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29-Ali al-Sanhâji al-Dawwâr
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Écrit par A.-L. de Premare   

 

Le maître Abul Hasan Ali Ibn Ahmad Ibn Ali Ibn Ahmad Ibn Abdul-Rahman as-Sanhâji surnommé al-Dawwâr, (celui qui tourne sans arrêt) et dit-on, il n'aimait pas ce surnom. Il semble que la cause de cette appellation soit liée au fait qu'il tournait sans arrêt en différent lieux en criant : Allah ! Allah ! Ce serait là l'origine de cette appellation.

 

Une autre explication venant des "gens des vues transcendantes" et de l'expérience en la matière, même si cette interprétation est postérieure à l'appellation elle-même, et c'est bien ce qui semble, dit que sidi Abul Hasan Ali as-Sanhâji al-Dawwâr revenait sur le don qu'il avait fait à ses disciples et le récupérait. Nombreux furent les "états" venant par son intermédiaire et qu'il retirait pour la moindre cause provenant de l'aspirant, ou sans la moindre cause, et Dieu sait ce qu'il en est vraiment.

 

Sidi Ali as-Sanhâji était malâmati ; il apparaissait avec des états similaires à ceux des simples d'esprit-saints fols, cela, sans se soucier de l'extérieur et sans faire attention aux gestes qu'il accomplissait. Il ressort de certaines de ses paroles qu'il faisait partie des Abdâls. Il avait été le disciple du saint maitre, l'extatique malâmati Abu Ishâq Ibrahim Ibn Ali al-Fahhâm al-Zarhouni, (certain prononcent al-Fahhâm "celui qui a une faculté de compréhension éclairée").

On rapporte que sidi Ali as-Sanhâji se trouva un jour sur le pont des "Sabbâghîn", à cheval sur un roseau. Il s'était suspendu au cou des lanières de viande séchée, et il appelait : "sortez, Baní Marrîn (les Mérinides)! Par Dieu, nous ne vous laisserons pas dans notre pays !" et ce fut alors la fin de l'écoulement de leur dynastie.

Un jour sidi Ali as-Sanhâji s'assit à la porte d'al-Qarawîyîn, en train de manger des concombres, cependant que les gens accomplissait la prière. Un homme se dit en lui-même : "celui-ci mange des concombres pendant que les autres font la prière !" et il entra pour prier. Et (durant la prière) il pensait à l'âne qu'il allait acheter au marché du jeudi, car c'était la prière de l'aube d'un jeudi. Lorsqu'il sortit, sidi Ali as-Sanhâji le héla : "Eh ! Un tel ! Manger de concombres vaut mieux que prière d'âne !"

Un autre jour sidi Ali as-Sanhâji entra à l'improviste dans la maison d'un homme. Il trouva la maitresse de maison en train de faire la lessive. Elle n'appréciât pas du tout qu'il soit entré, car il l'avait trouvée dans une tenue non satisfaisante, et ayant retroussée sur elle ses vêtements comme fait toute lavandière. Les choses en étaient là, et voici qu'un petit garçon tomba du haut de la maison. Sidi Ali as-Sanhâji le saisit au vol et le remit à la femme en disant : "ô ! Toi ! C'est pour cela que je suis entré !"

Sidi Ali as-Sanhâji entra un jour dans la maison d'une personne de sa connaissance. Il monta sur la terrasse et se mit à tourner tout autour au vu de la maisonnée en disant : "Allah ! Allah ! Mawlâna !" (Dieu ! Dieu ! Notre maître !), et répétant cela, car il était sous l'emprise d'une aspiration qui, à ce moment-là, l'empêchait de maîtriser son sens ; aussi n'avait-il pas fait attention de ramener sur lui ses vêtements. Il vint à l'esprit d'une femme de cette maison de dire :"sidi Ali monte sur la terrasse et il ne ramène pas sur lui ses vêtements !" Alors il descendit vers elle au plus vite et dit :" ô (femmes) ennemies d'elles-mêmes !"

Un autre jour sidi Ali as-Sanhâji passait prés d'une maison. Il plaça brusquement sa main sous le linteau de l'entrée et cria aux gens de la maison : "sortez !" Et il ne cessa de leur crier dessus que lorsqu'il n'y resta plus personne. Alors il enleva sa main et le mur s'abattit. Et tout le monde avait été sauvé.

Sidi Ali as-Sanhâji mourut en mois de (Jumâda II de l'année 946 de l'hégire), octobre-novembre 1539. Une autre date de son décès est supposée être, ce qui est plus proche de la vérité, juillet 1534 (fin 940, début 941 de l'hégire). Il fut enterré à l'extérieur de "Bâb al-Futûh" à Fès.

Source : Ibtihâj al-Qulûb de Abdulrahman Ibn Abdulqâdir al-Fasi (1631-1685/1040h-1096h), traduit en français par A.-L. de Premare, tiré de son livre : Sidi Abd-er-Rahman el-Mejdûb, les cahiers du C.R.E.S.M (centre de recherche et d'études sur les sociétés méditerranéennes, édition du CNRS Paris.
 
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