Abdu-Rahman Ayrout
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Écrit par Derwish al-Alawi   

La ville de Banias : Le château d'Al-Marqab Ville côtière syrienne au bord de la Mer Méditerranée, Banias fut un ancien port déjà connu du temps des Phéniciens. Entourée de collines et de montagnes, elle est surplombée par le château d’Al-Marqab, une forteresse massive construite en pierre basaltique noire et comptant quatorze tours. Les vergers et les champs de cette ville se voient protégés par des murs de cyprès fièrement dressés contre le vent maritime. Banias fut connue pour ses forêts, ses exportations du bois, ses vergers et ses collines vertes. Mais aujourd’hui la nature a cédé du terrain et les forêts sont en voie de disparition face au développement de raffineries de pétrole, symbole du paysage moderne de cette ville.


Jeunesse et apprentissage : Sheikh `Abd Ar-Rahmân `Ayrût naquit à Banias en 1918. Depuis son enfance, il s’orienta vers le savoir religieux. Il s’appliqua à la mémorisation du Coran et l’acheva alors qu’il n’avait que douze ans. En 1936, il entama une nouvelle phase de ses études et se dirigea vers la prestigieuse ville d’Alep pour suivre les cours de l’École Al-Khasrawiyyah, un institut islamique phare dans le pays à cette époque.

Ses Sheikhs et ses postes : `Abd Ar-Rahmân `Ayrût se forma à Alep auprès de nombreux Sheikhs dont Sheikh Jamîl Al-`Aqqâd et Sheikh Amîn Allâh `Ayrûd qui témoignèrent de sa droiture et de son savoir.

Par ailleurs, il fit la connaissance de Sheikh `Abd Al-Qâdir `Isâ [1], et s’initia auprès de lui à la voie soufie shâdhilie dont il devint une figure saillante.

Au terme de ses études à la Khasrawiyyah, il enseigna pendant un certain temps dans la ville de Hamâh, puis à Lattaquié. Puis il retourna dans sa ville natale qui devint le foyer de ses enseignements et de sa prédication. Son savoir n’était pas simplement d’ordre académique. En effet, la science qu’il assimila auprès de ses Sheikhs se traduisit par un grand scrupule, une dévotion, et un ascétisme forgés par son cheminement vers Dieu.

L’amour que les gens vouèrent pour Sheikh `Abd Ar-Rahmân lui valut d’être surnommé « le Sheikh de Banias ». Il devint la référence de la côte syrienne dans trois domaines : les lettres arabes, les jugements juridiques, et l’éducation spirituelle des aspirants à l’Agrément de Dieu. Sa méthodologie consistait à dispenser à ses disciples une base solide en jurisprudence, puis à les faire évoluer dans la discipline du soufisme pour allier la lettre à l’esprit de la Loi islamique.

On lui proposa de diriger le Ministère des Affaires islamiques et des Biens de mainmorte, mais il déclina cette proposition et fonda l’Association de la Bienfaisance et des Services Sociaux de Banias qu’il présida pendant des années.

Par ailleurs, il construisit la Mosquée du Tout-Miséricordieux à Banias. Après son décès, ses enfants poursuivirent ses efforts et veillent aujourd’hui au bon fonctionnement de la mosquée.

Témoignages à son sujet : Le Sheikh de la confrérie shâdhilie et le célèbre savant d’Alep, Sheikh `Abd Al-Qâdir `Isâ, dit de lui : « Celui qui voudrait voir le Hasan Al-Basrî de notre époque, qu’il porte son regard sur Sheikh `Abd Ar-Rahmân `Ayrût ».

Sheikh Ramadân Al-Bûtî, le père de Sheikh Muhammad Sa`îd Ramadân Al-Bûtî, le rencontra une fois et le surnomma à cette occasion « le gardien de la côte ».

L’éducateur d’origine turque, Sheikh Ahmad Fath Allâh Jâmî, qui succéda à Sheikh `Abd Al-Qâdir `Isâ à la tête de la confrérie shâdhilie, dit à son sujet : « C’est un précieux trésor, honorant l’éthique de la confrérie ».

Le juriste aleppois Sheikh Mustafâ Az-Zarqâ et Sheikh `Abd Al-Qâdir `Isâ le chargeaient de prêcher à leur place lorsqu’il leur rendait visite.

Une solide amitié le lia à de nombreux savants et prédicateurs syriens comme le savant de Hamâh Sheikh Muhammad Al-Hâmid, le Mufti de Syrie Sheikh Abû Al-Yusr `Âbidîn, Sheikh Mustafâ As-Sibâ`î, Sheikh Subhî As-Sâlih, et bien d’autres encore.

En 1996, la ville fut secouée par la nouvelle de son décès et les habitants de Banias sortirent dans un cortège funéraire impressionnant pour dire adieu à celui qui passa sa vie à les éduquer avec sagesse et dévotion.

 

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