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39-Abû 'Azza al-Mahâjî al-Tilimçânî (Bouazza Mahadji)
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Écrit par Derwish al-Alawi   
Mercredi, 07 Novembre 2012 03:09

L'honnête Cheikh, le Saint estimé, le vénéré, le respectable, le notable et noble (chérif), Homme de bénédiction et de noblesse, le connaissant par le Tout-Puissant, Sidi Abu Abdullah Abû 'Azza (Ya'za) al-Tilimçânî al-Mahâji, de la tribu "Mahâja" de Béni 'Amer, près de Tlemcen. (Autres orthographes : Bouazza, Bouaza, Mehadji, Mahadji, Mahagy, Mehagi)

 

L'origine de Sidi Abu Abdullah Abu Azza al-Tilimçânî al-Mahâji remonte à sidi Maymûn ben Mohammed ben Abdullah ben moussa ben Issa Ben Al-Hussein Ben Amrân Ben Ibrahim Ben Ali Ben al-Hassan Ben Ahmed Ben Mohammed Ben Idris Al-Azhar Ben Idris al-imam Ben Mawlâna Abdullah "le parfait" Ben al-Hassan II Ben al-Hassan al-Sibth Ben l'imam Ali Ben Abû Tâlib et Fâtima al-Zahrâ fille du prophète d'Allah (que la proximité et la paix d'Allah lui soient adressés).

 

Il était disciple du connaissant par Allah, le Cheikh Moulay al-'Arbî Ibn Ahmad al-Darqâwî, et de lui, il obtint son désir. Il a été dit, qu'il était dans ses début silencieux, jusqu'à ce que son maître al-'Arbî ad-Darqâwî lui dit un jour : "parle !" Ainsi, à partir de ce moment là sa langue s'est mise précipitamment à parler. Ses paroles qui éblouissaient les esprits, ne pouvaient toutefois venir que de la part des hommes capables, il a dit : «Si les anges descendaient du ciel vers nous, nous aurions entrepris le dialogue avec eux dans les sujets des vérités." Quand il se réunissait avec les Ulémas, il les laissait confus, et personne n'eut le pouvoir de le débattre dans les divers sujets.

 

Il faisait partie des gens des vérités et des sciences spirituelles, il était d'une grande Majesté et d'une importance imminente. Il lui fut attribué beaucoup d'actions prodigieuses et tous ont témoigné qu'il avait des honnêtes états spirituels, de bonnes éthiques et qualités aimables, le dévoilement et un cœur illuminé. Il avait une zawiya à Oujda, et une autre à Tlemcen, fréquentées par ses compagnons et ses disciples.  Il est à juste titre le premier qui propagea la tarîqa Darqâwiyya en Algérie, surtout à l'ouest du pays dont Tlemcen était le centre spirituel de la tarîqa.

 

Il a tété rapporté qu'un jour il était assis avec certains Ulémas, et une personne est venu poser une question juridique difficile à traiter, un des Ulémas lui avait répondu de ce qu'il savait et mémorisait du texte de "al-Mukhtassar". Le Cheikh Abû Azza lui dit, alors qu'il n'était pas un spécialiste dans le domaine de la jurisprudence et n'avait jamais lu quelque chose dans le texte de "al-Mukhtassar" : "Il y a en moi quelque chose de cette jurisprudence, je pense que votre réponse n'est pas conforme, je vous conseille de consulter les spécialistes des commentaires à ce sujet". Le savant mentionné a fait ce que le Cheikh Abû Azza lui avait recommandé et tous les commentateurs s'étaient opposés à sa réponse, ce qui l'a énormément étonné.

 

Il mourut, qu'Allah lui Soit Miséricordieux, le vendredi 15 Rabi' II 1277 de l'Hégire, correspondant au 15 Septembre 1860, il fut enterré dans la mosquée du Secours Sidi Abu Madiyan Shu'ayb à Fez (1 ), qui est connue dans l'extrême quartier de la Rumayla de la partie andalouse de Fèz (al-Qarawiyyîn), (d'une distance d'un arc à droite du mihrab). Un sanctuaire qui est visité et sa bénédiction sollicitée, qu'Allah soit satisfait de lui et sanctifie son esprit noble.

 

Parmi ses paroles (qu'Allah soit satisfait de lui) un poème décrivant son état spirituel, il parle ici des (secrets) dont il fut témoin :

Les secrets de l'Amour divin (nouvelle traduction)

Ô toi, réprobateur, cesse de ce fait !
Si de ce savoir, tu savais…
Tu serais à ton tour, fort passionné

Lâche prise, et sois résigné
Car l'Amour, de mon cœur s'est emparé
De mon esprit, mes forces et mon entité

M’a rendu témoin, gratifié de ses secrets
Et fus fort éperdu par leurs beautés
À qui le chant d’oiseaux fut symphonisé

À Adam, lui valurent la primauté
Et les anges, de leurs éclats, furent fascinés
Et se prosternèrent, soumis en humilité

Noé, fondit en larmes par regret
Aussi sur l'Arche, ils l’apprivoisaient
Et du grand péril fut sauvé

Abraham l'intime, les festoyait
Et sur les idoles s'excitait et titubait
En législateur les détruisait

Sitôt jeté au bûcher, Ils l’apprivoisaient
Puis le stratège des immérités
Se retourna contre eux et les réprimait

Moïse, dans le Mont Sinaï s’isolait
Délectant lors des jours passés
A apprivoiser leurs intimités

Jésus, par leurs générosités
Fut largement gratifié
Et en toute circonstance, fut assisté

Ahmed, l’éminent des messagers
Dans ces secrets, le seul distingué
Par son éminence, la prophétie fut scellée

Mohammed, Ahmed, louangé, loué
Singulier dans la splendeur des secrets
N’est ni précédé, ni succédé

Ces secrets ne sont contemplés
Que si le sensé, de tout est annihilé
Ce fait accompli, il les verra rayonner !

Ô Allah, Le Révélateur par bonté
Accroissez à nos cœurs vos subtilités
Par la Vérité nous réaliser, ne laissez point de nuée

Qu’on soit lucides, clarifiez les secrets
Par Votre lumière, là où Vous les placez
Ô Le Clarificateur, nos désirs Vous sont voués

Renforcez le lien de votre intimité
À « al-Mahâjî Abâ 'Azza », Votre serviteur dévoué
Soumettez-le pleinement à Votre Volonté

Accordez davantage Votre proximité
Ainsi que Votre paix et Bienfait
À celui que les astres lui sont inclinés

Ainsi qu'à ses compagnons et sa postérité
Et la communauté spirituelle de sa lignée
Et amplifiez le nécessaire du savoir tant aspiré

---

(Ancienne traduction)

Ô toi qui ne cesse de me réprouver

Laisse-moi ! Si tu aurais gouté ce que j'ai gouté

Tu serais comme moi, avide

Pour Celui dont Il Est Sujet de mon désir.

 

Soumet-toi, et cesse de blâmer !

Car l'Amour s'est emparé de tout mon cœur

Aussi de mon esprit

De toutes mes forces et de tout mon être.


Je fus fortement éperdu par la beauté des secrets

Dont Il m'a fait témoin

Par lesquels les chants d'oiseaux

Sont en proses cadencées.


C'est pour ces secrets

Que la préférence fut portée à Adam

Et par leur sublime beauté

Que les anges soumis, se prosternèrent à lui.


Et c'est pour eux que Noé, par son désir ardent

Ses larmes débordèrent

Et c'est par eux, sur l'Arche

Qu'il fut sauvé et protégé.


Et c'est par eux qu'Abraham

L'ami intime de Dieu

S'excita et tituba sur les idoles

Et les détruisit en législateur.


Et c'est par eux, au milieu du feu

Qu'il trouva son plaisir

Et le stratège de ses adversaires

Se retourna contre eux en les réprimant.


Et c'est par eux dans la Montagne "Thôr"

Que Moïse apprivoisa leurs intimités

Et c'est par leur faveur que Jésus

Fut couvert de robes d'honneur.


Et Ahmad le meilleur des prophètes

Le mieux versé dans ces secrets

C'est par eux, qu'il reçut le sceau de la prophétie

Et fut élevé en éminence.


Muhammad (louangé), Ahmad (loué)

Unique dans leurs parfaites beautés

Nul n'atteignit son rang

Parmi les antérieurs et les ultérieurs.


Le raisonnable n'atteignit ces secrets

Que lorsqu'il s'annihile

De toutes les choses

Alors, il les verra toutes rayonnantes.


Ô Allah, Le Révélateur

Sois généreux en dévoilements

Et par la Vérité œuvre pour qu'on soit réalisés

Et ne laisse devant nous aucune entrave.


Et clarifie-nous les secrets

Là où Tu les As placés

Par Ta lumière ô Le Clarificateur

Car nos désirs ne sont que pour Toi.


Et affermis le lien de Ton intimité

Pour Ton serviteur al-Mahâjî Abu 'Azza

Et fasses qu'il soit infailliblement soumis

À Ta Toute Volonté.


Et alloue d'avantage Ta proximité

Ainsi que Ton Salut et Ta Bénédiction

Á celui que les astres se prosternent

Pendant qu'elles sont en perpétuels mouvements.


Ainsi qu'à sa descendance, à ses compagnons

Et à la communauté de son héritage

Et accorde-nous d'avantage de la connaissance

Ce qui nous est avantageux.

 

Source :

- "Silwat al-Anfas wa muhadatat al-Akyas bi man aqbara minal ulama wal solaha bi Fès", du cheikh Mohammed Ben Ja'âfar al-Kettânî (sur lui la miséricorde de Dieu et que les lumières et la miséricorde de Dieu soient débordées dans sa tombe).

- "Al-Sharb al-Muhtadhar wal-Sirr al-Muntadhar min ma'în ahl al-qarn athalith 'achar", du Cheikh Ja'âfar Ben Idriss al-Kettânî (sur lui la miséricorde de Dieu et que les lumières et la miséricorde de Dieu soient débordées dans sa tombe).

- Il existe une autre biographie dans "Ithâf al-matali'" (2619 Encyclopédie), introuvable en ce moment.

 

Notes :

1- Mosquée de Sîdi Boumédiène à Fez, c'est une petite mosquée, sans minaret, qui a été bâtie à l'endroit où Sîdi Boumédiène donnait ses leçons, au fond du quartier de Er Remila, dans l'Adouat El Andalous de Fez. D'après Çalouat El Anfas, des gens de Tlemcen ont apporté un morceau de marbre qui se trouvait à la tête du tombeau de Sîdi Boumédiène. Il est placé aujourd'hui près de la porte de la mosquée de Er Remîla, appuyé contre l'arc où se voit le tombeau de Sîdi Bouazza El Mehaji El Tlemsani. Cette mosquée est très ancienne et en mauvais état. (LES MUSULMANS D'ALGÉRIE AU MAROC, Archives Marocaines VOLUME XI N° 1, 1907)

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Un remerciement particulier pour les Cheikhs ; Muhammad ibn Ja'âfar al-Kettânî et Ja'âfar ibn Idris al-Kettânî, pour avoir mentionné le Cheikh Abu Azza al-Mahâjî, car sans cela nous serions restés dans l'ignorance au sujet du Cheikh al-Mahâjî. J'ai passé plusieurs années à la recherche de sa biographie, en demandant à Dieu toujours de m'aider à la trouver, si bien que je réussi un jour, d'abord dans le livre "Silwat al-Anfas wa muhadatat al-Akyas bi man aqbara minal ulama wal solaha bi Fasî", du cheikh Mohammed Ben Ja'far al-Kittani (sur lui la miséricorde de Dieu et que les lumières et la miséricorde de Dieu soient débordées dans sa tombe), ensuite dans "Al-Sharb al-Muhtadhar wal-Sirr al-Muntadhar min ma'în ahl al-qarn athalith 'achar", du Cheikh Jaâfar Ben Idriss al-Kittani (sur lui la miséricorde de Dieu et que les lumières et la miséricorde de Dieu soient débordées dans sa tombe) où j'ai trouvé un paragraphe non sans intérêt. Que Dieu récompense ces deux érudits et les rétribue de ce qu'Il donne par Sa faveur au gens de l'excellence.

 

Il est bien entendu que Cheikh Abu Azza était un maître qui préférait l'inertie, il n'aimait pas apparaître ni la célébrité, c'est pour cela qu'on peine à trouver sa biographie ou même un passage de ses paroles dans les livres compétents, jusqu'au point que sa mémoire a faillit être oubliée parmi la masse des croyants. Je me souviens avoir lu quelque part dans un des livres du Cheikh al-Alawî (je ne me souviens pas lequel) qu'il avait demandé à son maître Sidi Mohamed al-Bûzîdî : "qui était le véritable maître dans la voie de Sidi Muhammad ibn Qaddûr al-Karkarî qui l'a autorisé à éduquer, à orienter vers Dieu et inculquer le Nom Singulier ?" Sidi Mohamed al-Bûzîdî lui répondit : "c'est sidi Abu Azza al-Mahâjî". Quant au Cheikh Muhammad ibn Abdul-Qâdir al-Bâsha, il lui a autorisé à inculquer les litanies "al-awrâd", que Dieu ait pitié des deux maîtres et les reçoit avec satisfaction. Malheureusement on n'a pas trouvé de traces écrites de sidi al-Mahâjî, le seul poème orphelin que j'ai découvert se trouve dans le Dîwân du Cheikh Ahmed al-Alawî (qu'Allah soit satisfait de lui).


Traduit de l'Arabe par Derwish al-Alawî
Les Amis du Cheikh Ahmed al-Alawî
Mise à jour le Samedi, 31 Octobre 2015 23:17
 
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