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Al-Bûzîdi Bujrafi al-Nadori
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Écrit par Derwish al-Alawi   

 

Al-Yazid Bujrafi naquit à Bani Shikar en 1925. Il mémorisa le Coran sous la supervision de son père, qui l’avait lui-même mémorisé par cœur et était expert en sciences de lois islamiques, et menait la prière dans différentes mosqués dans la région du Rif. Son père avait prit la voie spirituelle directement du shaykh al-‘Alawi. A l’âge de 19 ans, en 1943, accompagné par son père, Sidi Bin ‘Isa, -un muqqaddam (représentant) de l’ordre- al-Bûzîdi visita Muhammadi Bil-Hajj. Ce fut de Sidi Muhammadi Bil-Hajj qu’il prit la litanie de l’ordre ‘Alawi.

Un jour, il alla avec un autre disciple rendre visite a Sidi Muhammadi avec l’intention d’invoquer le Nom Divin. Après avoir complété la discipline, Muhammadi leur dit de continuer leur entraînement spirituel avec Moulay Sulaiman.


Moulay Sulaiman était ravi de son nouvel étudiant. Un jour, en 1944, devant tous ses disciples, il annonça: « Soyez témoin, mes frères, que cet homme est aujourd’hui devenu mon fils, alors vénérez-le. »

Lors d’une autre occasion, son maître, Moulay Sulaiman, annonça à ses disciples qu’il changeait le nom de son étudiant en al-Bûzîdi et leur dit de ne plus l’adresser par al-Yazid à partir de ce jour. La raison pour laquelle il choisit le nom de al-Bûzîdi était parce-que al-‘Arabi al-Darqawi avait un disciple qui s’appelait al-Bûzîdi al-Ghumari, et ce fut lui qui avait hérité de ses enseignements comme l’affirma Moulay al-‘Arabi lui-même. Le maître de shaykh al-‘Alawi aussi s’appelait Hamu al-Bûzîdi ; sans parler du fait que changer son nom pour un nom meilleur à ses origines dans la tradition prophétique.

A partir de ce moment là, il servit la zawiya corps et âme. Il n’abandonnait jamais la compagnie de son maître. Moulay Sulaiman le désigna pour diriger les gens en prière et aussi dans les assemblés. Il était doué d’une mémoire telle qu’il mémorisa tous les poèmes de son maître, qui totalisait un nombre de 214. Il les mémorisait, puis choisissait une mélodie pour chacun. Il était très réputé pour sa superbe voix.

Lors d’une occasion, Moulay Sulaiman dit à Sidi al-Bûzîdi, « Redoubles d’efforts et travailles dur car après 8 jours Sidi Muhammadi va décéder, et nous allons établir un nouvel ordre. » Et cela se passa exactement comme il l’avait prédit. La nouvelle de la mort de Sidi Muhammadi arriva en 1946. Tous ses étudiants sans exception donnèrent leur allégeance à Moulay Sulaiman. Une nuit, al-Bûzîdi rêva que son maître lui dit, « Lèves-toi, efforces-toi, et je te marierai (à ma famille) extérieurement et intérieurement. »

Et cela se produisit comme tel, car en 1947, Moulay Sulaiman le maria à sa fille, et se chargea aussi de la dote, car al-Bûzîdi était bien trop pauvre pour le faire.

Il s’engagea au début dans l’armée où il eut une grande influence sur ses collègues. Il fut capable, par la grâce de Dieu, d’amener un grand nombre d’entre eux à rentrer dans l’ordre. Ils tenaient même des assemblées de dhikr dans les tranchées.

En 1953, il quitta l’armée et concentra tous ses efforts pour servir son maître et de même que la zawiya, après avoir obtenu sa permission. Il passa les deux prochaines années sans exercer un emploi, puis travailla après cela comme gardien pour une des entreprises à Isutalisa, Nador, où la zawiya de son maître était située. Même dans ce deuxième emploi il fut capable d’amener à la zawiya plus de 50 de ses collègues, qui entrèrent dans l’ordre sufi.

Les disciples devinrent trop nombreux pour la taille de la zawiya. Al-Bûzîdi décida alors d’ajouter une extension au bâtiment. Il encouragea les gens à faire des donations et à supporter le projet. Il obtint le support d’un groupe d’architectes espagnoles qui installèrent l’eau et l’électricité dans la zawiya. Quand celle-ci fut finalement terminée, une grande assemblée pour marquer l’événement prit place.

Moulay Sulaiman avait maintenant 80 ans et était incapable de marcher où de quitter sa maison. al-Bûzîdi était maintenant responsable de toute la famille de Moulay Sulaiman. Il servait toute la famille de son maître, et s’occupait en plus des affaires de la zawiya, tel que l’organisation des évènements et autres voyages avec les frères.

Quand Moulay Sulaiman sentit son heure approchée, il réunit ses disciples les plus proches et leur dit, « Je vais vous rapporter à tous ce que Moulay al-‘Arabi dit dans une lettre où il parlait de son étudiant al-Bûzîdi : « Personne ne m’a servit comme al-Bûzîdi, et personne ne m’a supporté financièrement comme lui, et personne n’a travaillé infatigablement tel qu’il l’a fait. Cela est mon désir dans cette zawiya qu’il dirige la prière, et soit l’imam de la confrérie. » Malgré tout, Moulay Sulaiman savait bien que des yeux pleins d’envie regardaient al-Bûzîdi. Il lui dit : « S’ils te laissent la zawiya, alors tu es son imam. Sinon, pars avec tes enfants et ta femme. Où que tu ailles, tu feras succès. » Il lui dit également de prendre avec lui sa femme et ses deux fils Sidi ‘Abd al-‘Aziz et Sidi Muhammad.

En 1970, à l’âge de 103 ans, Moulay Sulaiman décéda. Sidi al-Bûzîdi devait rester à la zawiya pour les deux prochaines années. Puis les problèmes apparurent ; alors il partit, suivant la recommandation de son maître, et établit sa zawiya à Zaghanghan. La majorité des disciples de Moulay Sulaiman suivirent Sidi al-Bûzîdi. Cela fait maintenant 35 ans qu’il assume l’investiture de l’ordre.

 

 
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