Accueil Biographies des Antérieurs 10-Abû Ishâq Ibrahim al-Khawwâs al-Basrî
10-Abû Ishâq Ibrahim al-Khawwâs al-Basrî
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Écrit par Derwish al-Alawi   

 

Cheikh Abu Ishâq Ibrahim Ben Ahmad Ben Ismaïl al-Khawwâs al-Samarâï al-Basrî est né à Samarra (Irâq), au début de la dynastie Abbasside (environ l'an 800 / 184 H), et le nom d'al-Khawwâs est peut-être, dû à son travail dans les roseaux (Khâs), très connus en Mésopotamie d'après al-Khatib dans son livre d'histoire.

Cheikh Ibrahim al-Khawwâs, que Dieu soit satisfait de lui, était un grand maitre tel qu'al-Junayd et al-Nûri. Il fut le disciple d'Abil-Qâssim Ahmad al-Marwâni et compta parmi les compagnons d'Abdullah al-Maghribi. Parmi ses disciples ; Abdul-Wahâb Ben Ahmad Ben Ali al-Hanafi al-Sha'rânî, et Zinu-Dîn al-Qazwînî.

Il faisait partie des réalisés (en Dieu), il s'est distingué dans la remise confiante en Dieu "at-Tawwakul" et en approfondissait ses analyses en la question. Il comptait parmi ceux qui ont abandonné tous les droits naturels dus à l'Ego et rejeté tous ses agissements, et le Vrai (Dieu) les prit en charge et les couvrit de sa douceur et de sa subtilité.

Il maitrisait à merveille la remise confiante en Dieu et l'effort spirituel. Il entreprit plusieurs tournées spirituelles et d'innombrables voyages à La Mecque et à d'autres endroits sans monture et sans ravitaillement, il dit : j'ai pris de la compagne à la Mecque dix-sept chemins, dont un est d'or et un autre d'argent ! (voulant sans doute parler de la Loi "Shari'a" et la vérité "Haqîqa", la science manifeste et la science cachée et Dieu sait mieux).

Il avait toujours sur lui une aiguille, du fil, un ciseau et un récipient. On lui dit un jour : "O Abu Ishâq, pourquoi tu porte sur toi ces choses alors que tu t'es privé de tout ? Il répondit : Ceci ne met pas en cause la remise confiante en Dieu, car Dieu, Tout-Puissant, nous a prescrit des devoirs et nous les a imposées, et le véritable disciple (pauvre) "faqîr" n'est en possession que d'un seul habit qui pourrait se déchirer. S'il n'a pas sur lui une aiguille et du fil, peut être des parties intimes de son corps se verront, et cela affectera la validité de ses prières, est-il aussi s'il manque de porter sur lui un récipient cela affectera la validité de sa purification. Si tu vois un faqir sans aiguille, ni fil et sans récipient, doute de ses prières.

Ibrahim al-Khawwâs avait l'habitude de participer avec ses disciples dans chaque effort spirituel que leur recommandait de faire, afin que le disciple ne pense pas que le maitre l'ordonne de faire des choses que lui même n'en fait pas et pourrait ainsi les fuir.

Sa sagesse et ses directives :

Les remèdes du cœur sont cinq choses :

Lire le Qurân avec méditation,
Avoir l'estomac vide,
Veiller la nuit en priant,
Invoquer Dieu avant l'aube,
Se joindre à l'assemblée des vertueux.

Le savant n'est pas celui qui accumule le savoir et les sciences, mais il est celui qui observe le savoir et l'applique, et suit la tradition du prophète, même s'il est en possession de très peu de savoir.

Celui que, ce bas- monde ne pleure pas sa mort, l'au delà ne lui sourit pas.

L'individu qui maintien ses éthiques morales est mieux qu'un autre qui ne cesse de se parer de nouvelles éthiques.

L'ensemble de la science est en deux mots : «ne te surpasse pas à vouloir obtenir d'avantage et ne néglige pas ce dont tu as obtenu.»

Le perdu est celui qui s'égare à la fin de son voyage alors qu'il s'approchait de son but.

La patience est de se maintenir stable avec Dieu Tout-Puissant et accueillir ses épreuves avec largesse.

Se voir responsable de ses actes rend l'individu attentif, et lorsqu'il se contrôle, il purifie son intime secret et l'apparence de ses paroles et ses gestes à l'égard de Dieu Tout-Puissant.

Se contrôler, c'est purifier son intime secret et ses dires et faits manifestes à l'égard de Dieu Tout-Puissant, en l'apparence et en secret.

N'en maitrise cette science que celui, qui par son extase s'exprime et que ses gestes le confirment.

Celui qui est arrivé à réaliser en lui même la remise confiante en Dieu, il l'aura réalisé envers les autres.

La pauvreté : c'est de renoncer à se plaindre et laisser apparaître les traces de l'affliction.

L'amour c'est effacer tous les désirs et bruler toutes les qualités et les volontés et se noyer dans la mer des allusions.

Le Bien-être se compose de quatre choses :

Une religion sans innovation,
Un travail sans calamité,
Un cœur sans souci,
Un Ego sans passion.

Celui qui fait preuve d'impatience se verra priver de récompenses. Le Diable a deux chaines, que les êtres humains n'ont jamais été si solidement attachés que par eux : la peur de la pauvreté et la cupidité.

La première étape irréversible du délit est le pas, si l'intéressé ne se rattrape pas en haïssant le pas qu'il vient de faire, ce pas devient mauvaise pensée, et s'il ne s'efforce pas à résister, débordera alors de ce pas les plaisirs avec la sollicitation des passions qui chasseront la raison, le savoir et l'éloquence.

Le mot "Soufi" est dérivé de la pureté, car il s'est purifié et s'est distancé.

L'inspiration est celle qui inspire le cœur après son préliminaire puis le contienne. L'inspiration a un effet alors que son préliminaire n'en a pas, car les préliminaires sont les débuts des inspirations.

Le sincère tu ne le verras seulement qu'en accomplissant un acte obligatoire, ou réalisant une action de bienfaisance.

Selon la valeur qu'accorde l'individu à la puissance de Dieu, Dieu lui accorde une parure de sa puissance et fait résider la puissance dans les cœurs des croyants. Dieu dit : "C'est à Allah qu'est la puissance ainsi qu'à Son messager et aux croyants" (Âyah [11] de la Sourate [63] (Al-Munâfiqûn).

On demanda un jour à Ibrahim al-Khawwâs ce qu'est la remise confiante en Dieu "at-Tawwakul", il baissa sa tête un moment puis dit : "Si le Donneur est en même temps Celui qui prive, qui donne alors ?

"Et place ta confiance dans le Tout Puissant, le Très Miséricordieux, qui te voit quand tu te lèves, et (voit) tes gestes parmi ceux qui se prosternent." (Âyah [217, 218, 219] de la Sourate [26] (Al-Shu'arâ). Le serviteur (de Dieu) ne doit, après ce verset, avoir recours qu'à Dieu Seul. Celui qui sollicite autre que Lui, ou se fie à sa propre connaissance et à sa raison, à ses remèdes et à ses amulettes et met sa confiance dans son propre pouvoir, Dieu le délaisse et lui fera gouter l'amertume et la déception.

Dieu aime trois et déteste trois, quant à ce qu'Il aime :

Parler très peu,
Dormir très peu,
Manger très peu,

Quant aux trois qu'Il déteste :

Parler trop,
Manger trop,
Dormir trop.

La plus sévère des sanctions ; serait un cœur sanctionné, et sa station serait la plus prestigieuse des stations, et sa dignité serait la meilleure des dignités, et sa mention du Nom divin serait la plus honorable, car il attire les lumières et la parole n'est adressée qu'à lui, et c'est lui qui reçoit spécifiquement l'avertissement et le reproche.

Se mouvoir ou aller vers les causes est légal pour le commun des croyants, et un acte de purification pour les disciples, et une sanction pour l'élite si elle penche vers ce qui met en évidence les droits naturels dus à l'Ego. En réalité les causes et les moyens ont tendance à ralentir leurs mouvements et s'abstiennent à se manifester en raison de la mobilité de l'élite. Lorsque les mouvements de l'élite cessent et ne laissent aucune trace, à ce moment là, les causes se mobiliseront en faveur de l'élite au point de lui soumettre le pouvoir même ou la Royauté. Ainsi la confiance en Dieu suffit, avec une sincérité dans la demande de Son asile par précaution pour soi-même, sa famille et ses enfants. Tout disciple qui s'oriente vers Dieu en étant préoccupé par les moyens de subsistance qui résident dans son cœur, ne réussira pas et n'arrivera pas à son but.

Les signes de la connaissance authentique par le cœur sont :

D'avoir ôter de soi même le savoir et le pouvoir

Abandonner tout droit de propriété revenant à Dieu

D'avoir un cœur pudique présent en permanence avec Dieu, avec une intense humilité de ce cœur face à la crainte révérentielle de Dieu. Ces états sont des preuves de la connaissance et la vérité. Celui que ces états lui font défaut, il est en réalité dans le domaine des Noms et des Attributs.

La remise confiante en Dieu est de trois degrés :

La patience

La satisfaction

L'amour

Lorsque l'individu se remet et se confie à Dieu, il doit faire preuve de patience face à cette remise confiante en utilisant cette dernière dans sa patience. Lorsqu'il aura réalisé la patience, il doit être satisfait de tout jugement porté à son égard. Une fois qu'il aura réalisé la satisfaction, il doit aimer tout ce qu'il a entreprit dés le début et être en parfait accord avec son acte.

Lorsque le serviteur prendra éminemment conscience que le Seigneur impose sa volonté à ses serviteurs, il fuira la création et apprivoisera l'intimité de Dieu et lorsqu'il prendra conscience que les créatures ne sont que des exécuteurs dans leurs dominations et leurs autorités, il ne les craindra plus et résidera dans son cœur la crainte de Celui qui les a fait dominer.

J'ai lu dans la Torah : "Malheur au fils d'Adam ! Il commet le pêché puis me demande pardon et je lui pardonne, puis il récidive et me demande pardon et je lui pardonne. Malheur à lui ! Il ne sait délaisser le pêché et ne sait désespérer de ma miséricorde. Je vous prends comme témoins ô Mes anges que Je lui ai pardonné."

Parmi les qualités du véritable disciple (pauvre) :

Tous les instants de son temps sont égaux dans sa joie face à la pauvreté, en prenant des précautions pour l'entretenir.

Ne manifeste aucun manque ni besoin.

Le minimum de son confort moral est dans la patience et le contentement.

Sa tranquillité dans le minimum des choses, et sa torture (morale) dans la multitude.

Fuyant le luxe, délectant la dureté.

Il agit en opposition du reste des humains

Il estime ce qu'il doit approuver et convient à son repos moral.

Son temps ne se distingue pas par les bonnes ou mauvaises humeurs, cependant, tu ne le verras qu'heureux face à sa pauvreté, joyeux de sa précarité

Son ravitaillement lui est pénible alors que pour les autres est chose facile.

Il chéri la pauvreté et l'exalte et emploi tous ses efforts pour la cacher et la dissimuler, même face à ses condisciples, il la garde en secret.

Il a estimé grand ce don de Dieu Tout-Puissant, et sa valeur dans son cœur est au dessus de tous les dons, et ne désire nullement autre chose ce que Dieu a choisi pour lui et n'accepte aucun antidote.

Les véritables disciples (pauvres) ont également douze qualités :

Ils sont rassurés face à la promesse de Dieu

Ils sont désespérés de la création

Ils sont hostiles aux diables

Ils renoncent à leurs droits sur les choses

Ils ont de la compassion pour les créatures

Ils supportent le préjudice commis par les humains

Ils sont porteurs de conseils dans les moments d'hostilité à tous les musulmans

Ils sont modestes dans les instants de vérité

Ils sont préoccupés par la connaissance de Dieu

Ils sont tout le temps propres en préservant leurs ablutions

La pauvreté est leur capital

Ils sont satisfaits dans le peu ou le plus et ils n'ont aimé ni haïs de la part de Dieu ni l'un ou l'autre.

Ceci est une partie de leurs attributs, dont il est dans l'impossibilité de décrire tout l'ensemble.

La pauvreté n'est valide pour le disciple, que lorsqu'il acquiert deux qualités :

La confiance en Dieu
Remercier Dieu de l'avoir épargné de ce qui a ravagé les autres des plaisirs de ce bas monde.

Quatre qualités sont rares :

Un savant qui se sert de son savoir
Un connaissant (par Dieu), que la réalité de ses actes parle d'elle-même
Un homme se consacrant à Dieu, sans motif
Un disciple tournant le dos à la cupidité

La sagesse descend du ciel, et ne réside pas dans un cœur qui contient quatre choses :

S'aligner sur ce bas monde, par l'acquisition des richesses
La préoccupation du lendemain, de sa subsistance matérielle
Aimer la curiosité
La jalousie envers un frère

Le disciple n'atteint la perfection que lorsqu'il considère que son regard vis-à-vis de Dieu dans la pénurie est meilleur que celui dans l'offre. Le signe de la sincérité de son regard, est qu'il trouve une douceur dans la pénurie qu'il ne la trouve point dans l'offre.

Celui qui désire Dieu pour Dieu, le Seigneur lui changera son Ego et l'approchera à Sa proximité. Et celui qui Le désire pour lui-même, le Seigneur le rassasiera de Son paradis et le désaltérera de Sa satisfaction.

J'ai entendu d’une douzaine de maitres soufis connus par leur piété et leur foi et qui font la différence des choses et rejettent la cupidité, tous ont été unanimes que le récit des histoires (al-Qasas) à l’origine est une innovation mais appréciable ; car le récit des histoires est une miséricorde qui descend dans les assemblées et les larmes coulent par la bénédiction de ses paroles et les cœurs fuient les pêchés par crainte.

Le disciple (pauvre) œuvre pour la sincérité et la disponibilité du cœur, lui permettant d’exercer ses devoirs, et le riche œuvre pour le grand nombre d'illusions et l’éparpillement du cœur dans le domaine des affaires. Le disciple (pauvre) affaiblit son corps dans le travail et renforce sa connaissance et parfait sa remise confiante "at-Tawwakul", il œuvre également pour comprendre la réalité de la foi et de parvenir au sommet. Le riche œuvre pour la diminution de la foi et la faiblesse de la connaissance. Le disciple (pauvre) est fier de Dieu Tout-Puissant et l’affiche partout là où il va. Le riche est fier de la richesse et s’affiche dans les quatre coins de ce bas monde. Le disciple (pauvre) va là où bon lui semble et le riche est limité par sa richesse. Le disciple (pauvre) haï l’avènement de la richesse de ce bas monde et le riche aime qu’elle se déverse. La parole du disciple (pauvre) est bien en-dessous de ses mérites alors que la parole du riche est bien loin de se doter des mérites.

Les gens sont deux catégories : un homme et un serviteur, l'homme est préoccupé à se prendre en charge, usant de ses forces à servir ses intérêts, alors que le serviteur s’est jeté à l’abri de la divinité et sera au niveau de sa servitude et selon la mesure de son consentement de ce qui arrive de la part de Dieu, qu’adviendra Son aide. Quant à ceux qui se sont remis en Dieu, confiants en Son assurance, se sont détournés de l'illusion et du regard des autres, la place qu’ils occupent est tellement démesurée et le but qu’ils avaient atteint est si digne et Majestueux et leur statut a autant de considération (pour Dieu).

Le connaissant par Dieu, est considéré par Dieu pour sa connaissance, et le reste des humains ne sont considérés que par leurs ventres. Celui qui considère les choses comme étant néant, se plaira à se séparer d'elles, mais ne s'en sert que pendant la durée de sa vie.

La rente, le revenu, les moyens de subsistances n'ont pas besoin de remise confiante en Dieu, mais de la patience jusqu'à ce qu'ils viennent dans leur temps promis par Dieu. La force de la patience d'une personne est de connaître la raison de sa patience. La patience s'acquiert par la connaissance et le patient doit supporter la peine de patienter pour mériter la récompense, car Dieu Tout-Puissant récompense après que la patience arrive à son terme lorsqu'Il dit : "Et rappelle-toi, quand ton Seigneur eut éprouvé Abraham par certains commandements, et qu'il les eut accomplis, le Seigneur lui dit : "Je vais faire de toi un exemple à suivre (Imâm) pour les gens" (Âyah [286] de la Sourate [2], Al-Baqarah). Ibrahim, sur lui la paix, fut récompensé après avoir achevé le support du fléau."

Quelle a été l'hérésie, l'incrédulité, l'innovation et l'audace de s'en prendre à la religion sinon que par les paroles proférés, les débats, les querelles et la vanité. Comment les hommes oseraient-ils débattre et s'argumenter alors que Dieu dit : "Seuls ceux qui ont mécru discutent les versets d'Allah" (Âyah [85] de la Sourate [40], Ghâfir).
Ce qui a été rapporté de subtil à son sujet :

On raconte au sujet d'Abu Ishâq, des subtilités que Dieu a réservées aux gens réalisés (en Lui) fidèles en la remise confiante en Dieu. Nous rapportons ici quelques récits en fonction de ce que nous avons trouvé. Certes celui qui met sa confiance en Dieu et se refugie dans Son assurance, les subtilités de Dieu lui seront donc sans interruption, et les produits de Sa bienveillance sans limite.

Abu Bakr al-Harbi a dit : "j'ai dit à Ibrahim al-Khawwâs : raconte moi la meilleure des choses qui t'aie arrivée, il me dit : "je suis sorti de la Mecque avec le sérieux, et j'ai pensé entre moi et Dieu, de ne rien mettre dans mon ventre et de ne pas voir al-Qadisiya (une province en Iraq). Lorsque je suis arrivé à ar-Rabdah (en Syrie), j'ai croisé un paysan qui courrait en tenant une épée dans sa main droite et une gourde pleine de lait dans l'autre main et me cria: "Oh humain!", je n'ai pas fait attention à lui et m'a poursuivit puis me dit: "Bois ceci, sinon je te coupe la tête." je me suis dit: "Ceci n'est rien de méchant.», j'ai alors bu le lait, par dieu, depuis, plus rien ne m'a fait obstacle jusqu'à ce que je suis arrivé à al-Qadisiya.

Hammam Ben al-Hârith a dit : J'ai entendu Ibrahim al-Khawwâs dire : j'ai pris un jour la mer et se trouvait dans le bateau un homme de confession juive. Je l'ai observé des jours entiers et ne l'ai vu manger quoi que ce soit, ne bougeait pas et ne se lassait pas de la place qu'il occupait, il ne se purifiait pas et ne s'occupait de rien. Il était enveloppé dans son manteau et allongé dans un coin du bateau sans parler à personne. Lorsque je lui ai parlé et posé quelques questions, je l'ai trouvé dans le dépouillement et dans la remise confiante en Dieu, dont il parlait avec justesse et démontrait les meilleures arguments. Lorsqu'il s'est senti en confiance, il me dit : "O Abu Ishâq, si tu es sincère de ce que tu prétends, nageons jusqu'à ce que nous arrivons à la cote." Nous étions alors en pleine mer, je me suis donc dit : "honte à moi ! Si je me fais dépasser par cet infidèle." Je lui ai dit : "allons-y !" Il se précipita et se jeta à la mer et je me suis jeté à mon tour derrière lui. Nous avons nagé jusqu'à la cote. Lorsque nous sommes arrivés, il me dit : "Ô Ibrahim, nous restons ensemble à condition de ne pas aller dans les mosquées, les églises, les monastères et les zones habitables afin de rester discrets." j'ai dit : "d'accord." Nous avons marché jusqu'à ce que nous sommes arrivés dans une ville, puis nous avons campé dans sa déchèterie pendant trois jours. Lorsque le troisième jour arriva, un chien s'approcha de mon compagnon juif et tenait dans sa bouche deux pains, il les déposa entre ses mains et rebroussa chemin, il mangea sans me dire mot. Ensuite vint à moi un beau jeune homme élégant, propre, habillé en soie, parfumé, et portait de la nourriture propre dans une serviette, il la déposa devant moi et me dit: "mange!" puis disparut sans laisser de trace, alors j'ai dit à mon compagnon juif: "viens et mange avec moi." il refusa, puis il s'est soumis à Dieu en devenant musulman et me dit: "Ô Ibrahim, l'origine de notre science est authentique, toutefois, ce que vous avez est meilleur et plus convenable et plus subtil." Il était sincère dans son Islam et devint l'un de nos compagnons réalisés (en Dieu) par le soufisme.

Une fois, on lui posa cette question : Qu'est-ce d'incroyable as-tu vu dans la campagne ? Il répondit : "j'étais par une nuit dans la campagne et j'ai dormi sur un rocher, un démon surgit et me dit : part d'ici ! J'ai dit : va t-en ! Il a dit : Je te frapperai et tu mourras. Je lui ai dit : fait ce que tu veux. Il me frappa avec son pied mais je ne senti rien comme si un chiffon se posait sur moi. Il me dit : tu es un saint-allié de Dieu, Qui es-tu ? J'ai dit : Ibrahim al-Khawwâs. Il me dit : tu dis vrai ! Puis dit : "Ô Ibrahim, j'ai sur moi de la nourriture licite et illicite, le licite est une grenade de la montagne (X), et l'illicite du poisson, j'ai croisé des pêcheurs qui ont fraudé dans leurs vente et achat, j'ai alors pris le poisson fraudé, mange toi le licite et laisse l'illicite."

Pendant que je marchais dans la campagne, j'entendis une voix derrière moi, je me suis retourné et vis un paysan qui marchait et me dit : "Ô Ibrahim, la remise confiante en Dieu pour nous est en fonction de la perfection de ta remise confiante en Dieu, ne sais-tu pas que ton souhait d'entrer dans un pays où la nourriture est disponible te détournera des autres pays, aie confiance en Dieu.

Hussein Ben Mansour dit un jour à Ibrahim al-Khawwâs : Qu'as tu réalisé pendant tes voyages ? Il répondit : je suis resté dans la remise confiante en Dieu où je corrigeais les imperfections. Hussein lui dit : tu as passé ta vie à aménager ton for intérieur, qu'as tu fais de l'anéantissement dans l'unicité de Dieu ?

J'étais sur la route de La Mecque et j'ai vu un homme âgé horrible, je lui ai donc demandé : tu es humain ou démon (Jinni) ? il répondit : un démon (Jinni). J'ai dit : ou vas-tu ? Il a dit : à La Mecque. j'ai dit : sans provisions ? Il a dit : "Oui ! nous avons aussi qui voyagent dans la remise confiante en Dieu. j'ai dit : c'est quoi la remise confiante en Dieu ? Il a dit : prendre de Dieu.

J'ai vu un jeune homme très poli sur la route du Shâm, il me dit : puis-je t'accompagner ? J'ai répondu : je m'affame. Il me dit : si tu t'affame je m'affame aussi. Nous restâmes quatre jours, puis nous avons trouvé de quoi manger, j'ai dit : allons manger. il m'a répondu : ma croyance est de ne pas me servir par un intermédiaire. j'ai dit : jeune homme, as tu bien vérifié ? il a dit : "Ô Ibrahim, ne badine pas, le critique est clairvoyant ; qu'as tu à faire avec la remise confiante en Dieu ? puis il dit : la moindre des choses dans la remise confiante en Dieu est le surgissement des ressources dans le besoin, ne te lève seulement qu'à Celui qui suffit et dont Il a les compétences, il a été dit : la remise confiante en Dieu c'est d'éliminer l'incertitude et de déléguer au Roi des Rois.

Quelques-uns de nos compagnons s'est perdu de nombreux jours dans la campagne, puis trouva un village, il aperçut une esclave qui se lavait dans un cours d'eau, quand elle le vit, elle se couvrit par ses cheveux et lui dit : partez et laissez-moi. Il lui répondit : Comment partirai-je alors que tu occupe tout mon être ? Elle lui dit : dans l'autre cours d'eau, il y a une esclave plus belle que moi, l'as tu vu ? Il se retourna aussitôt, à ce moment là, elle lui dit : Ah ! que la vérité est meilleure et pire est le mensonge ! Tout en faisant valoir que par Nous tu es occupé alors que tu dirige ton regard à autrui. Lorsqu'il se retourna, il ne vit plus personne.

J'étais dans le mont al-Lukkâm (en Syrie) lorsque j'aperçu un grenadier, j'ai cueilli une grenade et l'ai trouvée amère, je l'ai jeté et continué mon chemin, puis j'ai vu un homme étendu par terre entouré de guêpes, je l'ai salué et me répondit : Paix à toi Ibrahim. J'ai dit : comment sais-tu mon nom ? Il me répondit : Celui qui a connu Dieu aucun secret ne lui échappe. J'ai dit : je vois que tu as avec Dieu un état (une relation) pourquoi ne lui demande tu pas d'éloigner ces guêpes ? Il me dit : je vois que tu as avec Dieu un état (une relation) pourquoi ne lui demande tu pas de te sauver de l'appétit de la grenade ? Car l'homme trouve la douleur de la grenade dans l'au delà alors que la douleur des piqures des guêpes est seulement dans ce monde, les piqures des guêpes est dans l'âme alors que les piqures des désirs est dans les cœurs. Je l'ai laissé et suis parti.

On raconte qu'Ibrahim al-Khawwâs entendit un jour des voix de fêtes, d'impudeur et de futilité provenant d'une maison, il décida de porter conseil à ses occupants et se dirigea vers eux, il rencontra sur son chemin un chien féroce qui l'empêcha d'avancer, il retourna à l'endroit d'où il était venu la tête baissée, il entra dans la mosquée et pria, puis de nouveau il réessaya et ne trouva pas le chien. Quand il s'approcha de la porte de la maison, un jeune homme au beau visage, l'accueilli par le sourire, lui souhaita la bienvenue et s'excusa : si vous avez envoyé à ma demande je serai venu. Et je vous donne mon sermon de Dieu que je ne recommencerai plus jamais ce qui vous ennuierait. Le jeune homme tint sa promesse. Lorsqu'on demanda à Ibrahim : Qu'est-ce qui t'a empêché d'entrer la première fois ? Il répondit : "Si mon intention était la première fois exclusivement pure, rien ne m'aurait fait obstacle, il m'était donc indispensable de la revoir et c'est ce que j'ai fais et demandé pardon à mon Seigneur qui m'a permis de réussir dans ma démarche.

j'ai rencontré un jeune adolescent dans "le Tiyh" (nom d'un lieu) on aurait dit un alliage d'argent, je lui ai dit : Où vas-tu, jeune homme ? Il me répondit : à la Mecque, que Dieu la garde. J'ai dit : tu y vas sans provisions ni monture ni argent ? Il m'a répondu : Oh, toi qui a peu de certitude, Celui qui est capable de conserver les cieux et la terre, n'Est-Il pas capable de m'amener à la Mecque ? Quand je suis arrivé à la Mecque, que Dieu la garde, je l'ai croisé dans le Tawâf.

On rapporte qu'al-Mozn al-Kabîr (décédé en 940 / 328 H), parti en voyage avec Ibrahim al-Khawwâs. Un scorpion monta sur la cuisse d'Ibrahim, al-Mozn se leva pour le tuer mais Ibrahim l'empêcha et lui dit : "Laisse ! Toute chose a besoin de nous et nous n'avons besoin d'aucune chose.

Momshaz al-Daynûri a rapporté ceci : un jour j'étais dans ma mosquée entre le sommeil et l'éveil, j'ai entendu une voix dire : Si tu souhaite rencontrer un saint parmi les saints alliés de Dieu, va à Tel at-Tawbah (Montagne de la repentance). Je me suis levé et pris la route, lorsque je me suis rendu à Tel at-Tawbah, j'ai vu un homme assis en tailleur en haut de la colline, autour de lui un espace d'une dimension d'une tente où la neige ne s'est pas posée, je me suis approché et j'ai reconnu Ibrahim al-Khawwâs, après l'avoir salué et assis à coté de lui, je lui ai demandé: par quel moyen as-tu obtenu ce digne rang? Il a dit : en se mettant au service des disciples (pauvres).

Abdullah Ben Ali avait rapporté ce qui suit : j'ai entendu Mansour Ben Ahmad al-Harbi dire : Ben Abu Cheikh nous a raconté : J'ai entendu Omar Ben Sinân dire : Ibrahim al-Khawwâs nous rendit visite un jour et nous lui avons demandé : dis-nous ce que tu as vu d'incroyable dans tes voyages. Il a dit : al-Khidhir, sur lui la paix, m'a rencontré et a demandé à être mon compagnon. J'ai eu peur qu'il soit la cause du désordre dans ma remise confiante en Dieu en me rassurant d'être en sa compagnie que je l'ai quitté.

Dans une autre version : j'étais dans le désert où se réfugia le peuple d'Israël, et un homme marchait à mes cotés, étonné, j'eu l'inspiration que c'était al-Khidhir, que la paix soit sur lui, alors je lui ai dit : par le Vrai du Vrai qui est-tu ? il me répondit : je suis ton frère al-Khidhir. Je lui ai dit : je voudrai te poser une question. il me dit : demande ce que tu veux. j'ai dit : que dis tu de l'imam al-Shafi'î ? Il me répondit : il est l'un des "quatre" piliers (Awtâd). j'ai dit : que dis-tu d'Ahmad Ben Hanbal, l'imam des sunnites ? Il me répondit : c'est un véridique (Siddîq). j'ai dit : que dis-tu de Bishr Ben al-Hârith ? Il a dit : c'est un homme qu'on ne verra pas d'égal après lui. j'ai dit : par quel moyen, je t'ai vu ? Il a dit : par ta bienfaisance envers ta mère. Puis m'a demandé à être mon compagnon. J'ai eu peur qu'il soit la cause du désordre dans ma remise confiante en Dieu en me rassurant d'être en sa compagnie que je l'ai quitté.

J'ai cherché un moyen pour manger le Halal, et j'ai choisi la pêche des poissons. Un jour, un poisson s'est accroché à mon filet, je l'ai saisi et jeté le filet dans l'eau, un autre poisson s'accrocha au filet, je l'ai pris et jeté le filé dans l'eau, à ce moment là, une voix me parla : n'a-tu pu trouver pour te nourrir que ceux qui mentionnent Notre Nom en les tuant ? J'ai cassé la canne et quitté la pêche.

Al-Nasâj a rapporté : Ibrahim al-Khawwâs m'a dit : un jour lorsque j'étais au Hijâz j'ai eu une forte soif, et je suis tombé de l'intensité de la soif, soudain de l'eau fut versée sur mon visage et j'ai trouvé sa fraicheur dans mon cœur. J'ai ouvert les yeux et j'ai vu un homme que jamais, n'ai vu aussi beau que lui, il était sur un cheval gris et avait des vêtements de couleur verte et un turban jaune et une tasse à la main, "je crois qu'il a dit en or ou en perles", il m'abreuva une gorgée et m'a dit: monte derrière moi, je suis monté, il n'avait pas encore bougé de sa place lorsqu'il m'a dit : que vois-tu ? J'ai dit : al-Madîna (la ville du prophète Muhammad), il me dit : descends et salut le Messager de Dieu, qu'Allah lui adresse ses prières et ses salutations, et dit lui : Ton frère Radwân (l'ange-gardien du Paradis) te salut par la paix.

On rapporte d'après Hudhayfah al-Mar'ashi, qui était un disciple au service d'Ibrahim al-Khawwâs pendant un certain temps, lorsqu'on lui a demandé : qu'as-tu vu d'impressionnant à son sujet ? Il a répondu : un jour alors que nous étions sur la route de la Mecque sans rien manger pendant des jours, nous sommes entrés dans la ville de Kufa, nous nous sommes abrités dans une mosquée. Ibrahim me regarda puis dit : Hudhayfah, je vois que tu as faim. j'ai dit : Il est tel que vous le voyez. Il m'a dit : apporte-moi de l'encre et une feuille. Lorsque je lui ai remis ce qu'il a demandé, il a écrit :

Au Nom de Dieu le Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Vous Êtes notre But par tous les cas et le Visé par toutes les allusions

Je suis reconnaissant,

Je présente mes remerciements,

Je mentionne le Nom

J'ai faim, je suis perdu, je suis nu

En tout, cela fait six

Dont, de la moitié je suis garant

Ainsi, de l'autre moitié

Ô le Créateur Soyez Garant

Faire l'éloge à autre que Vous

Serait pour moi

Parcourir les flammes du feu

Evitez donc à Votre serviteur

Les flammes du feu.

Puis m'a donné la feuille et m'a dit : sors et n'accroche ton cœur à personne d'autre hormis Dieu, et donne là au premier que tu rencontre. Je suis sorti et le premier que j'ai croisé était un homme qui montait sur une mule, je lui ai remis la feuille qui la lue aussitôt puis s'est mis à pleurer et m'a dit : ou est l'auteur de cette feuille ? J'ai dit : Il est dans la mosquée. Il me remit une bourse contenant six cent dirhams, Je l'ai prise et suis parti, puis j'ai croisé un homme à qui j'ai demandé : qui est ce passager sur la mule ? Il m'a dit : Ceci est un chrétien. J'ai rejoins mon maître dans la mosquée et je lui ai raconté l'histoire, il m'a dit : ne touche pas à l'argent, son propriétaire va venir dans l'heure qui va suivre, une heure après, le chrétien s'approcha de la mosquée sur sa mule, puis descendit et entra et se mis à genou devant Ibrahim en embrassant sa tête et ses mains et lui dit : J'atteste qu'Il n'y point de divinité hormis Allah et j'atteste que Muhammad est le Messager d'Allah. Ibrahim pleura par joie et lui dit : grâce soit rendue à Dieu de t'avoir guidé à l'Islam et la Loi de Muhammad, sur lui la meilleure des prières et la paix.

D'après Hamid al-Aswad, un des compagnons d'Ibrahim al-Khawwâs, avait dit : lorsqu'Ibrahim voulait voyager, il n'évoquait à personne son intention de voyager, il prenait son récipient et sortait. Alors qu'un jour, nous étions avec lui dans la mosquée, il prit son récipient et marcha, je l'ai suivi, il ne me dit mot jusqu'à ce que nous arrivâmes à Kufa, il passa un jour entier et une nuit, puis poursuivi son chemin vers al-Qadisiya, lorsqu'il arriva, il me dit : Hamid ! Où vas-tu ? J'ai dit : Seigneur, je suis sorti en suivant votre exemple ! il me dit : Je veux aller à la Mecque, si Dieu veut ! J'ai dit : si Dieu veut, je veux aller à la Mecque aussi. Nous avons marché un jour et une nuit. Quelques jours plus tard, un jeune homme nous rejoint et marcha avec nous, j'avais cependant remarqué qu'il ne faisant pas sa prière et j'en ai parlé à Ibrahim qui lui dit aussitôt : "Jeune homme ! Pourquoi ne prie tu pas, alors que la prière est prioritaire dans les obligations que le pèlerinage ! Il lui répondit : "O Cheikh ! Il ne m'est pas prescrit de prier ! Ibrahim lui demanda : N'es-tu pas musulman ? Il lui dit : Non ! Ibrahim dit : tu es de quelle confession alors ? Il lui répondit : un chrétien, mais mes références au christianisme sont dans la remise confiante en Dieu, et mon Ego m'a fait valoir qu'il avait maitrisé l'état de la remise confiante en Dieu, je ne l'ai pas cru jusqu'à ce que je l'ai fais sortir dans ces endroits arides et déserts de toute créature sauf de Dieu, afin de perturber ma quiétude et de tester mes pensées ! Ibrahim se leva et marcha, et me dit : Laisse-le avec toi. Il nous accompagna jusqu'à ce que nous arrivâmes à « Bathna Môr », Ibrahim se leva et enleva son manteau, le purifie avec de l'eau, puis s'assit et lui dit : Quel est ton nom ? Il lui répondit : Abd al-Masîh (serviteur du Christ) ! Ibrahim lui dit : "O Abd al-Masîh ! Ceci est le couloir qui mène à la Mecque, et Dieu a interdit à des gens comme toi d'y accéder puis lit : "Les associateurs ne sont qu'impureté : qu'ils ne s'approchent plus de la Mosquée sacrée, après cette année-ci." (Âyah [85] de la Sourate [9], At-Tawbah). Et ce que tu as voulu explorer en toi-même s'est clarifié, fais attention d'entrer à la Mecque, si nous te voyons en son enceinte, nous ne manquerons pas de nous opposer à ta présence. Nous l'avons alors laissé et sommes allé à la Mecque. Lorsque nous étions assis sur le mont 'Arafat, j'avais reconnu le jeune chrétien, il était vêtu des habits de l'Ihram et dévisageait les pèlerins, jusqu'à ce qu'il s'approcha de nous, et se mis à embrasser la tête d'Ibrahim qui lui dit ; que s'est-il passé Abd al-Masîh ? Il lui dit : désormais, je suis le serviteur de Celui que le Christ était son serviteur ! Ibrahim lui dit : raconte-moi. Il lui dit : après votre départ, je me suis assis jusqu'à ce j'aperçu une caravane de pèlerins, je me suis approché d'elle et me suis déguisé en pèlerin musulman tel que vous le voyez, le moment où mes yeux se sont posés sur la Kaaba, j'ai vu disparaître toute religion autre que l'Islam. Je me suis soumis à Dieu en devenant musulman et me suis purifié et vêtu des habits de l'Ihram et me suis mis à votre recherche. Ibrahim se tourna vers moi et me dit : Hamid ; vois la bénédiction de la sincérité dans le christianisme comment l'a-t-elle guidé à l'Islam. Il nous accompagna jusqu'à sa mort, que Dieu ait pitié de son âme.

Abu Ishâq Ibrahim Ben Ahmad Ben Muhammad ash-Shâhid, plus connu par Ibn al-Tabari, a dit : Ibrahim al-Khawwâs, que la miséricorde de Dieu Tout-Puissant soit sur son âme, nous a raconté ceci : j'ai pris la mer avec un groupe, le bateau a eu un choc (en percutant des rochers) puis a fini par couler. J'ai pu survivre en m'accrochant à une planche de bois avec quelques naufragés et nous avons pu rejoindre la côte sans savoir où nous étions. Nous sommes restés quelques jours sans trouver de quoi manger au point de sentir la mort approcher, nous étions persuadé que la faim serait la raison de notre perte.

L'un de mes compagnons a dit : faisons nous-mêmes un don à Dieu Tout-Puissant, peut être qu'Il aura pitié de nous et nous délivrera de cette difficulté. L'un dit à l'autre : moi, je jeunerai l'ensemble de ma vie. Un autre dit : quant à moi, je prierai tous les jours telle rak'a. Puis un autre dit : j'abandonnerai les plaisirs de ce bas monde. Chacun d'eux a déclaré son vœu alors que moi suis resté silencieux, ils m'ont demandé : dis quelque chose. Je n'avais alors aucun vœu à formuler que ce que j'avais prononcé : Je ne mangerai jamais la chair d'éléphant. ils ont dit : Qu'est-ce que c'est que cela, tu plaisante dans une telle situation ? J'ai dit : Par Dieu, je n'ai voulu dire cela. Mais depuis que vous avez commencé à faire des vœux à Dieu, j'ai pensé à beaucoup de choses, et à chaque fois mon Ego m'empêchait de laisser un vœu pour un autre, et rien qui ne soit passé dans mon esprit et qui n'est passé par mon cœur comme don pour Dieu Tout-Puissant que ce que j'avais prononcé, et Dieu n'a fait sortir ceci de ma langue que pour une raison valable.

Cependant, une heure après, l'un de nous a dit : Pourquoi ne pas explorer cette terre chacun de son coté et celui qui trouve quelque chose à manger, prévient les autres, et rendez vous à cet arbre. Nous nous sommes alors séparés et l'un d'entre nous fini par trouver un petit éléphant, certains de nos compagnons l'ont emmené et ont en fait leur repas en le grillant sur le feu, l'un d'eux m'a dit : viens manger avec nous. j'ai dit : Vous savez, que seulement depuis une heure je l'ai laissé pour Dieu et je ne me vois pas revenir sur mon don, et je ne désire pas que Dieu me voit rompre mon pacte avec Lui, même s'il en faut que je meurs de faim. Puis je les ai laissé et me suis éloigné d'eux.

Lorsque la nuit tomba, je m'étais installé sous un arbre pour dormir, et mes amis se sont dispersés pour dormir aussi, ce n'est seulement qu'un moment après, qu'un éléphant est venu, énorme, poussant des cris que le désert tremblait par ses cris et de l'intensité de ses pas qui se dirigeaient vers nous, l'un dit à l'autre : la fin est arrivé, faites vos prières ! Nous nous sommes mis à demander le pardon à Dieu en lui faisant des louanges. Mes compagnons se sont mis à plat ventre, et l'éléphant se dirigeait vers l'un après l'autre en sentant leur corps de la tête aux pieds, lorsqu'il n'aura laissé aucun endroit, cependant il s'asseyait dessus la personne et l'étouffait jusqu'à la mort, et faisait de même avec les autres, jusqu'à ce qu'il ne restait plus que moi, j'étais assis immobile, figé par ce qui se passait en demandant le pardon à Dieu Tout-Puissant en lui faisant des louanges.

Lorsque l'éléphant se dirigea vers moi, je me suis mis allongé sur mon dos et il me senti comme il l'a fait avec mes compagnons. puis a recommencé deux ou trois fois, alors qu'il ne l'a fait avec aucun d'entre eux, et mon âme pendant ce temps allait presque quitter mon corps par l'effet de la panique. Puis a enveloppé sa trompe autour de moi et m'a soulevé dans l'air, j'ai cru à cet instant qu'il voulait me tuer en me jetant par terre, j'ai demandé en criant le pardon à Dieu, mais il me posa sur son dos et je me suis redressé en faisant un grand effort pour me maintenir stable. Puis l'éléphant s'est mis à marcher et parfois il courrait, et moi, je remerciais Dieu Tout-Puissant pour avoir retardé ma fin et je formulais mon vœu de vivre, et parfois, je supposais qu'il allait me prendre et me jeter sur le sol, et je reformulais mon pardon à Dieu et faisais ma Shahâda, et je supportais pendant tout ce temps une grande douleur et la panique par la course de l'éléphant jusqu'à ce que l'aube apparu et sa lumière se propagea et la bête m'enveloppa par sa trompe. À ce moment là, j'ai dit : la fin est venue et la mort est arrivée. J'ai alors multiplié le pardon à Dieu et la Shahâda, mais l'éléphant me fit descendre doucement de son dos et me laissa sur le sol et retourna par le même chemin qu'il avait pris.

Je ne croyais pas ce que je voyais. Quand il disparut de ma vue et je n'entendis plus le bruit de ses pas, je me suis prosterné à Dieu Tout-Puissant. Je n'ai soulevé ma tête que lorsque je senti le soleil. Je me suis rendu compte qu'il y'avait devant moi une grande route, j'ai marché environ deux kilomètres jusqu'à ce que je suis arrivé à une grande ville où ses habitants étaient étonnés de me voir et me demandaient de leur raconter mon histoire. Je leur ai raconté mon aventure, ils avaient apprécié la fin et le faite que je sois en sécurité, je suis resté chez eux jusqu'à ce que mon corps devient humide et me suis remis de cette mésaventure que j'avais du mal à oublier, puis j'ai pris la mer avec des commerçants et Dieu m'a ramené à mon pays en toute sécurité.

Pendant un certain de mes voyage vers la Mecque, je suis entré par une nuit, dans une maison en ruine, j'ai trouvé un grand lion, j'ai eu une grande frayeur, à ce moment là, j'entendis une voix me dire : reste stable (avec Nous), il ya autour de toi soixante-dix mille anges qui te protègent.

un jour Ibrahim al-Khawwâs passa devant un individu qui était obsédé par le démon, il lui murmura dans son oreille le Adhân (l'appel à la prière), à ce moment là, il entendit la voix du démon lui dire : permet-moi de le tuer, il dit que le Coran est crée.

On rapporte que lorsqu'on invitait Ibrahim al-Khawwâs à un repas et se trouvait du pain du jour passé, il ne le mangeait pas et disait : on a interdit ce qui revient à Dieu de ce pain, car il n'a pas été consommé pendant son jour (faisant référence au partage du pain avec les pauvres).

Quelques vers d'Ibrahim al-Khawwâs, qu'Allah soit satisfait de lui :

Mohammed Ben Abdallah a dit : J'ai entendu Ibrahim al-Khawwâs répondre à une question de certains de nos compagnons lorsqu'il l'entendit gémir : pourquoi gémissez-vous maître ? Il a dit : Ouah ! Comment réussira t-il celui qui se réjouis de sa douleur ? Puis a récité ces vers :

À la douleur, je suis habitué

Au point qu'elle m'a apprivoisé

Et l'amour du dépouillement

M'a remis à la patience

lassé, j'ai du rompre mes liens

Avec le genre humain

Car connaissant la volonté de Dieu

Qui se manifeste de n' importe où

**

Ja'far Ben Muhammad a rapporté : j'ai passé une nuit avec Ibrahim al-Khawwâs, je l'ai entendu invoquer Dieu jusqu'au matin, et disait en chantant :

Le secret a cessé de se cacher

Et la rencontre est un confort

Dites-moi, l'amoureux

Trouve-t-il son plaisir

Avec celui qui n'est point

Le sujet de son Amour ?

**

Malade, aucun remède

Ne lui est efficace

Grande est sa patience

La misère le consume

Ses secrets se cachent

Dans une terre déserte

Et deviennent invisibles

Lorsque le secret

Cesse de se cacher

**

Par crainte, j'ai dû user de patience

Envers certains maux

Et j'ai dû défendre mon Ego

Par fierté pour lui

je lui ai fait gouter

Petit à petit le désagréable

Jusqu'à ce qu'il prit habitude

Et si je l'avais fait à la fois gouter

Tous les désagréments

Il se serait lassé

il n'ya nullement mieux que l'avilissement

Qui amène à l'Ego fierté

Car c'est par l'avilissement que

L'Ego s'attribue la fierté

Si je tends ma main

Demandant richesse

À celui qui n'a pas dit :

«Demandez-Moi !»

J'aurai, certes, échoué

je m'efforce de patienter, car

Ma fierté est dans la patience

Et je me satisfais de mes revenus

Bien que j'en ai très peu

**

Leurs corps sont immobiles

Leurs yeux ne voient pas

Ce que la volonté de Dieu a fait d'eux

Leurs membres sont voilés

De tout loisir et plaisir

Si ce n'est d'obéir à un ordre

Ils sont les secrétaires de Dieu

Sur le peuple de Sa terre

Généreux sur terre et sur mer

Ils sont reconnus dans leur pays

Et grâce à leur présence

Que la bénédiction afflue

Justes, dignes de confiance

Dans toutes leurs qualités

Les plus délicats

De tous les serviteurs de Dieu

Avec l'authenticité du secret

Félicitation au bienheureux

Qui se jette au seigneur

Il égale la proximité ou l'éloignement

Du sujet dans la pensée

Ainsi, quel digne rang

Pour le serviteur auprès de Son Maître

Il fut comme celui qui est éduqué

À partir du berceau et sur les genoux

Quel grand chagrin pour le voilé

De la force de Son Seigneur

Par sa souillure à lui-même

Sans qu'il ne le sait

**

Je suis reconnaissant,

Je présente mes remerciements,

Je mentionne le Nom

J'ai faim, je suis perdu, je suis nu

En tout, cela fait six

Dont, de la moitié je suis garant

Ainsi, de l'autre moitié

Ô le Créateur Soyez Garant

Faire l'éloge à autre que Vous

Serait pour moi

Parcourir les flammes du feu

Evitez donc à Votre serviteur

Les flammes du feu.

Son décès, que Dieu soit satisfait de lui :

Ibrahim al-Khawwâs pleurait souvent à la fin de sa vie et disait : Ô Seigneur, je suis vieux et faible est mon corps, mon adoration pour toi a régressé, délivre moi par Ta faveur du feu, car je ne peux rester un seul moment.

Il tomba malade dans la mosquée dans la région du Rayy et avait du mal à se lever, lorsqu'il le pouvait il allait à la salle d'eau, il se lavait et revenait à la mosquée et priait deux rak'as. Une fois il s'est levé pour se laver, il perdu la vie au milieu de l'eau, en 904 / 291 H. Qu'Allah Soit satisfait de lui. L'emplacement de sa tombe à al-Karkh à l'ouest de Bagdad, dans le mausolée qui abrite le tombeau du Cheikh al-Junayd (et Dieu sait mieux).


Sources :

Hiliyat al-Awliya
Tabaqat al-Awliya de Ibn al-Mulaqan al-Misri
Le livre "al-Tawabîn" d'Ibn Qudama sur lui la miséricorde de Dieu
Al-Risala al-Qushayriya
Ihya ulum a-Din d'Abu Hamid Al-Ghazali
Rabi' al-Abrar d'al-Zamkharchi
Al-Faraj ba'd al-Chidda d'al-Mohsen Ben Ali al-Tanûkhi



Traduit de l'Arabe par Derwish al-Alawi

Les Amis du Cheikh Ahmed al-Alawi

 

 
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