Ahmed Bensmaïne
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Écrit par Derwish al-Alawi   

Ahmed Ould El Hachemi Bensmaïne, (date de naissance inconnue, mais on estime entre 1865-1875), issue d’une vieille famille de la ville de Mostaganem. Commerçant et mécène fort connu, devint disciple du Cheikh Mohammed al-Bûzîdî ® (aux environs de 1890-95), qui édifia pour son maitre la zaouïa de Tigditt à Mostaganem. A son décès (R), il compta parmi les disciples de son successeur le Cheikh Ahmed al-Alawî ®, qui devait avoir plus ou moins son âge. Il était à la fois membre des deux Confréries Bouzidiyya et Alawiyya et Chef de la confrérie Bouzidiyya pour l'Afrique du Nord. Ces deux foyers confrériques ne formaient pour lui qu’un seul dôme, car à ses yeux la naissance de la grande Confrérie des Alawiyyas fut fondée par le Cheikh vénéré al-Bûzîdî dont les grandes traditions religieuses et philosophiques furent suivies par son héritier spirituel le Cheikh Benalioua ®.

 

Son attachement au Cheikh al-Bûzîdî ® ne faillit jamais même après la mort de celui-ci. Un témoignage relaté par Cheikh A. Dahah ® extrait de son livre sur le Cheikh al-Bûzîdî ®, raconte qu’Ahmad Bensmaïne, richissime négociant en tissu et propriétaire des marques de Thé : « Mafiitih El Kheir, L'astre de la joie et le Palmier », avait narré ceci : « lors d'une nuit, une bande de voleurs tenta de pénétrer dans l'un de mes entrepôts qui se trouvait à « Matmar ». Ils essayèrent de forcer la porte lorsque soudain elle s'est grande ouverte et l'image du Cheikh al-Bûzîdî ® est apparue aux voleurs telle qu'il fut connu de son vivant, il leur dit : ne craigniez-vous pas Allah en trahissant votre frère ? En la répétant à trois reprises. Les bandits embarrassés, fermèrent la porte et s'en vont. Le lendemain matin, leur chef vint me voir. Après m'avoir salué, et au cours de la discussion, il me dit : je voudrai t'annoncer une bonne nouvelle à condition que tu me rassure qu'il ne m'arrivera rien. Je lui réponds : tu as ma parole ! Alors il me dit : ton maitre est veillant sur tes biens dans la mort comme il l’était de son vivant. Et il me raconta toute l'histoire. Je lui dis : « Louange à Allah qui nous a guidés à ceci. Nous n'aurions pas été guidés, si Allah ne nous avait pas guidés » (al-A'râf, 43), Par Allah, je n'ai jamais douté au sujet de mon Maître qu'il était à l'exemple même du Prophète Muhammad (§) (Muhammadi) et un Homme du Divin (Rabbâni)».


Son attachement au Cheikh al-Alawî ® n’en fut pas moins dévoué.  Grâce à deux articles de journaux, on apprend qu’Ahmed Bensmaïne, à chaque occasion de fête annuelle de la confrérie, fait l’éloge de son maitre devant les autorités administratives en bon français, car le Cheikh al-Alawî ® le chargeait de cette mission lorsqu’il était disposé. Voici un aperçu de ses allocutions :


« Je vais vous éclairer sur la doctrine religieuse de notre vénéré Cheikh (al-Alawî) ®; depuis ma plus tendre jeunesse, j'ai connu en lui un homme très simple et profondément bon, enseignant à ses adeptes le bien, principe de toutes religions. Esprit cultivé et d'une grande érudition, il s'efforça par la persuasion à développer sa doctrine. Aujourd'hui notre confrérie compte parmi les plus importantes de l'Afrique Française. » Alger, 27/10/1929.


« Enfant de Mostaganem, le Cheikh Benalioua ® a su se faire aimer par son esprit très cultivé, enseignant à ses nombreux adeptes la droiture et l'honnêteté. Sa tâche n'a pas été vaine, puisque nous voyons aujourd'hui par le nombre considérable de fidèles venus de tous les points en pèlerinage, la seule empreinte de ses grands efforts couronnés de succès. » Mostaganem, 23/08/1931.


Tout un passé de labeur, de persévérance, d'honnêteté, de bonté, de générosité discrète, qui caractérisait El Hadj Ahmed Bensmaïne. Profondément croyant, il éleva sa famille dans la piété et le respect intégral de la religion musulmane.


Ahmed Bensmaïne décéda le lundi 2 mai 1938 quelque temps après son retour du pèlerinage à la Mecque, ses obsèques ont eu lieu à la zaouïa de Sidi Hamou Cheikh al-Bûzîdî ® en présence d’une foule considérable qui se pressait sur le parcours du cortège, qui comprenait tout ce que l'Oranie et la région comptait de parents, d'amis, de confréries religieuses, tolbas, de ses connaissances, les représentants de l’administration coloniale, des banques, du barreau et du monde commercial et industriel.


Après que furent dites les prières en pareille circonstance, se sont succédés le Cheikh Menouar (Bentounès ?), imam de Mazagran, Cheikh Mohamed Laouadi, professeur de Théologie, Cheikh Ali al-Boudlimi ®, moqaddem du Cheikh al-Alawî ® à Tlemcen, Cheikh Adda Bentounès ®, prononçant l'éloge funèbre du Chef de la confrérie Bouzidiyya pour l'Afrique du Nord, l'homme de bien toujours prêt à soulager la misère et la peine immense que leur laisse la disparition de ce Chef vénéré, de celui qui ne dérogeait pas de la voie tracée par Dieu et le Prophète (§).


Source Gallica


 
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