Marcel Carret
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Écrit par Derwish al-Alawi   

Élève à l'école du service de santé militaire de Lyon 1897. Membre de la Société Astronomique de France 12/1911 présenté en (docteur en médecine, licencié en géologie et en zoologie) n° 1940. Habitait au 85 Boulevard Victor Hugo, Béthune, Pas de Calais, 5215. Chirurgien militaire de carrière, exerçant en Algérie (Mostaganem) à partir de 1920 (article de 1922).

 

 

 

 

Le Docteur Carret fut, à partir de cette date, le médecin du Cheikh al-Alawi et il était devenu un ami et un intime de la Zaouïa (lieu de réunion des foqara) sans cependant jamais faire partie de la confrérie. Il écrit un texte, daté "Tanger, mai 1942", la première édition en français de ce texte était sous forme de livret de trente pages édité à Mostaganem en 1947 sous le titre : "Le Cheikh EL-Alaoui (Souvenirs)". Il maintient sa relation avec la zaouïa alaouia après le décès du Cheikh al-Alawi, or en 1948, il est président d'honneur de l'Association spirituelle d'étude islamique fondée par Cheikh Adda Bentounès.

Dr. Carret y vécut bien des années à Tanger, probablement jusqu'à son décès suivant une lettre qu'il envoya au propagandiste anarchiste ARMAND, Ernest-Lucien Juin (1872-1962) le 23 novembre 1957.

En 1935, il entama plusieurs tours du monde et donna des conférences assistés par des photos et films en couleur sous le titre "Comment je fis le tour du monde" Mai - Juin 1936, (article).

 

Comment je fis le tour du monde. Une conférence du docteur Carret à Mostaganem

Après une relation fort Intéressante de la première partie de son voyage autour du monde, New-York, La Havane, Los Angeles, San Francisco. Honolulu, notre concitoyen, M. le docteur Carret fit revivre, mercredi soir, au théâtre municipal (de Mostaganem), son séjour au Japon, en Corée, en Chine du Nord et du Sud pour s'arrêter aux Iles Philippines.

Après avoir exprimé le dépaysement passager qu'éprouve l'occidental à son arrivée à Tokyo, ce n'est pas sans émotion que le docteur Carret rappela son séjour dans l'île sacrée de Miyajima, aux sites enchanteurs et dans laquelle les daims et les biches vivent en pleine liberté. Le vieux Japon existe toujours, mais évidemment l'orgueil national tend à n'opposer à l'étranger qu'une civilisation en apparence conforme à la sienne.

M. le docteur Carret nous apprit qu'en Extrême-Orient, deux nations seulement ont une réelle influence : le Japon et l'U.R.S.S. On ne s'y soucie guère de l'Europe.

Parlant de l'impérialisme japonais, le conférencier remarque que "si déjà le Japon a, en fait, conquis la Corée, la Mandchourie, le Jehol, la Mongolie intérieure et veut en faire autant de la Chine elle-même, tant du Nord que du Sud, des Iles philippines, etc. c'est qu'actuellement le Japon est tributaire de nombreux pays pour le blé, le coton, les minerais de fer, le pétrole et le caoutchouc et que les pays sur lesquels il a jeté son dévolu en sont pourvus"

Le docteur Carret noua conduisit alors à Pékin, capitale de la Chine du Nord, à Nankin et à Canton, à Macao, le Monte-Carlo de l'Extrême-Orient. Le conférencier nous fit sentir le violent contraste qui différencie la Chine hautaine et sale du Japon propre et accueillant. Il souligna le conflit qui existe entre les générations d'hier et d'aujourd'hui : ce nationalisme farouche qui voudrait la réorganisation.

Le docteur Carret amusa fort l'auditoire en parlant des taxi-girls, extraordinaires danseuses que les Européens apprécient fort à Shanghai moins fort cependant que les jeunes Chinois qui ont pris goût à certaines coutumes essentiellement occidentales.

Puis, ce sont les Iles Philippines, américanisées. mais où, en certains points, la véritable jungle tropicale existe encore.

Une projection de films défila devant un auditoire captivé : sites enchanteurs de l'ile Miyajima, grande muraille de Chine, à la construction de quoi succombèrent un million d'ouvriers, etc.

Cette seconde conférence, comme la première. valurent au docteur Carret des applaudissements enthousiastes d'un public qui restera longtemps sous l’impression de cette relation très finement observée d'un voyage autour du monde d'une durée de plus d'une année.

Nous le félicitons bien sincèrement et le remercions au nom des bénéficiaires de ces réunions : les chômeurs de Mostaganem.

Pierre Mathiot. (article)

 

Source des photos