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Abû Madyân al-Boutchichi
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Écrit par Derwish al-Alawi   

 

Abû Madyân Ben al-Munawwar al-Boutchichi rencontra sans aucun doute possible le Cheikh al-Alawi. Ce qu'il y eut entre eux reste du domaine des gens d'Allah. Il faut replacer cette rencontre dans la quête du sirr de sidi Boumedienne, au cours de laquelle il rencontra de nombreux saints. Il fit la synthèse de ces enseignements, et ramena ainsi le sirr dans la voie Qadiri de ses ancêtres, devenue tabarouk depuis plusieurs générations. Hajj Abbas, qui était en quête lui-aussi, reconnut en cet oncle de la famille un 'arif billah (connaissant par Dieu), et l'installa chez lui, dans la zaouia des ancêtres au point que l'héritier déjà sur place dut se résoudre, lui aussi, à reconnaître le rôle de sidi Boumedienne, et quitta la zaouia. Les autorités coloniales ont joué sur cette confusion, en distinguant une Boudchichiya d'une "Boudchichiya alawia" (en raison de la rencontre avec le Cheikh al-Alawi).


Il faut connaître le cheminement précis pour apprécier cette rencontre probable : sidi Boumedienne connut le fath et le hal spécifique à cette voie entre les mains de sidi Mohammed Lahlou, malamati de Fès et chef de la corporation des tanneurs. Il rencontra aussi d'autres gens de Dieu, dont sidi Bel Ariane de la tijania, qui marqua son cheminement. Sidi Boumedienne, une fois installé à maddagh auprès de Hajj Abbas et de son fils sidi Hamza, transmit la Qadiria. Jamais il n'a été question d'al-Alawiya.

Ce qui s'est passé durant la rencontre, encore une fois, est d'un ordre bien plus subtile qu'une transmission de maître à disciple, sidi .Boumedienne était déjà spirituellement avancé à l'époque. Il faut interroger les murids de l'époque et lire notamment "Le renouveau du soufisme au Maroc", de Karim Ben Driss. Mais Allah seul est Savant.

 

Wijdan


Voici un rapport rédigé par les services secrets des autorités coloniales de l'époque

REGION D'OUJDA
CERCLE DES BENI SNASSEN
ANNEXE DE MARTIMPREY DU KISS

CONFRERIES RELIGIEUSES MUSULMANES

Zaouïa indépendante des -Allioua -Boutchichia

Cheikh : Sidi Boumediene ben El Menouar Boutchiche

Demeurant à Madagh et tantôt à Bouyahen entre Les douars Bouamala et Targharabt Fouaga

Origines -Attaches- Valeur :

Sidi Boumediene ben El Menouar Boutchiche âgé environ de 80 ans (1953) est né en tribu Tarhjirt, au douar Tarharrabt Fouaga .Il est issu d'une familIe prétendument maraboutique et descendante du prophète a la fois, connu sous le nom de lboutchichen.

Son oncle paternel, Sidi El Mokhtar Ben El Hadj Mahiéddine Boutchiche joua, du fait de sa qualité de chef de la confrérie religieuse des Kadiria dans les Béni Snassen, un grand róle dans les affaires de cette région en proclamant la guerre sainte en 1907 lors de la venue des troupes françaises dans l'Amalat d’Oujda.

Sidi Boumediene fit tout jeune ses études coraniques a la zaouïa de son oncle Sidi El Mokhtar dont il épousa la fille plus il se consacra aux exercices de piété, menant une vie retirée.

Vers 1930 il se rendit à Mostaganem pour s'affilier à une filiale des Derkaouya fondée par Ie cheikh Ben Allioua qui prit une certaine extension en bordure de la frontière algéro-marocaine, dans les Béni Snasen et même en zone espagnole. Il s'est rendu indépendant depuis deux ou trois ans seulement, après la mort de Sidi Ahmed ben Alioua, auquel succéda Sidi Adda, mort en 1952.

Depuis, bien qu'ayant la réputation de mépriser les choses d'ici bas, il travaille a l'extension de son influence spirituelle et il a acquis une réputation d'homme saint et pieux au delà de la frontière algéro-marocaine. (...) .

Influencé par son cousin Si EL Abbés, membre de la chambre marocaine d'agriculture d’Oujda, fils de l'agriculteur Sidi El Mokhtar et oncle de Sidi El Mustafa l'actuel cheikh de la confrérie Kadiriya -Boutchichiya, il alla se fixer a Madagh ou il recruta des adeptes parmi lesquelles Sidi El Abbés lui même, considéré comme khalifat (...)

Pour éviter un conflit, Sidi El Mustafa de tempérament calme et effacé, abandonna Madagh et vint s'installer a Martimprey dans une maison située en bordure du cimetière musulman qu'il avait construite avant de recueillir la succession spirituelle de son père .

Sidi Boumediene a fait un certain nombre d'adeptes à Oujda. Il doit avant tout un prestige certain au fait qu'il passe pour avoir abandonner le monde pour se consacrer à Dieu et à la vie ascétique.

Influence -Relations - opinions politiques -Utilisation :

Si Boumediene parait être un personnage a caractère exclusivement religieux, sans préoccupation politique, du moins il ne l'a pas laissé paraître jusqu'a présent.

L’influence qu' iI exerce provient de Ia dignité de sa conduite et du renom de sainteté qu' iI a pu acquérir.

Cependant il nous serait plutôt favorable et sa familIe aurait mis a Madagh son influence au service du Parti du peuple marocain dont il aurait favorisé Ie recrutement.

S'il ne désire rien pour lui même ; il se ferait de temps a autre l'instrument de l'ambition de sa familIe (en particulier de Si Abbés ould Sidi El Mokhtar) qui désirerait se voir reconnaître la qualité de chérif, avec a sa tête un naquib qui serait Ie naïb du cadi de Casablanca Si Abdel Malek Boutchiche .De plus cette familIe a des prétentions dans la succession du caïd Dkhissi dans la tribu des triffas. (...) .

Le 2 juin 1953

.....

D’après ce rapport des services de renseignement français datant de 1953, " Sidi Abû Madyân Ben al-Munawwar al-Boutchichi se rendit à Mostaganem vers 1930 pour s'affilier à une filiale des Derkaouya fondée par Ie cheikh Ben Allioua " : étant né en 1873, cela signifie qu'il était déjà relativement âgé, et que cette rencontre eut lieu bien après qu'il eût connu différents maitres soufis marocains. Il ne fut pas le seul Butchichi à s'affilier à la Alawiyya, il ya aussi son oncle Idris Ben al-Mukhtar al-Boutchichi.

Dans sa Rawda al-Saniyya, ouvrage écrit à une date inconnue et publié deux ans après sa mort, soit en 1954, le cheikh Adda Bentounès, "successeur" du cheikh al-‘Alawi à Mostaganem, le mentionne à plusieurs reprises...

"Page 117, lorsqu’il passe en revue l’ensemble des zaouïas du cheikh al-‘Alawi : " Parmi elle, on trouve celle de l’initié pur, le cheikh Sidi Abû Madyan al-Boutchichi Ben al-Munawwar ; il entendit parler du cheikh al-‘Alawi et désira le rencontrer, malgré son précédent rattachement à la tariqa Qâdiriyya, et malgré sa notoriété et son autorité reconnue. De fait, il rejoint le cheikh, qui le fit s’isoler pour pratiquer l’invocation quelques jours. Il obtint alors ce qu’il cherchait et profita grandement de la bienveillance dont lui témoignait le cheikh. Il l’autorisa également à transmettre la tariqa, et le confirma dans la position d’autorité reconnue dont il jouissait dans sa région. Actuellement, il vit à Ahfir où il s’occupe de sa zaouïa avec toute la résolution et le dynamisme dont il dispose ; c’est un cheikh auquel Dieu a donné le goût des dévotions et qui n’aime rien plus que passer inaperçu (al-khumûl), tout en faisant preuve d’un excellent comportement avec les gens. Je l‘ai moi-même rencontré plusieurs fois, et l’ai toujours vu tel que je viens de le décrire. Il doit avoir maintenant une soixantaine d’années. Que Dieu lui accorde, ainsi qu’à nous-même, la meilleure des fins. Amin !

" Page 179, dans le chapitre de la Rawda consacré à la multitude de rêves qu’ont eu les disciples à propos du cheikh al-‘Alawi, le cheikh Adda rapporte le rêve suivant du cheikh Abû Madyân al-Boutchichi, qui raconte ceci : " J’ai vu en rêve le cheikh Ahmad b.‘Aliwa venir dans notre région, accompagné d’un groupe de justes. Quand je le rencontrai, il me prit dans ses bras, et me fit ainsi monter au ciel. Après qu’il m’eut ainsi fait faire un parcours assez long dans les airs, il me redéposa sur le sol. Je me dis alors qu’il fallait absolument inviter le cheikh chez moi. Lorsque j’entrai chez moi, je vis que tout était propre sauf un petit coin de la maison où il y avait quelque chose comme de la moisissure. Je me mis alors à réfléchir à la façon de nettoyer cela. Et c’est alors que je m’aperçus que le cheikh al-‘Alawi avait disparu. "

Une zaouïa Boutchichiyya existe encore actuellement en Algérie (fondée par Sidi Muhammad as-Soufi aux environ de Maghnia à l'ouest de l'Algérie prés des frontières algéro-marocainnes) dont il fut l’un des " plus proches disciples du Cheikh Sidi Abû Madyân Ben al-Munawwar al-Boutchichi de 1937 à 1955 ". Le cheikh Muhammad as-Soufi rappelle que " son Cheikh Sidi Abû Madyân Ben al-Munawwar al-Boutchichi rencontra le Pôle de son Époque, le Cheikh Sidi Ahmad Ibn Mustapha al-Alawi en sa Zawiya de Mostaganem auprès duquel il reçut l'Initiation dans la Tariqah. Revenu au Maroc Sidi Abû Madyân al-Boutchichi fonda une Zawiya 'Alawiyya Boutchichiyya."


 
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