie, du Riff (espagnol), de Tripolitaine (Libye), du Yémen, de Syrie.

 

Les disciples musulmans de naissance

Il faut, a priori, faire remarquer que l'Islam, au sens étroit, devenu pratiquement l'apanage des sociétés citadines dans le monde islamique, ne touchait que peu de ruraux, qui laissés à eux-mêmes, sans le soutien de la vie religieuse en société urbaine, abandonnent la prière prescrite. Ainsi les citadins se trouvaient nettement plus islamisés, du moins en ce qui concernait le deuxième pilier de l'Islam (les prières rituelles), il n'est donc pas étonnant que ce fut vers les contrées les plus déshéritées, sur le plan spirituel, que les maîtres, muqaddams et grands muqaddams de la confrérie Alawiyya aiguilla son activité.

 

S'il est évident que l'on peut compter nombre de notables d'origine citadine polissée parmi les adeptes alawis, il n'en demeure pas moins évident que la majorité dominante de ces disciples provenait des milieux ruraux d'Algérie, du Maroc, de Tunisie, du Yémen, de la Palestine, de Tripolitaine (Libye), de Syrie, de la cote des somaliens, etc.…

 

Il serait intéressant de voir de près l'origine régionale de ces disciples :

  • 90% de milieu rural
  • 6% de villes moyennes (Mostaganem, Relizane, Sétif…)
  • 6% des grandes villes (Alger, Oran, Constantine…)

 

Et la situation socioprofessionnelle:

  • 90% paysans
  • 16% commerçants
  • 3% divers
  • 1% fonctionnaires
  • 1% niveau universitaire

 

Il ressort que seulement 2% des adeptes alawis étaient instruits, parmi les 1% parvenus au niveau universitaire, certains avaient fréquenté la Zaytûna (Tunisie) ou la Qarawiyyîn (Maroc); d'autres, très peu nombreux, il est vrai, sortaient des facultés d'Alger ou, plus rarissime encore, de l'université de Paris.

 

Il serait non moins intéressant de citer les moyenne d'age des disciples avec l'age de leur maître:

  • 15% âgés de plus de 60 ans
  • 45% entre 50 et 60 ans
  • 9,5% moins de 40 ans

 

Il ressort, (après enquêtes et calculs), non moins évident, que les moyennes d'age des disciples étaient en général nettement inférieures à l'age du maître.

 

L'évolution du nombre d'adeptes Alawis

Il semble très présomptueux de prime abord de donner un chiffre exact des adepte alawis et ce pour plusieurs raisons; d'abord la confrérie ne tenait pas de registres d'affiliations, car cela était hors des traditions soufiques; ces affiliations étant intimes ne concernaient que l'impétrant et le Cheikh; elles étaient donc on ne peut plus confidentielle; ensuite, les déclarations étaient tellement contradictoires au sujet du nombre des adeptes, que l'on ne peut avancer sur ce terrain qu'avec la plus grande circonspection.

 

"L'écho d'Oran" déjà en 1923, le 13/09 plus exactement, avançait le chiffre de 100.000 adeptes, quatre ans plus tard, Prost-Biraben affirmait sans ambages dans la revue "Indigène, Novembre/Décembre de 1927, le chiffre de plus de 200.000 adeptes. Augustin Berque, probablement à la suite de Prost-Biraben, soutenait ce dernier chiffre.

 

Déjà en 1914, l'année de la naissance de la voie alawiyya, la confrérie comptait environ 20.000 adeptes, en 1924 le nombre s'est vu augmenté à 90.000 adeptes, en 1927 il est arrivé à 200.000 et en 1934, la veille de la disparition du maître, le nombre a atteint les 300.000 adeptes.

 

Les disciples Alawis d'origine occidentale

Les disciples d'origine occidentale constituaient une minorité que la confrérie a réussi à toucher plusieurs personnalités dans leur cœur. Le vénéré Cheikh al-Alawî aimait énormément les européens de cœur, qui réfléchissaient et s'intéressaient à dieu, à sa religion. Plusieurs fois, il disait: "si jamais les européens trouvaient quelqu'un qui leur expliquait ce qu'est l'islam, ils constateraient, à leur grand étonnement, qu'il y a si peu de différence entre chrétiens et musulmans qu'il ne vaudrait pas la peine d'en parler…"

 

Les occidentaux musulmans au sein de la confrérie Alawiyya étaient en effet assez nombreux. Pour déterminer les origines nationales respectives des disciples Alawis d'occident, nous nous sommes basé sur certains rapports de police (rapport de la police des renseignements généraux n° 642, Mostaganem, le 6 juillet 1946, "Archives du gouvernement général d'Algérie), sur certains documents trouvés dans les archives de la zawiya de Mostaganem, qui établissaient des listes de disciples occidentaux avec la mention de leur pays d'origine respectifs et quelquefois leur profession; enfin, nous avons dû interroger certains fuqâras alawis.

 

Ces trois sources nous ont permis d'établir une liste comprenant quelque deux cent disciples d'origine occidentale ; cela était loin évidement de refléter la réalité numérique de ces types d'adeptes, les Alawis nous ayant parlé de plusieurs milliers. En toute objectivité, il sera quasi impossible, en tout cas au stade actuel de nos investigations, d'avoir une idée réelle du nombre des disciples natifs des pays d'occident ; quoi qu'il en soit, avec la liste que nous avons réussi à établir, nous pouvons déjà avoir une idée des différents horizons occidentaux pourvoyeurs d'adeptes.

 

Liste de répartitions nationales des adeptes Alawis d'Occident :

  • 48% : des Français
  • 36% : des Britanniques
  • 7.5% : des suisses
  • 4% : inconnus
  • 2% : Américains
  • 1.5% : des Hollandais
  • 0.5% : des Belges
  • 0.5% : des Canadiens

 

Les disciples britanniques que nous avons pu nous faire une certaine idée de leurs origines régionales respectives.

Liste de répartitions régionales des adeptes Alawis d'origine Britanniques :

  • 50% : origines régionales non déterminé
  • 24% : de Birmingham
  • 10% : de Londres
  • 7% : de Cardiff
  • 7% : de South Shields
  • 2% : Liverpool

 

Nous n'insisterons jamais assez sur la valeur toute relative de ces chiffres ; ils nous permettent néanmoins de relever que la moitié au moins des disciples alawis de nationalité britanniques étaient d'origine citadine ; en d'autres termes, le milieu rural n'apparaît pas, du moins à la lumière de ce diagramme, de façon patente ; tant s'en fallait. La citadinité des adeptes alawis d'origine occidentale est encore mieux mise en évidence chez les adeptes helvétiques : sur 15 suisses relevés dans notre liste, 10 d'entre eux provenaient de Lausanne ou de Genève, soit 75%.

 

Ainsi donc, contrairement aux adeptes musulmans de naissance, dont l'origine rurale était nettement prédominante, les alawis d'occident se seraient recrutés fondamentalement dans les milieux urbains.

 

Il est vraiment dommage que nous n'ayons pas toujours trouvé d'indications ayant trait aux activités socioprofessionnelles de ces disciples. Les documents officiels, pas plus que ceux de la confrérie Alawie, n'abondent dans ce sens ; comme, par ailleurs, nous n'avons pu nous fier aux mémoires des fuqâras des première et deuxième générations pour combler les lacunes. Nous nous sommes vu obligé de nous contenter des quelques renseignements d'archives qui, pour avoir été chiches, n'en sont pas moins édifiants ; il en ressort, en tout cas que, sur les dix adeptes dont les activités socioprofessionnelles étaient mentionnées, 6 avaient terminé leurs études universitaires (2 ingénieurs, 3 médecins, un professeur), 2 étaient artistes (un sculpteur et un peintre), un était journaliste et le deuxième navigateur.

 

S'il est certain que cela ne peut nous satisfaire, tant ces renseignements sont lacunaires (nous sommes même tenté d'affirmer que c'est vraisemblablement parce que ces professions étaient "honorables" qu'elles étaient justement mentionnées). Nous sommes quand même en droit de croire à la suite d'Augustin Berque, Anawati et Gardet que la confrérie Alawie de Mostaganem "sut gagner des Européens de haute culture".

 

Les raisons d'affiliation à la tarîqa Alawiyya

La tarîqa Alawiyya avait séduit ces disciples occidentaux pour plusieurs raisons que nous pouvons subdiviser en deux grandes catégories : objectives et subjectives.

 

Les adeptes alawis d'occident d'après A. Berque "ont vu en Cheikh Ben'aliwa une tragédie de la pensée moderne, la réaction de l'âme contre la civilisation mécaniste, qui, oublieuse du cœur, réduit le monde à une froide géométrie. Les profès, souvent d'une … indéniable probité spirituelle, appartenait à cette catégorie d'esprits anxieux d'évasion et de régénérescence métaphysique, qui, vers 1923 demandèrent à l'orient d'impérieuses raisons de rêver et de vivre".

 

C'est que cette civilisation mécaniste, fille naturelle d'une conception matérialiste du monde étouffait la voix du cœur…

 

"Je viens à l'islam outré … d'une civilisation dont le matérialisme sordide est une insulte à toute évolution humaine. Pendant vingt ans je fus en France un militant communiste et un syndicaliste dont l'action me fit goûter pas mal de prison et de camps de concentration … Au bout de vingt ans j'eus la douleur de constater que tout ce qui est basé sur les hommes a le résultat de sentir une partie de ces hommes au détriment des autres. L'injustice change de camps ; mais elle reste ; les gens honnêtes et sincères sont toujours les dupes …", "… lorsque je vins la première fois devant le vénéré Cheikh Adda, c'était (donc) en révolutionnaire …". (Ces propos proviennent vraisemblablement d'Alphonse Abdallâh Rédha IZARD publiés dans la revue Alawie El-Morchid 09/1946, 12/1950).


*(Quant à Abdul-Karim Jossot, dans son intitulé (Le sentier d'Allah) qui démontre avec beaucoup de clarté en une analyse psychosociologique et un esprit éclairé le malaise spirituel des occidentaux de son époque. L'auteur Salah Khalifa, a importé dans ce chapitre plusieurs paragraphes du (Sentier d'Allah), en référence des raisons qui ont poussé Jossot à parachever sa foi vers l'islam et un peu plus loin, on lit que la beauté trônant aux antipodes de la laideur enfantée par le matérialisme aveugle, joua un rôle non moins déterminant dans son parcours d'achèvement de la foi) . Si nos chers lecteurs souhaitent lire l'intégralité ou une partie du (Sentier d'Allah) nous les invitons à se diriger vers ce lien.

 

Dans la revue Alawie El-Morchid 07/1949, et 08/1949 n° 29 page 17, un disciple italien écrivait de Naples ceci : " pendant de longues années, j'ai cherché le moyen de réaliser ma vocation spirituelle ; mais c'est bien difficile de trouver ici, dans l'occident moderne, une voie de l'esprit…

 

Le christianisme… est réduit en des conditions si dégénérées et il s'est tant mêlé à la politique et au monde profane qu'il ne peut plus donner aucune aide à quelqu'un qui cherche à aller à Dieu…

 

Depuis un certain temps, c'est l'Islam qui a attiré mon cœur par sa simplicité primordiale, par son témoignage de l'Absolue Unité divine, par sa pureté lumineuse… j'ai ainsi compris que c'est peut-être seulement, en se rattachant à une Tariqa, qu'on peut, dans les présentes conditions de l'humanité, avoir les moyens pour s'acheminer… vers la reconnaissance de Dieu…"

 

Il s'avère ainsi que le matérialisme effréné qui formait les fondements de la civilisation occidentale, en l'occurrence européenne, était l'origine profonde de l'abjuration de beaucoup de disciples occidentaux, chrétiens de naissance, et de leur cheminement progressif ou rapide vers la confrérie Alawie. Les iniquités stigmatisées çà et là, les " ténèbres ", l'agitation fébrile débouchant sur les guerres ; les guerres débouchant sur le chaos social, n'étaient, en fait que les corollaires logiques et prévisibles d'une civilisation frappée de cécité spirituelle, par ce que faisant de l'accumulation inconsidérée des richesses matérielles son choix quasi unique ; l'esprit ayant déserté le corps, celui-ci se transforma graduellement en cadavre défiguré par l'effet de la décomposition.

 

Le christianisme était considéré, lui aussi, non seulement comme une force spirituelle amoindrie, inopérante, sans efficacité aucune, en comparaison des forces autrement puissantes du matérialisme, mais aussi et surtout comme une révélation dégénérée, entrainée qu'elle était dans le tourbillon général ; le Clergé qui parlait en son nom n'ayant pas échappé non plus au cercle d'une telle civilisation.

 

Les raisons alléguées par ces disciples d'occident, leur vision de leur société d'origine ne rendaient nécessairement pas compte de toute la réalité objective. Nous sommes porté à penser que les périodes dramatiques vécues par l'occident au moment des deux guerres mondiales favorisent ces itinéraires spirituels exceptionnels.

 

D'autre part, quand Abdul-Karim Jossot écrivait son (Sentier d'Allah), il était non seulement musulman depuis plusieurs années, mais encore soufi. Cet état de fait n'influença t-il pas l'auteur dans la description qu'il fit de son cheminement antérieur ?

 

Parallèlement à ces causes objectives, d'autres, de nature purement subjectives, déterminent bien des disciples à embrasser la Tariqa Alawiyya.

 

A en croire Marcel Carret, qui rapportait les propos du cheikh Ahmad al-Alawi, à la zawiya de Mostaganem :" venaient tous ceux qui se sentaient troublés par la pensée d'Allah !"

 

Pour d'autres disciples c'était la souffrance qui avait déclenché en eux le besoin impérieux de chercher un maître spirituel : "Quand la souffrance parait à son comble… elle est une source d'élévation pour l'homme.", "… (Mais) je ne veux pas me lier avec le Principe Créateur, avec Dieu… Enfin, un jour que je refusais de me mettre en prière, une voix a raisonné à mon oreille et par trois fois m'a dit : A genoux et prie ! A genoux et prie ! Et encore A genoux et prie !", "…Depuis ce moment inoubliable pour moi, car j'ai senti une puissance, une volonté supérieure qui me dépassait, il n'y a plus de doute dans mon cœur. Pour moi Dieu était bien Vivant et m'exhortait…" (El-Morchid 08/1948, n°18, page 8.)

 

Parti de Hollande, Dirk Omar Van Leewwen alla visiter l'Algérie : "pourquoi Alger? Par chance ? Toujours lorsque je m'interrogeais, la réponse était là ; Alger…J'étais donc là, mais contrairement aux autres touristes, je visitais sans cesse le quartier arabe. Je mangeais toujours dans un petit restaurant arabe. La tranquillité, l'amitié, la noblesse de ce peuple m'enthousiasmaient…" (El-Morchid 08/1950, n°40, page 6.)

 

Frithjof Schuon était déjà musulman avant de débarquer à Mostaganem ; déjà il s'appelait 'Isa Nûr-ad-Dîn Ahmad. Il était à la recherche du Ghazali vivant, du Hallaj vivant ; car il avait lu et ressassé les œuvres maitresses des grands sages des siècles passés.

* (L'auteur Salah Khalifa, n'ajouta rien de nouveau au sujet de Frithjof Schuon, sinon sa vision en 1951 du Cheikh Ahmad al-Alawi à Mulhouse entre l'éveil et le sommeil l'invitant à se rendre à Mostaganem auprès du Cheikh Adda Bentounès. Contrairement à ce qu'écrivit l'auteur, Frithjof Schuon se rendit pour la deuxième fois à la zawiya de Mostaganem, la première fois c'était entre décembre 1932 et avril 1933.)

 

Pour d'autres, présentés tout à fait fortuitement au cheikh Adda, ce fut la personnalité du maître de la confrérie qui les subjugua, sa façon d'enseigner la doctrine, en exemple Théodore Mounir Reindollar (El-Morchid 04/1950, n°36, page 5) "…sas paroles ont paru venir d'une source plus profonde et plus vraie. Chaque nouvelle visite m'apportait la certitude que le Cheikh avait reçu son enseignement directement de dieu…"

 

Ainsi donc, après avoir passé en revue les principales causes d'affiliation des disciples d'Occident à la tariqa Alawiyya, il est clair que la civilisation technicienne du milieu du XXe siècle, avec sa foi au matérialisme qui accorda la primauté à l'action et aux sciences profanes au détriment de l'idéal spirituel était de très loin la plus abondamment invoqués. Il est exagéré, si ce n'est pas dénué de fondement, de penser avec Muhammad al-Buhli al-Nayyal qui écrivait dans son livre (al-Haqiqa al-Tahiriyya lil tasawwuf al-Islami, Tunis 1965, page 416) que les aspirants au soufisme y sont poussés "par la peur, l'angoisse et les chocs psychologiques."

 

Tous les disciples occidentaux dont nous avons trouvés la trace dans les archives de la confrérie Alawiyya qui ont pris un nom musulman. L'adoption systématique de prénoms arabo-musulmans traduisait le désir et la volonté de changer de personnalité, dans son être le plus profond, puisque le prénom est le symbole même de l'identité de cet être ; même si nous ne l'avons pas choisi.

*(Les noms sont des réceptacles de sens et chaque personne subit souvent en partie l’influence de son nom. Il n’est pas obligatoire de changer de prénom pour le converti, à moins qu’il porte un nom impliquant la servitude à l’égard d’un autre qu’Allah. Cependant, il est recommandé d’embellir les noms. Cet embellissement peut consister à adopter un nom musulman.)

 

Nous finissons par nous y faire, l'adapter à notre personnalité, l'adopter, nous identifier à ce symbole ; ainsi donc en adopter un autre signifie purement et simplement vouloir changer d'identité.

 

Cette volonté de changement se matérialisait toujours et cela était surtout vrai pour les disciples ayant vécu à la zawiya mère de Mostaganem par l'adoption de l'habillement arabo musulman.

 

Un correspondant anonyme écrivait à Jossot : "A vous voir vêtu de l’archaïque et noble costume oriental, on s’imaginerait que vous n’en avez jamais porté d’autre : il n’est pas jusqu’à votre physionomie qui ne soit devenue idéalement arabe.". Marcel Carret, affirmait lui aussi que le costume musulman "lui seyait si bien qu'il eut pu lui-même se faire passer pur un cheikh…."

 

D'un autre coté, si tous les disciples ne furent pas tous versés dans la langue arabe littérale, il n'en resta pas moins qu'ils durent apprendre au moins les quelques sourates nécessaires à leurs prières rituelles et les concepts clefs du soufisme Alawi. D'autres, par contre, ceux qui avaient élu domicile à la zawiya mère, se faisaient facilement passer pour des mostaganemois ; rien ne trahissait leurs origines occidentales, ni leurs accoutrements vestimentaires, ni leur accent, ni leurs prénoms. Certains vécurent à Mostaganem plus de 15 ans et y moururent.

 

Auteur: Salah Khelifa. Alawisme et Madanisme, des origines immédiates aux années 50. Thèse pour l'obtention du Doctorat d'état en études Arabes & Islamiques. Université Jean Moulin Lyon III.


*D'autres imminents disciples occidentaux très connus actuellement :

• Emile Dermenghem (1892 - 1971) conservateur en chef des Archives de la Délégation générale en Algérie de 1942 à 1962
• J. H Probst-Biraben (1891-1972) était professeur à Constantine et fut Moqadem de la tarîqa ‘Alawiyya dans les années 20-30
• Abdul-Rahman Tapié, libraire à Oran, premier disciple européen du Cheikh Ahmad al-Alawi.
• Djaffar Eugène Taillard, interprète assermenté au tribunal de Tunis.
• Myriam Céréno, de Tunis également.
• Pour René Guenon, nous n'avons pas de preuves écrites qu'il eut des correspondances avec le Cheikh Ahmad al-Alawi.

• Et bien d'autres...

 
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